ven. Nov 15th, 2019

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Mais on le dit quand même

Le naming, un business à part entière en Autriche

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Vous connaissez le naming ? Oui bien sûr, c’est évident. En France, le naming commence à émerger, l’Allianz Riviera, le récent Groupama Stadium de Décines ou même l’Orange Vélodrome, ce sont essentiellement les stades qui sont renommés mais en Autriche ils vont plus loin. Le nom de grandes marques apparaissent dans le nom du club ou même sur le logo de ce dernier, sans oublier le nom du stade bien entendu. En Tipico Bundesliga, la plupart des clubs utilise ce principe sauf l’historique club de l’Austria Wien ou le promu et premier leader du championnat le LASK Linz. Bref, c’est parti pour un tour d’Autriche du naming.

Etape 1 : Salzburg et Red Bull

C’est le plus connu bien évidemment. Depuis le rachat en 2005 du SV Wüstenrot Salzburg, Red Bull a décidé de renier l’histoire de ce club vieux de 72 ans à cette époque. Les supporters n’ont pas du tout aimé, l’Austria Salzburg, premier club de la ville, renait et grimpe les échelons pour atteindre la Regionalliga (D3). Aujourd’hui, le Red Bull Salzburg est détesté surtout à cause de cela car il a détruit l’histoire d’un club presque centenaire. Mais Red Bull n’a pas apporté que de mauvaises choses. La formation, c’est Red Bull. Les académies Red Bull ont fleuri sur plusieurs parties du globe, New York Red Bulls, Red Bull Brasil, Red Bull Ghana (mal pensé, il a fermé en 2012) et Red Bull Leipzig, le petit qui monte vite. Et puis il y a aussi la formation directement en Autriche. Red Bull, ne pouvant pas avoir une équipe réserve professionnelle, rachète le FC Liefering en banlieue de Salzburg. La moyenne d’âge est la plus basse d’Europe : autour de 18 ans, c’est une usine à pépites et s’ils ne percent pas au plus haut niveau, ils sont revendus dans de plus petits clubs autrichiens notamment. Les pointilleux recruteurs Red Bull sont maintenant bien connus en France. Naby Keïta, dont le prix flambe en ce moment, a été acheté 1 million d’euros à Istres, Sadio Mané, 4 millions d’euros à Metz, Dayot Upamecano, environ 2 millions à Valenciennes. Il n’y a pas d’erreurs de casting, tout est mis en oeuvre pour réussir à un niveau exceptionnel là-bas. Pourtant, le budget du club n’est pas faramineux. Il doit osciller autour des 20 millions dont environ 15 proviennent directement de Red Bull. Parlons naming, également, il est ici le sujet. Comme vous avez pu le constater Red Bull s’est incrusté dans le nom du club et a créé un nouveau logo avec le taureau de la firme de Fuschl am See dessus. Pour la qualification en Ligue des Champions cette saison, Red Bull a designé un nouveau logo, tout beau, tout neuf. Toujours le taureau rouge avec simplement le nom de la ville. Classe et il se différencie de celui de Leipzig, lui aussi en Ligue des Champions. Et puis le stade, comme à Leipzig, l’enceinte de 30 000 places à tout simplement été nommée « Red Bull Arena ».

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Etape 2 : Wien, moult sponsors avec le Rapid et l’Admira

Commençons par l’Admira Wacker Mödling. On l’appelle comme ceci même si on pourrait l’appeler autrement. Bref, ce club est basé au sud de Vienne en Basse-Autriche dans la ville de Maria Enzersdorf où se trouve la BSFZ-Arena. Tiens, ce nom sent le naming à plein nez. Oui en effet, BSFZ est un groupe s’occupant d’installations sportives de haut niveau. La fédération autrichienne de ski a un contrat avec eux. Ils gèrent des complexes sportifs aussi bien à la montagne, en ville, en bord de lac mais aussi au pied des montagnes, on est en Autriche quand même. Le club joue dans ce stade depuis son inauguration en 1967 quand il s’appelait encore Wacker Wien. Ils ont accueilli, lui et ses 12 000 places, trois fois la finale de la Coupe d’Autriche. Autre particularité concernant donc le nom du club. Sur son site officiel, le nom du club est « FC Flyeralarm Admira ». Disparition de « Wacker », premier nom historique du club, et de « Mödling », district où se trouve le club. Quant à Flyeralarm c’est le nom d’une imprimerie basée à Würzburg en Allemagne (le stade des Würzburger Kickers se nomme Flyeralarm Arena), ils font imprimeés tout ce qui est affiches, cartes de visite et flyers donc. La firme s’affiche même sur le logo du club de la banlieue viennoise. Les deux logos portent le dragon doré, emblème du club, mais « Wacker » disparaît sur le nouveau pour laisser place au sponsor principal du club (voir ci-dessous).

