lun. Août 19th, 2019

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Philippe Montanier : l’heure du bilan 2/3

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Arrivé au Stade Rennais en grande pompe avec un titre de meilleur entraineur de Liga BBVA, devançant alors Jose Mourinho et Pep Guardiola, Philippe Montanier est à la tête du Stade Rennais depuis maintenant 2 saisons complètes. Récemment prolongé jusqu’en 2019, au grand dam d’une grande partie des supporters. Le technicien interroge tous ceux qui suivent, de près ou de loin, le club breton.

L’heure de faire le bilan.

montanier

Partie 1 : Comparatif + formation

Partie 2 : Réputation du club+ jeu proposé

Réputation du club

Manque d’objectivité ou pas, il faut bien admettre que si une image colle bien à la peau du Stade Rennais, c’est celle d’un club qui échoue toujours là où on le verrait bien réussir. Le terme de « loser » est celui qui revient le plus souvent pour qualifier le club sur les réseaux sociaux.

Frédéric Antonetti, comme ses prédécesseurs avant lui, avait réussi à entretenir cette image, laissant espérer de belles performances à ses supporters, pour un effet final de pétard mouillé (finale de Coupe de la Ligue en 2013 perdue contre saint Étienne ; bon parcours en Coupe de France en 2012 pour finalement échouer contre Quevilly en demi-finale…).

Philippe Montanier est, sur ce point, dans la continuité. Pour sa première saison, le technicien réalise plutôt un bon parcours en Coupe de France, pour échouer lamentablement en finale contre le voisin guingampais, de manière comparable à 2009, excepté le fait qu’à cette époque, Guy Lacombe avait lui terminé 7ème de Ligue 1, un classement légèrement mieux que celui de Montanier (12è). La seconde saison est, comme cela a été écrit précédemment, moribonde. Rien de particulier à se mettre sous la dent. Une saison très « Stade Rennais » en somme, le club ayant la réputation également de n’être qu’une équipe ennuyeuse du championnat, sans ambition. Cette saison en témoigne parfaitement.

La seule amélioration côté envergure est à signaler du côté du recrutement. En 2013, Rennes a tout d’abord réussi à attirer Nélson Oliveira, dont les affaires sont gérées par Jorge Mendes, recrue de tout premier plan à l’époque. En janvier 2014 débarquent à leur tour Ola Toivonen, attaquant alors considéré comme étant de classe mondiale, et Paul-Georges Ntep, grand espoir français qui avait de nombreux clubs de Premier League à ses pieds. Si Nélson Oliveira et Ola Toivonen ont fait flop depuis, il n’en reste pas moins que Rennes a frappé de grands coups sur le marché des transferts depuis l’arrivée de Philippe Montanier (qui se couple avec l’arrivée du discret mais non moins efficace Jean-Luc Buisine à la tête de la cellule recrutement), et cela s’est joué souvent à peu pour qu’il n’en réalise d’autres (Pablo Piatti, Jérémy Toulalan…), et pourrait encore frapper cet été (Yoann Gourcuff n’est pas insensible aux sirènes du club par exemple).

Cet attrait des joueurs n’est certainement pas étranger à la fin du « Salary Cap », qui était une mesure que Rennes pratiquait (même si les exemples de légers dépassements ne sont pas rares ces dernières années) pour éviter de faire dépasser le salaire maximum du cap des 100.000€ mensuels. Ce cap n’existe plus réellement pour les joueurs arrivés depuis l’entrée en fonction de Philippe Montanier, même si le club tente, dans la mesure du possible, de garder des salaires à un niveau plutôt équilibré dans le vestiaire. Et finalement, l’une des véritables forces du club reste l’appui financier de François Pinault, actionnaire majoritaire, et 59ème fortune mondiale. Ce qui aide à attirer des joueurs plus réputé. Montanier n’est certainement pas personnellement responsable de ce changement de direction du côté financier, mais son arrivée coïncide avec une volonté de renouveau du côté breton, dont le grand patron serait le technicien. Il n’est en soit pas la cause d’un changement opéré, mais il en incarne la volonté, il en est la conséquence.

