mar. Oct 22nd, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Revoir un Printant

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Samedi 10 Janvier 2015, stade Furiani (ou Armand Césari pour les puristes), quelques heures avant l’affiche de cette fin d’après-midi : Bastia-PSG. L’homme de terrain de Canal +, Olivier Tallaron, va à la pêche aux infos du côté de l’entraîneur Bastiais, Ghislain Printant, histoire de grapiller 2/3 indices sur la compo. Du haut de ses 53 ans, le coach Bastiais, bien qu’il ne compte qu’une poignée de matchs dans l’élite, ne tombe pas dans le piège et dit à Tallaron que son équipe jouera à 5 derrière… Finalement ce sont bien 4 défenseurs qui sont alignés au coup-d’envoi, et entre temps le journaliste de la chaîne cryptée a pris le temps de moucharder la fausse info au staff Parisien.

Depuis l’anecdote a fait le tour des Internet, obligeant la direction de Canal + à des excuses très convenues. Le buzz suscité tant par cette histoire que par la prestation des Parisiens lors de ce match, ne doit cependant pas éclipser la très belle performances de Bastiais qui se sont imposés 4-2 après avoir été rapidement menés 0-2. Si le mérite revient aux joueurs, il revient tout autant à leur coach, qui depuis sa nomination début Novembre à la place de Makélélé, a su redonner espoir aux Turchini. D’autant plus que 3 jours plus tard, les Corses renouvellent leur performance, en s’imposant 3-1 face aux Rennais, après avoir été menés 0-1. Les voilà maintenant en ½ de la Coupe de la Ligue… avec le « porte bonheur » Brandao dans son effectif !

Ces belles émotions, personne ne devait oser y penser, le 31 Octobre au soir, quand après une triste défaite 1-0 au Roudourou face à un concurrent direct au maintien, les Bastiais pointaient à la 19ème place, avec seulement 10 points en 12 journées. Deux jours plus tard, Makélélé, arrivé au cours de l’été plein d’ambitions pour remplacer un Hantz parti, est démis de ses fonctions. Les dirigeants Bastiais optent dans un premier temps, et comme cela est souvent le cas, pour une solution interne afin de faire l’intérim en attendant un « vrai » remplaçant. À l’époque, les noms de Antonetti, surtout, mais aussi Hantz, Fernandez ou Garde sont évoqués. Oui mais voilà, fin Novembre, Ghislain Printant, « l’intérimaire » ex-directeur de la formation et entraîneur de la réserve, est confirmé à son poste par le président Geronimi. C’est que le discret, mais néanmoins charismatique entraîneur du Sporting reste sur deux bons résultats : une victoire à domicile contre Montpellier, au cours de laquelle il changera 2 fois de schéma tactique pour s’adapter à la physionomie du match, puis un match nul, toujours à Furiani, contre un OL en pleine rédemption.

Et ces bons résultats ne pourraient être réduits au fameux « choc psychologique ». Le nouveau coach du seul représentant de l’ile de beauté dans l’élite, a su apporter ses qualités pour remettre l’équipe dans le droit chemin. Il a tout d’abord certainement pu bénéficier du travail effectué par Claude Makélélé durant ses 5 mois au club, travail que Printant a su faire fructifier. Dans un premier temps en faisant des choix forts, comme la titularisation d’un Modesto en défense centrale, qui ne comptait que deux titularisations (dont une en coupe de la Ligue), sous l’ère Makélélé. Si l’on en croit les supporters corses, il semblerait que leur nouvel entraineur ait également trouvé le bon discours pour s’adresser à ces joueurs. Si de nos jours les fameuses valeurs de travail, abnégation, engagement ou respect du maillot sont quelques peu galvaudées, Bastia peut néanmoins faire figure d’exception, tant ses valeurs semblent véritablement faire partie de l’ADN du club. Comment cela ne pourrait-il pas être le cas, dans un club souvent trop facilement pointé du doigt, devant sa survie à une union interne, faute de pouvoir compter véritablement sur du soutien extérieur ?

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Là où un Makélélé avait certainement mal apprécié l’importance de cette spécificité, Printant, au club depuis 2010, a visiblement su l’utiliser pour remobiliser un groupe loin d’être dénué de qualités. Enfin, le natif de Montpellier, qui n’a toujours pas ses diplômes d’entraîneur, n’hésite pas à reconsidérer ses choix tactiques quand il le juge nécessaire. Si tel a été le cas pour son premier match sur le banc de Furiani, cela l’a également été Mardi soir contre Rennes, avec le passage à deux attaquants au retour des vestiaires, alors que son équipe était menée 1-0.

Concrètement, quel a été l’impact de l’arrivée du nouveau « Coach Printant » ? Après le bon résultat contre les parisiens, Bastia pointe à la 14ème place avec 21 points. Certes, Guingamp 13ème est à 4 points, et Evian, premier relégable, seulement à 1 point derrière, mais Printant a ramené 11 points en 8 matchs, soit 1 de plus que ce que n’avait récolté son prédécesseur en 12 matchs. Un rapide coup de calculette nous permet de trouver la moyenne de points par match des deux techniciens : 1,3 pour Printant contre 0,8 pour Makélélé. Sur l’ensemble d’une saison, et d’après ces moyennes, cela ferait 49 points pour l’actuel coach, et 30 pour l’ancien joueur du Réal ou de Chelsea. 49 points, c’est exactement ce qui a permis aux Corses de finir à une belle 10ème place l’année dernière. Si le football se jouait sur des statistiques et des chiffres, ce serait certainement un sport aussi inintéressant que son homologue américain, et la réalité bastiaise est un peu plus compliquée qu’un cours de maths de sixième. Si on écarte Caen, à qui les problèmes extra-sportifs semblent avoir mis un grand coup d’arrêt, la situation est extrêmement serrée. D’ici la fin du mois de Janvier, Bastia peut aussi bien intégrer le ventre mou, que se mettre encore plus en danger : ils se déplacent chez deux concurrents directs (Toulouse et Lens), déplacements entrecoupés d’un match de coupe de France à Quevilly et de la réception de Bordeaux. Cependant, en dehors de ces deux matchs, ce sont presque toutes les équipes du bas de tableau qui vont devoir se rendre à Furiani d’ici la fin de saison : Metz, Guingamp,Reims, Caen, auxquelles on peut rajouter Nice.

Sur la lancée de leur belle dixième place de l’année dernière, les bastiais rêvaient certainement mieux qu’une lutte pour le maintien. Mais si le pari Makélélé n’a pas été gagnant, celui fait sur Ghislain Printant semble d’avantage fonctionner. Avec un effectif qui semble de nouveau avancer dans le même sens, qui bénéficiera du retour de Brandao fin Février, et un état d’esprit retrouvé, il est fort à parier que Printant continuera de faire les beaux jours du SCB au moins jusqu’à la fin de la saison.

Article signé 

3 thoughts on “Revoir un Printant

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