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Le Rapid Wien, ennemi juré de l’Austria, joue tous ses matchs à domicile à l’Allianz Stadion. Ce stade est chargé d’histoire, ou plutôt l’ancien stade détruit pour construire le nouveau. Il s’appelle Allianz Stadion car le groupe Allianz a participé au projet de construction de ce stade bâtit à l’emplacement même du Weststadion renommé Gerhard-Hanappi Stadion par la suite. Le nouveau stade a coûté pas moins de 53 millions d’euros et s’est achevé il y a à peine un an. C’est maintenant le quatrième stade d’Autriche. Mais parlons de Gerhard Hanappi également. Hanappi est une icône autrichienne qui a porté 93 fois le maillot de la sélection et qui a joué pour le Wacker Wien puis le Rapid. A l’époque, il était considéré comme le successeur de Matthias Sindelar, le footballeur du siècle en Autriche. A 19 ans, il porte déjà le maillot autrichien alors que le pays renait tout juste après l’éclatement de l’Allemagne Nazie. C’est au Rapid qu’il va jouer une grande partie de sa carrière et remporté sept championnats, une Coupe d’Autriche et aussi une Coupe Mitropa, comme Matthias Sindelar avant lui… Dès sa création, il entre quasiment tous les ans au palmarès du Ballon d’Or terminant souvent dans les 20 premiers et même une fois 10e (en 1961). Revenons-en au stade. Après sa carrière, Gerhard Hanappi débute des études d’architecture et c’est donc lui qui tracera le Weststadion, ouvert en 1977. Il sera rapidement renommé Gerhard-Hanappi Stadion car l’ancien footballeur décède d’un cancer en 1981. Le stade de 18 500 places vivra jusqu’en 2013, date du début de sa démolition. Mais encore aujourd’hui est accroché cette banderole « Weststadion » sur le dessous du toit du stade.

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Etape 3 : Ried et Guntamatic

De son nom complet Ried im Innkreis, cette ville est situé à mi-chemin entre Salzburg et Linz et est l’un des plus vieux clubs d’Autriche. Son sponsor principal depuis maintenant une décennie est Guntamatic. Cette entreprise s’occupe de tout ce qui est chauffage, gazéificateurs et chaudières à granulés, comme l’entreprise RZ Pellets que nous verrons plus tard. Ce groupe s’affiche aussi bien dans le logo du club que sur le ventre des joueurs donc en plein centre du maillot, bien visible de tous. Le nom du stade a également beaucoup de choses à dire. Il ne porte pas le nom d’une firme mais… le slogan d’une firme ! En effet, leur stade s’appelle « Keine Sorgen Arena » (pas de soucis, en français) et « Keine Sorgen » est le slogan de OÖ Versicherung AG, qui est l’un des plus grands assureurs d’Autriche. Depuis son inauguration en 2003, ce stade a toujours eu un naming (HomeLife-Arena puis Fill Metallbau Stadion jusqu’en 2009) ce qui montre bien que le naming n’est pas quelque chose de nouveau en Autriche. De plus, une salle de concert de Ried porte aussi ce nom et également les Black Wings Linz, une des meilleures équipes de hockey en Autriche, jouent à la Keine Sorgen EisArena à Linz donc.

Etape 4 : Graz et la brasserie Puntigamer

Direction le sud du pays à Graz en Styrie considéré comme l’une des plus belles villes d’Autriche. Le Sturm Graz a donc comme sponsor une brasserie, une très vieille brasserie. La première brasserie ouvre en 1478 et depuis la marque s’est largement étendue, explosant même durant les deux guerres. Le nom « Puntigamer » vient de « Puntigam« , qui est le 17e arrondissement de la ville de Graz où a été créé cette bière. Puntigamer a un partenariat avec le Sturm depuis 1996 et verse au club 4,5 millions d’euros par an. Puntigamer est également sponsor de deux autres clubs de l’élite : Wolfsberger et l’Austria Wien. Pour finir, la brasserie aide l’équipe de hockey 99ers Graz jouant en Bundesliga. Quant au stade, c’est la Merkur-Arena du nom d’un supermarché autrichien, qui a pris les droits de sponsoring jusqu’en 2026, mais jusqu’en 2006 il portait le nom d’Arnold-Schwarzenegger Stadion du nom de l’acteur et de l’ancien gouverneur de Californie, né dans la banlieue de Graz il y a 70 ans. Mais la municipalité de la ville a décidé de retirer ce nom à cause du fait que Schwarzenegger était pour la peine de mort. En 2006, le stade redevient provisoirement Graz-Liebenau Stadion avant d’être renommé UPC-Arena puis Merkur-Arena l’an passé. Le Sturm Graz joue dans ce stade mais jouait aussi auparavant le Grazer AK, club fondé à la fin du XIXe siècle, champion d’Autriche en 2004, qui fera banqueroute peu après. Sa dernière apparition en Coupe d’Europe ? Un cinglant 7-0 concédé face à Strasbourg en 2005. Aujourd’hui, le club renaît et évolue au 5e échelon autrichien.

