mar. Août 20th, 2019

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Quand Eusebio a permis à la Croatie de gagner le championnat Nord Américain

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 Eusebio 1

Après la triste mort de l’un des plus grands footballeurs de tous les temps, retour sur l’incroyable épopée parmi la diaspora croate de Toronto de la panthère noire.

Au milieu des années 70, l’église de Notre-Dame-de-Croatie était le centre de la vie sociale de la diaspora croate de Toronto. Réunis à la messe du dimanche, des croates locaux un peu rêveurs et ambitieux étaient à la recherche d’un moyen de promouvoir leur patrie et ses symboles au sein du continent Nord Américain.

Lorsque les « Toronto Metros », plus grand club de soccer de la ville et membre de la NASL (première ligue de soccer américano-canadienne) connurent de sérieux problèmes financiers, les membres de la diaspora croate ont décidé de regrouper leur argent et de racheter ce club afin de le fusionner avec leur petit club « Toronto Croatia » fondé 20 ans plus tôt. C’est ainsi que des centaines de membres de l’église dirigée par le père Gjuran devinrent actionnaires de l’équipe ayant pris forme sous le nom de « Toronto Metros-Croatia ».

Comme le mentionnait le chroniqueur Michael Lewis, des méthodes pas toujours conventionnelles ont été mises en place pour parvenir au but. Ils ont obtenu 10.000$ après une collecte de fonds dans le sous-sol de l’église. Ainsi ils ont pu se payer les services de Filip Blaskovic (membre clé de l’équipe du Dinamo qui a remporté la coupe des villes de foire). En 1975, ils ont procédé de la même manière pour payer des joueurs comme Marijan Bradvic (Dinamo) ou Ivan Lukacevic (légende d’Osijek).

Pour la saison 1976, l’idée était de jouer les premiers rôles et pour cela, le but était de recruter des joueurs étrangers en compléments des talentueux croates de l’effectif afin de jouer les premiers rôles de la ligue. C’est ainsi qu’est arrivé par un transfert spectaculaire la légende Eusebio, déjà 34 ans et en retrait depuis un an en raison de problèmes récurrents au genou.

Cependant, la lutte pour le titre n’allait pas se faire seulement sur le terrain. Les dirigeants de la NASL souhaitaient interdire le nom « Croatia Toronto » qui ne collait pas particulièrement avec ceux des autres équipes (Rowdies, Timbers, Lancers,…) et possédait un caractère ethnique qui nuisait à l’image de la ligue. Celle-ci céda finalement face aux menaces de démission des propriétaires.

De plus, dans une ligue qui utilisait le système de franchises, le « Metros-Croatia » était particulièrement atypique étant donné que le club appartenait à ses membres. Ne concevant pas de plan marketing ni de relations publiques, il était traité comme un club étranger et ne percevait pas certains revenus de la ligue lui étant dû.

L’adversité et l’impression d’être seul contre tous a semblé motiver toutes les parties prenantes du club. Après une saison alternant les hauts et les bas, Toronto a réussi à la surprise générale à se qualifier pour la finale des play off, le Soccer Bowl. Malgré les grands matchs fournis par Eusebio (18 buts marqués en 25 matchs) et ses camarades, aucun joueur ne figurait dans le All-Star Team de l’année. Avant cela, en plein milieu de la saison, le coach Ivan Markovic (qui entraînera l’OM un an plus tard) s’était fait licencier pour manque de communication avec les joueurs.

La situation financière avant la finale à Seattle contre Minnesota Kicks était telle que le club ne pouvait pas se permettre d’avoir son propre médecin. Pour ce match, le club local de Seattle Sounders  prêta son propre médecin pour s’occuper de l’équipe de Toronto. Plusieurs joueurs indispensables du 11 type ont dû jouer sous infiltrations dont la star Eusebio. Cela ne lui a pas empêché d’être performant et de marquer le premier but de la partie à la 41e minute devant plus de 25000 spectateurs dans le stade Kingdome. En 2e mi-temps, Lukacevic et le brésilien Ferreira alourdirent le score pour remporter une immense victoire 3.0.

300 personnes (principalement des croates) accueillirent les héros à l’aéroport de Toronto. La célébration  eut lieu dans toute la ville et c’est ainsi qu’Eusebio, la superstar portugaise né au Mozambique,  remporta le championnat Nord-américain avec les damiers sur la poitrine chantant au milieu de croates l’adulant.

Malheureusement, la belle histoire tournera court. Les propriétaires n’avaient pas assez d’argent pour conserver la star et les pressions de la ligue s’intensifièrent  après le titre remporté par le club. Le club  finalement changea de main et vit son affluence doubler après avoir été rebaptisé « Toronto  Blizzard » en 1979. Depuis, le « Toronto Croatia » vit une nouvelle aventure dans la ligue indépendante canadienne. Le titre nord- américain en 1976 restera toujours comme un exploit incroyable dans l’histoire du club et Eusebio demeurera pour l’éternité un héros à Toronto.

© http://www.nasljerseys.com
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