mar. Oct 15th, 2019

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Mais on le dit quand même

L’auberge espagnole #1 : Se séparer d’Ancelotti : choix raisonné ou folie des grandeurs?

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Après le succès des débats sur le foot Italien et Hollandais, l’expérience a été étendue à d’autres pays, notamment à l’Espagne.

A ce titre, nous avons décidé de réunir plusieurs experts, supporters de différents clubs, afin de récolter leurs avis sur différents sujets d’actualité.

Pour ce premier numéro de l’Auberge espagnole, le cas Carlo Ancelotti a été abordé.

Espagne

Se séparer d’Ancelotti : choix raisonné ou folie des grandeurs?

@T_oine (Real): Pour moi, se séparer d’Ancelotti est une grosse erreur de la part de Perez et du « board ». Carlo est arrivé dans un vestiaire en feu après le passage de la tornade Mourinho. Il a calmé les tensions au sein du club, enterré la hache de guerre avec la presse. Il a ramené une sérénité et de la confiance autour de l’équipe qui a fait du bien à tous (joueurs comme supporters).
Ancelotti avait bien sûr ses défauts et sa part de responsabilité dans les échecs consécutifs en Liga (gestion de l’effectif et des remplaçants surtout) mais il en reste pas moins l’homme de la Decima (12 ans d’attente p*tain), du record des 22 victoires consécutives toutes compétitions confondues) etc. Le plus surprenant c’est que les socios ainsi que les joueurs soutenaient et appréciaient réellement Carlo. Perez a tranché, et cela ne plaît pas du tout. Surtout que pour Benitez ce serait fait à 99% (#dépression). Pour contre-balancer ça, et espérer de nouveau séduire les socios, le Président risque de se lâcher sur le marché des transferts. Un mercato galactique à prévoir donc.

@maxfrs (neutre): La saison des Madrilènes est globalement correcte, mais la comparaison avec le Barça est inévitable, et force est de constater que la Maison Blanche ne fait pas le poids cette saison. Ancelotti a fait des erreurs, dans la préparation de la saison, dans son coaching et dans ses choix tactiques. Et n’oublions pas que sur ses deux saisons à la tête du club, il a aussi essuyé de nombreux revers face à l’Atlético. Mourinho a lui par exemple eu la « chance » d’obtenir des résultats similaires et même meilleurs que ceux du Barça lors de sa deuxième saison.
Mais l’Italien méritait-il d’être licencié pour autant? Apprécié par les joueurs, par les médias et par les supporters, l’Italien semblait être le coach idéal pour un projet sur le moyen/long-terme. Perez ne semble donc jamais apprendre de ses erreurs passées.
Limoger Ancelotti pour embaucher Benitez ? Loin de moi l’idée de dénigrer ce dernier, mais où est la progression ? Un choix « populiste » comme Zidane ou Michel aurait pu être compréhensible, tout comme celui d’un coach qui a une identité de jeu bien marquée (Klopp par exemple), mais le style de Benitez ne correspond pas au jeu qu’attendent les supporters madrilènes, et l’actuel entraîneur de Naples n’a pas la cote dans son propre pays.

J’ai également des doutes sur la capacité de Benitez à diriger un tel vestiaire, et les comparaisons avec Ancelotti vont vite pleuvoir dès la première série de mauvais résultats. La Une de AS du jour est d’ailleurs assez révélatrice du début de ras-le-bol d’une certaine partie du madridismo ; c’est rare qu’un média attaque aussi ouvertement Florentino Perez.

AS

Et pourtant, je mets ma main au feu que si Perez se représente, il sera réélu. Le système des socios, vanté à tort et à travers en France, montre une nouvelle fois ses limites et s’apparente presque à un régime totalitaire du côté de la capitale espagnole, avec un gourou qui prend des décisions administratives, économiques et sportives sans prendre en compte l’avis de ses propres joueurs et d’une partie de ses supporters, qui finissent toujours par lui renouveler leur confiance. Et c’est probablement pour cette raison qu’il continuera sur cette même dynamique pendant les années à venir…

carlo-ancelotti-regardera-d-un-oeil-ferme

@Gaelinho_10 (Barça): Après une saison sans titre, il était certain que les jours de l’ancien entraîneur du PSG étaient comptés, et ce, même si celui-ci avait le soutien du vestiaire. Ronaldo (pichichi 2015 avec 48 buts) avait notamment affiché sa volonté de continuer à travailler avec Ancelotti sur les réseaux sociaux.
Revenons un an en arrière.
Le 25 juin 2013, Carlo rejoint la maison blanche sur un titre de champion de France avec pour mission de redorer le blason du Real Madrid qui fut bien malmené par José Mourinho.
Quand Perez présente Carlo aux socios c’est avec l’ambition d’en faire le Ferguson du Real. Au bout d’un coup de tête salvateur de Sergio Ramos et d’un autre de Gareth Bale, la bande à Ancelotti ramène la fameuse « Decima » dans la vitrine madrilène.
A ce moment là, côté madrilène, on se dit que le Real est parti pour un cycle de dominance nationale et européenne. D’autant plus qu’en Catalogne aucun titre ne fut gagné.
En effet, l’Atletico remporte la Liga sur un coup de tête de Godin au Camp Nou, alors que le Real, encore lui, bat le Barça en finale sur un contre terrible de Gareth Bale (encore lui).
En décembre 2014, Le Real remporte également le championnat du Monde des Clubs en battant en finale le club du Pape François, San Lorenzo. (Ramos et Bale – encore -).
Puis en 2015, le début des ennuis, les blessés qui s’enchaînent, le Real qui perd des points, le Barça se maintient en tête en remportant le clasico, Casillas et Bale deviennent les têtes de Turc des supporters.
Néanmoins, avec la double élimination en Copa del Rey et en Champions League, respectivement contre l’Atletico et la Juventus, il en était déjà fini de la volonté de garder le coach aussi longtemps que Ferguson à Manchester United.

Dans les grands matches que le Real a perdus, l’équipe a semblé être déséquilibrée, comme coupée en deux. Ce sont d’ailleurs pratiquement les mêmes joueurs qui sont alignés toute la saison. Ancelotti est plus la victime de la politique sportive du Real Madrid et de son président qui cherche à empiler les stars au détriment de la logique.
Quand CA aligne contre la Juventus au retour « Casillas – Carvajal Varane Ramos Marcelo – Kroos Isco James – Bale Ronaldo Benzema » il prend le risque de voir sa défense abandonnée en cas de contre turinois.
On peut être certain que Carlo aurait aimé avoir un Gattuso dans son effectif pour équilibrer son onze de départ. Mais Perez ne fera jamais les efforts financiers pour un 6 de qualité car ils ne sont pas assez « vendeur ».

Pour conclure, on peut se demander si le problème du Real Madrid est-il son entraîneur ou son président. Compte tenu de ce qu’il se passe en Catalogne (possibilité de triplé), l’avenir du club madrilène dépendra ce que Perez veut bien en faire où il sera clairement en danger lors des prochaines élections en 2017.

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