dim. Sep 27th, 2020

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand mĂŞme

TLMSF interviewe Jean-Michel Badiane (ex-PSG)

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Jean-Michel Badiane.

Un nom qui vous dit forcĂ©ment quelque chose. Dans la catĂ©gorie « ah oui, ça me dit un truc », le nom de Badiane parle Ă  tout le monde. Et pour cause, on parle quand mĂŞme d’un joueur formĂ© au PSG, qui a jouĂ© la Ligue des Champions et connu l’Equipe de France Espoirs. Pas rien. Mais Jean-Michel a aussi connu les blessures, les descentes et les galères. Aujourd’hui Ă  31 ans et après un passage par le Paris FC, Jean-Michel est libre de tout contrat. Mais dĂ©sire toujours autant jouer au football, en National ou au dessus. Rencontre avec un homme passionnĂ©.

Jean-Michel, bonjour et merci de répondre à nos questions. On le sait, tu as été formé au PSG. Après les équipes de jeunes, tu as souvent joué avec la CFA de 2000 à 2003. Quels en sont tes souvenirs ?

Oui effectivement, j’ai Ă©voluĂ© pas mal de saisons avec la CFA , du fait surtout d’avoir eu la chance de faire la bascule assez vite en ne faisant qu’une seule saison en U17. Les souvenirs en sont très bons, j’avais la chance d’apprendre le « mĂ©tier » quelque part dans mon club de cĹ“ur, club que j’avais rejoint Ă  8 ans et demi, avec des joueurs que je connaissais depuis des annĂ©es. Et puis les anciens qui jouaient parfaitement leurs rĂ´le de guide, vraiment une belle pĂ©riode en ce qui me concerne .

Quel Ă©tait le discours des dirigeants Ă  cette Ă©poque ?

Le discours des dirigeants Ă©tait, je pense, celui qui est tenu actuellement aux jeunes. A savoir qu’Ă  partir du moment ou nous avions Ă©tĂ© recrutĂ©s par le Paris Saint Germain, cela impliquait plus de chose que le joueur d’un autre club. En terme de travail, de rigueur, d’ambition, de caractère parce que le club comptait dans ses rangs de très grands joueurs et qu’il fallait mĂ©riter le fait de pouvoir un jour Ă©voluer avec eux. Que ça soit Rachid Kendeck, Bernard Guignedoux, Jean Luc Vasseur ou Antoine Kombouare, j’ai apprĂ©ciĂ© la cohĂ©rence dans leurs discours .

Quand tu voyais des joueurs de l’Ă©quipe A redescendre en CFA, comment le vivais tu ?

Le fait qu’il y est une « descente » de pros le week end en CFA reprĂ©sentait, je pense, plus un problème pour eux que pour moi Ă©tant donnĂ© que j’avais la chance d’ĂŞtre alignĂ© mĂŞme en leurs prĂ©sences. J’apprĂ©ciais leurs prĂ©sences, regarder comment ils se prĂ©paraient, se dĂ©plaçaient, leurs qualitĂ©s techniques etc …

Un mec comme Greg Paisley, en plus de son Ă©tat d’esprit et de son accessibilitĂ©, avait un vrai bon pied gauche.

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En 2003, c’est coach Vahid qui t’a donnĂ© ta chance avec l’Ă©quipe A. Quels Ă©taient tes rapports avec lui ?

Vahid c’est effectivement le boss qui m’a lancĂ© en ligue mĂŞme si je m’entraĂ®nais dĂ©jĂ  rĂ©gulièrement avec le groupe pro sous Mr Bergeroo puis Mr Fernandez (sic). Mais pour en revenir Ă  Vahid, j’ai aimĂ© ses sĂ©ances, tactiquement, physiquement, techniquement, psychologiquement. J’estime avoir Ă©tĂ© gâtĂ© et surtout je n’oublie qu’Ă  une pĂ©riode ou tout le monde me conseillait de partir, lui m’a dit « reste, travaille, sois courageux et tu seras rĂ©compensé ».

Tu joues une grosse dizaine de match avec les pros en deux ans entre 2004 et 2006, tu sentais que tu pouvais t’imposer ?

Oui sĂ»rement. Maintenant un certain nombre de paramètres ont Ă©tĂ© compliquĂ©s. DĂ©jĂ  il faut accepter le nombre de joueurs Ă  ton poste, tout en gardant en tĂŞte l’envie d’en mettre mois après mois ou saisons après saisons derrière toi. Ce fĂ»t le cas pour moi jusqu’Ă  ĂŞtre 3ème derrière Yepes et Rozenhal. ReprĂ©senter une alternative pour mon coach et ĂŞtre en EDF espoirs Ă©taient selon moi le bon chemin Ă  ce moment lĂ . Ensuite le paramètre santĂ© fĂ»t plus difficile non pas Ă  cause de grosses blessures, uniquement de petites mais qui a chaque fois m’ont handicapĂ© pour ma progression.

D’ailleurs, tu as Ă©tĂ©  blessĂ© au genou lors de ta seconde saison en tant que professionnel. Pour toi, c’est l’un des Ă©lĂ©ments qui a fait que tu n’a pas pu connaitre le très très haut niveau avec Paris ?

Justement, je n’ai pas Ă©tĂ© blessĂ© si sĂ©vèrement : une blessure au genou qui m’Ă©loigne 3 mois des terrains. Mais je reviens et fais l’Euro avec les Espoirs au Portugal dans la foulĂ©e.