Jeu proposé

Sous Frédéric Antonetti, le jeu proposé était rarement agréable. Il a longtemps été reproché au Stade Rennais de privilégier des profils de « déménageurs » plutôt que des adeptes du beau jeu.

À l’été 2013, Philippe Montanier débarque d’Espagne avec une réputation, là encore, flatteuse en la matière. Le technicien était plutôt connu au-delà des Pyrénées pour pratiquer un jeu rapide et vertical avec de bons joueurs capables de remonter vite le ballon, par les ailes notamment. Une approche offensive et efficace du football en somme.

Victime d’un mauvais coup médiatique dès son arrivée, Philippe Montanier s’est vu attribuée la volonté – jamais exprimée nulle part pourtant – d’imprimer un « projet de jeu » à son équipe. Les médias et les réseaux sociaux se délectent de cette expression, la ressortant à tout-va pour souligner ironiquement les mauvaises prestations de l’équipe.

→ Système de jeu

Sportivement maintenant, depuis l’arrivée du technicien, l’équipe joue en 4-3-3, Frédéric Antonetti  privilégiait lui un 4-2-3-1 avec un réel créateur. La différence est infime, le nouveau venu alignant alors régulièrement Julien Féret en 10, dans un système inadapté à un profil comme le sien, trop haut sur le terrain. L’équipe pouvait évoluer régulièrement en cours de match avec un passage régulier en 4-4-2, notamment sur la deuxième partie de saison avec l’entrée en jeu de Nélson Oliveira aux côtés de Toivonen en pointe, dès lors que l’équipe avait besoin de marquer.

        

Image rougememoire.com
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Féret remercié en juin 2014 (au grand bonheur des Caennais), l’entraineur privilégie alors de s’appuyer sur des ailiers rapides (Grosicki, Ntep, Pedro Henrique) et un créateur beaucoup plus défensif, mais moins technique, en la personne d’Abdoulaye Doucoure. Difficile d’y comprendre quelque chose, la solidité défensive de l’équipe n’en étant pas pour autant renforcée (42 buts concédés en Ligue 1 en 2013-2014, 45 en 2014-2015), et le jeu proposé étant encore moins spectaculaire.

          

Image rougememoire.com
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Si l’équipe est capable de sortir quelques matchs intéressants dans lesquels la « patte Montanier » se fait ressentir, avec un bloc équipe solide, puis une remontée rapide de balle en contre attaque (les matchs contre Monaco et Lille en première partie de championnat cette saison sont probablement les modèles pour l’équipe en la matière), l’équilibre est trop précaire et ne tient jamais plus de 2 matchs. L’équipe perd facilement ses moyens dès lors qu’elle se heurte à un mur en face, et finit par déjouer, envoyant de longs ballons vers Ola Toivonen dont la saison est comparable à une longue traversée du désert en solitaire dans les surfaces adverses.


→ Le cas Ola Toivonen

Ola Toivonen souvent pointé du doigt comme étant l’un des grands maux du Stade Rennais cette saison. Néanmoins il faut savoir rester mesurer, ce n’est pas le talent du suédois qui fait défaut, mais son inutilité dans un tel système. Neuf et demi de formation, l’attaquant serait plus à l’aise avec un joueur à ses côtés pour jouer légèrement en retrait. Son but contre Marseille lors de la phase retour, avec une remise intelligente de Pajot, monté très haut pour l’occasion, est un modèle du genre. Jamais pourtant Montanier n’aura tenté de changer son système de jeu pour s’adapter au profil du suédois. Dommage.

Le Suédois, visiblement excédé de son rôle de tour de contrôle esseulé en attaque, devrait faire ses bagages lors de ce mercato. Une décision recevant des réactions mitigées auprès des supporters, regrettant de perdre un joueur au potentiel important, mais s’accordant sur son profil inapproprié compte tenu du schéma tactique.

3 thoughts on “Philippe Montanier : l’heure du bilan 2/3

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