mar. Nov 12th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Enfin la bonne pour Bruges ? (Foot, bière & chips #Avril16)

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Trois. Il reste trois journées de PO (play offs) à disputer pour connaître l’épilogue de cette saison en Jupiler League. Une saison qui, comme souvent depuis quelques années, se poursuit également devant les tribunaux. Pour des histoires de licence. Enfin, ça, c’est surtout pour la relégation…

ENFIN LA BONNE POUR BRUGES ?

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Vainqueurs sur la pelouse de la Gantoise, Bruges fonce vers le titre. (crédits photo : sport.be)

Cette saison sera-t-elle enfin la bonne pour Bruges ? Tout porte à croire que oui. Tout d’abord parce que, reconnaissons-le, c’est de loin l’équipe la plus équilibrée et la plus régulière de la ligue. Bien sûr il arrive aux Brugeois de « passer à côté », comme ce fut le cas à Genk en J4 où la bande à MPH s’est faite balayée par le duo Bailey-Pozuelo (4-1 à la Cristal Arena). Ensuite parce que, et les avis sont à peu près unanimes, Bruges est tout simplement la meilleure équipe actuellement en Belgique, comprenez celle qui pratique le meilleur football parmi les candidats au titre : pression intense durant 90 minutes, infiltrations de la seconde ligne, défense en bloc à l’arrière et feu-follets qui harponnent le grand rectangle devant. Enfin car, contrairement à la saison dernière, les Blauwenzwart ne semblent pas prêt à s’effondrer physiquement.

Ce qui est le cas de Gand. Ceux qui avaient illuminés la scène européenne côté belge en Ligue des Champions avant Noël ont difficilement digéré l’élimination des oeuvres de Wolfsburg. Depuis, en effet, les Gantois semblent fatigués. Il faut dire que Hein Vanhaezebrouck n’est pas grand partisan de la rotation et que son système commence à être connu. Preud’Homme et Felice Mazzu ont été les premiers à déjouer le tacticien de Lauwe et ont montré la voie à d’autre. Avec des PO en dents de scie, les Buffalos auraient pu jouer à nouveau les troubles-fêtes s’il ne leur manquait pas ce petit brin de fraîcheur qui permet d’arracher un point inespéré par-ci, par-là. Mais le cinglant 1-4 de ce week-end contre le rival brugeois a sonné le glas des ambitions gantoise.

Du coup, c’est le Sporting Mauve qui s’érige en dernier des adversaires des Brugeois. La bande à Besnik-le-flamboyant n’a, il est vrai, rien de sexy cette saison. Malgré des Praet, Tielemans et autres Djuricic, le Parc Astrid n’a que trop rarement l’occasion de s’emballer et les souvenirs de Wilhelmsson, Stoïca ou même François Van der Elst résonnent plus que jamais dans un stade qui, à défaut de spectacle, se contente d’une relative efficacité. Car sans faire d’éclats, Anderlecht reste encore en course. Besnik Hasi aura au moins ça pour lui : la pression est grande en ce moment du côté des Mauves où le public exige souvent plus qu’ailleurs (les résultats ET le beau jeu), et où la direction a clairement sous-entendu que l’Albanais ne serait probablement pas reconduit au terme de la saison dans un club qui, je cite le président, « doit être champion un an sur deux ». Mais malgré cette pression à tous les niveaux, les Mauves sont toujours là. Et Hasi aussi. Une défaite face à Bruges lors de la prochaine journée serait fatidique : Anderlecht n’a pas le choix: il doit l’emporter.