Tu as quand mĂŞme connu la C1 puisque tu as disputĂ© 90 minutes contre le CSKA. Une fiertĂ© j’imagine ?

Oui j’ai connu la C1, quoi de mieux ! J’Ă©tais un gosse, nĂ© Ă  Paris, formĂ© Ă  Paris, supporter du PSG n’ayant connu que ce club ou presque. MalgrĂ© le rĂ©sultat (NDRL : dĂ©faite 2-0 du PSG). J’ai apprĂ©ciĂ© la pĂ©riode dans son ensemble, sans pĂ©pins, avec un boss qui a confiance en vous, avec la Champion’s League au programme sur votre saison, l’EDF Espoir Ă  21 ans !

Après toi, d’autres joueurs formĂ©s au club n’ont pas eu vraiment leurs chances. Sakho, Chantome, Coman et d’autres ont jouĂ© en pro comme toi, mais ont du partir, plus ou moins volontairement. Quel est ton regard sur la formation parisienne Ă  l’heure actuelle ? 

La formation parisienne a toujours Ă©tĂ© bonne. Après quand nous parlons de formation, j’aime voir le caractère « parisien  » du joueur quand il rentre sur terrain. Ce fĂ»t les Domi, Anelka, Ducrocq, Paisley avant nous, puis les Sakho, Mulumbu, ChantĂ´me, Sankhare après.

J’espère en voir encore dans le futur.
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Après Paris, tu as connu Sedan. Peu après ton arrivée, le club descend en Ligue 2 et tu te blesses de nouveau au genou. Tu regrettes ton choix à ce moment là ?

Je regrette l’impatience plutĂ´t que j’ai Ă  ce moment la.

Je sors de l’Euro Espoirs, je pars en vacances et j’apprends depuis New York que le club a recrutĂ© un joueur Ă  mon poste (TraorĂ©). Je fais en sorte de pouvoir m’entretenir avec le coach de l’Ă©poque mais son argumentation ne me convient pas vraiment. Je prends plutĂ´t cela comme le fait de repartir de zĂ©ro ou presque, je dĂ©cide de partir. Après oui l’erreur est le choix du club ou plutĂ´t le choix des personnes avec qui j’allais ĂŞtre amenĂ© Ă  travailler au quotidien parce que le club en lui mĂŞme avait tout (stade, centre d’entraĂ®nement, public). Et pour la petite histoire, je m’engage avec Sedan, sur lequel je n’avais que très peu d’infos, contrairement Ă  3-4 autres clubs avec lesquels j’Ă©tais en contact.

Tu rĂ©silies donc avec Sedan, puis tu t’engages avec le Paris FC. Pourquoi ce choix ?

Pourquoi le Paris FC ?  Et pourquoi pas ?

Il faut croire que je suis fait pour prendre du plaisir uniquement sur Paris. Plus sĂ©rieusement, je voulais rejouer, le club comptait Abdou Diawara, Nico Mirza, Jeremy Gazeau plus Ibou Faye donc un climat qui, Ă  première vue, pouvait m’ĂŞtre idĂ©al pour reprendre du plaisir. J’ai donc proposĂ© mes services au club, en contrepartie je ne percevais aucune rĂ©munĂ©ration la première annĂ©e.

Tu as toujours eu cette envie de rebondir, de ne jamais lâcher malgré les difficultés et les blessures. A quoi est ce du ?

A quoi est due cette envie de toujours revenir ? Tout d’abord Ă  l’amour que j’ai pour le football.

Ensuite parce que tout le monde a un destin et que je pense que mon aventure dans le football n’est pas terminĂ©e. Parce qu’il s’agit bien lĂ  d’une aventure. Et puis j’ai Ă©tĂ© Ă©duquĂ© de la sorte par mes parents et ensuite Ă  l’INF Clairefontaine par Mr Dusseau et Franck Raviot, je ne perds pas de temps Ă  me plaindre de ce qui m’arrive ou a pu m’arriver. Je suis en bonne santĂ©, debout, prĂŞt Ă  jouer, et je travaille pour que mon futur proche soit conforme Ă  mes espĂ©rances. Rien de plus .

Après une première expérience avec le Paris FC, tu as aussi connu le chômage. Comment se passent tes journées à ce moment là ? Tu as du soutien de la part de la Ligue ? Comment ça se passe ?

Vous savez de ce cĂ´tĂ© la, il ne faut pas attendre un assistanat de la Ligue et cela me va très bien comme ça. Pour ma part, j’ai profitĂ© de cette pĂ©riode pour Ă©normĂ©ment voyager, pour voir comment nous pouvions voir le foot ailleurs. Barcelone, Milan, Madrid, Munich, Tokyo, Dakar, New York, Londres …

Que ça soit pour voir des sĂ©ances d’entraĂ®nements ou des matchs, j’y ai pris beaucoup de plaisir, cela m’a permis de rester « connectĂ©  » tout en gardant en tĂŞte mes sĂ©ances qui devaient me maintenir au niveau .

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Aujourd’hui, quels sont tes objectifs persos ?

Mon objectif est de rejouer. C’est très clair pour moi.

Tu penses Ă  « l’après » ? Un poste technique dans un club te tenterait ? 

Dans quelques annĂ©es, j’aimerais embrasser la carrière d’entraĂ®neur ou de consultant sportif mais l’un comme l’autre sont des mĂ©tiers qu’il faut prĂ©parer. Mais j’aime ça .

Merci à Jean-Michel Badiane pour sa disponibilité et sa franchise.

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