dim. Déc 15th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

TLM S’en Cadre : Le Golden retriever de Kevin Zegers (Air Bud 3)

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Après vous avoir présenté Carton Rouge et Ladybugs, TLM S’en Foot a cherché à marquer le coup pour ce troisième épisode du TLM S’en Cadre.

On a rebranché notre vieux magnétoscope poussiéreux pour vous parler d’Air Bud 3 (« Air Bud : World Pup » ; 2000), la deuxième suite des aventures de Buddy, le golden retriever superstar.


Une icône canine

Buddy (au centre) dans le premier film "Air Bud, star des paniers" (1997). Crédit photo : Buena Vista Pictures / Cineplex
Buddy (au centre) dans le premier film « Air Bud, star des paniers » (1997). Crédit photo : Buena Vista Pictures / Cineplex

En 1997, Air Bud : Buddy, star des paniers (« Air Bud« ) sort sur les écrans américains. Réalisé par Charles Martin Smith et produit par Disney, ce film raconte l’amitié entre Josh Framm (Kevin Zegers), un jeune garçon ayant récemment perdu son père, et Buddy, un golden retriever cherchant à fuir son odieux propriétaire. Le ciment de cette histoire est le basket-ball par lequel le duo fait le bonheur des Timberwolves. Produit avec un budget dérisoire, cette comédie américano-canadienne va rencontrer son public et faire vibrer le cœur de beaucoup d’enfants. En France, les droits de distribution sont décrochés par la Société nouvelle de distribution (SND), appartenant au groupe M6, qui sort le film le 18 mars 1998 selon le CNC ou le 29 avril 1994 selon d’autres sources comme Allociné. Disposant d’un faible nombre de copie, Air Bud ne déplace qu’un peu plus de 71 000 spectateurs sur le territoire.

Le personnage principal est donc un chien. Buddy est d’ailleurs son véritable nom. Il a été recueilli par Kevin Di Cicco, lequel parvient à lui apprendre de multiples tours et prouesses. Après quelques passages dans des émissions de télévision, le Golden retriever croise, pour la première fois, le chemin du grand écran. En 1995, il tourne dans le long-métrage Fluke de Carlo Carlei racontant l’histoire d’un père de famille se réincarnant dans le corps d’un chien. Deux ans plus tard, notre superstar se fait réellement remarquer dans Air Bud qui sera son dernier rôle. Il n’aura pas l’occasion de profiter de sa notoriété grandissante.

L’année de la sortie du film, Buddy développe les premiers symptômes d’un cancer. Il s’éteint quelques mois plus tard et son corps est incinéré. Ses cendres sont dispersés par son propriétaire dans un lieu qui demeure inconnu.


Tout-terrain

L'équipe des Timberwolves de Fernfield dans le film Air Bud 3 (2000). Crédit photo : Buena Vista Pictures.
L’équipe des Timberwolves de Fernfield dans le film Air Bud 3 (2000). Crédit photo : Buena Vista Pictures.

Difficile de dire si les producteurs avaient flairé le coup. Un après sa sortie aux Etats-Unis, une suite, Air Bud 2 (« Air Bud: Golden Receiver ») débarque au cinéma, réalisé par Richard Martin. Ce dernier connaît bien la trame, ayant officié comme réalisateur de la « Second Unit » (filmant les paysages et plans de moindre importance) sur le premier opus. Par contre, cette suite sort directement en vidéo dans l’hexagone. Pour les différentes scènes, Buddy est remplacé par quatre autres chiens à savoir Chance (ayant joué dans L’Incroyable voyage à San Francisco en 1996), Chase et Rush (ayant officié comme doublure pour les plans photographiques du premier Air Bud) et Zak. Autre changement important, le football américain prend la place du basket-ball.

Disney a produit, à la fin des années 1990, plusieurs long-métrages de type sportifs. On peut citer la série des Anges avec Une équipe aux anges (« Angels in the Outfield » ; 1994) de William Dear, Les Ailes de la victoire (« Angels in the Endzone » ; 1997) de Gary Nadeau et L’Ange du stade (« Angels in the Infield » ; 2000) par Robert King. Ou encore d’autres exemples comme le film culte Rasta Rockett (« Cool Runnings » ; 1993) de Jon Turteltaub, l’excellent Plus Beau des combats (« Remember the Titans » ; 2000) de Boaz Yakin et le téléfilm Motocross (« Motocrossed » ; 2001) réalisé par Steve Boyum.

Dans Air Bud 2, le duo Josh/Buddy se reforment mais la mayonnaise ne prend pas aussi bien que dans le premier et elle ne récolte que dix millions de dollars, très loin des vingt-cinq millions glanés par son prédécesseur. Néanmoins, l’équipe réunie autour du producteur Robert Vince continue sur ce filon et lance un nouveau chantier. Le tournage d’Air Bud 3 se déroule lors du mois d’octobre 1999.


