mer. Oct 16th, 2019

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Mais on le dit quand même

TLMSF interviewe Rio Mavuba, capitaine au grand cœur

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Le mois dernier (lundi 8 avril), le Zénith de Lille accueillait une vingtaine d’artistes tous réuni autour de Rio Mavuba, avec un seul objectif, rassembler des fonds pour l’association « Les orphelins de Makala » créé par le capitaine du LOSC en 2009 et permettant d’accompagner une trentaine d’enfants issus des quartiers défavorisés de Kinshasa en République Démocratique du Congo.

 

Né en pleine mer sur une embarcation d’immigrés entre l’Angola et la France, Rio Mavuba n’a pas oublié ses origines et connaissant aujourd’hui le succès œuvre sans relâche pour venir en aide à ces enfants démunis. Après leur avoir donné un toit au sein même de la vieille bâtisse de son père, c’est en partie grâce aux 50000€ de dons récoltés lors la première édition de « Une nuit à Makala » que l’association a pu acheter un nouveau terrain sur lequel a été construit le premier orphelinat. L’association alimentée par le reversement d’une grande partie des primes du joueur souhaite créer un deuxième bâtiment qui accueillera d’autres orphelins de père et mère.

Rencontre avec Rio

TLMSF : Comment est né le projet « Les orphelins de Makala » ?

Rio Mavuba. Tout simplement pour aider mon pays à hauteur de mes moyens. Je sais que ce n’est qu’une goutte d’eau dans un océan de misère mais ça reste ma contribution et je souhaite qu’elle grandisse et perdure. Si j’ai choisi d’aider des enfants, c’est pour les symboles qu’ils incarnent à savoir l’innocence et l’avenir.

A la base, je voulais créer une école de foot pour garçon. En me rendant sur place, j’ai vu qu’au-delà de l’aspect sportif, ces petits garçons avaient besoin d’aide dans la vie de tous les jours (santé, éducation, hébergement, nourriture…). Et encore au-delà de ces aspects humains, tous les enfants, garçons et filles, étaient impactés. Mon choix s’est donc tourné sur la création d’un orphelinat. Forcément, mon histoire personnelle a bien appuyé ce choix.

Au début nous avons ouvert un orphelinat de jour donc les enfants n’y dormaient pas, nous n’avions pas encore les moyens. Les choses se sont faites au fur et à mesure. Mais de toute évidence, les savoir au sein de l’orphelinat de jour comme de nuit à amplifier la fierté que j’avais à les voir sourire.

Tes parents sont originaires de Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Quels sont les liens qui te lient à cette ville ?  

J’ai encore des oncles et tantes là-bas mais plus que tout aujourd’hui, c’est l’orphelinat qui me ramène tous les ans à Kinshasa. C’est un combat quotidien qui me permet de garder les pieds sur terre. Quand je me retrouve au milieu de tous nos petits là-bas, ils me font réaliser que souvent, ce ne sont pas les plus mal lotis qui se plaignent le plus.

Quel a été le moment le plus marquant dans la création de ce projet ?

A ce jour, l’inauguration de l’orphelinat reste pour moi un moment très fort qui m’a fait réaliser que le projet prenait forme. J’ai de suite compris que je n’avais plus le droit à l’erreur car dès ce jour, c’est la vie d’une trentaine d’enfants que j’avais entre les mains. Aussi, le soir du premier concert «Une nuit à Makala » (ndlr, 26 mars 2012) a été un moment émotionnellement très fort. La présence surprise des enfants sur scène, devant mes amis et le public Lillois a suffi à littéralement me faire fondre en larmes.

Comment s’est faite la sélection des enfants présents aujourd’hui dans l’orphelinat ?

Personnellement, je ne choisis pas les enfants. Nous avons des équipes qui enquêtent sur place et rapatrient à l’orphelinat les enfants répondant à certains critères. C’est très difficile de faire un choix car on se dit « pourquoi lui, elle et pas un autre ? ». Le problème reste les finances, nous sommes limités et les choix se font au final de manière arbitraire. J’espère vraiment que les événements deviennent récurrents et permettront d’apporter les fonds nécessaire au bon développement de nos projets.

Quelle relation entretiens-tu avec ces enfants ?

Malheureusement en dehors des coups de fil que je passe au pays tout au long de l’année, je ne les vois qu’une fois par an mais c’est à chaque fois intense. J’ai l’impression d’avoir une relation de grand frère avec chacun d’entre eux. Bien que je sois une personnalité reconnue aussi bien en France qu’au Congo, je reste une personne comme les autres à leurs yeux. Ils sont certes très reconnaissants envers moi mais leur naturel me montre qu’ils me considèrent d’avantage comme un membre de leur famille qu’un « people », j’aime vraiment cette relation. Ça reste des enfants comme tous les autres, spontanés, souriants, marrants, taquins… D’ailleurs lors de leur passage en France, ils ont eu l’occasion de côtoyer des enfants de leur âge et aucune différence n’était palpable en les voyant jouer ensemble.

Qu’as-tu appris au contact des enfants accueillis ?

J’ai appris que les choses les plus simples sont parfois les plus importantes. On a souvent à portée de main ce qu’il nous manque et c’est en voyant ces enfants s’émerveiller pour des choses qui à nos yeux sont banales, que l’on s’en rend vraiment compte.

Quelle est aujourd’hui la prochaine étape pour l’orphelinat ?

La construction d’un potager sur lequel les enfants apprendront à cultiver la terre. Ca permettra aussi à l’orphelinat de s’auto-alimenter. Belle économie pour nous !

Avant d’être le fondateur et l’ambassadeur des Orphelins de Makala, tu es avant tout un joueur de foot. Ton père était international Zaïrois, actuelle République Démocratique du Congo, c’est de là que vient ta passion ?

Oui en grande partie je pense qu’inconsciemment je me suis naturellement dirigé vers le foot grâce à mon père. Après, j’ai aussi grandi au milieu des ballons, la plupart de mes amis les plus proches sont du monde du foot. J’ai vraiment toujours vécu ça comme une passion donc je ne peux pas objectivement dire d’où ça me viens exactement, c’est une conséquence logique de beaucoup d’élément de ma vie.

Les footballeurs professionnels sont ces derniers temps souvent montrés du doigt de par leurs comportements quelque peu inappropriés. Toi, c’est l’inverse… Te sens-tu en décalage avec ces joueurs ?

Ça reste une minorité. En Ligue 1, nous sommes 20 équipes avec en moyenne 22 joueurs par équipe, ça fait donc 440 joueurs. La généralité faite sur certains comportements inappropriés comme tu dis, reste minime. L’effet générationnel joue aussi un rôle important, le décalage serait plutôt là.

Comment réagis-tu face à ces dérapages ?

Je ne m’implique pas, personne n’est à l’abri d’une fausse note.

On te connaît pour être un très bon professionnel et pour avoir un grand cœur. Quelle facette de ta personnalité est encore inconnue du grand public ?

Inconnue par pour tout le monde mais mon côté DJ est une facette que j’affectionne particulièrement ces temps-ci. Bon, je ne m’en vante pas car je débute mais attention… DJ Rio se prépare pour sa reconversion (rires).

Merci Rio, que puis-je te souhaiter pour la suite ?

Une bonne fin de saison avec le LOSC et de bonnes choses pour « Les Orphelins de Makala ».

 

Propos recueillis par Jean Laurent Pélissier pour TLMS’en Foot

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