lun. Mai 27th, 2019

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Mais on le dit quand même

Foot, bière belge et chips #Septembre15 : Du Sels sur les frites pendant que Sclessin vomit

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Ce n’est qu’un euphémisme d’écrire que le mois de septembre aura été celui du Standard. Pas que le club liégeois ait dominé la compétition -que du contraire-, mais force est de constater que l’après-Duchâtelet semble plus complexe que prévu à négocier pour les Rouches

« L’Enfer de Sclessin » n’est plus ce qu’il était. Lorsque l’on tape le mot « enfer » dans les différents dictionnaires de synonymes en ligne, on trouve notamment les mots « purgatoire », « abîme », « gouffre » ou encore « supplice », … Et s’il est vrai que le « chaudron de Sclessin », comme on l’appelle parfois aussi, enserre l’un des publics les plus chauds-boulettes (sauce lapin dans ce cas !) de Belgique, cet enfer est désormais devenu un véritable purgatoire, un abîme, un gouffre, voire un lieu de supplice donc, pour tout qui s’y rend !

Cela a commencé avec l’élimination en coupe européenne où après avoir passé un premier tour contre les Bosniens… les Bosniaques… les Bosn… enfin, bref, ceux du Zeljeznicar Sarajevo, les Rouches se sont complètement perdus dans le Nord en où ils ont végété sur le terrain norvégien de Molde. Nonante minutes d’absence qu’aucune télé n’a diffusées mais qui a provoqué l’élimination précoce du Standard en Europa League, et ce, malgré la victoire au match retour. Surtout, cette élimination a servi aux nouveaux « dirigeants » liégeois à justifier l’éviction tout aussi précoce du coach Slavoljub Muslin, lequel ne faisait pourtant pas du trop mauvais travail, compte tenu d’un mercato catastrophique, fait de départs importants et d’arrivées pour la plupart anecdotiques.

En réalité, Bruno Venanzi et son DG Axel Lawarée avaient un plan : introniser Eric Gerets au poste de T1, lui qui fut jadis capitaine du club liégeois et qui est resté depuis le fantasme absolu des supporters rouches en matière de coaching. Lui-même sympathisant du club, le « Lion de Rekem » a ainsi été invité plus qu’il n’en fallait depuis le début de saison dans la tribune d’honneur pour faire miroiter le Saint-Grââl aux fans tout illusionnés sur l’avenir de leur club chéri ! Car cela semblait en effet écrit : choisi par Duchâtelet juste avant son départ, Muslin se verrait montrer la porte de sortie à Sclessin avant la fin septembre pour y laisser la place à Gerets, « le choix de la nouvelle direction ». Sauf que…

A.L. : « Comment ça « non » ? Mais, avec Bruno, on avait cru comprendre que…  » photo: BELGA, YORICK JANSENS

Gerets a beau avoir toujours clamé depuis son départs des Emirats qu’il ne reprendrait pas du service, toute la machine Standard y a cru dur comme fer. Du coup, lorsque la direction du club lui a proposé les rênes de l’équipes, c’est à un « Nee » catégorique qu’elle s’est heurtée. Et voilà Venanzi et ses comparses Gros-Jean comme devant !

Le hic, c’est que le château de cartes établi s’est écroulé. Dans la foulée, faute de coach, c’est le bon Eric Deflandre qui s’y est collé pour dépanner le club le temps d’un week-end. Le temps d’une défaite historique aussi : 7-1 au Club de Bruges ! « Muslin a proposé aux joueurs de choisir le système de jeu, ils voulaient le 4-4-2 », a-t-on appris ensuite. Ce qui n’a pas vraiment marché en coupe d’Europe et qui, une fois repris par Deflandre, a fait moins bien encore… Le Standard semblait avoir un coach valable à défaut de faire l’unanimité et s’est retrouvé quelques jours plus tard avec un fameux bonnet d’âne et une bronca sur les bras. C’est alors que survint l’inimaginable…

Invité dans une obscure émission radio dédiée au football belge, le président fantas(ti)que Bruno Venanzi s’est laissé entraîner par le ton léger/désuet de l’émission au point de déclarer : « Oh, vous savez, la saison dernière, j’ai appris qu’un joueur avait payé le coach pour jouer ! » Pardon ?? De quoi ??? Oui, oui : un joueur a semble-t-il payé un des trois coaches successifs de la saison dernière (Guy Luzon, Ivan Vukomanovic, José Riga) pour avoir du temps de jeu !

