ven. Mai 24th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

KVO is sexy ! Et STVV aussi… (Foot, bière et chips #Août15)

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Un mois ! Un mois déjà que le foot a officiellement repris au plat pays. Réforme et championnat de 40 journées oblige, c’est finalement de plus en plus tôt chaque année que la Jupiler League reprend ses droits. Et le KVO n’a pas perdu de temps. Mais après tout, ce n’est pas grave si on se plante au début puisque, pour rappel, on divise les points par deux avant les PO…

Mais pas en PO3 ! Ah ben non, juste : il n’y a plus de PO3 ! Le but pour ceux qui ne viseront pas les PO1 sera donc d’éviter… la dernière place ! Voire de viser… l’avant-dernière place ! En effet : si vous terminez cette saison 15e, vous terminez votre saison le 30 mars. Soit deux mois avant les autres. Ca fait quand même un sacré petit paquet de primes de match d’économisé ! Du coup, le début de saison devait en théorie se concentrer sur les départs en trombes de quelques candidats à la culbute. Et de fait. Car une fois n’est pas coutume, nous axerons ce premier numéro de « Foot, bière belge et chips » sur la course à cette fameuse 15e place. Pays du surréalisme, lève-toi !

Avec son rachat tardif, le désormais ex-Royal Mouscron-Péruwelz (re)devenu Excel Mouscron patauge en ce début de saison. Logique. Avec un noyau que l’on pourrait caricaturé comme composé à moitié de joueurs de Seraing (équipe de D2) et à moitié de soi-disant espoirs tout aussi inconnus que discrets en ce début de saison, le Canonnier semble déjà bien embourbé dans une galère. Sa galère. D’ailleurs, l’assistance de ce début de saison est famélique, signe d’un désintérêt général pour un club que son nouveau boss, l’agent israélien Pini Zahavi (non, ce n’est donc pas le nom de la nouvelle égérie du Moulin Rouge), désire porter aux nues du football belge. Ouais… Ne pas descendre serait déjà un beau petit résultat pour une équipe qui attend toujours à l’heure actuelle ses gros renforts pourtant promis début juillet.

"Mais dans quoi me suis-je embarqué" semble se dire Zahavi...
« Mais dans quoi me suis-je embarqué » semble se dire Zahavi…

Du coup, les deux promus que sont OHL et Saint-Trond se démènent pour prendre un maximum d’avance, histoire de bien enfoncer les Hurlus dans le bas de tableau. Si les Louvanistes de Jacky Mathijssen ont débuté sobrement par un 3 sur 12 et un « Louvain n’a pas besoin de Mathijssen » lâché par le principal intéressé après les trois premières défaites, Saint-Trond et son coach à la tête de jeune premier de classe ou de beau-fils idéal, j’ai nommé Yannick Ferrera (pas Carrasco), ont rappelé à tout le microcosme du football belge que le Staaien restait l’un des chaudrons du pays et que s’y déplacer n’était toujours pas une sinécure. C’est pas faux. Les Trudonnaires ont donc entamé la saison par un joli succès contre le dauphin-sortant brugeois et enchaîné par un deuxième succès, peut-être encore plus important, contre les Mouscronnois. En gros : Saint-Trond a déjà pris 3 points que tout le monde ne prendra pas (contre Bruges) et gagné un avantage de trois unités dans son duel face à l’Excel pour le maintien. Ajoutez à cela le succès avec la manière acquis contre le voisin Genk hier et avouez que la bande à Ferrera vous a déjà claqué les yeux cette saison. Waar is da feesje ?

Plus étrangement, Malines a visiblement décidé de barboter dans la marre du fond en ce début de calendrier. Porté aux nues la saison dernière par bon nombre d’observateurs, le football léché d’Aleksandar Jankovski semble manquer d’efficacité en ce début d’exercice. Au point de s’aligner avec les Louvanistes pour un maigre premier bilan de 3 sur 12. Une première copie un peu dégueulasse qui apporte déjà les premiers sombres nuages au-dessus de la tête du nouveau stade en construction (enfin, en rénovation)… Et il en va de même au-dessus du Kuipje. Déjà pas vraiment en odeur de sainteté auprès des supporters, Harm Van Veldhoven et Westerlo ont démarré en mode mineur leur « saison de la confirmation » après la remontée acquise il y a un peu plus de 12 mois. Avec 4 points sur les 12 premiers en jeu, Westerlo fait aussi bien (ou aussi mal) que Courtrai où Johan Walem a vu bon nombre de ses joueurs filer sur la côte ou ailleurs. S’ils ne devraient pas être inquiétés pour la suite de la saison, il y a fort à prier que les Kerels devront attendre un moment avant de savourer une quatrième qualification pour les PO1. Au contraire d’Ostende ?