La patte dorée

Emma (Brittany Paige Bouck) et Josh (Kevin Zegers) lors d'un match des Timberwolves dans Air Bud 3. Crédit photo : uproxx.com / Buena Vista Pictures.
Emma (Brittany Paige Bouck) et Josh (Kevin Zegers) lors d’un match des Timberwolves dans Air Bud 3. Crédit photo : uproxx.com / Buena Vista Pictures.

La vie de Josh Framm (Kevin Zegers) change au début de ce troisième opus. Sa mère Jackie (Chilton Crane) vient d’épouser Patrick Sullivan (Dale Midkiff), le vétérinaire introduit lors de l’épisode précédent. De plus, le jeune homme fait son entrée au lycée. Par l’intermédiaire de sa sœur, il rencontre Emma, une anglaise s’occupant d’une petite équipe de football féminin, et jouant dans l’équipe du lycée de Fernfield. Sous le charme, Josh commence à s’intéresser à ce sport et intègre cette escouade pour se rapprocher de son coup de foudre. Buddy le suit, prêt à l’aider pour faire trembler les filets. La réalisation est confiée à Bill Bannerman, dirigeant son unique long-métrage. Ce dernier évolue surtout dans le milieu du cinéma comme assistant-réalisateur ou même responsable de la « Second Unit« .

La première chose assez marquante est l’absence de réel sujet principal. Dans le premier Air Bud, l’accent était mis sur la solitude de Josh, cette quête de repère et la construction de cette amitié avec Buddy dont le basket-ball devient le révélateur. Le deuxième film ne parvient pas à nous transporter autant que le premier mais la relation entre Josh et Patrick Sullivan évoque le thème des familles recomposés et de leurs difficultés. Dans ce troisième opus, le football n’est là que pour le spectacle et il n’y a pas vraiment de message. A part peut être celui de rester soit-même mais cela ne correspond qu’à une situation de trois minutes.

Par contre, la question de l’amour est très présente. Josh rencontre Emma et Buddy tombe sur Molly, une femelle Golden retriever qui n’est autre que la chienne de la jeune femme. Un cas classique. On fait avancer ces deux relations et quelques matchs s’intercalent pour pousser l’intrigue vers sa conclusion. Le football ne sert que de point de départ et n’est pas vraiment utilisé pour développer ces relations. Et encore, les matchs ne servent qu’à voir Buddy marquer avec son museau. Les scènes sportives  sont passables et bien mieux travaillé que dans Ladybugs. Le jeu développé est soigné mais certaines scènes montrent des incohérences. Comme par exemple, un joueur enchaînant les passements de jambes, face à un autre, pendant vingt secondes sous le regard des figurants qui courent dans n’importe quelle direction. Les personnages secondaires sont assez mal exploités que ce soit la famille de Josh, celle d’Emma ou leurs coéquipiers.

Après, le but d’Air Bud 3 n’est pas d’être le plus réaliste mais on peut souligner la volonté de faire découvrir ce sport et d’en faire la promotion surtout auprès du jeune public. Dans ce film, on retrouve trois joueuses de l’équipe féminine des Etats-Unis à savoir Brandi Chastain, Briana Scurry et Tisha Venturini. C’est assez court mais on voit une envie de surfer sur une vague grandissante, surtout après le deuxième titre de championne du monde des américaines.


Outil marketing et continuité

Le visionnage d’Air Bud 3 nous montre également que cette série est devenu un outil marketing. Franck Armand-Zuniga, rédacteur auprès du site Chronique-Disney, qualifie cette oeuvre de « parfait copier-coller du premier opus« . Même s’il reconnaît quelques points positifs comme les personnages humains et les animaux « attachants« , il définit surtout Air Bud 3 comme une « production industrielle avant d’être une oeuvre cinématographique« .

De plus, il faut préciser que ce troisième volet des aventures de Buddy est le premier à être distribué directement en vidéo du côté de chez l’Oncle Sam. Les autres suites prendront le même chemin. Dans l’épisode suivant, Buddy prend le nom de « Tobby » en France, ce qui est également son dénominatif au Quebec. Le Golden Retriever se met ensuite au baseball dans Tobby Méga super champion (« Air Bud: Seventh Inning Fetch » ; 2002) de Robert Vince avant d’aider la sœur de Josh, Andrea, dans une compétition de beach-volley dans Air Bud Superstar (« Air Bud: Spikes Back » ; 2003) réalisé par Mike Southon.

La série s’arrête avec ce cinquième volet mais accouche d’une nouvelle brochette de films, centrée sur les enfants de notre héros, les « Buddies« . Si cette joyeuse famille perdure dans les étagères des centres commerciaux, c’est qu’il y a forcément une demande et donc un public. Et si Disney a repris les droits de distributions pour notre pays à M6 en 2014, c’est que le marché doit être intéressant par chez nous.

Pour conclure sur Air Bud 3, on peut dire que cette comédie familiale divertira les enfants mais risque de laisser les parents et les adolescents sur leur faim. Pour le football, le réalisme n’est pas encore là mais au vue des moyens donnés, on peut dire qu’en 2000, cela reste une correcte manière pour se familiariser avec un sport qui commençait à prendre de plus en plus d’ampleur outre-manche.

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