lun. Juin 17th, 2019

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Mais on le dit quand même

Grèce – Episode 4 : Sortie de route

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Le mois de novembre a vu l’Olympiakos poursuivre son sans faute. Emmené par un Kostas Fortounis qui ne finit pas d’impressionner, Le Pirée s’est imposé durement à la première place du championnat, avec huit points d’avance sur son dauphin, le Panathinaïkos. L’affrontement entre ses deux formations, pour l’un des derbys les plus électriques d’Europe, n’a pas eu lieu, du fait d’incidents regrettables dont le Stade Nikolaïdis fût le théâtre.

Les autres poursuivants se tiennent dans un mouchoir de poche. Si l’Asteras Tripolis aligne quatre victoires consécutives, lui permettant de grimper au troisième rang, le Panionios perd des points face à des équipes du milieu de tableau. Xanthi, en difficulté à la fin du mois d’octobre, est remonté en première partie de tableau alors que l’Atromitos affiche la statistique de cinq défaites de suite.

On continue ?

Supporters du Panathinaïkos affrontant la police anti-émeute après le report du match face à l'Olympiakos. Crédits : Panagiotis Moschandreoy
Supporters du Panathinaïkos affrontant la police anti-émeute après le report du match face à l’Olympiakos. Crédits : Panagiotis Moschandreoy

C’est cette phrase que j’ai prononcé devant mon écran d’ordinateur, samedi soir, en voyant ces articles qui s’accumulaient sur les violences du côté d’Athènes.
Le football grec a beaucoup de mal à acquérir une visibilité médiatique en France ou même du côté de l’Europe occidentale. Les performances des clubs hellènes en Coupe d’Europe et le choc « Olymp/Pana » constituent ses meilleurs arguments.

Dans l’après-midi, des affrontements éclatent entre les forces de l’ordre et certains supporters du « Pana ». Dans l’enceinte, l’ambiance électrique perdure et franchit un point de non-retour lorsqu’un fumigène atterrit sur l’international Islandais et attaquant du Pirée, Alfreð Finnbogason, en train de reconnaître la pelouse avec ces coéquipiers. Les tenants du titre décident de rentrer aux vestiaires, ne se sentant pas en sécurité.

Le champ de bataille de la rue va se déplacer sur le gazon (maudit) d’Apostolos Nikolaïdis au moment où le report du match est annoncé. Un envahissement de terrain s’ensuit avec un nouveau duel sans merci entres les forces spéciales et les supporters sans oublier l’image terrible d’un chaos mêlé de rouge et de vert où le bruit des boucliers s’entrechoque avec celui des pétards. Un policier, assommé par une chaise dans l’enceinte du stade, est conduit à l’hôpital puis hospitalisé.

« La violence est un mal récurrent dans le football grec » comme le résume un article de l’AFP, rappelant le vote d’une loi, en mars 2015, indiquant que le report d’un match ou de tout événement sportif peut être prononcé en cas de débordements ou d’incidents majeurs. On aurait des difficultés à contester la décision de l’arbitre du match, Andreas Pappas, vu le véritable enfer qu’il a dû traverser samedi dernier. Ne jetons pas la pierre aux « gros » du championnat car ces phénomènes sont également présents dans d’autres stades de première et deuxième division, mais dans une moindre mesure.

Dans chaque pays, les rivalités historiques ainsi que les derbys déchaînent les foules et provoquent, quelques fois, des réactions violentes et/ou disproportionnées. Les événements de samedi dernier obligent, une nouvelle fois, la fédération Grecque ainsi que les clubs concernés de se remettre profondément en question. On se souvient de la réunion des présidents des équipes professionnelles, qui s’était terminée dans une cacophonie aquatique où les verres d’eau volaient tout comme les noms d’oiseaux. Chori Dominguez garde un souvenir ému de ce match contre le PAOK, en février 2015, où un pétard explose à côté de lui alors qu’il tente de tirer un corner. Quelle est la prochaine étape ? Revivre une nouvelle catastrophe du Karaïskaki où vingt-et-un supporters de l’Olympiakos trouvèrent la mort dans un mouvement de foule en 1981 ? Ou mieux, un mort sur la pelouse ? Du sang sur un ballon crevé par la haine ? Laissons notre colère au vestiaire et concentrons-nous sur du vrai football.