LA CÔTE A LE VENT EN POUPE

Ostende premier de D1 belge, ça fait sourire. Et pourtant. Sorte d’OVNI dans la sphère footballistique belge, Marc Coucke et son football champagne sans pression sont pour l’instant occupés à réaliser leur pari. Mais quel pari ? Leader de la compétition, on imagine mal les Côtiers poursuivre dans cette voie jusqu’aux lauriers. N’empêche, on les verrait bien intégrer durablement cette saison le fameux top 6 synonyme de qualif pour les PO1. Avec une attaque mitraillette composée de « pas si vieilles gloires que ça en quête de rachat » (Cyriac, Akpala, Coulibaly) et de jeunes qui en veulent (Musona, Cornet, Loemba), Ostende a assurément les armes pour embêter tout le monde, sans prétention, avec pour seul objectif de s’amuser et d’amuser son public. « Le football ? C’est la plus importante des choses inutiles » se plaisait à clamer récemment l’homme-fort du KVO dans certains médias. Campagne de pub à l’appui : KVO is désormais sexy ! Que du bonheur pour un football belge où le sacre des Gantois la saison dernière lui a visiblement donné un nouvel air, un nouveau vent même, qui, cette saison, semble souffler en ce début de saison depuis la côte. Normal en somme.

Tout est dans le slogan ! Ostende et Marc Coucke séduisent...
Tout est dans le slogan ! Ostende et Marc Coucke séduisent…

Et puis Gand confirme et ça fait plaisir. Après une super-coupe remportée sur un score arsenal mais au terme d’une partie dominée de la tête et des épaules face aux Brugeois, les Buffalos ont déjà montré de belles choses avec un noyau qui a peu bougé et où Laurent Depoître confirme semaine après semaine que son éclosion ne s’est pas faite par hasard, faisant taire tous les sceptiques qui voyaient en lui, malgré son excellente première saison à Gand, un » bon joueur de D2″.

Et du coup, si Gand confirme, Anderlecht et Bruges confirment à leur manière ces dernières années : auteurs d’un début de championnat en demi teinte, Mauves et Blauwenzwart font davantage parler d’eux sur la scène du mercato que sur les pelouses. Certes le Sporting a perdu Mitrovic et Mbemba, partis toucher l’oseille à Newcastle, il n’empêche que ce début de saison se résume par « un joueur proche de signer à Anderlecht signe finalement ailleurs ». A part Okaka qui a tout de même finalement quitté le port de Gênes pour rallier la capitale belge mais qui semble jusqu’ici avoir paumé le talent d’un international italien qu’il est sur la route. Et paraît que les Mauves vont aussi en fin de compte signer Boussoufa. Le retour de l’enfant prodigue dans un entre-jeu déjà pléthorique aurait sans doute le don de décanter tout ça mais aussi de voir les Praet, Tielemans, Defour ou Dendoncker tomber de haut pour atterrir les fesses sur le petit banc de touche. Un banc de touche où, semaine après semaine, on se dit finalement que l’entraîneur avait simplement le juste nom : Hasi. Mais pour ce qui est des compétences tactiques, on attend toujours de voir…

A Bruges, le mercato a été bouclé rapidement. Sauf que, depuis, l’attaquant australien pote de Ryan s’est pété la guibole avant de voir le gardien-kangourou filer vers Valence où on attend désormais aussi Duarté. De Sutter attire les convoitises turques (un Vleminckx bis ?) et Simons s’est claqué en coupe d’Europe, rejoignant une pléiade de blessés de longue date où l’on retrouve notamment Meunier et Gedoz. Ca fait beaucoup pour les Brugeois où MPH aura là une magnifique aubaine d’arrêter de toujours taper sur le dos des arbitres pour justifier une contre-performance. Surtout que, jusqu’ici, Bruges les a multipliées. Sauf en CE, comme d’hab, où les Brugeois ont toléré un court succès de leurs homologues grecs du Panathinaikos lors du match aller avant de les bouffer lors du match retour. En tirant ManU au tour suivant, les choses se sont évidemment gâtées après…

