mar. Juin 18th, 2019

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Mais on le dit quand même

TLMSF interviewe Mickaël Niçoise : De retour en Suisse ?

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Né en France, dans la région parisienne, Mickael Niçoise fait ses gammes dans le centre de formation du plus grand club de la capitale, le PSG. Malheureusement, comme bon nombre d’autres jeunes pépites du mouvement junior il va devoir s’exiler pour percer. Retour sur ce parcours dépaysant, étonnant par moments et qui est loin d’être terminé !

Bonjour Mickaël, pouvez vous vous présenter rapidement à nos lecteurs?

J’étais au PSG, j’y ai effectué ma formation. J’ai joué mon premier match en pro avec eux. Après j’ai été prêté à Amiens où j’ai fini par signer.

Après vos débuts à Amiens, il y a un départ pour la Belgique. Pourquoi la Belgique ?

Très tôt je pars en Belgique parce que, quand j’étais plus jeune j’avais des problèmes de comportement. Avec mon groupe, mon entourage c’était pas facile et aller dans un autre pays c’était un peu plus simple parce que c’était une autre mentalité, etc.

Ça s’est bien passé donc en Belgique ?

Très bien, oui. C’était ma première saison pro à 19 ans où j’ai pu marquer quelques buts, et faire une saison complète, c’était pas mal pour un débutant.

A la suite de cette première expérience belge, vous partez six mois en Turquie. La Turquie c’est encore plus loin que la Belgique, c’est une autre langue. C’était pas difficile aussi jeune ?

En fait il y a eu un transfert,  j’ai pas vraiment eu le choix…

C’était imposé ?

Oui, à l’époque les transferts c’était pas toujours comme maintenant. Parfois quand un club adverse mettait beaucoup d’argent c’était difficile de refuser. Mon club belge avait investi zéro euro donc pouvoir me vendre presque un million c’était énorme pour eux. Ils ne pouvaient pas passer à côté d’une occasion pareille. Donc j’ai pas vraiment eu le choix quand le club turc a fait la proposition, mon club a dit« écoute, tu va signer en Turquie ». En les rejoignant je multipliais mon salaire par 5, 6 donc …

Vous vous y retrouviez aussi finalement, non ?

Non, à part sur l’aspect financier. A ce moment là,  je me voyais pas faire ma carrière en Turquie, pas à 20 ans.  Je parlais pas anglais, ça a été très difficile, d’où le fait que je ne sois resté que six mois.

A la suite de cet épisode turc vous retournez en Belgique avant d’atterrir en Suisse, à Neuchâtel. Comment s’est bouclé ce transfert ? 

En fait j’avais déjà un ami qui venait d’arriver à Xamax. William Edjenguele. Je me suis retrouvé avec lui.

nicoise

C’est lui qui vous a conseillé au staff, parce qu’ils recherchaient un attaquant ou quelque chose comme ça ?

Exactement. Je connaissais aussi Julio Hernan Rossi que j’avais croisé à l’époque, quand il jouait en France. Quand j’étais au PSG, mon premier match, c’était contre Nantes où Julio jouait justement.

Jouer à côté d’un grand attaquant comme Rossi, ça vous a fait progresser ?

Énormément. Il était en fin de carrière, et quand on est en fin de carrière, on est toujours un peu plus ouvert, on essaie de partager quelque chose, c’est une chose qu’il faisait très bien. Surtout que, à Neuchâtel, c’était pas une année facile pour moi, parce que c’était la première saison où j’avais beaucoup de blessures. En plus on m’avait repositionné à une place que je n’affectionnais pas particulièrement.

Sur le côté ?

Oui, on m’avait mis sur le côté droit.

D’habitude vous étiez plutôt en pointe, c’ est juste ?

Oui, et donc Julio m’a énormément aidé au niveau de la patience, me faire comprendre que j’étais jeune et que jouer ça n’a pas de prix, qu’il faut penser aux joueurs qui ne jouent pas. Il m’a fait comprendre que le plus important c’est de jouer.

Donc vous gardez un bon souvenir de cette année à Neuchâtel ?

C’est nuancé, la première partie de saison, non, parce qu’avec Nestor Clausen (NDLR, le coach) ça se passait pas super bien. Je jouais pas. Mais après, oui, très bon. J’ai rencontré des amis dans cette équipe, c’est très rare pour des groupes de footballeurs professionnels. Je suis en contact régulier encore maintenant avec sept ou huit d’entre eux. Ça fait beaucoup. C’est très peu commun dans le monde du football.

Vous pensez retourner un jour en Suisse ou c’est pas du tout dans vos plans ?

Peut être. J’ai quelques contacts là, pour la saison qui vient.

A Neuchâtel ?

Joker !

Une année en Suisse et puis s’en va, direction Chypre. Chypre c’est vraiment comme ce qu’on entend, que les salaires sont pas payés, que c’est le bordel ? Ou est-ce-que c’est faux ?

C’est exactement ça.

Voila pourquoi vous repartez très vite j’imagine !