Si Zulte Waregem est venu semble-t-il en touriste et où la Leye-dépendance n’a jamais été aussi forte malgré une belle saison de seconds couteaux comme Kaya ou Lepoint, Ostende aurait aimé jouer davantage les trouble-fêtes. Mais le KVO de Marc Coucke a encore beaucoup de choses à apprendre et le foot-champagne qui caracolait en tête après quelques matches est aujourd’hui rentré dans le rang, n’offrant pas grand chose à se mettre sous la dent si ce n’est le retour à l’avant-plan de Yassine El Ghanassy, l’un des plus purs talents gâchés de ces dix dernières années. Alors il y a Genk. Les Limbourgeois montent en puissance mais il leur manque encore un petit truc. Peter Maes avait dit : « D’abord on se qualifie pour les PO1, ensuite on proposera du beau football. » L’éclosion du Jamaïcain Leon Bailey, déjà convoité par tous les plus grands, et la bonne carburation atteinte d’Alejandro Pozuelo ont ainsi permis à la phalange limbourgeoise de réaliser quelques beaux coups dans ces PO1 où leur fraîcheur risque bien de venir titiller la fatigue des Gantois pour la troisième place…


CHARLEROI SAUVE… LES PO2

charleroi

Du côté des PO2, Charleroi est en train de réussir son pari. Et Mazzu aussi, du coup. Les Carolos n’ont décidément plus rien à voir avec la période Abbas Bayat où les joueurs n’étaient en rien charismatiques et où le stade dormait pendant des partages vierges contre Saint-Trond, Beveren ou Lommel. Depuis l’arrivée de l’Italo-belge sur le petit banc, on s’amuse à Charleroi ! On revit à Charleroi ! Et on propose du beau foot, avec l’inusable Jérémy Perbet, dont on se demande toujours comment les grosses cylindrées de D1 belge n’ont jamais réussi à l’attirer, le fantasque Sotiris Ninis, qui après un petit temps d’adaptation au ciel gris-déprimant du Hainaut est en train de retrouver ses sensations, ou encore la belle patte d’Entes Saglik qui, sans bruits, s’est installé en chef d’orchestre d’une équipe où les Tainmont, Marcq et autres Ndongala apportent chacun leur touche à un ensemble hybride mais où le beau Felice a su donner une cohérence. Il n’aura manqué qu’un tout petit quelque chose aux Carolos pour atteindre le top-6, mais ils sont en passe de se racheter en empruntant la voie champêtre des très enviés PO2 avec, pourquoi pas, une nouvelle qualif européenne à la clé !

Faut dire qu’à part ça, comme d’habitude, les PO2 sont une sorte de mixte entre un laboratoire d’essais et un mouroir à gros salaires. Entre un Standard qui continue d’hésiter entre aligner ses jeunes ou faire jouer ses coûteux transferts de janvier, un Malines qui n’a comme objectif que d’offrir le titre de meilleur buteur à l’ancien Nantais Sofiene Hanni, par ailleurs fraîchement désigné « Lion d’Or 2016 » (récompensant le meilleur joueur maghrébin en D1 belge), ou encore un Lokeren où les frasques de Georges Long Coûteaux Leekens ne font vraiment plus rire personne, il n’y a vraiment rien d’excitant à se mettre sous la dent dans ces génialissimes PO2 !

Ah si : il y a Courtrai qui a décidé de changer de coach alors que tout se passait bien jusque là. Pour une question d’obtention de licence, laquelle dépend du degré de qualification de l’entraîneur principal…

DES HISTOIRES DE LICENCE

En parlant de licence, ce qui anime encore bien ces PO2 que l’Europe entière nous envie, ce sont les recours, appels et contre-appels que les clubs se jettent au visage concernant l’octroi du précieux sésame nécessaire à la survie en D1. En gros, OHL (qui pour rappel bascule en D2 après avoir terminé dernier), Westerlo (qui croyait qu’il allait terminé dernier) et Saint-Trond (qui ne faisait que dégringoler depuis des mois avant de finalement se sauver à la dernière journée) ont lancé une procédure en appel contre l’octroi de licence accordé à Mouscron ! Les Hurlus, qui s’étaient sauvés sur le terrain, ne rencontreraient pas toutes les exigences. En réalité, le club est accusé d’être aux mains d’agents de joueurs, chose interdite dans le championnat belge. Si tout le monde le sait et que personne n’est dupe, le club a tout de même reçu sa licence après quelques petits tours de passe-passe entre sociétés d’investissement, histoire de passer de mains en mains pour au final et en apparence respecter les règles et recevoir la fameuse licence. Mais les trois clubs flamands crient à la magouille et aux sociétés-écrans pour faire valoir leurs droits. Et quand on dit « droits », on avoue que c’est plutôt dur à écrire et à comprendre…