Au-delà de l’aspect tant grotesque que scandaleux de la chose, c’est la sortie dans les médias du président qui a marqué les esprits ! Une nouvelle grosse bourde ? Une stratégie de communication bien plus savante qu’on ne l’imagine ? Les avis divergent. Les supputations aussi : qui a payé qui ? Un joueur pour avoir un tels de jeu qui lui garantirait une revalorisation de contrat ? Des noms sont jetés en pâtures dans une certaine presse. Le buzz est garanti, le procès aussi ! Luzon donne 24 heures au club pour le disculper, « Vuko » se défend de tout côté et Riga montre un intérêt peu relatif aux accusations avant de voir son nom en tête d’article. Et ça s’emballe. Le parquet fédéral s’en mêle. Logique : le joueur a peut-être aussi payé pour jouer dans le but de falsifier un match. Du coup, Venanzi se dit qu’il a peut-être ouvert la boîte de Pandore et le club dépose à son tour plainte en justice « contre X ». Le Standard n’est plus un club de foot, c’est devenu un triste cirque, composé de tristes clowns. Un cirque où, comme l’ex-pro et analyste averti de la Jupiler League Alex Teklak le dit, « l’émotionnel a pris le pas sur le rationnel ». Un cirque où, comme le toujours excellent Rodrigo Beenkens l’affirme ensuite à son tour, chacun s’occupe des affaires autres : « Dans un club de foot, les joueurs jouent, les entraîneurs entraînent, les dirigeants dirigent et les supporters supportent ; mais aujourd’hui au Standard, les joueurs font l’équipe, les dirigeants sont des supporters, les supporters choisissent l’entraîneur. » Le Standard brûle. Pire : il s’immole.

Avec Duduche, le Standard gerbait. Depuis son départ, il a la gueule de bois !

Les Mauves d’Anderlecht n’ont même pas eu besoin dette fois d’allumer la mèche ou de souffler sur les braises. Pas un « Pour une fois que le Standard ne paye pas l’arbitre«  sur les réseaux sociaux ! Il faut dire que les Mauves avait de leur côté bien débuté leur mois et qu’ils remercient sans doute aujourd’hui les Rouches d’avoir éteint le feu de paille qui s’était allumé à Neerpede quelques jours plus tôt…

VANDEN BORRE NE FAIT PLUS RECETTE

Vanden Borre qui parle de cuisine, jusque là : rien de surprenant. Mais quand il s’agit d’Anthony qui balance sur le coach et les petits copains, ça prend de suite une autre envergure…

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« L’affaire VDB », c’est un peu le Star Wars à la sauce bruxelloise. Une sorte de super héros au talent démesuré qui bascule du côté obscur dans les premiers épisodes de la saga. Dans la suite : le retour (un jeudi ?) de l’enfant prodige acclamé par tout un peuple, propulsé au firmament (la Coupe du Monde) alors qu’il revient à peine dans le coup. Reste à savoir désormais si l’épisode VII de la franchise de Lucas suivra le parcours de « VDB » en proposant un épisode dans lequel le héros bascule à nouveau du mauvais côté …

Anthony Vanden Borre a donc décidé de franchir à nouveau la ligne et de basculer du côté obscue. Insultant (?) à l’égard du staff ou de ses coéquipiers : la polémique a vite pris de l’ampleur. « VDB » balance tout. Le club se venge en le renvoyant dans le noyau B. Les fans se divisent. Et depuis… le brasier rouche a fait de l’ombre à la sortie du ket, reléguant celui-ci aux rubriques culinaires (lire les commentaires en bas du lien)

RÊVES D’EURO

Heureusement, il nous reste l’Euro(pe). A l’heure où la Jupiler League se tiédit et que la mousse déborde gâchant toute la saveur du breuvage, la trêve internationale est arrivée à grandes enjambées, offrant une double confrontation diabolique : la réception des Bosn… de la Bosnie, suivi trois jours plus tard d’un déplacement-vacance à Chypre. Sans bien jouer, les Diables ramèneront les six points (3:1 / 0:1), plaçant par la même occasion neuf orteils au Golf du Médoc et au Château du Haillan, destinations de vacances déjà réservées par la délégation belge pour juin-juillet 2016. Faut dire que Wilmots kiffe la Gironde. Deux ans après la qualif pour le Mondial brésilien, les Diables sont en passe de mettre fin à une disette de 32 ans en se qualifiant pour une phase finale d’un Euro. Pourtant, cela grince des dents dans les travées du Heysel. En cause : le football développé. Analystes et supporters se divisent à nouveau : les traditionnels « l’essentiel, c’est les 3 points » fondent comme neige au soleil face aux plus en plus nombreuses critiques à l’égard de la qualité de jeu proposée. « Avec des joueurs qui jouent tous dans des grands clubs, comment ne pas avoir un plus beau football », pourrait-on résumer les salves verbales des mécontents.

