mar. Nov 12th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Leekens, Legear et les autres ou le temps des retours (Foot, bière belge et chips #Novembre15)

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Comme souvent, la période d’octobre-novembre annonce un certain creux dans la compétition. Entrecoupée de week-ends internationaux et de joutes européennes, la Jupiler Pro League a timidement vu le Standard relever la tête et Gand la perdre.

Car désormais la postérité retiendra que le titre hyper-honorifique de « champion d’automne » fut décerné en 2015 à la Wereldploegje (littéralement la petite équipe mondiale) du KVO. En début de saison, on voyait bien Ostende truster l’une des six premières places de la division, de quoi revendiquer une place en play off. Mais on l’avoue, on ne les voyait quand même si haut perchés. La faute à qui ? Aux gros bras de notre championnat qui ont compris depuis le temps que rien ne sert à rien de courir, mais qu’il faut partir à point. En mars donc. Car après tout, si Ostende est actuellement leader et ne le doit avant tout qu’à lui même et son jeu offensif audacieux, les écarts façon play off demeurent rikiki !

En effet, pour rappel (faut-il encore le faire ?), les points sont divisés par deux en play off 1. Cela nous donnerait dès lors le top 6 suivant : 1) Ostende 16pts – 2) Gand 15pts – 3) Anderlecht 15pts – 4) Bruges 14pts – 5) Zulte-Waregemn 13pts – 6) Saint-Trond 11pts. Si l’on excepte STVV, les cinq premiers se tiennent donc dans un mouchoir de poche. « Honorifique » qu’on vous disait, ce titre de « champion d’automne »…

Et s’il ne figure pas (encore) dans le top 6, le Standard s’est tout de même repris ces dernières semaines. Sans doute les joueurs en avaient-ils marre d’être la risée de toute la planète foot belge. Bon, ok, les Rouches se sont relancés grâce à une victoire arrachée en fin de derby wallon à la faveur d’un nouvel arrêt de match pour débordement de ses supporters. Comme une vieille marotte de notre bon foot national, quelques hurluberlus n’avaient une nouvelle fois rien de mieux à faire que de se faire remarquer en balançant des pétards. Pour la troisième fois en l’espace de quelques mois à peine, le public rouche est donc pointé du doigt et devrait normalement se voir infligé un huis-clos. Mais comme on est en Belgique et que Maman-Union-Belge ne sait pas correctement éduquer ses plus grands enfants, un « si vous recommencez encore une nouvelle fois on sera pas content » devrait clore le chapitre. D’autant que, pas moins bièsses que leurs homologues liégeois, quelques Carolos ont voulu imiter la chose en balançant, à leur tour, des bidules aux joueurs adverses. Triste. Et au final, dans tout ça, ce sont tous les autres supporters, fidèles et pas agitateurs pour un sous, qui morflent : amalgame, critiques et autres : tout le monde s’en prend plein la tronche pour quelques imbéciles à peu près isolés. Quelques « barakis de kermesse » comme on dit chez nous ! Bref, les supporters de foot semblent découvrir l’injustice.

Heureusement pour le Standard, ce réveil a coïncidé avec une belle confirmation contre Malines où les joueurs ont gagné tout seuls, comme des grands, sans l’aide de leur supporters pour arrêter le match et leur permettre de se replacer, de se reconcentrer et de se remotiver. Bon, ok, la semaine suivante a vu les Rouches s’incliner. Mais c’était pour mieux préparer le Clasico ! Une nouvelle victoire contre le rival mauve qui efface pratiquement tous les douloureux écarts depuis le début de saison dans la tête des plus fervents. Un triste match « au sommet » mais une victoire des Liégeois venue des pieds de… Zona !

Legear
Legear, pari gagnant pour Ferrera : le Standard bat les Mauves redresse la barre !

LEGEAR IS BACK IN TIME !

