mer. Nov 13th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Philippe Montanier : l’heure du bilan 3/3

6 min read

Arrivé au Stade Rennais en grande pompe avec un titre de meilleur entraineur de Liga BBVA, devançant alors Jose Mourinho et Pep Guardiola, Philippe Montanier est à la tête du Stade Rennais depuis maintenant 2 saisons complètes. Récemment prolongé jusqu’en 2019, au grand dam d’une grande partie des supporters. Le technicien interroge tous ceux qui suivent, de près ou de loin, le club breton.

L’heure de faire le bilan.

montanier

Partie 1 : Comparatif + formation

Partie 2 : Réputation du club + jeu proposé

Parie 3 : Gestion du groupe + conclusion

Gestion du groupe

→ Vie du groupe

Lors de la dernière saison de Frédéric Antonetti, l’équipe semblait être arrivée en bout de cycle, l’envie de changement était palpable. Montanier arrivé, un renouvellement de l’effectif est entrepris, renouvellement sur 2 saisons assez impressionnant : seuls 7 joueurs ayant connu Antonetti sont encore sous contrat professionnel avec le Stade Rennais (Costil, Danze, Doucoure, Moreira, Konradsen, Ngando, Pajot, Sané). Sachant que Pajot est en fin de contrat et qu’il ne prolongera pas, et que Sané ne devrait plus rejouer en pro à Rennes.

Le recrutement s’est même internationalisé sensiblement avec l’arrivée de Buisine au recrutement, avec pas moins de 17 joueurs de nationalités différentes arrivés depuis 2 saisons. Malgré cela, le groupe semble bien vivre, postant régulièrement des photos via instagram ou autres réseaux sociaux, sur ce point les joueurs font plaisir à voir.

→ Doublement des postes et gestion humaine

S’agissant encore du recrutement, plusieurs choix ont pu interpeler, notamment en pointe. Dès son arrivée, Montanier choisit de recruter sous forme de prêt 2 attaquants (Oliveira et Roméro), qui se partageront le rôle de l’unique pointe offensive du système. Jusque là rien d’anormal. Mais déplorant l’insuffisance physique de l’argentin, et l’inefficacité offensive du portugais, le technicien demande des renforts de poids au mercato hivernal 2014, le club recrute alors Toivonen à ce poste. Le club dispose alors de 3 joueurs, rarement blessés, pour un seul et même poste, alors même que l’entraineur n’est pas réellement un adepte du turn-over. Pour un rôle de 3ème joueur, un jeune du centre de formation, comme Saïd, aurait largement pu suffire. Oliveira et Roméro retournés dans leur club respectif, Rennes recrute alors Philipp Hosiner contre un chèque de 2M€. En toute fin de mercato, c’est Habibou qui débarque, et la situation est alors exactement la même qu’en deuxième partie de saison précédente : 3 joueurs pour un seul et même poste. C’est Hosiner qui fera les frais de cette surpopulation en pointe, alors même que Philippe Montanier lui avait fait des promesses sur son rôle à jouer.

Une gestion étrange du recrutement palpable à d’autres postes également, plusieurs joueurs étant arrivés l’été dernier pour ne jouer que trop peu compte tenu de l’investissement réalisé : Christian Brüls et Sanjin Prcic sont les principaux concernés.

Nous ne reviendrons pas sur la saison de Philipp Hosiner, sur laquelle nous sommes déjà passés, la gestion de son retour par Montanier est, là encore surprenante, l’équipe n’ayant plus rien à jouer lors de son ultime match face à Lyon (défaite 1-0), on se disait naïvement que l’entraineur accorderait à l’autrichien une sortie heureuse devant son public après toutes ses mésaventures, mais non. On apprenait quelques heures avant le match, sur son compte Twitter, que le joueur regarderait le match des tribunes. Incompréhension totale une nouvelle fois.

Photo tweet Hosiner

Quelques mois plus tôt, c’est Grosicki qui s’en était pris à Montanier via twitter, alors que le technicien ne l’avait pas retenu dans le groupe pour le match contre Toulouse en septembre dernier. De retour de blessure, le joueur avait été jugé inapte par l’entraineur, alors que le feu-vert avait été accordé. Le joueur avait alors tweeté en polonais (supprimé depuis) : « Que se passe-t-il dans ce club ? Je pensais jouer aujourd’hui et je ne suis même pas dans le groupe. Je n’ai plus aucun problème de dos ».