Et dire qu’il y a quelques mois à peine, un 0-0 tout pourri comblait les attentes d’un public belge en mal d’exploits footeux. Dire aussi qu’en juin, on pouvait fanfaronner. Mais depuis, la Belgique s’est retrouvée sans savoir comment au 2er rang du Ranking FIFA, les joueurs s’échangent à coup de plusieurs dizaines de millions d’euro dans les derniers jours du mercato (Benteke à Liverpool pour 47 millions, De Bruyne à City pour 80 millions) et du coup les fans grondent parce qu’on n’a gagné que 0:1 à Chypre. Wilmots sur la scellette ? Faut quand même pas déconner. A moins d’un partage ou d’une défaite contre Andorre. Mais là, c’est toute l’équipe qu’il faudra mettre sur le carreau. N’empêche : à rêver d’Euro, c’est désormais tous les spectateurs qui dorment devant les matches des Diables…

A peine le temps pour le Standard (d’être à nouveau battu et) d’introniser le jeune (34 ans), talentueux et ambitieux Yannick Ferrera dans le costume du nouveau coach -un coach chipé à… Madame Duchâtelet et Saint-Trond- et la Jupiler League laissait à nouveau place à la scène internationale, et plus particulièrement européenne.

ASCENSEUR EMOTIONNEL

Toute heureuse de participer pour la première fois de leur existence aux poules de la Ligue des Champions, la Gantoise a vite déchanté en voyant ce que le tirage au sort lui réservait. Pas tant que le groupe semblait particulièrement relevé, non. Justement. Les Buffalos auraient voulu accueillir le Real, le Bayern ou encore Manchester, un cador quoi, mais devra se contenter de Lyon, du Zenit et de Valence. Que des seconds couteaux. N’empêche, un Lyon en forme est un Lyon qui rugit toujours. Le Zenit reste une valeur sûre de la scène européenne et Valence est bien décidé à retrouver son lustre d’antan (enfin, d’il y a dix ans).

MatzSels
Matz Sels sort le penalty de Lacazette et la Gantoise part bien en LDC.

Et pour sa première sortie à ce niveau, le club coaché par Hein Van Haezebrouck a séduit. Mieux : il a impressionné ! Bon, ok, Lyon a foiré. N’empêche. A dix durant 45 minutes et même à 9 durant les cinq ou six dernières, les Gantois ont donné une leçon d’enthousiasme, de débauche d’énergie et de courage à leurs homologues français, recueillant les bravos d’un peuple en délire, lequel avait la frite et retrouvait le plaisir de « vivre » un match européen. Kums, le « Pirlo gantois » (© HVH), et Depoître puissances Diables ont éclaboussé la rencontre. Milicevic a marqué (l’histoire), Gand n’a pas manqué de Sels -alias le « héros belge » (© UEFA.com)- et la Ligue des Champions leur va déjà… comme un Gand. De quoi augurer encore de chouettes moments de chauvinisme footeux car, disons-le : Gand a(urait) explosé Lyon (s’il était resté à onze)…

Le lendemain, en Europa League, autre affrontement belgo-français au menu, avec un duel « digne de la ligue des champions » (© Besnik Hasi-sur-le-banc) contre Monaco sur la feuille de route des Mauves (mais donc pas de VDB). Après avoir mené rapidement grâce à un but de Gillet qui s’est rappelé au bon souvenir des socios français, Anderlecht a dominé puis, comme d’hab’, s’est fait remonté en fin de rencontre de façon quasi anodine. Une nouvelle baffe tactique pour le plus albanais des coaches bruxellois.

Ah oui ! Bruges et sa kyrielle de blessés n’était quant à lui pas suffisamment en nombre pour se déplacer à Naples, où il a donc déclaré forfait (et donc pris du 5:0). Comment ça ils ont joué ?? Ah bon… C’est ce qui s’appelle un ascenseur émotionnel : tu passes en quelques secondes d’un moment où tu es très très très heureux (#GanLyo) à un moment où tu es très très très déçu (#NapClu).

Quant au Standard, … Ah ben non. Plus d’Europe cette année pour les Rouches. Faut dire que la bande à Muslin, enfin, à Ferrera maintenant, est certainement tombée contre le futur vainqueur de la compétition. Car en ouverture de phase de poules, Molde a cartonné Fenerbahçe, l’équipe de Van Persie, Nani, Raul Meireles et consorts. Rien que ça …

SERAING PAS SI SEREIN

Et enfin pour terminer, on vous emmène dans les tréfonds de la compétition. On aurait pu causer des précédents tours de Croky Cup, mais rien de croustillant (c’est un comble…). Du coup, on terminera sur la petite bombe lâchée ce jeudi : le RFC Seraing, club de D2 et satellite du FC Metz de Bernard… Serin, s’est vu infliger une amende par la FIFA de 150.000 euro ! Le tout assorti d’une interdiction de transferts entrants pour les… 4 (quatre !) prochains mercatos !! La cause ? C’est compliqué. En gros, une histoire de fric (ben tiens) et de droits économiques cédés à des tiers sur des joueurs, un truc du style… Bon, ok, on l’avoue : on n’a pas compris grand chose car on n’a pas pris la peine de lire les articles d’on-ne-sait-pas-trop-bien-quel règlement enfreints par le club métallo.

Mais cela fait donc du RFC Seraing l’égal du grand Barça (lui aussi interdit de transfert jusque janvier prochain) pour quelques mois. Et ça, ça n’a pas de prix … Ah si : 150.000 euro. J’aurais dit plus…

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