CAROLOS ARE BACK, MAIS SEULEMENT POUR UN TOUR

#CarolosAreBack, c’était le slogan de la nouvelle direction lorsque celle-ci a repris les rênes du club et voulu ramener une identité régionale au sein du club. Une opération séduction qui a franchement conquis de nombreux badauds, qu’ils soient « Storm ultras égarés depuis l’ère Bayat » ou « journaleux se rendant compte qu’on peut aussi vendre du papier à Charleroi ». Sans doute se disaient-ils que les anciens mineurs ne savent pas lire. Soit. Le #CarolosAreBack a marché sans doute mieux qu’espéré, le neveu Bayat a inversé la courbe de la cote de popularité de sa famille au pays noir et l’Italo-belge (un symbole dans cette région !) Felice Mazzu a réussi ce que personne n’avait espérer : ramener le Sporting de Charleroi en coupe d’Europe après 21 années de disette. Une franche réussite pour les nouveaux Carolos qui parviennent à faire revivre celui qu’on appelait jadis le Mambourg. Et une belle réussite pour le foot wallon qui a placé deux de ses trois uniques représentants de D1 en Europe. Même si ce fut bref !

En même temps : peu importe contre qui Charleroi tombait pour son premier tour des qualifications de la C3, il aurait été à chaque fois le petit-Poucet. Ou alors, fallait tirer Vaduz, vainqueur de la coupe du Liechtenstein. Et donc, quand le tirage a offert aux Carolos le Beitar Jerusalem, tout le monde s’est regardé. « Les fans sont chauds, paraît » a alors lâché quelqu’un. De quoi axer toute l’attention sur comment les supporters (un peu chauds, c’est vrai) du Beitar allaient faire vivre cette double-confrontation, libérant la pression (quelle pression ?) des épaules des braves « petits » Carolos. Banco ! Et avec quel résultat ! Vainqueur 5-1 à l’aller et 1-4 pour le retour, le Sporting a littéralement impressionné l’Europe toute entière. Enfin, celle qui s’était levée aux aurores en juillet pour suivre les péripéties des clubs azéris, kazakhs et maltais sur la scène européenne. Et de Charleroi aussi, donc. Jusqu’au tour suivant. Car pour le Zorya Luhansk, personne n’a trouvé rien à redire sur l’adversaire, si ce n’est un « ça ne doit pas être plus fort que le Beitar« … Sauf que ça l’était. Et que les joueurs carolos étaient cette fois sous le feu des projecteurs et que cette fois un résultat était espéré à défaut d’être attendu par un grand nombre de suiveurs, médias compris. Du coup, 0-2 at home et 2-0 non loin de la Crimée : c’en était fini de l’aventure européenne de Mazzu et ses ouailles. N’empêche : les Carolos sont de retour et espèrent bien « revenir plus forts ». Sauf que pour revenir plus fort, il faudra se qualifier à nouveau pour les PO1 et laisser derrière un gros morceau du championnat. Avec un 5 sur 12 pour débuter, les lendemains de veilles festives devront être rapidement digérés si Charleroi ne veut pas retomber dans une saison moyenne, oscillant entre la 7e et la… 15e place.

CarolosAreBack

Mais Charleroi et Bruges n’étaient pas les seuls clubs belges engagés lors des prémices de coupes européennes durant ce mois d’août ! Le Standard à la sauce Muslin a bien débuté sa campagne en se défaisant du club bosnien du Zeljeznicar. Un match piégeur à souhait pour les Liégeois qui ont pu compter sur l’adaptation ultra-rapide d’Anthony Knockaert, destiné à devenir la nouvelle coqueluche de Sclessin. Un stade qui réussit bien ces dernières années aux joueurs français puisqu’après Benjamin Nicaise, William Vainqueur et Adrien Trebel, voici un autre joueur hexagonal qui marque les esprits chez les Rouches. Le désormais ex-buteur de Leicester a déjà réussi son début de saison en multipliant les instants décisifs : buts, assists, Knockaert se révèle être pour l’instant LE bon coup du Standard de ce mercato. Plus que Santini, davantage effacé pour l’instant. Mais le Standard a également signé Diogo Costa. A une lettre près, c’était un cador brésilien qui débarquait ! Malgré tout, celui-ci, surnommé Rochinha, arrive à Liège avec un chouette CV et du talent à revendre. L’autre bonne pioche liégeoise de ce mercato ? En principe : un esthète du ballon qui, on l’espère pour eux, fera bander les Rouches après la demi-Molde chopée en CE cette semaine…