Proximité du 21 octobre oblige (enfin, on était plus de dix jours après quand même), Jonathan Legear est de retour (du futur ?). Et cette fois, il n’a pas du payer pour jouer. Enfin, apparemment. Et si tant est que c’est lui (enfin, son entourage) qui était partie prenante du mini-scandale du mois de septembre. Non, non, cette fois Zona a bien joué suite au choix du coach et de lui seul. Jouant la corde du « Venge-toi de ton ancien club », Yannick Ferrera avait choisi de titulariser celui qu’on se demandait s’il était encore au club. Et après 3 minutes, qui-qui-c’est qui ouvrait la marque sur ce qui s’avérera être le seul et unique but de la rencontre ?

D’ailleurs, dans le genre « Je flingue mon ancien club », Zona n’était pas seul ces dernières semaines. Le beau Jelle Vossen a fait de même avec Bruges contre Genk. Il faut dire que pour l’instant, n’importe qui un temps soit peu adroit inscrirait un but contre Genk qui prend le bouillon. Un but pour un succès court mais important pour le joueur et son club. Bruges se relance de plus belle et semble avoir mis derrière lui sa difficile période d’octobre où MPH se demandait ce qui était en train de tomber sur la tête de ses Brugeois (c’était notamment le foutre de Sven Kums). Un but important donc que Jelle, grand seigneur, n’a pas voulu fêter par respect pour ses anciens supporters. Une mode complètement stupide en passant ! Bon, que Leo Messi finissent sa carrière par une dernière pige au Real et qu’il ne manifeste pas trop de bonheur en ouvrant le score contre le Barça, ça se comprendrait… Mais quand un joueur a fait deux ou trois clubs depuis lors, ça frise le ridicule. D’ici quelques saisons, il y a un paquet de tauliers de la Jup’ League qui ne fêteront plus beaucoup de buts à ce rythme-là ! Sauf Zona. Car lui, il a bien fêté son but et n’a pas manqué d’embrasser un supporter pendant le match lors d’un corner…

COUCOU QUI RE-VOILÀ !

Mais Zona n’est pas le seul à revenir (enfin, il était déjà revenu depuis un moment mais s’était montré assez discret). Surtout pas à Sclessin ou les supporters ont eu « la chance » de voir revenir un « monument » du club : passé par la case pognon à Samara, Regi Goreux a donc décidé de refaire un tour de monopoly en redémarrant par la case Standard. Joueur emblématique de par son abattage sur un terrain, il n’est pas le fils préféré des pères rouches. Ce serait plutôt Witsel, Fellaini, voire Van Damme ou celui qu’ils aiment désormais tant détester, Steven. Mais vu que tous les autres sont casés et bien casés pour le moment, Sclessin s’est rabattu sur capi Regi. Un chouette retour tout de même d’un gars sympathique qui n’était finalement parti que poussé vers la sortie par l’ex-homme fort Roland Duchâtelet.

Tiens, au fait, après s’être fait de nombreux ennemis à Liège, Duduche semble s’être attiré les foudres de plusieurs Londoniens. Mon message à Charlton : N’ayez pas peur, dès que les caisses seront vides le vautour ira voir ailleurs.

Dans un tout autre registre, la nouvelle du mois, c’est « LUI » ! « IL » est de retour ! Qui ça ? Long Couteau pardis ! George Leekens himself. Monsieur « 90% ».

Bob Peeters a donc sauté du train à Lokeren (n’ayez crainte, le train n’allait pas très vite) et sieur Georges est monté dedans ! En voilà un, tiens, si la mode des buteurs-ne-fetant-pas-leur-but-contre-un-ancien-club se propageait aux coaches qui ne fêterait plus rien du tout ! Enfin, ce n’est pas non plus son premier passage par Daknam. Mais il est vrai qu’après son renvoi de Bruges pour qui il avait quitté les Diables Rouges, on ne s’attendait franchement plus à le revoir un jour traîner dans les couloirs de la Jupiler League. Ou d’un stade belge en général. En reprenant Lokeren, qui se débat dans le fond de la ligue avec Westerlo et Mouscron, notamment, Leekens va donc s’atteler à un nouveau genre de travail : le sauvetage. Oh, il l’a déjà fait par le passé mais son ego démesuré avait fait de lui un coach-pour-la-gagne, le genre de type qui ne signe que là où il y a moyen de se couvrir de gloire (comprenez : « d’aller amasser du pognon »). Avec Matthijsen à Louvain, c’est désormais un deuxième coach-comique qui va nous animer les weekends footeux cet hiver. Et peut-être même après ! Mais pour cela, il faudra qu’aucun club un tant soit peu plus huppé que Lokeren ou qu’aucune sélection nationale africaine, asiatique ou océanienne ne vienne débaucher le bonhomme…

