mer. Nov 20th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Bruges in the right place at the right time (Foot, bière & chips #février2016)

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Mercato, Soulier D’Or, reprise des différentes compétitions, opération « maintien »… Depuis début janvier, il s’en est passé des choses en Jupiler Pro League ! Disons que, en gros, Bruges va mieux, Mouscron va mieux, le Standard va (presque) mieux… Bref, il n’y a que Gand qui va moins bien.

Rappelez-vous : nous nous étions quittés fin décembre sur, entre autres, le redressement du Club Brugge sur le plan sportif. De fait. Deux mois, un mercato bien négocié et deux victoires tactiques signées, l’une en coupe, l’autre en championnat, contre Gand plus tard : voilà la bande à MPH en tête du championnat et en finale de coupe aux chips ! Comme la saison dernière. Ah oui ?

La saison dernière, Bruges avait tout écrasé sur son passage jusqu’en mars. Y compris sur la scène européenne où le but de Shakhov à dix minutes du terme l’avait privé d’une demi-finale d’Europa League. Mais ensuite, les Blauwenzwart s’étaient écroulés. Bien que vainqueur en finale de coupe (comme le fait remarquer justement Bart alors qu’on avait d’abord écrit le contraire !!) mais dépassé en championnat, Bruges avait terminé la saison avec un maigrelet titre en poche alors qu’un fantastique triplé lui tendait les bras. Mais MPH a su tirer les leçons de ce récent passé : sans faire énormément de bruits, Bruges a passé les encombres de la première partie de saison pour arriver en forme au bon moment. Bruges sera-t-il cette année in the right place at the right time ?

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« Eh, les gars, c’est pas le trophée que je vois là-haut » (Lior Rafaelov)

C’est que les Brugeois commençaient tout doucement à nourrir un petit complexe d’infériorité vis-à-vis de leur voisin, rival et nouveau matador gantois. A force de ne jamais plus gagner contre la bande à Hein, le Jan Breydel grondait. Là, il ne gronde plus. Victoire en demi-finale de la coupe, victoire quelques jours après en championnat : le Club a évincé Gand de la finale made in Croky et de la tête du championnat. Et puisque KVO is modérément sexy ou hot pour le moment et qu’Anderlecht se bat davantage contre lui-même (exemple, autre exemple, encore un exemple…) que contre ses adversaires, la voie du titre semble s’être trouvé un nouveau favori. Car même si Bruges était souvent cité en début de saison comme futur champion possible, son début de saison avait vu sa cote descendre au bénéfice de celle, notamment de Gand.

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Du rififi dans la maison mauve. Comme d’hab’, quoi…

Alors, comment expliquer ce regain de forme et de résultats brugeois ? Facile ! MPH a fait tourner son effectif sans perdre trop de chemin sur la tête, de sorte qu’il arrive aujourd’hui seulement à dessiner les contours d’un onze de base, solide, frais autant qu’il se peut, de qualité. Un onze dans lequel on trouve enfin un gardien du niveau espéré, l’éternel espoir français des FMistes Ludovic Butelle, et où la vedette qui tirait toute la couverture à lui s’en est allé tenter sa chance au Mexique façon Gignac, le pote à Messi Vazquez.

VICTOR VALDES, LE COUP FUMANT DU STANDARD

En parlant de mercato, la trêve hivernale aura marqué la JPL par les arrivées de quelques joueurs au CV racé plutôt classe, voire au talent internationalement reconnu ! Et en cela, la palme revient évidemment au Standard.

