mer. Nov 13th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

L’auberge espagnole #5 : Perez, échec ou réussite?

5 min read

Après le succès des débats espagnols la saison dernière, il a été décidé de poursuivre dans cette voie. Pour cette nouvelle saison vous trouverez donc de nouveau l’Auberge Espagnole sur TLMSF !

Pour bien faire nous avons décidé de réunir plusieurs experts, supporters de différents clubs, afin de récolter leurs avis sur différents sujets d’actualité ! Faisons les présentations des protagonistes. On souhaite la bienvenue à @LotharChullo (supporter de Bilbao) qui, bien que déjà présent par ailleurs sur le site, rejoint @T_oine (supporter du Real), Gael Ouanna (supporter du Barca), @MaxFrs (grand connaisseur de football espagnol) et notre @DamienDudu national, aficionado du Celta.

Voici donc le débat du jour : Perez, échec ou réussite?

Espagne

@MaxFrs : C’est un sujet assez complexe. Je pense que pour juger le travail de Perez, les mieux placés restent les supporters. Après tout, si la plupart des socios sont de son côté, c’est qu’il y a une raison. Ses décisions sportives sont parfois contestables, mais force est de constater que le dernier mercato estival a été plutôt productif. Benitez mène très bien sa barque et les nouvelles recrues comme Kovacic sont déjà opérationnelles. Comme prévu, Ramos a été prolongé, pour le plus grand bonheur de la plupart des supporters madrilènes. Perez risquait très gros quand on sait à quel point Ancelotti était apprécié des socios et des joueurs, mais les bonnes performances du Real ont un peu fait disparaître l’ombre de l’Italien qui planait au-dessus de l’équipe. Finalement, Perez entretient à merveille l’image « bling-bling » du Real Madrid, tout en permettant au club de rester compétitif tous les ans. Si les titres ne sont pas toujours au rendez-vous, c’est plus dû au niveau des rivaux, principalement le Barça, qu’à une mauvaise gestion du club.

@T_oineDans le foot comme dans la vie, rien n’est tout blanc ou tout noir (#Philo). Perez n’est pas un échec, sportivement il a mené le Real au plus haut niveau possible (cf Graphique ci-dessous) et sans le cycle exceptionnel du Barca, son Real raflait tout sans pitié.
Par contre, on peut lui reprocher sa gestion « dictature » et sa vision à court terme. Une passion pour le limogeage des coachs à peine cachée, des achats de galactiques en veux-tu en voilà mais surtout la non mise en place d’un plan de jeu sur plusieurs saisons.
On peut reprocher beaucoup de choses à Perez, mais qui pour prendre sa place ? Qui aurait son argent, son charisme, son expérience et les épaules pour gérer le club le plus puissant au monde tout en étant éligible par les socios ? Pas grand monde en effet.
Sur le début de saison, le choix de Benitez semble être le bon (un seul but encaissé et zéro défaite pour le moment), ce qui fait fermer beaucoup de bouches (la mienne notamment). A voir pour la suite.

Perez

@LotharChullo : La réussite ou l’échec de Perez à la tête du club merengue se mesure inévitablement au nombre de titres remportés. Mais, surtout, on ne peut le dissocier du bilan du Barça à pareille époque, époque faste, historique même, pour les Blaugrana. Avec l’ère Florentino Perez, c’est l’ère galactique du Real qui a pris son envol en 2000 pour reprendre en 2009 après 3 ans d’intermède. Avec à la clé quelques beaux succès, notamment au sein de la plus prestigieuse compétition européenne, la C1, le bilan peut toutefois paraître, il est vrai, maigre en terme de trophées nationaux au regard de l’argent dépensé. Mais, je le répète, Perez a eu la malchance de tomber contre un Barça historique depuis dix ans.
Je dirais que le plus gros succès de Perez est d’avoir constitué une équipe de rêve pour un public qui voit chaque semaine une somme d’individualités unique dans le paysage footballistique.
Mais son principal échec est d’avoir mis aux oubliettes (ou quasi) la formation. Contrairement au Barça, peu nombreux sont les joueurs qui sont sortis ces dernières années du centre de formation madrilène et qui ont éclaté sous le maillot du Real sous sa présidence. Au contraire, pas mal de joueurs de qualités ont dû s’exiler pour se révéler. Le dernier en date : Morata. Sans doute qu’en déboursant moins et en recrutant plus malin, le Real de Florentino Perez aurait eu davantage d’homogénéité et une réelle identité sur le terrain comme en dehors. Car cela fait des années désormais qu’on attend le successeur de Sergio Ramos, tandis que du côté du Barça, les Xavi et Puyol ont été suivis et remplacés par Iniesta, Piqué ou encore Busquets, sans oublier bien sûr Messi, formé au club.

Gael Ouanna : Basons nous sur des faits simples, Florentino Perez fut d’abord président du Real Madrid du 17 juin 2000 au 27 février 2006, durant cette période le Real a gagné le Real aura gagné deux Championnats, deux coupes d’Espagne, deux Supercoupes d’Espagne, une C1, une Supercoupe d’Europe et une Coupe intercontinentale. Durant son second mandat (depuis le 1er juin 2009) le Real a gagné un championnat, une C1, deux supercoupes d’Espagne, une coupe du Monde des clubs, une Supercoupe d’Europe. Le bilan brut peut sembler positif si le rival catalan n’avait pas conquis la majorité des titres dans la même période et si le Real n’avait pas eu certains des meilleurs joueurs du Monde (Zidane, Figo, Beckham, Ronaldo, Robinho, Raùl, Owen, Kaka, Robben, Van Nistelrooy, Sneijder, Özil, X.Alonso, Di Maria, Bale, Ramos, Cristiano). Dans le même temps il a, de surcroît, épuisé 10 entraîneurs.
Sa politique des « galacticos » a été menée pour faire plaisir aux socios mais elle n’a pas permis d’obtenir un projet sportif logique.
Le bilan final de Perez au Real ne peut pas être qualifié de réussite, notamment depuis 2009, étant donné les moyens mis en œuvre et les ressources utilisées pour gagner quelques titres. Plus de patience et moins de précipitation auraient certainement donné de meilleurs résultats.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © All rights reserved. | Newsphere by AF themes.