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Mais on le dit quand même

Reims : Olivier Guégan, le numéro 2 prend enfin la main

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10 mars 2001. Huitième de finale de coupe de France. Le Stade de Reims reçoit Bastia. Ce qui serait aujourd’hui un match quelconque de Ligue 1 fut à l’époque la célébration d’un Stade de Reims renaissant. Une dizaine d’années après son dépôt de bilan et son retour en Division d’Honneur, Reims reprenait des couleurs après avoir connu les derbys de National 3 contre Sainte-Anne Reims et les barrages de National 2 contre Pontivy. Pensionnaire de National 1, le Stade jouait contre une belle équipe bastiaise cet après-midi là : Penneteau ; Ferreira, Domoraud, M. Soumah, Valery ; Nalis, Piocelle, Swierczewski, Lachuer ; Prince, André avec Fred Antonetti à la barre.

Et pourtant dans un stade Delaune en transformation avec sa petite tribune métallique d’appoint, qui faisait peine à voir pour ceux qui avaient connu le mythique vélodrome Auguste Delaune avec son immense tribune Méano qui permettait de voir tout Reims depuis son sommet, c’est bien Reims qui créa l’exploit avec une victoire 1-0 sur un but du jeune Ducourtioux. Cette équipe était composée de certains gars qui avaient connu les montées successives à l’image du mythe Olivier Tingry dans les buts, du libéro Mazuel ou du milieu Olivier Létang. Au milieu, pour sa première saison, Olivier Guégan fait aussi forte impression.

 Guégan à côté de Létang, une époque...(source : l'excellent skyblog de Paolo92 - http://stade-de-reims-paolo92.skyrock.com)

Guégan à côté de Létang, une époque…(source : l’excellent skyblog de Paolo92 – http://stade-de-reims-paolo92.skyrock.com)

Quasiment quinze ans ont passé et voici Guégan sur le banc du Stade de Reims en Ligue 1. Une demie-surprise pour le microcosme du football champenois. Le milieu n’aura finalement passé que deux saisons comme joueur à Reims (en 2000-2001) puis à la fin de sa carrière en 2009 pour donner un dernier coup de main à 38 ans afin de remonter en Ligue 2. Malgré tout, ses passages courts ont marqué à Reims et l’image d’un joueur hargneux et fier du maillot porté est restée.

Le Stade de Reims actuel fait confiance à ses anciens. Il n’y a qu’à regarder la composition de l’équipe dirigeante pour s’en convaincre. Fabrice Harvey, ancien latéral du club dans les années 1990, est aujourd’hui directeur commercial du club (avec un mythique passage dans le documentaire de Canal + sur la dernière journée de L1 la saison dernière), Jean-Pierre Bertolino et David François ont exercé leurs talents à la cellule de recrutement, Alexandre Barbier (ancien capitaine dans les années 2000) est aujourd’hui un directeur sportif officieux qui tend à combler le vide laissé par Olivier Létang passé du statut de joueur à celui de directeur administratif et financier puis directeur général du Stade de Reims avant de filer au PSG. La nomination de Guégan est donc somme toute logique.

Revenu au club en 2009 comme joueur pour une saison, « Olive » est ensuite passé sur le banc au côté d’Hubert Fournier. Un tandem qui a marché quelques temps puisqu’il a permis au Stade de Reims de remonter en Ligue 1. Mais c’est là que les choses se sont détériorées pour le duo. Les raisons de l’animosité réciproque n’ont jamais été claires mais elles ont poussé Guégan loin du terrain, cantonné à un poste dans l’organigramme du centre de formation pour la saison et demie où Fournier était encore sur le banc du Stade de Reims.

Mais l’arrivée de Jean-Luc Vasseur, sans adjoint, a permis à Guégan de revenir au premier plan avec ses qualités d’aboyeur et de fédérateur de groupe. Un binôme qui n’a pas fait les unes des médias mais dont on peut questionner la bonne vie surtout après la déclaration de Didier Perrin, président de l’association Stade de Reims, le jour du licenciement de Vasseur : « Olivier Guégan et Jean-Luc Vasseur n’ont probablement pas la même vision pour gérer une équipe. »

 

Vasseur a commis pas mal d’erreurs cette saison, notamment celle de limiter l’expression de ces tauliers. La sortie d’Anthony Weber (un de ceux qui ont connu les deux montées de National en L1) dans l’Equipe marquait clairement la fin d’une vie commune. Guégan ne devrait pas avoir de mal à recréer ce lien puisque tout le monde loue sa capacité de dialogue et son leadership. Seulement, quels seront ses choix ? Faire confiance aux anciens Tacalfred, Signorino, Weber, Agassa entre autres ou continuer à privilégier un turnover qui n’a pas complètement fonctionné ? L’ancien milieu de terrain se voit en tout cas offrir une chance en or. S’il parvient à assurer un maintien confortable, Guégan pourrait certainement devenir plus qu’une solution de repli pour les dirigeants rémois.

Pierre Ménès, dont le passage en tant que dirigeant au Stade de Reims n’a pas laissé de souvenir impérissable, du moins lié au football, critiquait le jour du départ de Vasseur « ce club qui, 10 ans après, n’a pas changé. » Certes la cooptation au sein des équipes dirigeantes est largement critiquable mais en 10 ans, le Stade de Reims s’est tout de même pourvu d’une équipe digne de la L1, d’un nouveau stade gentiment payé par les collectivités, d’un centre de vie complètement neuf ainsi que d’un centre de formation de qualité (finale de coupe Gambardella la saison dernière, leader en U19 cette saison et 3è en U17).

Il reste aujourd’hui 7 matchs à Guégan pour conserver cet élan et les trois points d’avance sur le premier relégable Toulouse. Dans ces sept rencontres, Reims jouera contre quatre concurrents directs avec Guingamp, Nice, Bastia et Evian. Le Stade de Reims sera aussi la seule équipe à rencontrer les deux premiers de Ligue 1. Et si au soir de la dernière journée, Reims créait l’exploit au Parc, ce serait certainement une belle façon d’enterrer la hache de guerre entre Fournier et Guégan, non ?

Tristan Trasca

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