WHITE STAR, EUPEN ET ANTWERP A LA UNE

Mais les guéguerres de licence et de tribunaux ne sont pas l’apanage de la lutte pour la relégation. En D2 aussi, le fer bat son plein ! Un peu à la surprise générale, le White Star Bruxelles et ses 400 supporters hebdomadaires (oui, oui, 400, pas 4000) ont profité du partage blanc entre l’Antwerp et Eupen pour prendre la tête de la compétition lors de l’ultime journée de championnat, tandis que dans l’autre stade, celui de l’Antwerp, 15.000 personnes assistaient à une véritable finale chaude en ambiance, rebondissements (à défaut de buts) … et incidents ! Des centaines de hooligans anversois ont attaqué les courageux (et surtout pas peureux) supporters eupennois après le match, choquant l’ensemble du microcosme footballistique belge. Tandis que se neutralisaient donc le Great Old, dernier club belge finaliste d’une coupe d’Europe qui moisi en D2 depuis trop longtemps, et les Pandas, phalange germanophone au jeu à l’espagnol léché et aux finances gonflées par les pétrodollars du Qatar, le White Star avec son assistance digne de P1 et son président-entraineur sans stade pour la saison prochaine coiffait tout le monde au poteau !

Sauf que… Sauf que le White Star n’a pas sa licence ! Il lui manque un stade, un entraîneur qualifié et il reste des dettes impayées. Trois points noirs que John Bico, l’omnipotent homme à tout faire, détesté par les uns, à peine aimé par les autres, s’est fait fort de gommer en deux coups de cuiller à pot sur une deux jours de temps (entre le samedi soir, jour du titre, et le lundi soir, jour de la défense en appel de la licence) ! Déjà que le bonhomme avait essayé de grappiller deux points sur tape vert la semaine précédente pour une sombre histoire de joueur affilié dans un club qui était interdit de transfert (mais qui, libre, n’avait pas été transféré mais seulement engagé : ou comment jouer sur les mots), voilà qu’à présent les lauriers du titre allaient, si l’on en croit Bico, permettre de débloquer tous les points fâcheux. Mais la Cour belge d’Arbitrage pour le Sport a tranché : pas de licence et voilà donc Eupen tout heureux de la déculottée de Bico et son White Star car, en terminant deuxième (à égalité de points et de victoire que l’Antwerp mais avec un meilleur goal-average), c’est lui qui intègre l’élite. Une petite pirouette de l’histoire puisque, en 2011, les Pandas étaient contraints à la relégation alors que l’Union Belge avait refusé de prendre en compte un problème administratif similaire à celui évoqué ci-dessus chez son principal rival pour le maintien. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que les avocats du club germanophone, lequel a drastiquement changé au niveau de sa direction, de son comité et de son staff de coach et joueurs depuis cette époque, ont campé dans les couloirs de la Cour belge d’Arbitrage pour le Sport pour zieuter les moindres mouvements de cet organe chargé de trancher l’affaire. En bref, le White Star est champion, mais c’est Eupen qui montera.

Sauf que… Sauf que le White Star a bien évidemment décidé d’aller au civil pour demander l’annulation de ce jugement. La saga ne fait donc que commencer…

ROULERS L’A DANS L’OS

Et enfin, tant qu’à parler de D2, le couperet est donc tombé samedi dernier avec la relégation des neuf clubs qui n’avait pas réussi à intégrer le top 8, synonyme de maintien dans la future D2, ou plutôt la future « D1B » à huit équipes ! Et parmi ces clubs déchus, on notera la présence de Roulers, le club qui avait soumis cette inconcevable réforme pourtant entérinée ! Na !

Sauf que… Sauf que le White Star n’obtiendrait pas sa licence ni pour la D1A, ni pour la future D1B ! Et qui va donc être repêché in extremis pour rester en D2 … ?

Décidément, en Belgique, le surréalisme n’est pas un vain mot !

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