mer. Jan 22nd, 2020

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

TLMSF au Poiré-sur-Vie : reportage au sein d’un club sain

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La France est un pays appartenant à l’Union Européenne. D’une superficie totale de 675 417 km², cet espace est habité d’une population de 65 800 000 habitants. Les meilleurs en calcul auront trouvé que la densité en France est de 97 habitants par kilomètre carré.

   La France est constituée de 22 régions métropolitaines. L’une d’entre elle se nomme les Pays de la Loire. D’une superficie totale de 32 082 km², cet espace est habité par 3 571 495 habitants (en 2010). Les meilleurs en calcul auront trouvé que la densité en Pays de la Loire est de 111 habitants par kilomètre carré.

   Les Pays de la Loire sont constitués de cinq départements. L’un d’entre eux se nomme la Vendée. D’une superficie totale de 6720 km², cet espace est habité par 634 778 habitants (en 2010). Les meilleurs en calcul auront trouvé que la densité en Vendée est de 94 habitants par kilomètre carré. Le chef-lieu de la Vendée est La Roche-sur-Yon. Les deux sous-préfectures sont Les Sables-d’Olonne et Fontenay-le-Comte.

    La Vendée est divisée en 31 cantons. L’un d’entre eux se nomme le canton « Le Poiré-sur-Vie » dont le chef lieu est aussi la ville de : « Le Poiré-sur-Vie ». D’une superficie totale de 72,95 km², la population municipale est estimée à 7 837 habitants (en 2010). Les meilleurs en calcul auront trouvé que la densité au Poiré-sur-Vie est de 107 habitants au kilomètre carré.

STOP

    C’est ici que je dois stopper mon zoom d’introduction. De toute façon, cela devenait difficile de continuer.  Encore deux zooms et j’aurais terminé le nez l’herbe du stade de l’Idonnière. Comment ça vous ne connaissez pas le stade de l’Idonnière ? J’aurais tout vu. Heureusement que j’écris un article pour vous présenter le club du Vendée Poiré-sur-Vie Football (ou VPSVF pour les intimes, et les feignants).

Le club est crée en 1954 sous le joli nom de Jeanne d’Arc. Merci de ne pas rire dans le fond, ce nom est une spécialité du coin. Regardez Carquefou. Bon, vous ne connaissez pas non plus Carquefou ? Bien, comme vous le savez maintenant : LA FRANCE EST UN PAYS…. Oui d’accord je saute toute cette partie. Les meilleurs en calcul auront trouvé que la densité à Carquefou est de 410 habitants au kilomètre carré. Ah oui, ça change quand on se rapproche de la civilisation [Note : l’auteur a vécu en pleine campagne, il se permet donc une blague particulièrement originale et drôle sur son passé. Merci]. La ville de Carquefou se trouve dans la banlieue nantaise. Le club, dont l’équipe première est en national, se nomme L’USJA Carquefou. Comprendre ici « Union Sportive Jeanne d’Arc Carquefou ». De toute façon vous pouvez vous moquer du Poiré-sur-Vie, le club a changé de nom en 2007 puis en 2010 pour adopter celui de « Vendée Poiré-sur-Vie Football ».

Côté sportif le club n’est pas en reste. Après avoir goûté pendant un an à la CFA2 en 2003, le Poiré remonté en 2006 dans cette division. Deux ans plus tard, le club est éliminé en 1/16e de finale de coupe de France par le PSG (à noter que le PSG éliminera l’USJA Carquefou (CFA2 aussi) en quart de finale la même année, coïncidence ? Je ne crois pas). En 2010, le club accède au championnat de CFA. Précoce, le club n’y restera qu’une année avant de rejoindre le championnat National en 2011. Actuellement, le club est 3e de cette division après 29 journées. Si on arrêtait la saison à cet instant Le Poiré-sur-Vie irait jouer en Ligue 2 l’année prochaine. Malheureusement, il reste encore plusieurs matchs à disputer et la lutte est âpre pour le podium.