ET UN RAPIDE COUP D’OEIL A L’ETAGE INFERIEUR…

Enfin, en D2, la « course à la mort » est elle aussi lancée ! Pour rappel, si le champion se verra ouvrir grandes les portes de la Jupiler League, à condition bien sûr de répondre aux mille et une conditions d’octroi de la prestigieuse (?) licence pro, les sept équipes classées de la deuxième à la huitième place verront derrière eux se refermer les portes du foot pro ! Autrement dit, le 9e de D2 basculera dans les méandres du foot amateur avec la douce illusion de voir un jour, peut-être, si tout va bien et que la descente aux enfers ne s’est pas accompagnée d’une faillite, un nouvel espoir d’accéder au foot pro. C’est dire si on jouera des coudes en milieu de tableau de cette formidable D2. En plus, imaginez un peu : un Dessel Sport ou un SK Deinze qui chiperait, au bénéfice d’une saison d’exception, le précieux sésame pro d’un Antwerp qui se louperait une nouvelle fois ou d’un Lierse qui croulerait définitivement sous les imposantes dettes accumulées par son président égyptien ! Sans compter sur les rageux du Beerschot et de Liège qui ont du mal à digérer cette énième réforme leur privant à court terme de foot pro.

L’HEURE DES PRONOS

La saison 2015-2016 est donc lancée. Gand et Anderlecht entreront en compétition européenne le mois prochain, alors que Charleroi est déjà dehors et que le Standard et Bruges sont en plein dedans (à l’heure décrire ces lignes, Bruges a butté sur un super Depay à Old Trafford pour repartir avec un 3-1 bien tassé et le Standard s’est pris la pâtée à Molde, où même la TV locale s’est désintéressée du match !). Mais sur la scène nationale, le foot a donc repris ses droits et les seize acteurs de notre chère Jupiler League ont débuté leur longue procession jusqu’aux saints play-offs, laissant déjà apparaître quelques clés de compréhension sur la saison nouvelle. Juste suffisamment pour nous encourager à nous laisser aller à quelques pronostics tout aussi précoces que scabreux ! Car le mercato n’est pas fini, la scène européenne vient juste de s’ouvrir et les spirales, qu’elles soient négatives ou positives), ne font que commencer ! Bref, c’est le moment de se jeter à l’eau et de lâcher les premiers pronostics pour cette saison 2015-2016 !

On verrait bien, par ordre alphabétique, Anderlecht, Bruges, Gand, Genk, Ostende et le Standard truster les places des PO1. Bruges ne peut plus se louper, Anderlecht inquiète et Gand risque de s’essouffler en Ligue des Champions. De quoi donner un maigre avantage aux gars de Preud’Homme. A moins que ceux-ci ne décident de rejouer le coup de l’Europa League à fond ?

Difficile aussi de dire contre qui Mouscron se battra jusqu’au bout pour la relégation… Louvain et Westerlo semblent les « mieux » placés. Mais après des débuts en fanfare, Saint-Trond pourrait lentement s’essouffler lui aussi.

Quant à la D2, Eupen et l’Antwerp ont tout pour monter. Mais le Cercle et le Lierse essayeront à tous les coups de regagner la D1. Et puis Seraing, Tubize, Virton, Lommel et pourquoi pas l’Union, Roulers ou Dessel viendront embêter tout ça avec l’espoir d’accrocher l’une des sept places qualificatives pour la future grand-messe secondaire du foot pro en Belgique, la future D1B. Une D1B que Coxyde, Deinze ou Heist ne devraient logiquement pas découvrir de si tôt…

Sur ce : à vos pronos !

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