Je ne suis resté que six mois. Ça a été un véritable cauchemar. A ce moment là, ça faisait quand même cinq ans, six ans que j’étais professionnel. Ca ne m’était jamais arrivé dans ma carrière que, à la fin d’un mois quand, si on devait être payés le 4, normalement on est est payé le 4, là bas, t’attends le 4, t’attends deux semaines, trois semaines, quatre semaines, un mois passe, t’es de nouveau au 4 et t’es toujours pas payé. Deux mois passent et personne te parle. C’est très très difficile.

Un nouveau retour en Belgique suit cette mésaventure chypriote. Vous signez au RFC Tournai et, pour la première fois vous vous stabilisez dans un club. Pourquoi ? Est-ce-que le feeling a bien passé avec le coach ?

Tournai c’est un club très familial. Il faut savoir que j’avais déjà joué en Belgique, juste à côté de ce club là. Et j’avais été en contact avec le président qui est un super homme, ça s’est fait naturellement et j’avais envie de rester avec lui, de…

De vous poser ?

De me poser, c’est ça en fait oui. C’était la première transition dans ma carrière.

Statistiquement ça s’est bien passé, vous avez enchaîné les bons matchs (25 matchs, 10 buts, 6 passes décisives) !

Oui, c’est la première fois dans ma carrière où on m’offrait le rôle de leader alors que je n’avais que 26 ans. Je suis arrivé dans l’équipe en tant que leader, joueur d’expérience, c’était fini l’enfant, le petit jeune. J’étais maintenant un meneur et j’avais des responsabilités, ça m’a beaucoup aidé.

Et là, après ce changement de statut vous partez en Egypte, à Al-Masry 

C’est un gros club d’Egypte. Le club où il y a eu les incidents post révolution, malheureusement. Des supporters sont morts…

Vous étiez là bas au moment des faits?

J’étais sur le terrain, oui.

Moment tragique. Vous quittez le club directement, parce que le championnat est suspendu ?

Voilà, et je signe en Malaisie.

Encore un nouveau pays, une nouvelle culture, comment se fait le contact ?

Après ce qu’il s’est passé en Egypte, j’ai failli arrêter le foot, c’était très difficile. Le championnat en Malaisie, ça ouvre en décembre, donc j’avais l’opportunité d’aller là-bas. Le club me voulait depuis longtemps, j’avais jamais été en Asie, même en vacances ou quoi que ce soit. J’ai été à la découverte.

Actuellement vous êtes à Malte, au FC Mosta. Ca fait six mois que vous y êtes, comment c’est le championnat malte ? Est ce que les meilleurs clubs pourraient jouer, par exemple en Super League Suisse ?

Impossible. Le niveau n’a rien à voir. Bien que la ligue suisse n’ait pas beaucoup d’équipes, elle a quand même un très bon niveau. Ses clubs sont présent en Ligue des Champions, en Europa League. C’est incomparable.

C’est encore en développement donc ?

Oui, Malte c’est vraiment faible pour le moment.

Donc vous, vous comptez pas rester plus de six mois à Malte, vous cherchez quelque chose de nouveau ?

Oui, oui, ça c’est clair.

Plutôt en France, en Suisse comme vous disiez avant ?

Oui.

Ou en Belgique ?

France, Suisse ou Belgique. C’est ouvert.

Qu’est ce que vous visez en France, vous avez des contacts avec quel genre de clubs ?

J’ai pas de contact avec des clubs de Ligue 1. J’ai des contacts avec des clubs de Ligue 2 et énormément de club de National. En Belgique, c’est Ligue 1 et Ligue 2, oui.

Autre chose, vous êtes guadeloupéen. C’est une sélection où il y’ a quand même quelques bons joueurs. Loïc Nestor, Ronald Zubar par exemple. Pourquoi vous avez choisi de répondre favorablement à cette sélection ?

C’est mes racines, mes parents sont de là bas, il était plus évident de jouer avec eux qu’avec la France. J’ai fait les sélections de jeunes en France mais après, plus rien. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas hésité. Même si on ne peut pas jouer toutes les compétitions, on ne peut pas se qualifier pour la coupe du monde par exemple. On fait la Gold Cup, parce qu’on reste un territoire français mais détaché juste pour quelques tournois par la FIFA .

La Gold Cup, c’est quelque chose que vous pensez gagner ? C’est possible de la remporter pour une petite sélection comme la vôtre ?

Notre meilleur résultat, c’est une demi-finale. On a perdu contre le Mexique, qui a d’ailleurs gagné la finale juste après. Y’a de très grosses équipes. Je pense pas qu’un jour on aura l’occasion de gagner. Mais on sait jamais.

Pour finir, quand est-ce qu’on connaîtra votre prochaine destination ?

Je pense que d’ici quelques jours vous en saurez plus … !

Mickaël Nicoise "Dawood"
Mickaël Nicoise « Dawood »

 

NDLR : Malheureusement, Mickaël s’est blessé gravement depuis et est toujours à Malte pour le moment. On lui souhaite le meilleur pour la suite de sa carrière

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