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Etape 5 : Altach parie sur Cashpoint

Nous partons cette fois-ci à Altach (lieu où nous sommes déjà passés sur TLMSF). Altach se situe à la frontière suisse, juste au nord du Liechtenstein et juste au sud du Bodensee qui sépare Autriche et Allemagne. A côté de la grande ville de Bregenz donc. Depuis 2006, le SC Rheindorf Altach a comme sponsor principal Cashpoint, site de paris en ligne et de jeux d’argent. Le Winamax autrichien si vous voulez. Cashpoint s’est bien implanté dans le club de cette ville de 8 000 habitants puisque on retrouve le nom de la firme dans le logo et donc dans le nom de l’équipe ainsi que le stade. La Cashpoint-Arena, anciennement Schnabelholz jusqu’en 2007, est le stade de toujours du club d’Altach. D’ailleurs, la plus grande affluence jamais enregistrée dépasse la capacité du stade puisqu’un match contre le Rapid Wien a accueilli 8 900 spectateurs alors que la capacité du stade est de 8 500. Le club est fier d’afficher sur son site, à la page du sponsor principal, une phrase du PDG de Cashpoint Michael Wondra : « Wir sind Teil der Altacher Familie.« , c’est à dire « Nous sommes une partie de la famille d’Altach. » en français.

Etape 6 : Grödig et Liefering, un stade commun

Retour à Salzburg, dans la banlieue exactement. Nous allons parler de Grödig, club étonnant du début de la décennie, qui est passé de la D3 à l’Europa League pour retourner en D3 en seulement 6 ans. Dès sa première saison en Bundesliga, Grödig termine 3e et joue les tours préliminaires de Ligue Europa. Ils atteignent le 3e tour préliminaire et perdent au but à l’extérieur face aux moldaves du Zimbru Chisinau. C’est là que commence la dégringolade. Dernier de Bundesliga en mai 2016, ils sont relégués en Erste Liga mais n’obtenant pas la licence pour jouer ce championnat ils sont rétrogradés en Regionalliga West, la D3 autrichienne. C’est là qu’intervient le FC Liefering, racheté en 2009 par le groupe Red Bull pour faire évoluer les jeunes de l’académie à un niveau supérieur. Ce FC Liefering jouait à Anif auparavant mais quand un nouveau club s’est créé à Anif, il a dû déménagé en 2013. Du coup, Liefering jouant maintenant en Erste Liga doit avoir un plus grand stade et joue donc à Grödig. Tout ceci pour dire que le 3 juillet 2014, le stade de Grödig est renommé DAS.GOLDBERG Stadion du nom d’un hôtel de luxe de la commune de Bad Hofgastein. Le sponsoring était prévu pour 3 ans et a été prolongé récemment. Le stade compte 4 330 places mais ne dépasse rarement les 1 000 spectateurs que ce soit lors des matchs de Liefering et de Grödig.

Etape 7 : Wolfsberger se la joue comme Ried

Le Tour d’Autriche est bientôt terminé et cette fois-ci il s’arrête à Wolfsberg à l’extrême sud du pays, à quelques kilomètres de la frontière italienne et non loin de la Slovénie. Le nom complet du club est (accrochez vous) : Riegler & Zechmeister Pellets Wolfsberger Athletik Club. Nous allons décortiquer ce nom à présent. Riegler & Zechmeister est plus communément appelé RZ et c’est une entreprise basée à Wolfsberg s’occupant de turbines notamment. Mais le sponsor principal est Pellets s’occupant, comme Guntamatic, de chauffages à granulés, qui est un chauffage plus écologique et qui émerge en Autriche. Cette entreprise ne peut pas mieux porter son nom puisque « Pellets » signifie « granulés » en allemand. Pourquoi se compliquer la vie n’est-ce pas ? Maintenant, quelque chose de rare dans le football autrichien professionnel, le stade de Wolfsberger n’a pas de naming. Nom simple aussi : Lavanttal-Arena du nom du massif où se trouve la ville de Wolfsberg. C’est comme si on appelait le stade de Chamonix, Mont-Blanc-Arena car la ville est dans le massif du Mont-Blanc.

Dernière étape : Tipico Bundesliga et Sky Go Erste Liga

Là voici la dernière étape. Elle est plutôt tranquille, comme une arrivée sur les Champs-Elysées après 21 jours de souffrance. Les deux championnats professionnels en Autriche ont aussi le nom d’une marque. Tipico est un rival de Cashpoint puisque c’est aussi un site de paris en ligne et jeux d’argent. Cela fait peu de temps que Tipico sponsorise la ligue aurichienne mais elle a d’autres grands partenaires comme le Hamburger SV, le RB Leipzig ou le Bayern (football et basketball). Qui plus est, son ambassadeur en Allemagne n’est autre que le légendaire gardien allemand Oliver Kahn. Quant à « Sky Go Erste Liga », cela vient du nom du diffuseur du championnat, la très puissante chaine Sky.

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