lun. Juil 13th, 2020

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Vis ma vie de footballeur universitaire, le bilan.

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Le football universitaire, ses matchs du lundi soir, ses mc-do d’après-match, cet univers qui marque ses études. On vit ses meilleurs moments footballistiques durant cette période, beaucoup vous le diront. Moi, j’ai déjà trois années derrière moi de football universitaire, alors je peux te dire que je connais tout et j’ai quasiment tout vu : l’arbitre qui ne vient pas, l’équipe adverse qui arrive 10 minutes en retard, l’équipe de potes ou le gardien passe stoppeur au bout de 70 minutes, l’équipe qui joue sa vie… etc.

Notre saison universitaire vient de s’achever sur une finale perdue face aux STAPS Marseille. L’occasion de faire le bilan de l’année.

J’en ai des choses à raconter depuis la dernière fois. On s’était arrêté sur des victoires les lundis soirs en académiques et une défaite en championnat de France contre Aix/Marseille, au mois de novembre. Depuis, il s’en est passé des choses. Des joueurs n’ont plus été convoqués, d’autres ont fait leur apparition dans le groupe. De plus, l’université a vraiment vu les choses en grand. Nous avons tous eu droit à une tenue d’ambassadeur (un pull, et une cravate immonde). Ca fait classe, mais apparemment, on passe plus pour des étudiants à Poudlard qu’autre chose. Pour fêter la remise de ces tenues, l’université avait organisé une grande soirée des ambassadeurs. Sous ce nom ronflant, quelque chose de bien plus barbant. D’abord, une séance photo avec tous les sportifs universitaires. Ensuite, tout ce beau monde est réunit dans un amphi pour assister au discours de Monsieur le président de l’université. Et pour finir, l’apéro-dinatoire que tout le monde attendait. On a d’ailleurs pu causer avec le président de l’université, le chambrer et prendre une photo de groupe avec lui. Un bel homme. Une soirée somme toute assez sympathique, même si nous attendons toujours de voir les clichés et de savoir à quoi vont bien servir les photos de groupe.

Oh la cravate dégueulasse.

Les choses sérieuses étaient assez vite de retour, avec début décembre le déplacement à Montpellier pour y affronter l’université 1. Le rendez-vous était pris depuis longtemps car en face, 4 anciens de la maison font partie de l’effectif montpellierain. La bonne ambiance est de rigueur pour ce match, malgré l’enjeu qu’il comporte. Nous jouons sur un synthétique au domaine de Grammont, et de plus, nous avons reçu les nouveaux maillots, bleus et jaunes aux couleurs de l’université. Le seul point noir, c’est le temps, avec un temps hivernal: de la pluie et du vent. Je débute pour ma part remplaçant et je suis spectateur attentif du match. Le début est équilibré et on se crée même une belle occasion. On est bien en place jusqu’à ce que l’on prenne un carton blanc synonyme de sortie durant 10 minutes. Un carton à la con pour avoir râler contre l’arbitre. Sachant que c’est un des stoppeurs qui se prend ce carton, me voilà rentrant sur le terrain, en pompier de service juste avant la mi-temps. Je peux vous dire qu’à ce moment là, en infériorité numérique, on se doit de vite rentrer dans son match. On arrive à la mi-temps sur le score de 0-0, mais en menant 2-1 au carton blanc, niais que nous sommes, car incapable de fermer notre gueule. On se dit à la pause qu’il faut continuer comme cela mais en arrêtant de discuter les décisions de l’arbitre. Justement, l’arbitre au retour des vestiaires siffle un pénalty (justifié), et Montpellier ouvre le score. Va s’en suivre un match équilibré puis un « on joue tout pour l’attaque ». L’arbitre nous refuse un but en fin de match, sur une action litigieuse. Et à la toute fin, les Montpellierains tuent nos derniers espoirs sur une contre attaque.

On frôle la cacamiseta.

Ce match là laisse peu de regrets car Montpellier nous a été supérieur dans le jeu. On avait une équipe qui avait le niveau pour faire quelque chose en championnat de France, et le match contre Aix/Marseille en était la preuve, mais voilà, il faut être réaliste à ce niveau là, et les erreurs se paient chères.