Aaaah, le Standard. Lui qui avait si mal débuté sa saison et que l’on annonçait en quasi-faillite a réussi un sacré tour de force au rayon mercato. Bon. Il est clair que tous les renforts n’ont pas la même aura. Mais le club du bord de Meuse a tout de même fait signer un paquet de bonshommes : Edmilson Jr et Dompé, les deux flèches révélées par… Yannick Ferrera à Saint-Trond, le Monégasque Boschilia, le Grec Maniatis en provenance directe du Pirée (Le futur adversaire des Mauves en EL ! Car oui : le Standard « déforce » désormais l’adversaire d’Anderlecht sur la scène européenne. Mais où va le monde ?), le défenseur malinwa Kosanovic, le back sénégalais Fai, le gars-de-18-ans-qui-en-parait-35 Miya, mais aussi et surtout l’ex-taulier du Barça grand usager de banquette mancunian Victor Valdès !

Waouw. Victor Valdès ! La classe. Comment ça, il a 34 ans ? Comment ça il ne joue plus depuis deux ans ? Comment ça c’était le point faible du Barça ? Moi je dis : quand on a défendu 535 fois la cage du Barça de Rijkaard et surtout Guardiola, on ne doit pas être le dernier des gardiens. C’est le genre de joueur qui fait vendre. Des maillots pour les uns, du rêve pour les autres. C’est quand même pas tous les jours qu’un champion du monde et d’Europe vient hanter les vestiaires du Den Dreef de OHL !

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« J’ai autant de titres dans ma carrière que j’ai d’hexagones dans mon filet. »

Alors, oui : il a fait une sacrée boulette lors de son troisième match, oui il est blessé depuis, mais ça reste un grand Monsieur du football mondial que Bruno Venanzi (et surtout ses sbires) ont attiré à Sclessin. Sclessin qui, du coup, revit. Un peu. Le stade contre Charleroi était plein comme un oeuf. Chose plutôt rare cette saison. Et puis le Standard s’est qualifié pour la finale de la coupe où il affrontera Bruges et son ex-idole MPH. Pour qui sait ? Prendre « le chemin le plus court vers l’Europe », comme le martèle Yannick Ferrera. D’autant qu’en championnat, c’st pas encore gagné. Loin de là ! Deux défaites face à Saint-Trond et Westerlo, voilà les Rouches obliger de battre… Anderlecht pour encore espérer atteindre les PO1 !

GAND DU BLANC AU NOIR ?

Dans ces PO1, on y trouvera Gand. Mais dans quel état ? La saison de Gand, ça vous rappelle rien ? Genre : Bruges l’an passé… Jugez plutôt : Fin décembre, on pavoisait devant les Buffaos. A raison : leader en championnat et favori à sa propre succession, demi-finaliste de la coupe et qualifié pour les huitièmes de LDC face au relativement abordable Wolfsburg. Les Gantois avaient crevé l’écran sur la scène européenne et occupait tout l’espace médiatique possible au pays. Le sacre attendu de Sven Kums au Soulier D’Or, récompensant le meilleur joueur du championnat belge sur l’année (civile !) écoulée, avait prolongé l’éclat plus-brillant-que-jamais du nouveau cador de Belgique. Bon, il y a bien eu l’honteux chant de Benito (tu m’étonnes) Raman pour sa énième (et dernière ?) frasque gantoise juste avant la trêve mais, hormis cette boulette, aucun nuage ne semblait occuper le ciel au-dessus de la Ghelamco Arena. En plus, Benito a du coup foutu le camp à Saint-Trond, alors…

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Benito, une chanson, Benito, une chanson…

Et puis est arrivé le mercato. Avec pas mal d’arrivées. Dont celle de Boussoufa. Le genre de transfert où tu sens que le club n’en avait pas du tout besoin mais que les dirigeants ont tout de même conclu histoire de faire un peu les malins et de pouvoir dire : « Nous on a fait ce qu’Anderlecht n’a jamais réussi depuis quelques années. » Car les Mauves ont en effet essayé eux aussi de rapatrier des steppes russes le Marocain en vain. Est-ce que cela a déséquilibré le noyau ? Hein lui-même annonçait n’avoir été mis au courant que quelques heures avant l’officialisation de ce retour, ouvrant la brèche à une éventuelle première pomme de discorde entre direction et staff. Toujours est-il que, depuis l’arrivée de Boussoufa (et surtout depuis la reprise), ça ne tourne plus du côté de Gand. Eliminé en coupe, il a perdu la tête en championnat et vient d’hypothéquer nettement ses chances d’accession aux quarts de la coupe aux grandes oreilles en se faisant corriger at home par les loups allemands de Volkswagen. Et tout ça sans trucage du moteur. Est-on en train d’assister à l’essoufflement (bien légitime) des Gantois ? Ou carrément leur écroulement façon Bruges printemps 2015 ?

