ven. Juil 19th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Entretien avec Laurent Pomponi, Dudelange F91 (Luxembourg)

11 min read

“En signant tôt à Dudelange, je me suis assuré une intersaison apaisée“


Dudelange tient son nouvel attaquant

Entre le Grand-Duché, sa Corse natale, son attrait pour le football irlandais, sa vie d’expatrié et la Champions League, le joueur de 23 ans nous dévoile avec son accent chantant, son parcours et ses ambitions.
Rencontre avec le nouvel attaquant du Dudelange F91, champion du Luxembourg.


Salut Laurent, merci d’accorder un moment aux lecteurs de TLMSF, dans une intersaison très chargée pour toi.
Tout d’abord raconte-nous ton chemin footballistique en quelques mots?
Je suis né à Ajaccio le 18 juin 1996, j’ai commencé le foot à l’âge de 5 ans, formé à l’AC Ajaccio. J’ai ensuite évolué dans un club de village, le SC Bocognano, avec un intermède d’un an au SC Bastia puis retour à l’AC Ajaccio pour terminer ma formation entre 15 et 19 ans. La saison suivante, je passe quelques mois à Ile Rousse Balagne en Haute-Corse (National 3) avant de rejoindre le Luxembourg en 2017 pour une aventure d’un an très enrichissante sportivement à l’US Hostert. Puis, je decide de rentrer en Corse en National 2 au FC Bastia-Borgo. Enfin, à l’issue de cette saison 2018/19, je viens tout juste de rejoindre Dudelange, champion du Luxembourg.



Quel est ton style de jeu ?
Je suis un attaquant assez longiligne d’1.86m pour 76kg, mes qualités sont la puissance et l’adresse devant le but. On me définit souvent comme un profile atypique, car malgré mes longues jambes je reste assez technique.

Pourquoi le football plus qu’un autre sport ?
En 2001, mon père m’a emmené au stade voir l’AC Ajaccio, qui jouait la montée en Ligue 1. J’avais à peine 5 ans, j’ai tout de suite accroché et j’ai pris ma première licence dans la foulée au club ajaccien. 

Avec Bastia-Borgo vous réalisez l’exploit de monter en National 1 à la dernière journée. Collectivement et individuellement comment s’est déroulée cette saison 2018/19?
Notre groupe vivait super bien, collectivement la saison est abouti en tous points avec, cerise sur le gâteau, l’accession en N1. Cette super ambiance dans le vestiaire est une des raison principale de notre saison exceptionnelle.
Personnellement, je n’ai pas eu le temps de jeu espéré, même si j’ai effectué une dizaine de matchs titulaire et une quinzaine d’entrées en jeu. Le total de 25 apparitions n’est pas si mal, mais j’aspirais à plus de titularisations en National 2. Malgré tout, cette saison sera gravée à vie avec la montée.

La joie de la montée en N1
Malgré tout, tu quittes le club corse, quelles en sont les raisons ?
Tout simplement, on ne s’est pas mis d’accord pour la saison prochaine. Le coach ne pouvait pas m’accorder le temps de jeu que je souhaite en National 1. C’était impossible de passer une saison sur le banc, il fallait rebondir et trouver un nouveau challenge.

Tu as rapidement sécurisé ton avenir en signant chez le champion du Luxembourg, Dudelange F91, dans un championnat que tu connais bien, ayant joué à l’US Hostert en 2017. C’était important de ne pas douter ?
J’ai été contacté mi-mai et j’ai signé le 18 juin, jour de mon anniversaire, joli cadeau ! En signant tôt, je me suis assuré une intersaison apaisée. En période de mercato, il vaut mieux se positionner vite. Les derniers jours en août servent surtout à fignoler sur des postes spécifiques. Je suis rassuré d’avoir eu cette super opportunité au Luxembourg dès le mois de juin.