Éliminé en championnat de France, il ne nous restait plus que les matchs du lundi soir contre les équipes d’Aix. Les genres de match où tu peux tu galères un peu mais coup de chance, le gardien en face est encore plus nul qu’Apoula Edel. On est tenu en échec ? C’est pas grave, il suffit d’une frappe de 25 mètres, puissante mais en plein milieu des cages pour que cela fasse but. On est même allé à 10.5 jouer un match à Aix pour finalement repartir avec une victoire 9-1. Un massacre. Le léger problème de l’équipe, c’est tout de même l’efficacité devant les buts. Par contre, pour ce qui est de l’efficacité de s’embrouiller, de prendre des cartons à la con, ou de se mettre l’arbitre à dos, on est champion haut la main.

La preuve en est avec le déplacement à Marseille pour y affronter les STAPS Marseille. Pour la première fois de ma vie, j’ai vu un carton rouge de sortie lors d’un match universitaire. Il faut avouer que l’attentat de notre arrière droit était très con et a provoqué un début d’embrouille. Pour ma part, j’ai découpé l’attaquant sur le côté sans que celui-ci ne bronche. Il était rugbyman, tout s’explique. Au terme d’un match chaud (qu’est-ce qu’on peut être con d’envenimer un match comme ça), on repart avec la défaite avec un scénario qui fait mal au cucul: des occasions ratées, notre gardien qui sort un péno à un quart d’heure de la fin, un but encaissé cinq minutes plus tard, et une égalisation ratée de peu, la faute au gardien. On ressort de ce match avec une défaite qui laisse sur sa faim, et une belle image de gitan (Gignac likes this).

Pour parachever notre image de boucan, lors du dernier match de poule, on a fait fort: Arrivée au stade à 20h25 pour un coup d’envoi prévu à 20h30. Deux cartons jaunes (cinq minutes d’expulsion) en première mi-temps et coup sur coup. Un but encaissé, mais ça reste un peu plus anecdotique. Mais surtout, un nouveau carton rouge. Le début de ce carton, je ne saurais vous expliquer ce qu’il s’est passé, mais la fin est très clair: notre joueurs insulte l’arbitre à plusieurs reprises, en face à face. Adieu la bonne image de l’université. Bel exemple d’ambassadeur tout ça. Et après, on s’étonne que le football est une mauvaise image. Malgré tout cela, on repart d’Aix avec une victoire 2-1.

Pour finir, la grande finale pour décider du titre académique avait lieu en cette fin du mois d’avril. Le choc, Avignon – STAPS Marseille. Pour la troisième année consécutive, la même affiche. Et après, vous vous plaignez des clasicos Barça – Real. Nous voilà donc à Aix-en-Provence pour disputer cette finale. La pluie est au rendez-vous, comme pour doucher nos hardeurs. On est motivé comme jamais, revanchard des deux défaites au cours de la saison. On entame fort le match, en ayant la possession de la balle. Notre latéral droit décide alors de réaliser l’action de la saison: il enchaine 3 râteaux pour ensuite passer un petit pont à son défenseur. C’est allé très très vite, et c’était violent. Un viol en bon et du forme. Mis à part ça, on vendange. Une tête sur la transversale, un face à face en or gâché. Et le football ne pardonne pas. Le 4 marseillais monte balle au pied, et vu que personne ne l’attaque, il lâche une Bundes-frappe de 25 mètres. 0-1, dans le cul Avignon. Et c’est à ce moment là qu’on a retrouvé notre équipe, qui était pour une fois si sérieuse: des engueulades, des pertes de balle à la con. Soufflante à la mi-temps pour repartir sur des bonnes bases. En début de seconde période, on trouve enfin l’ouverture suite à une belle ouverture que notre attaquant fructifie en dribblant le gardien. 1-1 donc, et la confiance est là. Mais voilà. Maîtrise du match + vendange = But encaissé en contre ou sur coup de pied arrêté. Le but marseillais arrive sur corner, par l’intermédiaire encore de ce numéro 4. STAPS Marseille repart donc avec le titre de champion académique (et la coupe ridicule qui va avec).

Et nous, nous repartons avec d’immenses regrets et un sentiment d’inachevé. Il faut dire que l’année prochaine, beaucoup ne seront plus là. Une équipe universitaire quoi…

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