lun. Sep 23rd, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Vis ma vie de CM de club pro’, rencontre avec Mr Chamois Niortais

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Dans le cadre des matchs de préparation d’avant-saison, les Chamois Niortais rencontrent le Sco d’Angers en amical. Profitant de l’occasion j’ai pu réaliser une petite interview, avec non pas un joueur ou un membre du staff. En effet on va parler d’un des hommes de l’ombre, je suis allé retrouver le Community Manager de Niort pour lui poser quelques questions sur son métier à la fin du match [note : remporté 1-0 par Niort].

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Salut et merci de répondre à nos questions! Peux-tu te présenter rapidement et nous décrire ce que tu fais pour les Chamois Niortais ?

Je m’appelle Simon Vuillemin, j’ai vingt-deux ans. Je suis community manager depuis 2012 et la montée en Ligue 2. Je gère le Facebook du club ainsi que Twitter et Instagram. Je fais aussi le compte-rendu des matchs…Puis voilà c’est à peu-près tout.

Niort (comme Toulouse ou Nîmes…) tente de proposer un contenu plus « décalé » que celui utilisé dans la plupart des autres clubs français. Comment faites-vous cela et surtout dans quel but ?

Alors le pourquoi est simple : nous nous sommes rapidement rendus compte que nous avions séduit les gens que l’on pouvait viser sur Niort et qui s’intéressaient spontanément à nous. Donc le but c’était d’aller chercher ceux qui ne viendraient pas voir les Chamois, ou suivre le club sur les réseaux sociaux. Et donc le meilleur moyen de réaliser cela c’était de faire parler de nous.

Quand c’est plus difficile d’être présents dans les médias grâce au sportif, alors il faut faire une communication plus attractive. Là on a vite vu que pour se faire remarquer il fallait se démarquer. Un club comme Toulouse a démarré cela il y a quelques années en proposant quelque chose de différent, quelque chose de plus ouvert, en étant très interactif et même en faisant des conneries avec les gens comme on aime bien faire aussi. Ce genre de choses peut marcher très rapidement, et avec ça on peut toucher des gens d’autres clubs qui viendront nous suivre. Même sans forcément nous supporter, mais au moins nous suivre et interagir avec nous ce qui du coup va faire connaître le club.

J’imagine que tu as eu des retours positifs de votre travail. Comment est-ce que cela se matérialise au quotidien dans ton travail sur les réseaux sociaux ?

On a beaucoup de retours positifs des gens. Déjà les supporters qui sont heureux d’avoir des photos, des commentaires, de savoir ce qu’il se passe dans leur équipe. Puis souvent, c’est tout bête mais on a des adversaires qui sont content d’avoir un live du match puisque leur club ne le fait pas. Ce soir c’est Angers [Note : le SCO n’a fait aucune communication sur les réseaux sociaux depuis 14 jours au moment de la rencontre] mais même en L2 en championnat, aussi pendant la coupe de la ligue ou la coupe de France où là c’est moins médiatisé.

Souvent on se retrouve à être les seuls à le faire. C’est là où on voit que le travail paye puisque nos supporters sont heureux mais pas seulement : les fans des autres clubs nous suivent aussi pour avoir les actualités de la L2. Du coup, on est « bien placés » pour faire ça.

Et le revers négatif alors ?

Il faut réussir à tenir le club quand ça va moins bien. On l’a eu deux fois. La première il y a un an et demi, ça partait en vrille sur toutes les pages. Une partie des supporters ou plutôt pseudo-supporters a déversé sa colère. Il faut réussir à le contrôler. Même cette année il fallait continuer à faire parler de nous alors que ça allait moins bien sportivement. Il faut donner envie aux gens d’aller au stade, de nous encourager et essayer de tourner cette colère dans un sens positif. Parce que les gens parleront toujours, mais il faut réussir à faire tourner ces interactions pour qu’elles soient bénéfiques aux supporters et au club.

Cette année on s’en est à peu-près bien sorti au niveau de la saison. On a réussi à continuer cette démarche positive. On a organisé des jeux, proposé des concours, continué les échanges avec les gens. Est-ce que cela a vraiment changé quelque chose? On ne le saura jamais. En tout cas on a tout fait pour tenir les réseaux sociaux et améliorer encore ce que l’on peut proposer même si ça ne va pas sportivement.

Tu fais tout cela en temps que Community Manager, mais avant tout en tant que supporter. Penses-tu que cela apporte vraiment quelque chose en plus dans ton travail ?

C’est ce que je me suis toujours dit oui. Dans tous les cas moi je commente comme je vis l’événement. C’est peut-être pour ça que ça plaît aussi. On ressort ça souvent de mes commentaires, que je suis vivant et passionné. Pas forcément pour les matchs amicaux, mais dès que c’est le championnat je le vis pleinement. Quand je commente sur les réseaux sociaux, je le fais en imaginant ce que j’aimerais lire si j’étais à la place des supporters. On décrit les actions comme si on se disait les choses entre nous. C’est peut-être ça qui donne plus envie.

C’est vrai que je me verrais mal faire la communication d’un club dont je ne suis pas passionné. Ça ne ressortirait pas pareil. Après il y en a qui n’ont aucun soucis avec ça. Par exemple Jordan, qui est à Nîmes et qui était à Arles-Avignon, il a parfaitement réussi à changer de club. Il a su transmettre la même passion dans ces deux cas. Mais je pense quand même qu’il est bien mieux d’être passionné du club pour lequel on travaille!

