lun. Juin 17th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

TLMSF interviewe Bryan Bergougnoux (Tours FC)

8 min read

Votre carrière commence comme dans un rêve, première apparition en pro devant votre public, vous le Lyonnais, lors de la 1ère journée de Ligue 1 2002-2003, saison qui verra l’Olympique Lyonnais remporter son premier championnat. Racontez nous cette entrée face à Lens ?

Suite à de nombreuses absences dans le groupe professionnel, Jacques Santini avait fait appell à moi lors des matchs amicaux et j’avais marqué deux fois en deux matchs : il me convoque pour la première journée à Lens et à 20 minutes de la fin il me lance dans le grand bain devant ce public magnifique. J’étais super impressionné, mais je m’étais échauffé avec Delmotte qui m’avait énormément parlé et rassuré ce jour la. Je n’avais rien à perdre, l’équipe perdait 2-0 et je fais plutôt une bonne rentrée. J’aurais pu faire une passe décisive à Pierre Laigle, malheureusement sa frappe passe juste au dessus du cadre! Ça reste un superbe souvenir même si je suis ensuite retourné faire mes gammes avec la DH puis la CFA

Très vite catalogué « chouchou » du public en grande partie à cause de vos racines lyonnaises, comment vivez vous l’évolution de « votre » OL qui passe enfin de challenger éternel à véritable ogre du football français ?

Plutôt bien. Cela me poussait à travailler énormément car je voyais bien que pour intégrer cette équipe ce serait vraiment très difficile : très peu de joueurs du centre signaient pro à l’époque mais j’étais très heureux et surtout fier que mon club devienne un très grand!!

Bryan BERGOUGNOUX - Panini Olympique Lyonnais

Lors de la saison 2003/2004 vous effectuez vos débuts en Ligue des Champions lors du 1/4 de finale retour face au FC Porto (2-2) qui finira par remporter le titre.  C’est la saison de la découverte du futur grand coach que sera Mourinho. Quelle impression vous a laissé le FC Porto et son coach ?

Cette équipe avait une organisation exceptionnelle et des joueurs extraordinaires. Je me souviens en particulier de Deco qui jouait avec une intelligence hors norme et d’une justesse technique parfaite. Maniche lui courait sans s’arrêter, ils étaient impressionnants! Mais on a été surpris par leur niveau de jeu et je pense que si nous nous étions mis dans la peau de l’outsider nous aurions pu avoir une chance…

Le grand public oublie la jeunesse de l’effectif lyonnais qui lance la grande domination hexagonale que va exercer la ville des Lumières jusqu’à fin 2007. Mamadou Diarra, Jérémy Berthod, Nilmar, Essien, Patrick Müller et vous même, tous des joueurs de moins de 23 ans à l’époque! Comment expliquez vous un tel phénomène ?

Même si nous étions beaucoup de jeunes, les joueurs cadres et vraiment importants étaient les anciens. Ils savaient fédérer et inculquer les valeurs de la gagne aux plus jeunes. Après il faut aussi dire que nous écoutions énormément leurs conseils et leurs exigences, c’était une alchimie parfaite avec aussi un staff extraordinaire!

L’OL des temps modernes est indissociable de son président qui à la force de son poignet (et de son portefeuille!) a remis le club sur la voie du succès, si vous deviez le résumer en quelques mots lesquels choisiriez vous ?

Pour moi c’est avant tout quelqu’un de passionné et d’amoureux de son club et celui-ci lui doit tout ! Il a toujours tout fait pour défendre le club et ses joueurs. C’est quelqu’un d’extrêmement attentif aux différents petits problèmes que peuvent avoir les joueurs mais également tous les autres salariés du club. Je lui serai à jamais reconnaissant pour tout ce qu’il a pu m’apporter!

Un fait étonnant se répète pour vous, première titularisation en Ligue 1, 1 but, 1ère titularisation en LDC (face au Sparta Prague), 1 but. Malheureusement les matchs suivant vous retrouviez votre place sur le banc, que vous a-t’il manqué pour percer durablement avec l’OL ?

Je pense qu’il y avait énormément de concurrence à cette époque et qu’il était très difficile d’enchaîner les matchs face à des recrues sur lesquelles on avait investi beaucoup mais je suis persuadé que si j’étais resté au club j’aurai fini par m’imposer. D’ailleurs la dernière saison j’avais gagné ma place avant de me blesser à la cheville à Monaco. Le départ de Paul Leguen m’a incité à aller chercher si temps de jeu ailleurs!

 « On me proposait aussi des contrats mirobolants dans les pays du Golf mais j’avais en tête de jouer »

En parallèle à votre aventure lyonnaise vous découvrez le niveau international avec les Bleuets, vainqueur et meilleur buteur du tournoi international de Toulon en 2004, vous faites partie d’une équipe talentueuse (Flamini, Mavuba, Jérémy Mathieu, Clichy, Aliadière). Emmenés par Raymond Domenech, vous emportez le tournoi 1-0 face à la Suède sur un but 100% Lyon qui vous voit ouvrir le score suite à un centre de Jéremy Berthod. Les sollicitations des grands clubs ont afflué après cet été 2004 ?

Oui il y avait surtout l intérêt de Lille Paris et Toulouse. On me proposait aussi des contrats mirobolants dans les pays du Golf mais j’avais en tête de jouer et j’ai décidé de rejoindre le TFC.

