mar. Sep 17th, 2019

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Mais on le dit quand même

TLMSF interviewe Gernot Rohr, sélectionneur du Burkina Faso

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Au hasard d’une rencontre au Haillan, TLMSenFoot a eu la chance de pouvoir interviewer Gernot Rohr.
L’ancien entraîneur de Bordeaux et de l’OGC Nice notamment s’est entretenu avec Adrien Mathieu sur ses nouvelles responsabilités avec le Burkina Faso et sur le foot africain en général.

Comment se sont passés les premiers contacts avec votre nouvelle sélection, le Burkina Faso ?

J’ai pas encore vu les joueurs. J’ai été invité il y a trois semaines à me présenter avec deux autres coaches à Ouagadougou. Ils m’ont rappelé pour me dire que c’était moi. Je commence mon travail ce mardi. Je ferais connaissance avec les joueurs très bientôt, j’en connais quelques uns. On les avait jouer avec le Gabon, je pense notamment aux cadres Alain Traoré, Charles Kaboré ou Jonathan Pitroipa. Ce sont de bons joueurs qui ont certes raté leur CAN mais qui ont beaucoup progressé ces dernières années. Preuve en est leur finale en 2013.

source : burkina24
source : burkina24

Comment avez-vous perçu les évènements politiques du Burkina avec la chute du président Blaise Compaoré ?

Je l’ai suivi en tant que voisin. Je vois que la situation est redevenue calme. C’est une période de transmission avec un pouvoir désormais plus démocratique. Je n’avais pas plus peur avec les mouvements islamistes du nord Niger. À part les escortes militaires qui te font prendre conscience de la situation problématique du pays, il n’y a pas d’inquiétudes à avoir.

Que retenez-vous de votre expérience au Gabon ?

Au Gabon c’était une aventure très passionnelle. Comme on devait organiser la CAN, on n’a fait que des matchs amicaux. On faisait face à une pression populaire incroyable. Aubameyang est devenu un joueur d’envergure internationale car il a passé un vrai cap sous mon mandat. J’apprécie aussi aussi Poko, que je me suis permis de recommander à Bordeaux alors qu’il avait juste 17 ans.

Source : gabonreview
Source : gabonreview

Êtes-vous plus mitigé concernant vos deux années au Niger ?

C’était une aventure humaine et sociale extraordinaire. C’est un pays très pauvre où l’on évolue sur des synthétiques de qualité médiocre sous 45 degrés. Malgré des conditions de travail complexes, je me souviendrai de ces gens magnifiques, très motivés et surtout d’une modestie incroyable.

Qu’avez-vous pensé de la dernière CAN en Guinée Équatoriale ?

J’y étais en tant qu’observateur. Le niveau s’est encore amélioré en Afrique, il y a encore certains éléments folkloriques comme les mesures de sécurité très limites et l’arbitrage. Je garde à l’esprit que ça a été organisé au pied levé, la Guinée Equatoriale a prouvé qu’elle savait organiser une telle compétition.

Comment un sélectionneur européen s’organise-t-il pour vivre entre les deux continents ?

Je passe 2 mois sur 3 environ en Afrique. On doit résider là-bas pour s’imprégner du pays, de sa culture et de son championnat. On s’implique dans la formation des entraineurs mais aussi de la détection de jeunes joueurs. La responsabilité est immense car souvent en Afrique, le football est le seul sport d’envergure nationale.

Quelles sont vos relations avec les autres entraineurs européens, notamment Hervé Renard ?

Nous sommes dans le même bateau avec Hervé mais aussi avec Claude Le Roy. Comme je suis germanophone, je discute beaucoup avec Volker Finke, l’actuel sélectionneur du Cameroun. On essaye de combattre ce cliché des « sorciers blancs » car on travaille constamment avec les sélectionneurs africains. On ne détient pas la vérité sur ce continent car on est juste européen.

Les fédérations sont souvent très oppressantes avec leurs sélections, comment vivez-vous ce lien complexe ?

Les ministères du sport sont très impliqués dans le football ce qui a souvent été problématique dans certains pays. Ici la fédération est composée de personnalités très compétentes ce qui facilitera mon travail. Au Gabon et au Niger c’était la même chose, j’avais une certaine liberté d’entreprendre malgré la pression.

Comment évaluez-vous la formation africaine où l’on met souvent en avant les qualités physiques des joueurs ?

Elle est intéressante, elle est obligée de s’améliorer car les jeunes ne peuvent pas partir avant 18 ans. Les clubs, les fédérations et les académies collaborent efficacement et de plus en plus de joueurs sortent avec un bon bagage technique. Ils ont beaucoup progressé au-delà du plan physique car des préparateurs physiques reconnus viennent travailler ici. Le football africain c’est l’avenir.

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