mer. Oct 23rd, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Barca – Milan : retour sur un nouveau miracle catalan

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En Ligue des champions personne n’est là par hasard. Si tu te fais éliminer, c’est tout simplement parce que l’autre veut la coupe aux grandes oreilles encore plus que toi. Pour gagner le Graal, c’est en gladiateur qu’il faut fouler la pelouse. Il faut être prêt à tout pour s’imposer et s’il faut se blesser pour éviter un but, on hésite pas, on se blesse. Les supporters le savent, le spectacle sera là. Parce que la LDC, c’est une histoire. Milan l’a remporté à 7 reprises, le Barça « seulement » 4 fois. De chaque coté, on a vu des génies passer. Schevchenko, Cruyff, Weah, Ronaldo, Nesta, Ronaldinho. Ce soir, les légendes étaient coté catalan. Beaucoup disent que c’est la meilleure équipe de tous les temps. Qu’il n’y a jamais eu une si forte domination couplé à une si telle maîtrise. Pourtant, le Milan s’est imposé 2-0 à l’aller chez eux. Après, un match comme ça, les statistiques parlent d’elles même. Le Barça a 19% de chances de s’imposer. La dernière fois qu’un club a remonté un tel retard, c’était en 1993. Il y a 20 ans. Autant dire que c’est quasiment impossible, les italiens vont cadenasser et dieu sait qu’ils savent le faire. En face, il va falloir une performance géniale. Une Remuntada héroïque, il va falloir sortir les grands mots : il va falloir écrire l’histoire. Et tout amoureux de football a envie de la voir. Heureusement, on le sait, en Champion’s League, tout peut arriver. Tout.

Pour expliquer ses dernières semaines laborieuses, les catalans parlaient d’un manque d’envie. Après avoir tout gagné et sans un coach qui les transcende, c’est dur de rester au top. Mais au final, ce qu’ils leur manquaient, c’est ce genre de match. Ce frisson quand on se permet juste un instant d’imaginer la qualification avant de se souvenir qu’elle tient du rêve. Avec un 2-0, on va en prolongations, si on encaisse seulement un pion, il faut en marquer 4. Alors le rendez-vous est attendu, le stade, lui est plein. Les 100 000 spectateurs déploient un tifo gigantesque avec ces quelques mots inscrits « Nous sommes une équipe« . Tout un symbole. Le douzième homme est là, prêt à donner ses cordes vocales pour faire flancher l’adversaire. Qu’on soit sur le terrain ou dans les tribunes, la performance devra être sans retenue.
Et c’est dans ces moments là que les génies sortent du lot. Iniesta est tout simplement imprenable. Messi, au milieu de 5 milanais enroule en lucarne dès la cinquième minute. Juste pour rappeler que quatre Ballons d’Or, ça se mérite. Dans la foulée, Iniesta envoie une reprise estampillée Zidane 2002 que Abbiati repousse grâce à un réflexe à la Spiderman.
A ce moment là, on oublie toute raison, la qualification est possible. Jusqu’à ce coup de frayeur, Macherano rate son dégagement de la tete et laisse le champ libre à Niang, seul devant Valdes. Les défenseurs essaient de le rattraper mais il faut se rendre à l’évidence, c’est peine perdue. Les mains de chaque supporters catalans sont posées sur le front. Valdes, on l’aime bien d’accord mais c’est pas non plus Buffon. Le jeune français frappe. Ca passe Valdes, ça roule vers le but mais miracle ! Le poteau éloigne le cuir. On peut respirer. Toujours 1-0. Ouf. Et ça repart.
Les milanais sont écrasés par la pression et bafouillent dès qu’ils attaquent. Alors Iniesta intervient, récupère un ballon dans le rond central et trouve Messi à l’entrée de la surface. Devant lui, il y a Mexes. L’homme qui l’avait bloqué à l’allée. Mais ça c’est de l’histoire ancienne. Alors la Pulga glisse une frappe entre ses jambes qui surprend le pauvre Abbiati. Celle là, elle est pour rappeler à Ronaldo qu’il est l’éternel second. Spéciale cass-dédi. 2-0. Si ça en reste là, on va aux prolong’. Puis vient la mi-temps. Il se murmure que l’exploit est à portée de mains.

Nous sommes une équipe

Mais à la sortie du vestiaire, les italiens montrent un autre jour. Plus agressifs, plus pressants, plus précis. En gros, ils se réveillent. Ils montrent que quand même, ils sont là. Chaque attaque est source de stress. Manque de bol, c’est repoussé à chaque fois avec d’ailleurs plus ou moins de classe. Et ça repart de l’autre coté, on fait un peu de hand autour de la surface adverse et Xavi, en bon chef d’orchestre, envoie une passe à 55km/h dans les pieds de David Villa. Il est alors seul coté droit devant Abbiati. David Villa, ce joueur en pleine crise de confiance et qui a multiplié les mauvais choix toute la soirée. Alors on stresse mais bordel, on est meilleur buteur de la Roja, ou on l’est pas. Alors le David crucifie Abiatti d’un enroulé du gauche. 3-0. Ce but est primordial car maintenant le Barça est qualifié.
Je pense qu’il est temps de prendre un peu de recul. De repenser à tous ces « Barcelone en quart ? Ouais ouais ! » pleins d’ironie. Mais bon, il reste 35 minutes, alors on s’emballe pas trop. C’est là que la fatigue intervient. Après une heure de si haute intensité, le marquage gagne en laxisme. Les italiens trouvent des espaces et provoquent. On se dit que ça serait quand même fou. Avec un 3-1, même avec un match pareil, le Barça serait éliminé. Et on tremble, on se paie frayeur sur frayeur. Le temps est incroyablement long, la possession bascule vers les Rossoneri. C’est de pire en pire. Les catalans luttent, veulent leur victoire et donnent tout ce qu’ils ont. Xavi, par terre, continue d’essayer de gagner le ballon. Alves court dans tous les sens. Mais le ballon est dans les pieds adverse. Bojan, l’ancien culé, dépose Piqué sur le coté gauche et cherche Robinho dans l’axe. La balle y arrive, le brésilien n’a plus qu’à pousser la chique mais Jordi Alba se jette à corps perdu pour l’en empêcher. Putain, on était à une jambe près du hold-up de l’année.
Et puis la 90ème minute arrive. Messi récupère un ballon et lance Alexis Sanchez qui centre pour Jordi Alba, le sauveur. Hop, Abbiati est battu. 4-0, le stade explose de joie.

Ca y est bordel, c’est fini. Le Barça vient de défier la raison. Le Barça a fait ce que personne d’autre n’est capable de faire. Au delà de ça, le Barça vient de jouer une ode au football et à ses valeurs. L’abnégation, l’envie, la technique, la tactique, le génie, l’incertitude, tout ce qu’on aime dans le football était là. Alors on peut être supporter du Real, on peut détester le Barça et leur jeu parfois chiant mais dans des soirées comme ça, il faut l’avouer : on a quand même de la chance de les voir jouer.

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