Le 23 novembre 2004 l’OL va affronter le grand Manchester United dans son théâtre des rêves, Paul Le Guen vous « offre » les dernières 18 minutes. Comment c’est possible de garder la tête froide dans un moment pareil ?

Je me souviens de l’échauffement avec Jéjé Clement et Jéré Berthot au taureau : on ne faisait que regarder le stade et l’ambiance qui y régnait c’était magique. Ensuite Paul Leguen a fait appel à moi pour les 20 dernières minutes mais il ne me les a pas offertes : quand il nous faisait jouer c’était toujours parce que nous le méritions. Mais là c’était face à Cristiano, Rooney, Scholes, Heinze et on ne peut pas garder la tête froide. Tout bouillonnait en moi et je me souviens avoir une occasion et m’être fait contré après avoir réussi un bel enchaînement. Je me demande encore ce qui ce serait passé si j’avais marqué sur cette occasion…

Suite au départ de celui qui vous a lancé au haut niveau, vous quittez le navire Rhodanien en direction du plus « tranquille » club toulousain et sa cité universitaire. Pourquoi ce choix ?

Je choisis Toulouse parce que je voyais dans ce TFC un bel avenir. J’aimais les joueurs qu’ils étaient entrain de recruter : Santos, Jéré Mathieu, il y avait aussi des joueurs avec qui je jouais en Espoirs et ça a beaucoup influencé mon choix et c’est le club qui me voulait le plus!

200812131026

En 2006 la France Espoir se fait sortir en 1/2 finale de l’Euro au Portugal face à la Hollande qui s’impose 3-2 après prolongations (entré en jeu à la 77ème vous marquez le 2-2). Encore une fois la France possède une très belle génération, quel souvenir gardez vous de cette épopée ?

Nous aurions dû gagner ce championnat d’Europe. Nous avions une génération extraordinaire et un vrai groupe heureux de se retrouver à chaque sélection. J’ai le regret que beaucoup de joueurs aient été bloqués pour passer à l’échelon supérieur. Mais c’était impossible à l’époque d’intégrer l’équipe championne du Monde et d’Europe.

Frankreich U21 Niederlande U21 01.06.2006 U21 Europameisterschaft 2006 Spielbericht Transfermarkt

Après 3 saisons au TFC vous rejoignez l’Italie et la Série B, encore un choix étonnant. L’envie de découvrir un « autre » football ?

Oui j’avais très envie d’aller à l’étranger. Je voulais absolument découvrir un autre championnat. J’aurai préféré l’Espagne mais je n’ai pas eu de propositions concrètes venues de l’autre côté des Pyrénées alors j’ai accepté celle venue par les Alpes.

bergougnoux

En janvier 2012 vous découvrez un nouveau pays, la Chypre. Un pays où le football est roi malgré la faiblesse de son équipe nationale. Racontez nous ces 6 mois dans un championnat qui malgré les grandes difficultés du peuple chypriote continuait de déchaîner les passions ?

Expérience géniale : j’ai découvert la ferveur extraordinaire d’un peuple pour le football et gagner la coupe devant des fans aussi bouillants c’était mémorable!

Dans la même période votre club formateur se fait sortir par le plus gros club du pays, le staff rhodanien semble avoir sous estimé l’adversaire méconnu qui l’attendait. Le staff vous a contacté pour avoir quelques infos sur l’adversaire ?

Oui j’avais été les voir à l’hôtel et j’en ai profité pour les prévenir. Ils m’avaient d’ailleurs invité à voir le match mais impossible pour un joueur d’Omonoia d’aller au Stade quand joue APOEL.

« Le plus important pour moi c’est de jouer au football je suis un passionné je jouerai même en PHR s’il le fallait »

Après votre long et quelque peu chaotique parcours à l’étranger, vous retrouvez le Tours FC en Ligue 2. Votre contrat prend fin en 2015, quels sont les objectifs et rêves qui animent Bryan Bergougnoux aujourd’hui ?

Je rêve toujours de rejouer en Ligue1, je sais que j’en ai la capacité. Il faudra simplement beaucoup de travail mais je suis dans le bon état d’esprit pour ça!! Après je ne fais pas une fixation là dessus, le plus important pour moi c’est de jouer au football je suis un passionné je jouerai même en PHR s’il le fallait

Doté d’un palmarès assez exceptionnel (4 titres de champions, 3 trophée des champions, 1x champion de Série B italienne, vainqueur du festival international de Toulon) changeriez vous quelque chose si vous pouviez tout refaire ?

Non, chacun son destin. Le mien m’a mené à une famille extraordinaire et si je changeais quoi que ce soit je n’aurai pas ma femme et mes deux enfants qui sont tout pour moi. En plus je suis sûr qu’il me reste beaucoup de choses positives à venir  et beaucoup de gens aimeraient avoir le même palmarès, il suffit juste de regarder ma carrière dans l’autre sens et elle devient une très belle carrière mais le contenu est le même…

32

Un grand merci à Bryan Bergougnoux et à @biere_gougnoux sans qui cette interview n’aurait pas été possible.

2 thoughts on “TLMSF interviewe Bryan Bergougnoux (Tours FC)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © All rights reserved. | Newsphere by AF themes.