mar. Oct 15th, 2019

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Mais on le dit quand même

TLMSF interviewe Eric Chelle (Marseille Consolat) : « Dire qu’on ne joue pas la montée en L2, ce serait mentir »

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Eric Chelle est l’adjoint de Nicolas Usaï, pour sa première expérience dans un staff il est en train de vivre une superbe épopée ! Actuellement 2ème de National, il est revenu avec nous sur son arrivée à Marseille Consolat, cette saison exceptionnelle et son avenir.

Crédits : marseille-consolat.com
Crédits : marseille-consolat.com

Bonjour, pouvez vous d’abord nous présenter votre carrière de joueur ?

J’ai été formé à Martigues, j’ai joué à Valenciennes, à Lens, je suis allé à Istres et j’ai fini là-bas

C’est votre première expérience dans un staff de club, c’est bien ça ?

Tout à fait, depuis novembre 2014, à Consolat

Vous êtes arrivé en même temps que Nicolas Usaï, que vous avez côtoyé à Istres, comment s’est passé votre arrivée à Consolat ?

Tout à fait, en fait Nico (Usaï, le coach principal, ndlr), que j’ai connu à Istres lorsqu’il était entraîneur adjoint, m’a appelé pour me dire qu’il allait reprendre l’équipe, et si ça me disait de devenir entraîneur adjoint. Et vu que j’étais toujours en contact avec lui et en train de passer mes diplômes d’entraîneur j’ai dit Bingo.

Passons à Consolat, comment ressentez-vous cette épopée ?

On a commencé la saison avec des objectifs pour le maintien, c’est vrai que c’est un petit peu une surprise de nous voir à ce niveau mais d’un autre côté pas du tout. Depuis le début de saison il y avait une grosse intensité lors des entraînements et dans les matchs et le coach a mis en place des principes de jeu que les joueurs appliquent à la lettre. Ca ne pouvait donc que marcher.

C’est en novembre que vous vous envolez ? Avec la série de 12 matchs sans défaites ?

C’est ça, et puis un très bon parcours à l’extérieur qui fait qu’on se retrouve à cette place, maintenant il reste encore des matchs, ce n’est pas fait. Le plus important c’est d’essayer de garder un rythme, d’être un petit peu plus régulier dans les performances pour atteindre ce nouvel objectif.

Donc vous vous projetez en L2, malgré les problèmes qui pourraient subvenir notamment avec le stade ?

Aujourd’hui on est maintenu, donc c’est sur que là on est à notre place, on est 3ème (2ème depuis, ndlr) donc dire qu’on ne joue pas la montée en L2, ce ne serait pas la vérité. Aujourd’hui notre nouvel objectif c’est d’essayer de monter en L2, du moins sportivement. Après les dirigeants vont faire leur boulot.

« Quand on revient de Luçon ou de Strasbourg en bus c’est pas facile, donc à un moment donné ça se paye physiquement »

Et comment vous vivez au quotidien avec un si petit budget ? (600k de budget annuel)

On s’entraîne sur un synthétique dans les quartiers Nord de Marseille, avec tout ce que ça comporte mais surtout avec beaucoup d’huile de coude pour l’entraînement. Les voyages c’est la même, en Ouigo ou en bus donc c’est normal qu’en ce moment on ait un petit coup de barre, car les garçons ont beaucoup donné. Quand on revient de Luçon ou de Strasbourg en bus c’est pas facile, donc à un moment donné ça se paye physiquement comme actuellement. Maintenant les mecs se sont fixés une ligne de conduite depuis le début de saison et ils font tout pour y rester. Le but du jeu, c’est de passer outre cette fatigue et d’être très fort mentalement car on ne va pas rester physiquement à la peine tout le temps. On va retrouver un second souffle qui va se voir ce week-end ! (A Bastia contre le CAB, 1-1 score final ndlr)

Que pensez de l’apport de joueur d’expérience comme Gigliotti ou d’internationaux Comoriens comme M’Changama sur ce groupe ?

