mar. Oct 22nd, 2019

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Philippe Montanier : l’heure du bilan 1/3

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Philippe Montanier : l’heure du bilan

Arrivé au Stade Rennais en grande pompe avec un titre de meilleur entraineur de Liga BBVA, devançant alors Jose Mourinho et Pep Guardiola, Philippe Montanier est à la tête du Stade Rennais depuis maintenant 2 saisons complètes. Récemment prolongé jusqu’en 2019, au grand dam d’une grande partie des supporters. Le technicien interroge tous ceux qui suivent, de près ou de loin, le club breton.

2 saisons pour un bilan alors qu’il lui reste 4 ans de contrats, cela peut sembler prématuré, cela dit ses 2 premières saisons dans les clubs dans lesquels il a officié, ont pu servir de prévisions de résultats dans le cas de Boulogne, voir de résultats définitifs à Valenciennes puis à la Real Sociedad.

Il y a lieu de revenir en premier lieu sur le parcours du technicien avant son arrivée à Rennes, pour mieux le comparer avec son expérience actuelle en Bretagne.

montanier

Rapide comparatif avec ses expériences précédentes

Sa première expérience à Boulogne est une franche réussite : ses 2 premières saisons sur la Côte d’Opal se ponctuent successivement par une montée de CFA au National (2004-2005), puis par une sérieuse stabilisation à ce niveau, avec une belle 5è place, pour un promu (2005-2006). La suite se caractérise par une constante progression, avec une accession en L2 la saison suivante, terminant 2è du championnat, derrière Clermont (2006-2007). Puis le club nordiste se maintien in extremis en Ligue 2, terminant 16è (2007-2008), pour finalement monter pour la première fois de son histoire en Ligue 1 la saison suivante, en finissant sur la dernière marche du podium (2008-2009). Pour sa dernière saison à Boulogne, il est, à titre personnel, nommé entraineur de l’année de Ligue 2. 3 échelons gravis en 4 saisons, le bilan boulonnais est en somme assez exceptionnel.

Il rejoint alors le voisin Valenciennois, qui venait de terminer 12è de Ligue 1 avec Antoine Kombouare, qui signait alors au Paris Saint-Germain. Montanier, pour sa première saison dans l’élite française, terminait à une belle 10è place, réalisant notamment de bons coups sur le marché des transferts, avec les arrivées de Kadir, Bong, Rémi Gomis, ou encore Renaud Cohade (2009-2010). La saison suivante est un quasi « copier / coller » de la précédente, avec une légère régression, une 12è place en Ligue 1 et les signatures de joueurs prometteurs tels que Aboubakar, Dossevi ou encore Pallois (2010-2011).

Finalement, Philippe Montanier, qui jouit d’une cote ascendante en France choisit de s’exiler en Espagne, où la Real Sociedad, 15è du dernier exercice, lui fait les yeux doux. Le Français met du temps à s’acclimater, flirtant régulièrement avec la zone rouge lors de sa première saison, mais finit par s’assurer un maintien plutôt confortable, terminant 12è du championnat (2011-2012). La saison suivante est l’apogée de sa carrière, l’éclosion de plusieurs talents (Griezmann ou Illaramendi) et la confirmation d’autres (Vela, Inigo Martinez notamment) ont permis au club basque de s’accrocher aux places qualificatives pour la Ligue des Champions jusqu’à la dernière journée, avec une superbe 4è place à la clé (2012-2013). Le technicien est alors nommé entraineur de la saison en Liga. À la surprise générale, il signe à Rennes en mai 2013.

Défait en finale de Coupe de France par le voisin guingampais pour sa première saison, et terminant à une terne 12è place, la saison est calquée sur la précédente, au cours de laquelle le club breton, alors entrainé par le très décrié Frédéric Antonetti, avait terminé 13è et perdu en finale de Coupe de la Ligue contre Saint-Étienne. Côté recrutement, les arrivées de Paul-Georges Ntep, Ola Toivonen ou Sylvain Armand sont prometteuses. Le bilan est alors délicat et se résume à cette finale de Coupe de France, la défaite sans panache le place en échec dès sa première saison, alors qu’une victoire l’aurait rendu quasi-intouchable, et acclamé par les supporters. Difficile de se faire un avis (2013-2014). La deuxième saison est sans saveur, un léger mieux en championnat (9è), un triste quart de finale en Coupe de la Ligue perdu à Monaco, quelques coups sur le marché des transferts avec les arrivées de Gelson Fernandes, Mexer, Pedro Henrique ou… Habib Habibou… et c’est tout. Longtemps l’entraineur aura été discuté, jusqu’à la dernière journée de championnat, et, selon les bruits de couloir, c’est contre l’avis de René Ruello, président du club, que François Pinault, actionnaire majoritaire, a émis le souhait de prolonger Montanier, histoire de construire un vrai projet sportif.