Dudelange a été mis en lumière cette saison avec un parcours incroyable en Europa League. Comment se sont effectué les contacts avec le club ?
Tout simplement par l’intermédiaire de Henri Bossi, mon ancien coach à l’US Hostert qui vient de rejoindre Dudelange. Il m’a demandé si j’étais intéressé de le rejoindre. Je n’ai pas hésité à lui porté mon intérêt, j’étais prêt à écouter l’offre du club. Nous avons rapidement conclu un accord avec les dirigeants, pour parapher le contrat le 18 juin. Sans Henri Bossi, je n’aurai certainement pas signé là-bas.

À seulement 23 ans, c’est donc ton 2eme passage au Luxembourg, qu’est ce qui t’attire tant au Grand-Duché?
La mentalité du pays me plaît beaucoup. Je la trouve légèrement différente de la France. Le championnat luxembourgeois se résume à un énorme melting-pot de plein de styles. On trouve des Luxembourgeois, des Allemands, des Français, des Portugais… Cette ouverture est enrichissante. De plus, jouer à l’étranger apporte une étincelle supplémentaire, particulièrement en évoluant dans la première division du pays, dans un championnat intéressant. Je profite de l’opportunité de pouvoir vivre à l’étranger grâce au sport car j’adore voyager et découvrir de nouvelles cultures.

Quel souvenir gardes-tu de ton 1er passage au Luxembourg, à l’US Hostert ?
Je passe les six premiers mois en Ligue 2. En terminant troisième on assure notre montée en barrages lors d’un match sur terrain neutre en s’imposant aux tirs aux buts, souvenir memorable. Les six mois suivant en Ligue 1, on profite de notre dynamique de la saison precedente en effectuant un super début d’année. On bat tous les gros à domicile, se retrouvant cinquième à la trêve, on était clairement la surprise du début de saison. Coté vestiaire, j’ai été parfaitement accueilli dans un groupe génial avec une ambiance exceptionnelle, sublimée par la montée en première division. Je me suis bien adapté aux conditions météo qui ne sont pas toujours idéales, quelques degrés d’écart avec la Corse. En Corse, on bénéficie de 300 jours de soleil par an, au Luxembourg de 30 jours (rires).


« Jouer la Champions League, c’est un rêve de gosse. Quand on est enfant, on regarde la compétition à la TV »


En tant que champion du Luxembourg, tu vas jouer le 1er tour de la Champions League. Est-ce un rêve qui se réalise ?
Oui bien sûr, un rêve de gosse. Quand on est enfant, on regarde la compétition à la TV. Je me souviens encore, tout gamin regarder la finale Man United v Chelsea en 2008 avec des étoiles dans les yeux. Évoluer chez le quintuple champion du Luxembourg, jouer les premiers rôles en championnat et avoir l’opportunité de passer les premiers tours de Champions League, dans une jeune carrière, c’est impossible à refuser. Même si j’espère que ca ne sera pas la seule, on ne sait jamais ce que nous réserve le futur.

Les premiers tours de coupe d’Europe permettent de découvrir des clubs moins médiatisés. Pour ce premier tour de Champions League, vous allez affronter  Valletta FC, champion de Malte pour la 25e fois. Ça t’inspire quoi ?
C’est la totale découverte pour moi, j’avoue ne pas connaître ce championnat ni le niveau de cette équipe à part regarder des vidéos de résumés des matchs. J’imagine une équipe très technique qui est multiple fois championne dans un pays qui accueille beaucoup de joueurs étrangers. On va préparer la double confrontation ultra sérieusement et prendre un maximum d’infos, on sera prêt le jour J. 



Pour un footballeur de niveau National 1 ou National 2 en France, est-ce plus facile de s’expatrier pour vivre de son sport ?
Oui et Non, je m’explique. Oui pour les footballeurs qui réussissent à s’intégrer et presque se mettre dans la peau d’un joueur du championnat du pays. Et Non pour les joueurs réticent qui n’arriveraient pas s’adapter à un nouveau pays, une nouvelle culture, de nouveaux codes, et souvent une nouvelle langue. Certains joueurs se sentent à l’aise en France avec un profile adapté au National, pourquoi partir.

