dim. Août 18th, 2019

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Mais on le dit quand même

Y’a du monde aux Balkans – Croatie : un club historique en péril !

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O1

Osijek, 3ème plus grand club croate et habitué de la coupe d’Europe, est englué depuis plusieurs années dans une crise financière qui lui a fait perdre son prestige d’antan. Cette année, l’équipe est même coincée dans la zone rouge du classement. Qu’à t-on fait pour en arriver là ?

Une situation financière problématique

Osijek a de sérieux soucis financiers depuis plus d’une décennie. Cela n’a rien d’étonnant quand on sait que seuls 2 clubs sur 10 de la première division croate n’ont pas de graves problèmes financiers (Dinamo, Rijeka). Comme beaucoup d’autres en Croatie, Osijek a été victime d’une gouvernance particulièrement incompétente qui a utilisé le club pour en tirer des profits personnels.

Jusqu’à Mars 2013, le club était géré sur un mode de gestion socios, le club appartenant à ses membres. Toutefois, ce système n’a pas réellement fonctionné, les dettes s’accumulaient et auguraient une faillite proche.

En Mars, le NK Osijek est devenu une société par actions et la mairie était le principal actionnaire : la dette due à la ville et à l’état était ainsi convertie en actions. Cela n’a pas suffi, la situation s’est même empirée car il n’y avait plus de revenu réel provenant des boutiques de fan, des ventes de tickets ou des droits TV.

Quand la marie a repris le club, des membres d’un parti politique régional (HDSSB) ont été nommés à la tête du club. Les vieilles habitudes sont revenues : plutôt que des experts spécialisés, revoici des politiciens. Pas pour longtemps toutefois : quelques mois plus tard, le HDSSB a perdu les élections locales et a décidé de démissionner du club sauf le président Josić, qui, lui, a refusé. Un beau bordel.

Alors que le club s’est tourné vers ses supporters, ces derniers se sont détournés du club. Des années d’instrumentalisation politique ont fait que les fans ne sentaient pas réellement ce club comme le leur. Résultat : les dirigeants n’ont pas vendus suffisamment d’actions pour sauver le club, ce qui va avoir des conséquences très importantes sur le terrain.

Une équipe particulièrement inexpérimentée

Tout n’est ne va pas si mal. L’académie est performante, Osijek connaît beaucoup de succès dans les catégories de jeunes et a ainsi formé bon nombre d’excellents joueurs tels que Šuker, Špehar, Bjelica, Cvitanović, Vlaović, Krpan ou plus récemment Vida et Pranjić. Osijek est d’ailleurs considéré comme l’une des plus grandes écoles de football des Balkans.

Cependant, la réalité actuelle ne tend pas à l’optimisme : le club ne peut plus offrir de hauts revenus aux familles pour la formation ce qui n’incite plus les parents à laisser leur enfant au club comme ils le faisaient auparavant. Ajouté à cela, le fait que la Croatie soit entrée dans l’UE peut autoriser le mineur a partir dans une académie étrangère où l’argent n’est pas un problème.

Les conséquences de la crise financière se sont aussi fait sentir : le staff est limité au possible (sans préparateur physique, kinés, nutritionnistes notamment). Il est donc compliqué de faire progresser au mieux les talentueux juniors. Un exemple flagrant : l’an dernier un des meilleurs jeunes a du se rendre régulièrement à l’hôpital pour des blessures «classiques» de footballeur. Or, les soins pour ce type de blessure sont peu spécialisés…

Néanmoins, même avec toutes ces difficultés, les juniors d’Osijek ont gagné le titre national l’an dernier avec Kulešević comme coach principal (qui est désormais l’entraîneur de l’équipe première), ce qui démontre un réel potentiel.

Pour en revenir à cette saison, les mauvais résultats sont dus à la vente de l’équipe de l’an dernier : Vargić, Jugović, Pušić, Kvržić and Lešković ont été vendus à Rijeka pour 200.000€ tandis que Vrgoč and Ibriks ont signé à Split. Les autres joueurs du XI type sont blessés comme Smoje and Perošević. Osijek se retrouve donc avec une dizaine de nouveaux joueurs issus de l’équipe ayant gagné le championnat U20 national, ce qui en fait la moyenne d’âge la plus basse du championnat. Le club phare de la Slavonie en est déjà à son 3ème entraîneur de la saison (qui dit mieux? Palerme?) mais Kulešević a pour avantage de bien connaître les nombreux jeunes de l’effectif. Parmi les plus talentueux, citons Lulić, Šimunec, Novaković et Mišić.

Un espoir est-il permis ?

Récapitulons. Osijek prend la mauvaise habitude de débuter ses saisons avec une dizaine de nouveaux joueurs, vend ses meilleurs joueurs, change de manager particulièrement souvent et n’a pas de vision stratégique à long terme. Il n’y a pas de perspectives d’amélioration économique, la direction est orientée politiquement sans avoir de réelles compétences en matière d’économie et de sport, l’équipe n’est pas performante et les jeunes talentueux ont de moins en moins de raisons de rester à Osijek.

Malgré tout, avec la fin de la privatisation, le club pourrait être en mesure d’attirer un gros investisseur qui rembourserait la totalité des dettes (ou du moins une grosse partie) pour repartir sur une base saine. La Slavonie étant une véritable pépinière de talents, il n’y aura pas besoin d’acheter en nombre des joueurs comme le fait Rijeka. Osijek aurait besoin d’une personne investissant dans la formation des jeunes joueurs (installations adéquates, entraîneurs, soins médicaux,…)

Alors que le derby éternel (Dinamo-Hajduk) sera sur toutes les langues ce week-end, Osijek, avant dernier, n’a pu battre Hrvatski Dragovoljac, dernier, dans le match avancé de la journée. Dans l’indifférence générale, un grand club pourrait bientôt s’éteindre…

Un grand merci pour leurs précieuses informations à @GideonXavice auteur du blog      generalposlijebitke.blogspot.fr/ et à @buljubasict, passionné d’Osijek qui tient un site sur le club http://bijelo-plavi.com

7 thoughts on “Y’a du monde aux Balkans – Croatie : un club historique en péril !

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