Au-dessus de tout

Scènes de joie lors de la dixième victoire en dix matchs pour l'Olympiakos, face à l'Iraklis. Crédits : gazzetta.gr
Scène de joie lors de la dixième victoire en dix matchs de l’Olympiakos cette saison, face à l’Iraklis. Crédits : gazzetta.gr

L’Olympiakos est en train de faire une première moitié de saison parfaite. Même si les joueurs de Marco Silva ont affronté des petits gabarits, ils n’ont pas tremblé face à ces véritables pièges. Pourtant tenu en échec sur la pelouse de l’Atromitos à la fin du mois d’octobre, Botia débloque la situation à deux reprises grâce à deux têtes sur un corner puis un coup franc. Le but de Milos Stojcev ne change rien et Le Pirée l’emporte 2-1. Contre Veria, un centre d’Hernani est dégagé par le gardien Jonathan Lopez mais le ballon est contré par Ideye. Le cuir rebondit sur la main du nigérian avant de franchir la ligne blanche. Un but improbable et controversé qui permet à l’Olympiakos de prendre l’avantage avant que Jimmy Durmaz, quelques secondes après son entrée en jeu, marque un sublime coup franc, bien aidé par le poteau gauche. Une victoire 2-0 qui est imitée contre l’Iraklis Salonique, notamment grâce à Milivojevic, Ideye et aux gants glissants du brésilien Huanderson.

L’écart entre Athènes et son port commence à être important. Le Panathinaïkos fait une entrée en matière catastrophique sur la pelouse du PAOK Salonique à l’image de son défenseur Státhis Tavlarídis. L’ancien lillois provoque une faute dans la surface sur Garry Rodrigues, permettant à Dimitar Berbatov de marquer sur pénalty. Dans la continuité, un tir de Rodrigues est repoussé par Luke Steele mais Tavlaridis trop laxiste sur le rebond, se fait doubler par le cap-verdien qui pousse le ballon dans les filets. Avant la mi-temps, un corner de Dimitris Pelkas trouve la tête de Miguel Vitor qui devance la sortie du gardien anglais et offre le 3-0 à son équipe avant la m-temps. Le « Pana » réduit la marque grâce à un pénalty de Nikos Karelis suite à une faute de Marin Leovac sur Nikos Marinakis qui en rajoute dans sa chute. Une défaite 3-1 qui jette un nouveau coup de froid sur l’escouade de Yannis Anastasiou. Déjà sur la sellette, l’ancien joueur de l’Ajax ne parvient pas à sauver sa place la semaine suivante.

Dans un match très rythmé face à l’AEK Athènes, marqué par deux équipes montrant l’ensemble de leurs arsenaux offensifs, Marcus Berg trouve la barre d’Alain Baroja tandis que la tentative de Rodrigo Galo ne va pas plus loin que la main ferme de Steele. Les Verts domine légèrement la rencontre mais ne parviennent pas à marquer, concédant le match nul 0-0 sur leur pelouse. Anastasiou et les Trèfles se séparent d’un commun accord, le lendemain de cette désillusion. Dans l’attente d’un successeur, Steve Rutter prend l’intérim et s’en va décrocher une victoire 2-1 sur le terrain de l’Atromitos, qui avait pourtant ouvert le score en début de deuxième mi-temps. Finalement, c’est Andrea Stramaccioni, ancien entraîneur de l’Inter Milan, qui est nommé pour occuper cette fonction. Parviendra-t-il à renverser la situation et à remettre cette équipe dans la course au titre ?

Revoilà l’Asteras !

Apostolos Giannou, lors d'un match de l'Europa League, face à Schalke 04, le 1er octobre 2015. Source : Getty Images
Apostolos Giannou, lors d’un match de l’Europa League, face à Schalke 04, le 1er octobre 2015. Source : Getty Images

On les pensait condamnés à jouer dans le ventre mou de cet exercice 2015-2016 après ce début de parcours très moyen. Mais Apostolos Giannou nous fait mentir en marquant un doublé sur la pelouse du PAS Giannina (2-1) tout en contribuant également au succès 2-1 face au PAOK. Dans ses deux matchs, l’Asteras Tripolis s’est retrouvé mené avant de s’adjuger les trois points de la gagne. Mieux, ils font un véritable hold-up contre l’AEK Athènes, handicapé par l’expulsion de Ronald Vargas, coupable d’un geste de rage sur Manu Lanzarote. Juste avant le temps additionnel, Taxiarchis Fountas s’engouffre dans la défense et décoche une frappe, repoussée par Baroja mais reprise par le vétéran Dimitris Papadopoulos qui se jette pour marquer (1-0). L’argentin Nicolas Fernandez donne également la victoire en fin de match face à l’Atromitos, une semaine plus tard (1-0). Tripolis s’invite sur la troisième marche du podium.