Personnellement, je me suis senti très intégré lors de mon passage à l’US Hostert. J’ai connu des joueurs français avec un très bon niveau de National 1 en France, qui n’ont jamais pu s’imposer au Luxembourg.

Conseilles tu quand même à un jeune footballeur de tenter sa chance à l’étranger?
Uniquement s’il se sent prêt et qu’il arrive avec enthousiasme. Qu’il pense d’abord à son bien-être et son épanouissement personnel, en France ou à l’étranger. Ma famille, mes amis me manquent parfois, mais le jeu en vaut la chandelle, j’adore ma vie de footballeur à qui voyage et je veux avancer dans ma carrière sans regret. 

Je crois que tu as eu d’autres contacts pendant l’intersaison…
Au Luxembourg, j’ai été approché par le directeur sportif du Progrès Niederkorn qui a terminé quatrième du championnat. Il m’a proposé un projet intéressant, mais peu après Dudelange s’est positionné. Il a fallu faire un choix et l’actuel champion a gagné le bras de fer (rires). 

« En Irlande, j’aime cette ambiance dans les stades des Bohemians, Shamrock Rovers ou Cork City ajouté à l’intensité et la passion sur le terrain »

Tu ne caches pas un attrait pour le football britannique et ton penchant pour l’Irlande, ca mérite des explications.
C’est vrai, les championnats anglais, irlandais et écossais m’intéressent. J’ai connu le foot irlandais sur YouTube en visionnant des reportages et des résumés de matchs. J’aime cette ambiance dans les stades des Bohemians, Shamrock Rovers ou Cork City ajouté à l’intensité et la passion sur le terrain. Je me suis renseigné sur le niveau des joueurs du championnat, la couverture médiatique et mon attirance s’intensifiait au fil des semaines. J’ai contacté le compte Twitter @footballirlandais qui m’a beaucoup éclairé sur leur championnat, la vie quotidienne en Irlande ce qui a largement conforté mon attirance pour ce pays.

Ce championnat irlandais, Est-ce un football qui te correspondrait ?
Clairement un style footballistique qui me correspond, plutôt physique. J’ai observé la plupart des défenses avec des joueurs sacrement bâtis, j’ai vu des épaules assez larges. 



Maintenant que tu as goûté au football à l’étranger, tu es parti pour faire ta carrière hors de France, l’Irlande est toujours dans ta liste ?
Dans le futur, je serai ouvert à toutes propositions, et l’Irlande sera bien placé dans ma liste si des clubs sont intéressés par mon profil. Certains pays m’attirent forcement plus que d’autres, mais globalement tout est bon à étudié. Je ne bloquerai pas non-plus un retour en France en cas de challenge intéressant. 

Peux-tu comparer le niveau au Luxembourg et en Irlande, après avoir observé les 2 championnats.
Les équipes du haut de tableau en Irlande comme Shamrock Rovers et Dundalk seraient les vrais rivaux des gros clubs luxembourgeois. On assisterait a des matchs très serrés et costauds avec une grosse intensité. Selon moi, les deux championnats doivent se valoir.

Le Luxembourg, l’Irlande, arrivant de Corse, tu ne choisis pas tes destinations pour le climat ! 
Niveau météo j’aurai été mieux en Espagne ou en Italie. Bon là, je me suis mis dans le dur au Luxembourg (rires). Passer de la plage avec 35 degrés à la pluie avec 10 degrés, le choc climatique est rude. 

Ce qui te manquera le plus en quittant la Corse, c’est…
Les proches sans hésitation. Ma copine, mes parents, ma petite sœur, je pense aussi aux grands-mères, tantes, oncles, cousins et cousines… La météo et la plage passent au second plan loin derrière la famille.