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Revoilà Mbark !

AUTRES TEMPS FORTS DU MERCATO

Cela dit, le mercato belge ne s’est pas arrêté aux seuls Valdès et Boussoufa. Anderlecht s’est offert Alexandre Büttner et Filip Djuricic. Annoncés comme des stars. Le premier a bien fait partie du noyau pro de ManU et le second de Benfica, mais l’un comme l’autre sortent de période difficile. Comme Valdès. Le palmarès en moins. Büttner ne jouait pas au Dinamo Moscou et Djuricic reste sur 20 apparitions en deux ans à Munich 1860 et Southampton… Si c’est comme Marko Marin la saison dernière, les Mauves s’apprêtent à recevoir une nouvelle volée de bois vert à la tronche. Mais si, au contraire, cette fois les paris fonctionnent, alors Anderlecht est loin d’avoir dit son dernier mot.

A Charleroi, on ne parle pas de titre mais on aimerait quand même intégrer à nouveau les PO1. C’est le cas pour l’instant. Mais là aussi on sent une sorte d’essoufflement en ce moment. De quoi faire venir le Grec-aux-trois-poumons Sotiris Ninis. S’il n’a pas (encore) confirmé toutes les promesses qu’on lui prête depuis maintenant six ou sept ans, l’ex-Wonderkid du Panathinaikos reste un très beau coup réalisé par les Zèbres. Le genre de gars qui peut devenir une réelle plus-value aux Carolos dans les mois à venir. Le genre de joueurs aussi qu’on aime voir dans un stade, peu importe lequel. Bref, on ne s’en cachera pas plus longtemps, Ninis, c’est notre coup de coeur de ce mercato !

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Charleroi attire désormais les artistes !

BON, QUI DESCEND AU FINAL ?

On pourrait encore vous parler de la lutte pour la relégation. Mais pour l’instant, c’est assez tendu. Louvain va mieux depuis qu’Emilio Ferrera est arrivé et qu’il tire le meilleur de la paire Yohan Croizet-John Bostock. Le hic pour les Louvanistes, c’est que les autres vont mieux aussi ! A commencer par Mouscron où Glenn De Boeck le beau gosse a pris place sur le banc avec son copain de toujours Lorenzo Staelens. La paire qui avait fait merveille au Cercle de Bruges il y a quelques années a pour mission de sauver des Hurlus qui semblent enfin croire au maintien.

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« Le maintien, c’est par là, je connais le chemin » (Glen De Boeck)

Waasland-Beveren aussi se rebiffe. Il avait bien débuté, avait ensuite mal enchaîné, mais vient de conquérir un succès autant inespéré qu’inattendu face aux Mauves. Grâce à l’ingénieuse méthode de motivation de son coach Stijn Vreven, très certainement. Le genre de victoire qui donne des ailes. De quoi voler une saison de plus en JPL ? Même Westerlo s’est permis d’aller gagner au Standard (avant de prendre une tatouille à Bruges) avec le grand Bob Peeters dans le costume du sauveur soi-disant providentiel qui aimerait bien ne plus se louper cette fois après ses cuisants échecs à Charlton et Lokeren.

Du coup, on attendera que ça se décante un peu avant d’y voir un peu plus clair. Même si, à l’arrivée, c’est quand même et toujours Mouscron qui va descendre. Ou pas ?

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