Je ne vais pas le cacher. Si cet article voit le jour ce n’est PAS parce que le club est dans cette position mais bien parce qu’il appartient au football vrai. C’est dans cette optique que notre bon Petit Pont Moulon avait interviewé Aurélien Gazeau (joueur du VPSVF [Hop je deviens feignant]) ici. N’habitant pas (très) loin de la Vendée, j’ai profité de l’occasion pour prendre contact avec https://twitter.com/vpsvf_officiel (Merci à lui et à sa gentillesse). Résultat, deux billets offerts pour couvrir la rencontre VPSVF-Uzès Pont-du-Gard à l’Idonnière. Pour information, le stade est situé… rue du stade (J’ai aimé, je le note ici) et a pour capacité maximale une affluence de 4500 spectateurs. Environ 2300 étaient présents ce samedi soir.

Rolalalalala, la classe absolue.

 L’essentiel : le live de l’avant-match et du match :

–       H-1 : Départ de Nantes, en pleine discussion avec le chauffeur je me trompe d’itinéraire. Demi-tour, case départ.

–       H-1 : Départ de Nantes bis, j’ai honte.

–       H-40 minutes : Je vérifie l’organigramme du club sur mon téléphone. J’essaie d’apprendre par cœur le classement de national.

–       H-39 minutes : Trop de matchs en retard. Je vais garder mes connaissances de base et le classement approximatif.

–       H-10 : Arrivée au stade. Je vais chercher les billets à l’entrée.

–       H-9 : Mon billet est proprement arraché par le gentil monsieur accueillant de l’entrée.

–       H-5 : Je note la composition de l’équipe en écoutant le speaker. J’écorche un nom sur deux.

–       H-3 : Je me rends compte que les compositions sont écrites derrière moi sur un tableau. Je m’applaudis.

–       H-1 : Je prends place sur le pourtour en face de la tribune. A côté de moi, un kop de 30 personnes commence à chanter.

–       H-0 : Début de la rencontre. Mon voisin de gauche commence à parler tout seul.

–       11′ : Première grosse occasion. Romain Jacuzzi reprend en demie-volée un ballon mal repoussé par la défense. Sa frappe des 20 mètres est aussi puissante que centrée sur le gardien. Corner. Sur celui-ci, un attaquant tente un retourné. Headshot du défenseur qui, lui, jouait le ballon de la tête.

–       12′ : Le kop a arrêté de chanter. Félicitations, ils ont tout de même meilleur public que Lorient et le stade France réunis.

–       19′ : Moussa Marega se présente seul face au gardien. Malheureusement, sa frappe n’est pas assez croisée pour tromper le gardien qui s’interpose du pied.

–       20′ : 30 secondes plus tard, Marega a compris la leçon et se représente devant le but. Cette fois-ci sa frappe croisée passe au ras du poteau, mais du mauvais côté. Six mètres.

–       21′ : Mon voisin de gauche se permet d’insulter les gars d’Uzès chaque fois qu’ils tombent par terre. Bon c’est vrai que l’arbitre siffle à chaque joueur au sol. Surtout pour les visiteurs.

–       22′ : Le capitaine adverse pose un genou au sol pour refaire ses lacets. Coup-franc [Blague].

–       24′ : Un peu d’action. Un joueur du VPSVF se fait littéralement arracher par derrière. Pieds décollés. Début d’échauffourée. L’arbitre décide courageusement d’avertir Ernest Séka [Vu le nombre de joueur, j’ai un doute sur l’identité du joueur du Poiré averti] et le numéro 11 adverse pour leur altercation. L’auteur du tacle n’est même pas inquiété. Tout va bien. Mon voisin commence à faire des bulles avec sa bouche.

–       36′ : Je m’amuse à dessiner le plan de jeu d’Uzès sur mon cahier : un château fort.

–       38′ : Mon voisin m’annonce que le Poiré va marquer « avant la mi-temps parce qu’ils dominent bien depuis quelques minutes ça se voit ».

–       Mi-temps 0-0. Rien à signaler entre la 30′ et la 45′.