« Au Luxembourg en hiver, les marchés de Noël sont incontournables. »


Au Luxembourg, quelles sont tes activités en dehors du terrain ?
Lors de ma première expérience, avec ma copine on trouvait toujours quelque chose à faire. On a profité des thermes avec piscines chauffantes et spas, d’autres sorties comme le zoo, et je trouve reposant de me poser dans un café, le centre ville de Luxembourg est agreable et calme, c’est une ville très plaisante. Et je n’oublie pas un petit chocolat de temps en temps, une des spécialité du pays. Et l’hiver, les marchés de Noël sont incontournables. 
J’allais aussi voir le FC Metz en Ligue 1 (situé à quelques kilomètres du Luxembourg), et comme ils remontent la saison prochaine je retourneraient les voir. Je pars, ils descendent en Ligue 2, je reviens ils remontent.

J’ai pu aussi visiter Liège un weekend, je suis allé voir match du Standard. Le Luxembourg a la particularité d’être un carrefour entre plusieurs pays donc cette année, j’irai découvrir plus en profondeur les régions voisines comme Bruxelles ou l’Alsace avec Strasbourg.

Quel est ton objectif (collectif et individuel) pour la saison à venir ?
Le doublé coupe-championnat est l’objectif clairement annoncé, voire même le triplé avec le trophée des champions le 20 juillet prochain. En Europe, aller le plus loin possible, si on répète la saison dernière en atteignant la phase de poules d’Europa League, ca serai fantastique.
Personnellement, j’ai signé pour 2 saisons plus une année en option donc je shouaite jouer le plus de matches possibles, marquer un maximum de buts et le plus de passes décisives pour aider l’équipe. Prendre du plaisir, être heureux sur et en dehors du terrain avec mes coéquipiés. 

 » Tous les jeunes donnent le maximum pour signer pro dans leur club formateur « 

Gamin au centre de Formation à Ajaccio, quel etait ton rêve ?

Tous les jeunes donnent le maximum pour signer pro dans leur club formateur. Je n’ai pas eut la chance de passer pro, j’ai signé un contrat stagiaire de 2 saisons, j’ai connu la réserve et je m’entraînais parfois avec la Ligue 2 sans toutefois passer le cap du contrat pro.

Je te donne un stylo magique, tu signes dans le club de tes rêves, tu atterris où ?
Manchester United, un club un peu dans le dur ces dernières saison, qui ne va pas jouer la Champions League mais qui m’a fait vibrer dans ma jeunesse. Old Traford the Theatre Of Dreams, Sir Alex Fergusson, l’époque Rooney, CR7…

Le meilleur championnat selon toi ?
La Premier League est au-dessus du lot, les équipes développent le plus beau jeu, un vrai pays de football avec des passionnés. La Bundesliga propose aussi un football spectaculaire. La Liga et la Serie A ne sont naturellement pas à négliger mais la Premier League c’est juste énorme.

Le stade le plus impressionnant dans lequel tu as joué ?
(Il hésite…) J’ai joué dernièrement face à la réserve de Lorient au Moustoir, un très beau stade. J’ai eu la chance de fouler les pelouses des plus grands stades en Corse à Ajaccio et Bastia mais je n’ai encore jamais évolué dans des énormes enceintes européennes.

Le joueur le plus incroyable que tu aies affronté ?
Killian M’Bappe, je jouais avec les U19 d’Ajaccio face à Monaco. On avait tous 18 ans, lui avait 16 ans. Certes, il était impressionnant, mais je n’aurai jamais imaginé qu’il atteigne son niveau actuel. Bon, on a perdu 3-2 et il nous claque un doublé.
J’ai aussi affronté Ousmane Dembelé en 1/8 de finale de Gambardella face à Rennes. Il n’avait pas brillé durant le match mais son potentiel était évident. 

Un petit mot en luxembourgeois pour terminer…
Je vais te dire au revoir alors si c’est le mot de la fin : Äddi.

Un grand merci à Laurent pour ta bonne humeur et ta gentillesse. On te souhaite une grande saison personnelle et collective au Luxembourg. 

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