→ Mauvaise gestion de la bonne forme des joueurs

Philippe Montanier interpelle également sur sa gestion de la bonne forme de ses joueurs. Cette saison, à de nombreuses reprises, plusieurs de ses joueurs avaient pu faire de bons matchs, marquer, faire des passes décisives, pour finalement être mis sur le banc le match suivant. Ainsi, à plusieurs reprises cette saison, Christiant Brüls, Pedro Henrique, Sanjin Prcic et Kamil Grosicki ont sans doute été aussi surpris que les supporters de se retrouver sur la touche après de bonnes prestations lors du match précédent. Difficile là encore d’y comprendre quoi que ce soit.

→ Changements tactiques incompris

Enfermé dans un système immuable, Montanier fait reposer celui-ci sur une colonne vertébrale de joueurs difficile à déloger. Ainsi, Doucoure, l’un des indéboulonnables du milieu de terrain est régulièrement pris à partie par les supporters, qui le considèrent comme le principal responsable des mauvaises prestations de l’équipe. Toujours est-il que l’entraineur lui accorde sa confiance depuis le début de saison et ne laisse quasiment aucun temps de jeu à Prcic, son concurrent direct.

De même, la concurrence est très présente sur le couloir droit de l’attaque, avec une hésitation entre Pedro Henrique et Grosicki, aucun des deux n’ayant pris réellement l’ascendant sur l’autre cette saison.

Le seul ayant vraiment réussi à s’extirper de son rôle de simple joker cette saison reste Benjamin Andre, après de très longues périodes durant lesquelles Montanier lui préférait Pajot ou Konradsen, alors même que l’ex-ajaccien réalisait d’excellentes performances. C’est à force de persévérance et d’un brin de chance (avec la blessure de Pajot), qu’il a réussit à faire son trou au milieu, avec Doucoure et Gelson, mais il aura fallu du temps pour que cela arrive.

Ainsi, cet entêtement du technicien, caractérisé par des changements en cours de match assez surprenants, est souvent incompris par les supporters. La plupart des changement ont plus l’air d’automatismes que de réels coups tactiques. Ceux-ci se résument le plus souvent à des entrées de Habibou, Pedro Henrique ou Grosicki, et Pajot ou Konradsen à leurs postes respectifs. Peu de surprise, aucune prise de risque, et plus encore, des changements de joueurs sans tenir compte de la forme de ceux qu’ils remplacent. Cette saison, à plusieurs reprises, Ntep et Doucoure ont semblé en-dedans au cours de rencontres, et Montanier a préféré sortir des joueurs plus en jambe (Pedro Henrique ou Grosicki, et Andre le plus souvent). Là encore des choix rarement compris par les spectateurs.

Conclusion

Montanier n’est certes pas une grande réussite au terme de 2 ans, cela dit il ne peut pour l’instant pas être considéré comme un réel échec. Sa deuxième saison, poussive, s’est soldée par une 9ème place avec un effectif totalement chamboulé, dans le club possédant le 9ème budget de L1. Niveau ambition c’est certes insuffisant, mais de manière objective, le club est à sa place. Les progrès à faire à court terme sont du côté du jeu, qui est, pour l’instant, affligeant. De même, Montanier semble être un gestionnaire de groupe assez peu compréhensible, peut être ses choix passeraient-ils mieux si ils étaient justifiés.

Au niveau du long terme, Montanier est au cœur d’un réel projet englobant toutes les structures du club : sportif (avec la suppression du poste de directeur sportif pour laisser Philippe Montanier aux commandes de tout le rayon sportif depuis maintenant 2 ans), formation (avec la création de l’académie Rouge et Noir), actionnariat (avec l’entrée de René Ruello dans le capital du club) ou encore communication (avec des changements au poste de directeur, changement prochain du nom et de la couleur des sièges du stage…). Les changements sont réels et profonds, et ne demandent que du temps pour produire leurs effets. La prolongation du technicien breton est, finalement, plutôt logique dans cette optique de rebâtir sur le long terme, pour ne pas revenir 2 ans en arrière au même point juste après le départ de Frédéric Antonetti.

5 thoughts on “Philippe Montanier : l’heure du bilan 3/3

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © All rights reserved. | Newsphere by AF themes.