–       48′ : Premier décalage intéressant trouvé par les Genôts. Mais le centre est dévissé et va s’écraser sur le filet au dessus de la cage des visiteurs.

–       50′ : Excellent coup-franc pour le Poiré à 20 mètres plein axe. Le gardien s’envole sur sa droite et va chercher le ballon au ras du poteau. Costaud.

–       51′ : J’ai changé de voisin. Le nouveau me pose plein de questions sur les joueurs. Heureusement que j’avais tout analysé avant de venir. Je gagne une boite de jeu Monopoly et 3 dictionnaires pour avoir répondu correctement à 10 questions d’affilées.

–       56′ : TOUT VA BIEN. Le capitaine adverse vient de trouver l’extérieur du poteau gauche des buts de Pichot. Six mètres. Le silence du public rappelle un peu celui du Parc des princes à la 94e minute du match France-Bulgarie en 1994.

A gauche sur cette photo, le capitaine d’Uzès aka Monsieur Simulation. Crédit : Christophe Bouron.

–       62′ : Rentrée de Kevin Lefaix, sur le banc à cause d’un problème physique. « Tu vas voir il va mettre le feu » me dit mon voisin. J’espère qu’il est meilleur pronostiqueur que le premier.

–       67′ : Le capitaine adverse se permet une simulation de qualité. Tellement belle qu’il se permet de chambrer le public en se relevant après avoir obtenu le coup-franc. Sans blague, Marion Cotillard aurait du avoir un oscar pour sa scène ridicule dans le dernier Batman comparé à ce que vient de faire ce numéro 26.

–       72′ : Le gardien visiteur s’interpose une nouvelle fois suite à une frappe à bout portant sur un corner mal repoussé par sa défense.

L’inconvénient du Football Vrai : trouver l’écusson du club sur le maillot de l’équipe. Crédit : Christophe Bouron.

–       73′ : Balle piquée en retrait, malheureusement l’attaquant avait coupé au premier poteau.

–       81′ : Ouverture du couloir à gauche suite à un appel axial. Montée du latéral. Une-deux avec l’attaquant. Centre en retrait. Joueur lancé au deuxième poteau. Frappe du plat du pied. Sauvetage d’un défenseur avec sa cuisse sur la ligne. M-E-R-D-E.

–       82′ : Réunion de femmes de joueurs derrière moi. Une des « habituées » des matchs propose gentiment à une autre de ne plus venir au match parce qu’elle porte la poisse. Les deux rient de bon cœur. Pas mon voisin de gauche qui la regarde avec un couteau sacrificiel dans la main.

–       84′ : Discussion surréaliste à côté de moi entre deux personnes. Pour résumer, la première annonce à l’autre que les plans du nouveau stade sont prêts et tout est signé pour la construction. La seconde est heureuse car « avoir un nouveau stade c’est bien mieux pour la montée de cette année. Surtout qu’ils seront mieux installés pour redescendre dans 2 ans ». COSTAUD.

–       88′ : Énième parade du gardien sur un nouveau coup-franc, tiré par Le Goff cette fois-ci.

–       90+ : Nouvelle frappe du Poiré bloquée par le gardien.

–       90+ : Uzès manque le hold-up pour 10 centimètres. La frappe de 25 mètres passe en effet à un cheveu de Michel Blanc au dessus du but du Poiré.

–       Fin du match. 0-0. Un point de plus au classement. C’est ce que l’on pourra retenir de cette prestation.

Dans la foulée du match, j’ai pu assister aux conférences de presse des deux coachs. Chacun ayant une analyse différente de celle de son adversaire du jour, bien entendu. Ainsi Samuel Cruz, entraîneur d’Uzès, a insisté sur « l‘importance morale de prendre ce point ». Un match qualifié de « plein ». Mais le plus important à ses yeux se trouvait dans la force « de replacement de l’équipe » car « au match aller c’était une force de cette équipe du Poiré de se projeter tout en étant capable d’un replacement rapide. Aujourd’hui c’est nous qui l’avons effectué, avec de la combativité ».

Enfin l’entraîneur a insisté sur un dernier fait : « nous sommes relégables mais sans être prétentieux, il faut être ambitieux. Sans cela on ne peut s’en sortir ».