Pour le reste, il n’y a pas eu grand chose à se mettre sous la dent. Sauf en Europe où les Mauves ont battu Tottenham, « l’une des meilleures équipes européennes » selon les joueurs de la classe-biberon de « coach » Besnik. Même certains collègues-journalistes se sont fait prendre au jeu en affirmant, quelques jours après la victoire contre les Hotspurs et quelques heures après la défaite à Sclessin que « la ligue des champions avait fatigué Anderlecht ». Sauf que ni Anderlecht, ni Tottenham ne joue la ligue des champions cette année. C’est qu’il y a donc beaucoup de « meilleures équipes européennes » à ce compte-là. Mais ne boudons pas notre plaisir : le RSCA est de retour sur la scène européenne, là où il avait brillé (à défaut de gagner) l’an dernier. Tout comme Bruges. Sauf que pour les Blauw-en-Zwart, cela prendra plus de temps. Car les Brugeois n’ont plus leur sort en main.

Et puis il ne serait pas juste de ne pas toucher un petit mot de l’avant ex-international-à-nouveau-international italien Stefano Okaka. Autant il nous était apparu balourd et peu inspiré en début de saison, autant le gaillard s’est vite adapté au championnat belge où il s’impose déjà comme l’un des meilleurs. « Logique, il est international italien » me direz-vous. Oui, mais on a plein d’internationaux en Belgique ! Le champion d’automne en compte au moins 5, trois Gantois sont désormais Diables et d’autres internationaux fleurissent de temps à autre du côté de Genk (bon, ok un Jamaïcain, mais un bon) ou de Malines (bon, ok, un Serbe mais un bon). Et encore ailleurs. Ce n’est pas par hasard que la Belgique est nation numéro une du football mondial…

(ce petit sentiment de supériorité mal-placée teintée d’imposture et de chauvinisme risque de ne pas durer, donc, profitons-en)

C’EST L’UNION QUI SOURIT

Enfin, elle ne fait pas encore partie de la Jupiler League, mais au rythme où elle avance, l’Union-Saint-Gilloise en sera bien vite à nouveau membre ! Car en D2, la bataille fait rage pour l’accession à l’élite ! Rappelez-vous : seul le champion montera en D1 cette année puisque pas de tour final, ni de PO3 ou d’autres sortilèges du genre. Et surtout, les équipes classées 9 à 17 descendront en Division 1 amateur, soit le futur troisième échelon du foot belge. Du coup, c’est la bagarre en D2 où tout le monde essaye de se frayer un chemin vers… le top-8 ! Et l’Union, club emblématique s’il en est, voulant tout faire pour intégrer le bon wagon et se sauver est en train de le faire un peu trop bien même ! Résultat : à la mi-saison, les Saint-Gillois ne sont qu’à une longueur de la pôle ! Incroyable. C’est Madame Chapeau qui doit sourire d’où elle est aujourd’hui. Et même si le Daring n’est plus là pour raviver la flamme brusseleer des strotjes (« ruelles » en patois bruxellois), le club connaît au-delà du renouveau sportif un vif engouement populaire auprès d’une nouvelle génération de jeunes bruxellois. Bon, ce n’est pas encore la vibe de Sclessin ou même de l’Antwerp, mais c’est un beau (nouveau) départ pour le club cher à Jean Narcy ! Et bientôt le retour du Parc Duden en D1 avec ses hôtesses de chic et de charme ?

Union
Ça donne envie d’aller voir l’Union, hein ? Dites… ?

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