Gus Poyet a repris le flambeau de l’AEK Athènes, laissé libre par Traianos Dellas. Stelios Manolas, qui assure l’intérim avant l’arrivée de l’ancien international uruguayen, est à la tête de cette équipe jaune et noir qui s’impose facilement 5-1 contre l’Iraklis Salonique, complètement dépassé. Poyet espérait peut être la même magie face au Panathinaïkos mais ses joueurs ne prennent pas le match à leur compte (0-0). Pire, la défaite contre Tripolis replonge l’AEK dans ses questionnements suites au départ de Dellas. Il faut une victoire 2-1 chez la lanterne rouge, Panthrakikos, pour leur redonner le sourire. Rafik Djebbour en profite pour faire son retour, jouant les dernières minutes du match. L’aigle noir à deux têtes prend la quatrième place mais peut nourrir des regrets.

Le Panionios également. Légère surprise parmi les poursuivants de l’Olympiakos, l’un des autre club de la capitale se fait avoir dans les arrêts de jeu, contre le Veria FC, avec un Thomas Nazlidis qui trompe Nikos Papadopoulos (1-0). Cependant, les hommes de Marinos Ouzounidis récupèrent des points contre le Levadiakos (2-0), avec une superbe frappe d’Omar Boumale, et face au Platanias FC (2-1). Peut être trop confiant, ils se cassent les dents 2-0 contre une équipe du Skoda Xanthi sur le retour, se stabilisant au cinquième rang.

Xanthi et Platanias respirent

Justement, grâce à un mois de novembre correct, Xanthi se fixe à la septième place au bout de dix journées. Après un match nul 0-0 contre le Panthrakikos, qui n’arrange personne, le Skoda s’impose 3-1 face au Panaitolikos dans ce choc du milieu de tableau. Malgré l’ouverture du score de Marko Markovski pour les visiteurs, Nikolaï Dimitrov égalise sur coup franc avant qu’Emmanouil Papasterianos envoie un boulet de canon de trente-cinq mètres dans la lucarne de Dimitris Kyriakidis. Nicolae Herea parachève ce succès sur pénalty. La victoire tend les bras à Karim Soltani, auteur du premier but du match sur le terrain de Kalloni, mais une main de Manolis Bertos en fin de partie provoque un coup de pied de réparation, inscrit par Georgios Manousos (2-2). La déception et la frustration vont se traduire en une énergie positive pour une victoire contre le Panionios (2-0).

Le Platanias FC de Giorgios Giakoumakis a également montré un autre visage. Galvanisé par la victoire 4-0 contre Panthrakikos, il enchaîne avec deux victoires sur un score de 2-1, contre le Panaitolikos et Kalloni. La défaite 2-1 contre le Panionios est digérée rapidement par une nouvelle victoire, toujours sur un score de 2-1, face au Levadiakos , faisant remonter le club au huitième rang.

Le Veria FC, vainqueur du Panionios lors de la huitième journée (1-0), ne parvient pas à profiter de ce regain de confiance lors des matchs suivants. S’inclinant face à l’Olympiakos (0-2), Veria ouvre le score face au Levadiakos grâce à une frappe de Giorgi Merebashvili qui profite d’un ballon mal négocié par la défense adverse. Sur un corner, à dix minutes du terme, le numéro 9 Evangelos Mantzios place sa tête mais le ballon s’écrase sur la barre avant de toucher le numéro 9 adverse, Thomas Nazlidis, qui marque contre son camp (1-1). Le Veria FC se contente ensuite d’un nouveau match nul face à l’Iraklis Salonique 0-0.

Dans le bas de la Superleague, l’Atromitos d’Anthony Le Tallec est en chute libre, malmené par un calendrier difficile, avec les réceptions de l’Olympiakos (1-2) et du Panathinaïkos (1-2). Après une défaite contre l’Iraklis, Michalis Grigoriou est poussé vers la sortie par sa direction et remplacé par Traianos Dellas, retrouvant un banc quelques jours après son départ de l’AEK. Pour son deuxième match avec ce nouvel effectif, Dellas se frotte à l’Asteras Tripolis et malgré une bonne résistance de son effectif, Fernandez met fin aux espoirs des athéniens en fin de match (0-1).

Dans le wagon pour la Football League, Kalloni et le Panthrakikos n’arrivent pas à sortir de ce marasme rouge. Cette dernière équipe, composée des français Sofyane Cherfa et Nicolas Diguiny, est toujours à la recherche de sa première victoire. Y arrivera-t-elle le mois prochain ?

Stefano Napoleoni et l'Atromitos Athènes (en blanc) ne sont pas parvenus à trouver les filets de l'Asteras Tripolis (0-1). Source : Site officiel de l'Atromitos.
Stefano Napoleoni et l’Atromitos Athènes (en blanc) ne sont pas parvenus à trouver les filets de l’Asteras Tripolis (0-1). Source : Site officiel de l’Atromitos.

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