mar. Oct 15th, 2019

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KNVB Beker : une coupe de Néerlandais

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Ils ouvrent le score. Leur partie du stade exulte, ça raisonne terriblement car on est au Kuip. Des fumigènes arrêtent le match et lorsqu’il reprend, les menés jouent comme sans adversaires. Ils égalisent, et en marquent encore quatre. Les fans pleurent de joie, qui l’aurait cru ? PEC remporte la finale de la KNVB-Beker 5 à 1 face à l’Ajax, pour la première fois. Ça, c’était l’édition 2014 de la Coupe des Pays-Bas et ce dimanche PEC défendra son titre face à Groningen. Un match qui n’attire pas l’œil des néophytes qui cantonnent souvent le football néerlandais à son top 3, et pourtant. Voici les bonnes raisons de suivre cette finale dimanche à 18h00.

La KNVB Beker, qui devient la Coupe de la KNVB si on aime traduire comme Google Translate, est l’équivalent néerlandais de notre Coupe de France. L’équivalent, oui. Car dans cette coupe aussi les petites équipes connaissent leur heure de gloire. Tous les ans des équipes amateurs arrivent à se hisser plus ou moins loin dans la compétition mais bien loin de nos terres latines, elles se font souvent exploser en cours de route. Enfin, ça serait un peu réducteur de dire ça. Si l’Ajax a réussi à écraser cette année des amateurs 9-0, Deltasport a réussi à éliminer Willem II. Comme quoi, les coupes livrent toujours leur petite surprise, un peu comme la finale de l’année dernière.

FC Groningen, le solide nordique

En 1989, Groningen se hisse en finale de la coupe. Ils avaient éliminé l’Ajax 3-0 mais s’inclineront 4-1 face au PSV. La finale se jouait dans un Kuip presque vide, garni d’à peine 10 000 personnes. Une époque où le football néerlandais attirait un peu moins les foules et où la coupe ne connaissait pas la même « hype » selon Hennie Meijer, le buteur de Groningen dans cette finale perdue de la fin des années 80. Mais depuis la coupe regagne en popularité et a retrouvé ses lettres de noblesses. Vous ne connaissez sans doute le FC Groningen qu’à travers des fiches de joueurs sur Wikipédia, car Robben et Luis Suarez ont été révélé dans ce club. Groningen est un peu le gros outsider du football néerlandais des années 2000 : une équipe solide, qui bouscule les gros. Étrangement, ils n’ont jamais réussi à gagner quelque chose, n’ont jamais vraiment brillé en Europe, mais ils se sont développés. Un nouveau stade et une bonne stabilité, la « Fierté du Nord » est une équipe moyenne aux Pays-Bas mais qui peut venir vous embêter comme lorsqu’ils battent Feyenoord 6-0 en 2011. Et cette année là, Feyenoord n’était déjà plus l’équipe qui s’en prenait dix à Eindhoven. Comme quoi.

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Groningen aura à cœur de ne pas rééditer la déroute de 1989 (Source ANP Archief)

Si votre cœur bascule pour ce club au maillot blanc flanqué de deux bandes vertes, le club de la famille Koeman, ce club qui aime jouer dur, mais qui aime aussi le beau jeu, vous devriez surveiller plusieurs joueurs dimanche. De Leeuw pour commencer, qui est l’un des piliers de cette équipe. Arrivé des Superboeren de De Graafschaap en 2012, il ne lui faut plus qu’un but pour être le meilleur buteur du tournoi cette saison. Pensez à regarder Chery, le joueur qui vient de l’ADO. Un milieu de terrain talentueux qui recommence à marquer après une petite période de sécheresse. Ce week-end il a marqué un coup-franc de 30 mètres face à Feyenoord. A eux deux, ils représentent 28 buts pour Groningen en Eredivisie, 14 chacun. Il y a aussi Antonia, un ailier supporter de l’Ajax qui a fait les beaux jours de Go Ahead avant de venir dans le Nord cet été, ou encore Rusnak. Rusnak a commencé sa saison en prêt à Cambuur où il jouait aux côtés d’Ogbeche, là-bas, il a attiré l’attention, surtout celle de Groningen, qui lui a fait signé un contrat alors qu’il n’était qu’en prêt depuis Manchester City.