Niveau formation

Philippe Montanier avait la réputation d’être un coach s’appuyant sur de jeunes joueurs pour bâtir son équipe en Espagne, son arrivée à Rennes, alors 4ème meilleur centre de formation d’Europe selon une étude du CIES Football Observatory, promet alors de belles perspectives.

formation

Cela dit, la réalité est toute autre, en France, et particulièrement à Valenciennes, le technicien a rarement fait appel à de jeunes joueurs. Plus encore, lors de sa première saison au club, aucun joueur formé au club ne faisait partie de l’effectif de l’équipe. Il a fallu attendre le 26 septembre 2010 et un match contre Brest pour voir le premier jeune joueur lancé par Philippe Montanier à Valenciennes, il s’agissait alors du prometteur Nicolas Isimat-Mirin (passé par l’INF Clairfontaine puis les équipes jeunes du Stade Rennais avant d’atterrir dans le Nord). Il s’agit en tout et pour tout du seul joueur sorti des équipes équipe jeunes de Valenciennes que l’entraineur a lancé à Valenciennes, en 2 ans. Précisons cependant que le centre de formation de Valenciennes ayant été inauguré en 2009, Montanier a disposé de trop peu de temps pour espérer pouvoir s’appuyer sur des jeunes issus de celui-ci. Par comparaison, la saison suivant son départ, Daniel Sanchez, son successeur, n’a utilisé aucun jeune du centre dans son effectif non plus.

S’agissant de la Real Sociedad, Philippe Montanier n’a, là non plus, pas fait vraiment confiance aux jeunes d’un centre de formation pourtant très bien placé en Europe. Il est vrai que si il n’est pas celui qui a lancé Asier Illaramendi en équipe première (son prédécesseur l’ayant fait joué à 3 reprise en 2010), il est celui qui lui a réellement permis de se révéler au grand public, pour finalement être transféré au Real Madrid en 2013 contre un chèque de 39 millions d’€ ! Le technicien a, lui, lancé Inigo Martinez et Ruben Pardo, 2 piliers de l’actuelle équipe de la Real Sociedad, lors de sa première saison en Espagne, et aucun joueur lors de sa seconde, et dernière, saison.

Avant d’arriver à Rennes, Philippe Montanier n’avait, en tout et pour tout, lancé que 3 jeunes les 4 saisons précédentes… Un maigre total qui ne justifiait pas réellement sa réputation de grand formateur.

S’agissant du Stade Rennais, à titre de comparaison, Frédéric Antonetti (4 saisons à Rennes), connu lui aussi pour être un entraineur faisant confiance aux jeunes joueurs, a lancé 2 joueurs lors de sa première saison (Abdoulaye Diallo, Yann M’Vila), 2 lors de la deuxième (Yassine Jebbour, Frank Julienne), 3 lors de la troisième (Cheick Diarra, Dimitri Foulquier, Abdoulaye Sane), et 4 pour sa dernière saison (Kevin Beauverger, Axel Ngando, Abdoulaye Doucoure, Steven Moreira). Soit une moyenne de 2,75 jeunes joueurs lancés par le Corse par saison. Vincent Pajot, Yacine Brahimi et Samuel Souprayen ont certes fait leurs débuts avec Rennes sous les ordres de Frédéric Antonetti, mais ayant fait leurs armes en prêt en Ligue 2, ils n’ont pas été lancés au plus haut niveau par lui.

Philippe Montanier a quant à lui lancé 5 joueurs lors de sa première saison (Zana Allée, Tiémoué Bakayoko, Cédric Hountondji), et aucun lors de sa seconde. Soit une moyenne de 2,5 par saison. Plus encore, le match à Bastia le 13 décembre 2014 était le premier depuis plus de 11 ans à se jouer sans aucun joueur formé au club dans le onze de départ. Plutôt surprenant pour un club dont le centre de formation a écrasé le championnat de 2005 à 2011.

La faute à Montanier ? Pas forcément. De l’aveu même de René Ruello en janvier dernier, « il y a un vrai creux dans le centre de formation. Il n’y a pas un joueur du cru qui est capable d’évoluer en équipe première. C’est un trou de génération, mais peut être aussi des manquements au niveau du recrutement des jeunes. Ce creux, il faut vite le combler et réorganiser derrière le centre de formation ». Ni une ni deux, le club réorganise son centre, débauchant Landry Chauvin, ancien de la maison qui venait juste de s’engager en faveur de Caen, pour prendre la tête de « l’Académie Rouge et Noir », fraichement inaugurée, dont le but est de réunir plusieurs clubs de la région pour des partenariats au sein des équipes de jeunes.

En terme de gestion pure, on ne peut ainsi reprocher à Philippe Montanier de ne pas avoir lancé plus de jeunes, si ceux-ci subissaient les carences d’une formation rennaise qui s’érodait depuis plusieurs années. Le bilan sur ce point devra s’effectuer plus tard, avec le renouveau engagé au sein de l’Académie.

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