Je sais que la force de cette équipe c’est son collectif, après c’est vrai que David (Gigliotti) depuis un certain temps est très bon et décisif dans tout ce qu’il fait, Youssouf (M’Changama) depuis que je suis au club est très bon également. Après des joueurs comme Amiri pointent le bout de leur nez, Alexis Sauvage est très bon, Borgnié, Salim Laassami aussi. Non c’est vraiment un collectif très fort.

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C’est donc un vrai collectif qui s’est créé ?

Voila, c’est un vrai collectif. Et surtout un groupe qui se connaît depuis longtemps, qui ont joué dans la région marseillaise ensemble ou les uns contre les autres. Donc c’est un groupe qui se connait par cœur, Maintenant c’est ça, il fallait quelqu’un qui puissent les fédérer, leur donner un objectif et une voix à suivre. Je pense que le coach Usaï a été très bon là-dessus, après le plus dur quand on a fixé le cadre c’est de partager une vision, et les joueurs la partagent et l’ont assimilée.

Quelles valeurs le coach veut inculquer à cette équipe ? Sur quoi se base t-il ?

Déjà c’est la solidarité, l’envie de faire taire un petit peu le monde du football qui ne croit pas en nous depuis 2 ans. Cette envie d’être considéré malgré le fait qu’on soit le club le plus pauvre de National car malgré ça, avec du travail, de l’abnégation et toutes les valeurs que tu y ajoutes tu peux déplacer des montagnes. C’est ça une partie du discours du coach et du staff technique.

« Bah tu vois il y avait deux façons de parler de Marseille, il y avait l’OM, et les règlements de comptes qui sont environ de 1 à 2 par mois. Donc aujourd’hui on voit qu’il y a une autre façon de parler de Marseille c’est Consolat. « 

Est-ce que vous sentez quelque chose se créer autour de Consolat avec cette très bonne saison ?

Bah tu vois, il y avait deux façons de parler de Marseille, il y avait l’OM, et les règlements de comptes qui sont environ de 1 à 2 par mois. Donc aujourd’hui on voit qu’il y a une autre façon de parler de Marseille c’est Consolat. Donc nous on est très content, même si on est surpris de tout cet engouement mais ça nous fait plaisir car on donne une bonne image de ces quartiers Nord et de cette ville. Pour nous c’est quelque chose d’extraordinaire, maintenant on a envie de leur apporter plus, tout simplement.

Est-ce que vous pensez que Consolat a une vertu sociale en donnant de l’espoir à ses jeunes ? Comme vous le disiez en montrant une autre voie.

Oui. Même si c’est vraiment à une petite échelle, car il y a pleins d’autres problèmes dans ces quartiers et je ne pense pas qu’on puisse tout régler. Mais si le fait qu’on puisse leur apporter un petit peu de bonheur et un petit peu de plaisir à ces gens qui sont vraiment dans la difficulté, ça les fait se sentir mieux, à nous ça nous va bien. Si tout le monde faisait un petit truc, un petit truc dans ces quartiers alors on ferait un grand pas. Maintenant nous, ce qu’on peut donner à notre niveau, on le donne à 200% et du moment que les gens prennent plaisir en venant nous voir et avec nos résultats c’est bien l’essentiel. Après on ne va pas se prétendre ce qu’on est pas et que notre équipe va tout changer dans ces quartiers, mais on veut leur apporter du plaisir et on est bien contents d’y arriver.

« Si tu peux me souhaiter quelque chose, c’est d’être sélectionneur du Mali ! »

Merci pour tout, et qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour votre avenir personnel ?

Aujourd’hui je suis bien avec Nico, j’apprends beaucoup, je prends beaucoup de plaisir au contact de ses joueurs. Maintenant c’est vrai que de temps en temps j’aimerais être numéro 1. J’avais un petit rêve perso, vu que je suis d’origine Malienne. Mon rêve est d’entraîner le Mali, donc si tu peux me souhaiter quelque chose, c’est d’être sélectionneur du Mali !

Et bien c’est tout le mal que l’on vous souhaite ! Merci beaucoup


Propos récoltés par Benjamin Bruchet pour TLMS’enFoot.

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