PEC Zwolle, un changement de nom pour un renom

En face, les tenants du titre, le PEC Zwolle. Montés en Eredivisie pour la saison 2012-2013, l’équipe avait changé de nom avant de commencer la saison comme pour éviter le sort qu’ils avaient connu lors de leurs derniers séjours dans le plus haut échelon du football néerlandais. Pari réussi puisque pour la troisième saison consécutive « Olle », comme les surnomme leurs rivaux de Go Ahead, s’impose comme une solide équipe du milieu de tableau, un peu comme Groningen. La saison dernière, ils ont réussi à littéralement exploser l’Ajax en finale pour obtenir le premier titre de leur histoire. 4 mois après, ils rebattaient l’Ajax pour s’adjuger la Super Coupe. PEC, c’est une équipe un peu plus mystérieuse que Groningen. Alors que Groningen a déjà titillé des grands d’Europe dans les années 80, PEC est plus une équipe habituée aux strates inférieurs du football néerlandais bien qu’ils avaient réussi à atteindre la finale de la coupe en 1977, précurseur de leur petit tour en Eredivisie dans les années 80. Changement de stade il y a quelques années en 2009, et une sorte de remise à plat des objectifs, le club a un atout fort : son entraîneur Ron Jans. Les supporters sont très attachés à ce personnage et à son travail accompli depuis 2013. D’ailleurs, Ron Jans, Groningen le connaît bien. C’était lui l’entraîneur de 2002 à 2010.

La tradition veut que les vainqueurs revêtent un peignoir (Source Voetbalzone.nl)
La tradition veut que les vainqueurs revêtent un peignoir (Source Voetbalzone.nl)

Si vous voulez que les Blauwvingers gagnent les doigts dans le nez (sic), que vous êtes sous le charme des petits discrets de l’Overijssel, qui font leur petit bonhomme de chemin sans broncher et où le beau jeu signifie embêter les gros, pensez à regarder quelques joueurs. Pour commencer, Warner Hahn, le gardien qui a remplacé Boer, le gardien à neuf doigts de la saison dernière. Prêté par Feyenoord, on lui prédit un bon avenir. Devant en défense et sur le côté droit, il y a Van Polen. Le capitaine de l’équipe est un joueur qui pèse sur le jeu, souvent présent sur les phases offensives, il est un des maillons forts de l’équipe. Juste devant au milieu, c’est Saymak dont on entend souvent parler. Le natif de la ville abritant les rivaux de PEC a pour habitude de distiller les ballons pour les deux attaquants du PEC, tous les deux très talentueux et surtout très efficaces : le tchèque Tomas Necid et Stef Nijland. Ce dernier est le meilleur buteur du club avec 11 réalisations cette année quant à Tomas Necid c’est 8 buts et une deuxième partie de saison un peu moins prolifique et bonne que la première. Mais ça serait vite oublier les nombreux autres joueurs qui peuplent l’effectif (Rienstra, Thomas, Sainsbury…), PEC est un véritable collectif.

Quoi qu’il arrive, rappelez vous qu’aux Pays-Bas, le football rime avec jeu vers l’avant. D’autant plus qu’avec deux équipes extrêmement motivées, des joueurs talentueux des deux côtés et comme décor De Kuip, un stade où l’acoustique permettra aux supporters des deux camps de pousser leurs joueurs comme il se doit, le spectacle sera au rendez-vous et l’ambiance électrique. Et des vainqueurs en peignoir, ça ne se voit pas partout.

1. Ce surnom de PEC signifie « les doigts bleus. »

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