Avec une telle connaissance et passion pour les chamois, tu t’es retrouvé à ce poste parce que tu l’as recherché ou parce qu’on te l’a proposé ?

Je suis arrivé à ce poste là pour, à la base, mettre en valeur l’équipe réserve et les jeunes. Ils n’étaient pas du tout suivis et moi c’est ceux que je connaissais bien quand je suis arrivé au club. Rapidement on a vu avec la direction que l’on manquait de présence sur les réseaux sociaux. Comme on avait une équipe de communication assez jeune, on s’est dit que l’on pourrait monter ça. Ça s’est fait naturellement : Twitter, Facebook…

On a tous appris sur le tas mais je pense qu’on a réussi à construire quelque chose de cohérent. Ce qui fait que maintenant on a des réseaux sociaux qui sont bien animés. Au final cela s’est réalisé un peu tout seul, de fil en aiguille je me suis retrouvé à commenter des matchs de la réserve et en six mois j’étais aussi sur les matchs des pro, de la réserve, des jeunes.

Pas mal de gens voient le métier de Community Manager comme un job de rêve avec peu de contraintes, et en réalité ça se passe comment ?

Ça prend du temps, beaucoup de temps, il faut toujours être là. Suivre les joueurs à chaque instant : quand ils jouent il faut les commenter, quand ils ne jouent pas il faut alimenter les nouvelles. On ne s’arrête pas quand les joueurs se reposent ni quand ils sont en vacances. C’est d’ailleurs là qu’il y a le plus de boulot. Il faut trouver des nouvelles pour alimenter le site et les réseaux sociaux : faire des sujets sur les anciens joueurs… Alimenter en continu avec du contenu de qualité afin que les gens aient le réflexe de venir voir quotidiennement ce qu’il se passe autour du club. C’est souvent ça le plus difficile, c’est un métier qui joue sur la durée.

Il faut continuellement construire sa communication et les résultats ne sont jamais immédiats. On travaille pendant un an sans voir que les choses avancent et qu’on ne parle pas beaucoup plus de nous. Mais au fur et à mesure on voit la différence, nous on aperçoit tout juste ces changements. Et ça fait quatre ans qu’on bosse dessus!

Tu parlais de Nîmes avant, vous avez des contacts entre CMs ? Vous préparez des choses ensembles ?

Oui, on échange assez souvent avant les matchs ou pendant l’inter-saison. On prévoit des jeux. Notamment avec Nîmes on a fait des quatre à la suite, des qui-est-ce. On a même fait une pétanque une fois. Il y avait des clubs de Ligue 1 avec nous. Il faut savoir qu’on se parle entre CM de L1 et de L2. Il faut prévoir les animations, ça ne se fait pas spontanément. Mais c’est agréable d’avoir des échanges comme ça avec pas mal de confrères. On échange des astuces, les préparations de match. Il n’y a pas d’animosité parce qu’on sait très bien qu’au final on aime tous la même chose et que ça reste un sport. Même avec un club « ennemi » ça va très bien se passer.

Petite double question pour terminer cette interview. Quelle est la pire situation que tu aies eu à gérer ? Et à l’inverse celle qui t’as le plus fait plaisir ?

Le plus difficile… C’était au mois de Novembre 2014 quand on redémarre avec un nouvel entraîneur qui était beaucoup décrié. Régis Brouard qui était là pour prendre la suite de Pascal [Gastien] qui nous avait remonté jusqu’en Ligue 2. Il arrivait déjà dans un climat néfaste, et en plus on fait un début de saison très compliqué. Là c’était le plus dur, il fallait réussir à calmer déjà le jeu parce que ça fusait partout sur tous les réseaux sociaux. Tout le monde en prenait pour son grade, ça en devenait même personnel. On peut comprendre la frustration mais pas les attaques personnelles. C’est le plus dur à gérer, ce cas de bad buzz où on parle de nous mais pour les mauvaises raisons. Il faut réussir à calmer les gens et tenter de contrôler les réseaux mais sans être un dictateur. Il faut ramener du calme et du respect… C’est dur.

Pour le plus sympa…le plus sympa qu’est-ce que ça pourrait être… Si! L’année où on joue la montée en L1, et qu’on reçoit Angers. Comme quoi pour l’anecdote…! On les bat sur le fil du rasoir 2-1 à la toute dernière seconde. Là tout le monde s’enflamme au stade, sur la pelouse, en tribune, sur les réseaux sociaux. D’un coup, le boulot consiste juste à décrire ce qu’il se passe, et comme on est pris dans cette atmosphère générale… C’est fantastique!

Pour terminer sur une note légère. Maintenant que tu as vu ton nouvel effectif et quelques matchs amicaux, comment tu sens cette saison ?

Je la sens presque trop bien. Ça fait longtemps qu’on a pas eu une équipe compétitive. Après ça reste de la L2, on a vu le Paris FC l’an passé qui a fait un gros recrutement et qui a terminé dernier. Ça va dépendre de l’entame de la saison. On reçoit un gros d’entrée [Lens], on va être vite fixé. Je sens bien un bon top 10, même 5 et mieux… C’est possible!

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