ven. Nov 22nd, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Vue d’Italie #2 – 1/4 : Parma, Genoa : vers une faillite des clubs italiens?

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Vous en avez désormais l’habitude, TLMSenFoot traite des championnats peu médiatisés qui nous passionnent.
Cette ligne éditoriale nous est chère et ne sera pas bouleversée au profit du football buzz (qui ferait pourtant bien plus de vues).
A plusieurs reprises, la question du non-traitement de la Serie A nous a été posée.
La vraie raison à cela tient au fait que TLMSenFoot n’apporte aucune plus-value aux lecteurs en faisant des points hebdomadaires sur ce championnat, ceux-ci étant déjà bien réalisés ailleurs sur le web.

La plus-value serait par contre de proposer un traitement en profondeur de ce championnat, chose que l’on ne retrouve que sur les sites spécialisés, pas forcément connus des non-initiés.

A ce titre, nous avons décidé de réunir plusieurs experts, supporters de différents clubs, afin de récolter leurs avis sur différents sujets d’actualité.

Pour ce 2e numéro de Vu d’Italie, 4 sujets seront mis en lumière.

1- Après Parma, le Genoa également interdit de licence UEFA par la FIGC. Pourquoi cette décision et va-t’on vers une généralisation de faillite des clubs italiens ?

2- Les joueurs à aller chercher en Serie A pour la Ligue 1.

3- En matière de football, la ville de Rome a-t-elle structurellement dépassé celle de Milan?

4- Mihajlovic est-il le coach qu’il faut à Milan? (quel serait le meilleur coach pour Milan?)

italie

Après Parma, le Genoa également interdit de licence UEFA par la FIGC. Pourquoi cette décision et va-t’on vers une généralisation de faillite des clubs italiens ?

@Monsieur_Mehdi (AS Roma) :
En Italie, les clubs n’ont pas su anticiper. Quand la Serie A était le plus grand championnat d’Europe, les clubs n’ont pas su, comme en Allemagne ou en Angleterre, bâtir sur leurs acquis, et s’offrir des stades, ou se créer des vraies présences marketing, atouts indispensables dans le football actuel.
Du coup, certains clubs connaissent de vraies grosses difficultés de gestion, et cela peut continuer tant que les locomotives d’Italie ne suivent pas l’exemple de la Juve.
Si la Roma parle de son nouveau Stade pour 2018, et le Milan a émis l’idée de s’en construire un, ça reste assez peu pour un championnat où certaines équipes mériteraient d’avoir de bien plus beaux outils.
Aujourd’hui, quand on regarde certains matchs de Serie A, on a l’impression de voir des stades d’un ancien temps.
Au niveau du merchandising, c’est pareil.
Quand je vois le changement depuis la nouvelle présidence à Rome, au niveau de la présence sur le web ou même à l’international (le site officiel n’existait qu’en Italien avant…) je me dis que l’Italie a encore une énorme marge de progression à ce niveau.
L’Italie aujourd’hui manque d’investisseurs, et cela risque, à terme, de limiter le nombre de clubs en bonne santé financière, capables de disputer les compétitions Européennes.
Et plus le pays tarde à réagir, plus l’écart sera difficile à combler.
@AcMilan_France (Milan AC, évidemment) :
Parma était une des « sette sorelle » des années 90, elle a brillé sur les scène européenne, des immenses joueurs sont passés par ce club (De Buffon à Crespo en passant par Cannavaro, Veron et tant d’autres..). Sa faillite actuelle attriste donc les amoureux du calcio.

La non-qualification en Europa League pour des raisons extra-sportives du Genoa (et même de la Samp), apparaît plus problématique encore, dans la mesure où elle fausse le résultat sportif du championnat, prive les joueurs et les supporters d’une compétition européenne, et décrédibilise le football italien. Et cela d’autant plus que cette situation se produit pour la deuxième année consécutive après ce qui a touché Parme l’an dernier.

Faut-il cependant généraliser et parler de faillite croissante des clubs italiens ? Il ne semble pas.

Tout d’abord, des crises financières spécifiques à certains clubs ont déjà eu lieu dans un passé très récent, sans que la crise se soit propagée dans l’ensemble des clubs, ni même n’ait définitivement condamné les clubs concernés. Nous pensons là à la Fiorentina et au Napoli, passés par la case faillite dans les années 2000.

Mais surtout, la très grande majorité des clubs reposent des bases financières saines et/ou des actionnariats solides, un Sassuolo ou un Bologne (qui monte en Serie A) pouvant représenter des bons exemples. Le système s’auto-régule ainsi, avec une prime aux modèles de gestion les plus vertueux.
S’il ne faut donc pas s’inquiéter outre-mesure, deux points de vigilance doivent être mis en avant :

– la gouvernance du football italien, que l’on qualifiera de baroque, et dont les enjeux de pouvoir semblent totalement obstruer les défis de promotion du produit Serie A et de croissance des revenus.

– le creusement de l’écart des revenus entre la Serie A et d’autres championnats européens, au premier rang desquels la Premier League.

Les chantiers structurels demeurent ainsi nombreux (marketing, image du championnat, attractivité des stades et de la réalisation tv), et cette problématique dépasse largement les faillites conjoncturelles.

crédits : rtl.be
crédits : rtl.be
@enzocalcio (Juventus) :
Après Parma et Genoa, la Sampdoria est également interdite de licence UEFA par la FIGC. Une décision difficile pour le football Italien qui se ridiculise une fois de plus sur la scène européenne. Si les clubs Italiens se voient refuser cette licence UEFA c’est parce que les infrastructures transalpines ne sont pas aux normes UEFA. Mis à part le Juventus Stadium flambant neuf, les stades Italiens datent pour la plupart de la 2nde Guerre Mondiale, autant dire qu’ils sont dépassés. Alors cette décision ne doit pas être prise comme une sanction mais plutôt comme une incitation au renouveau. La rénovation des stades et la sécurité à l’intérieur de ces derniers doivent être la priorité de tout les clubs, la renaissance du football Italien doit passer par là, c’est incontournable d’avoir des stades dignes de ce nom pour revenir sur la scène européenne. La Roma, Udinese et Milan ont déjà des projets en cours, encore une fois l’exemple à suivre quand on parle de renouveau est celui de la Juventus qui est avait un coup d’avance quant à la rénovation des stades.
@ParmaFC_France (Parma FC, évidemment) :
Tout comme Parma, le Genoa s’est vu refuser la licence UEFA suite à des retards de paiements qui le met dans l’incapacité de respecter le FPF.
Pourquoi ces arriérés et/ou faillites touchent les clubs italiens ? Tout simplement parce que la Serie A a perdu de son attractivité. Elle n’a pas su prendre le virage de la modernité: les stades sont vétustes, se vident peu à peu sans que les clubs diversifient leurs sources de revenus, contrairement aux autres grands championnats. Les clubs continuent également à entretenir des effectifs pléthoriques et traînent donc une masse salariale conséquente.
Surtout, la Serie A est le grand championnat européen qui dépend le plus des droits TV : 58% de leurs revenus contre 11% pour les recettes des stades par exemple
Ces chiffres illustrent les difficultés de l’ensemble des clubs de Serie A, dont la dette globale est de 1,7 milliard d’euros (un chiffre qui a bondi de 27% en cinq ans)
Hormis le Napoli et la Juventus (grâce à la famille Agnelli), la plupart des clubs sont très lourdement endetté.
La survie à court terme passe donc pour la plupart par un investisseur étranger (comme Milan dernièrement) malheureusement cela se fait au détriment de son identité …

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