Ensuite, ce fut au tour d’Oswald Tanchot (coach du VPSVF comme vous l’avez deviné) de livrer son analyse sur la rencontre. Une fois passées les éternelles formules bateaux « il faut reconnaître le côté valeureux d’Uzès mais le Poiré n’a pas non plus su faire la différence », le coach a abordé des aspects bien plus importants concernant le match passé mais aussi le futur de l’équipe.

Oswald Tanchot : « Je lutte contre l’optimisme béat de certains depuis un moment. Aujourd’hui nous n’avons pas su remporter ce match. Il faut pourtant féliciter les joueurs adverses, quand on met l’état d’esprit qu’ils mettent on reçoit ce qu’on mérite. Pour autant les joueurs n’ont pas failli, ils ont fait ce que j’attendais d’eux. J’ai envie de féliciter les joueurs. Le pessimisme est contagieux, il faut toujours savoir prendre la bonne distance. »

Personnellement, j’ai beaucoup apprécié ce débriefing (dont j’ai laissé une partie de côté, bien qu’elle soit intéressante) dans la manière d’aborder la situation de l’équipe par rapport à sa place, aux objectifs à venir mais aussi au groupe en tant qu’Hommes. Cela m’a changé des éternels discours rébarbatifs d’après match formatés auxquels j’ai pu assister. J’ai d’ailleurs pu noter cette petite remarque de M. Tanchot. Il répondait à une question d’un journaliste sur l’absence de joueur au second poteau sur un centre en retrait en fin de match : « en National, il fait partie du bagage d’un joueur de voir un appel au premier poteau pour fermer au second ».  J’ai juste envie de dire : ça c’est fait.

Pour la suite et fin de soirée, j’ai pu m’entretenir avec le président du VPSVF M. Patrice Cougnaud ainsi qu’avec le président délégué administratif et financier M. Jean-Yves Cougnaud. Je les remercie énormément pour leur attention et leur patience.

Je ne ferais pas d’interview directe dans cette article car je cherchais d’abord à comprendre le fonctionnement du club ainsi que ses objectifs dans le futur. Pour résumer notre échange, nous avons beaucoup parlé de l’évolution du statut juridique du club (qui est actuellement une association). Le sujet est complexe et très sincèrement, je ne maîtrise pas assez les facteurs juridiques et économiques pour comprendre tous les tenants et aboutissements. Je préfère envoyer les plus téméraires vers ces deux liens. Le premier l’organisation juridique et le statut professionnel des clubs par la Ligue de Football Professionnel. Le second concerne un article du (très bon) site foot-national.com sur un exemple d’attribution du statut professionnel à un club (ici Angers en 2007).

http://www.lfp.fr/reglements/reglements/2012_2013/reglAdmin1.pdf

http://www.foot-national.com/foot-pourquoi-la-ligue-a-refuse-le-statut-pro-a-angers-1194.html

 

Je tenais à terminer cet article sur un avis personnel. Tout d’abord, je suis plus qu’heureux d’avoir pu assister à un match de niveau National et discuter aussi librement avec le club et ses représentants, c’est assez rare pour être souligné. Mais par-dessus tout cela, ce qui m’a le plus frappé dans les discours et dans les idées, c’est cette volonté de garder « les pieds sur terre » (expression entendue facilement cinq fois dans la soirée). Le club veut grandir, veut gravir des échelons. Mais il ne veut pas sauter les étapes. Le sportif va rendre son verdict son verdict concernant la montée, mais sincèrement, en coulisse le club se donne les moyens de ces ambitions.

Merci BEAUCOUP à tous les membres et bénévoles du Poiré-sur-Vie que j’ai pu rencontrer ou ennuyer ce soir là. Promis, je reviendrais.

PS : pour ceux qui parlent d’un nouveau stade déjà signé. Je suis sûr que le tuyau vous a été refilé par le service sport du Times.

4 thoughts on “TLMSF au Poiré-sur-Vie : reportage au sein d’un club sain

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