mar. Sep 17th, 2019

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Mais on le dit quand même

Foot Suisse : la rétrospective de l’année 2018 en 10 étapes

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La fin de l’année 2018 approche. En Suisse comme en Russie, Croatie ou Angleterre, ce fut une année riche en émotions pour notre football national. L’équipe HoppSuisse se propose de vous concocter une petite rétrospective en 10 dates afin de vous aider à vous remémorer les moments forts de 2018.

1. Le 7 mars, Bâle s’impose sur la pelouse de Manchester City

Alors à la traîne sur la scène nationale (retard croissant sur YB en championnat et élimination en quart de finale de Coupe, également face aux Bernois), largement défaits par les Citizens au match aller au Parc Saint-Jacques (4-0), les Bâlois se déplacent à l’Etihad Stadium en huitièmes de finale de la Ligue des Champions avec un moral au plus bas et un objectif : ne pas vivre une nouvelle lourde déconvenue.

Devant 50’000 spectateurs, les Rotblau viendront à bout 2-1 d’une formation mancunienne remaniée mais toujours redoutable sur le papier. Le Norvégien Elyounoussi et l’international suisse Lang ont répondu à l’ouverture du score de Jesus. Victoire de prestige, certes inutile, mais qui permet au  FC Bâle, et à travers lui tout le championnat de Suisse, de sortir la tête haute des compétitions européennes.

Lang célèbre son but victorieux (Paul Ellis/AFP)

2. Le 23 avril, Neuchâtel Xamax est promu en Super League

Au terme d’un match bien terne (0-0 à Genève face au rival servettien), les supporters xamaxiens avaient pourtant de quoi faire la fête. En effet, depuis la veille et la défaite de leur poursuivant le plus proche, le FC Schaffhouse, Neuchâtel Xamax ne peut être rattrapé et sera donc promu en Super League à la fin de la saison. Une consécration pour un club qui, 6 ans auparavant, du quitter l’élite du football helvétique par la petite porte suite à une faillite liée à une gestion catastrophique par le président d’alors, le honni Bulat Chagaev.

Repartis depuis la 5e division sous une nouvelle entité, les Rouge et Noir enchaînent trois promotions pour arriver en Challenge League en 2015. Ils devront patienter 3 saisons dans l’antichambre de la Super League (terminant 2e à deux reprises, derrière le Lausanne-Sport en 2016 et le FC Zürich en 2017) avant d’enfin toucher au but en cette année 2018. Mais l’attente, pas si longue que ça au final étant donné l’état dans lequel avait été laissé le club en 2012, en valait la peine : Neuchâtel Xamax, club historique du football suisse, a désormais regagné sa place.

Les Xamaxiens fêtent la promotion après leur match à Genève (Alain Grosclaude/Keystone)

3. Le 28 avril, Young Boys est champion suisse

Dans un Stade de Suisse plein à craquer, on joue la 89e minute. Le score est alors de 1 partout entre Young Boys, leader incontesté et incontestable de Super League, et Lucerne. Le capitaine bernois Steve von Bergen relance sur la gauche pour Benito qui transmet le ballon à la Sulejmani. L’ailier tente une percée, parvient à centrer sur la tête d’Hoarau qui remet le ballon à l’orée des 6 mètres pour Jean-Pierre Nsamé. L’attaquant camerounais, entré en jeu moins d’un quart-d’heure plus tôt, ne se fait pas prier et envoie le ballon au fond du but : ça fait 2-1 pour YB. Le Stade de Suisse explose. Le score reste inchangé et l’arbitre siffle le coup de sifflet final. Le Stade de Suisse explose encore un peu plus.

Un but victorieux en fin de match est toujours fort en émotion pour l’équipe remportant la partie, mais celui-là a une saveur bien particulière pour le club de la capitale : avec cette victoire, Young Boys prend 16 points d’avance sur son dauphin bâlois alors que ces derniers n’ont plus que 5 matchs à jouer. Le calcul est rapide et signifie que les Bernois ne peuvent plus être rattrapés : ils sont par conséquent assurer d’obtenir le titre de champion suisse. Le premier en 32 ans pour ce club qui avait perdu l’habitude de remporter le moindre trophée. Enfin, YB et ses supporters ont pu atteindre le sommet.

Célébrations à Berne (Peter Schneider/Keystone)

4. Le 3 juillet, la Suisse est éliminée en 8e de finale de la Coupe du Monde

Les Suisses avaient placé beaucoup d’espoirs dans l’équipe nationale avant le début de la Coupe du Monde. Forte de déclarations chocs, de phrases de conquérants, de tirades de vainqueurs, la Nati semblait être bien décidée à passer un cap en Russie à l’été 2018. Avec une campagne de qualification presque parfaite (une seule défaite face au Portugal, l’ayant forcée à surmonter un barrage difficile face à la valeureuse Irlande du Nord) et une phase de préparation encourageante, les bases étaient solides avant le Mondial. La phase de groupe confirme la donne : un bon match nul face à un Brésil archi-favori (1-1, but de Zuber), une victoire au forceps face à une très bonne équipe de Serbie (2-1, buts de Xhaka et Shaqiri) et un match nul plutôt bien géré par les hommes de Petkovic face à un Costa Rica déjà éliminé (2-2, buts de Dzemaili et Drmic).

Cependant, tout ceci s’est effondré, comme bien souvent dans le passé, en huitièmes de finale. Aux prises avec la Suède, un adversaire largement à sa portée, la Suisse passera totalement à côté de son match. Emil Forsberg marquera le seul but de la rencontre à la 66e minute. La Suisse est vaincue et voit son adversaire du jour passer en quart de finale. Déception immense sur le terrain, suivie par des polémiques extra-sportives et des problèmes de communication de la part de l’ASF. Un été peu glorieux pour la Nati, qui au lieu de faire le pas en avant tant espéré, a continué de faire du sur-place.

Déception sur les visages suisses (Laurent Gillieron/Keystone)

5. Le 28 août, Young Boys se qualifie pour la phase de groupe de la Ligue des Champions

Avec sa première place en championnat, YB a gagné le droit de disputer les barrages de la Ligue des Champions afin de gagner sa place dans la phase de groupe de la plus importante compétition interclub européenne. Le tirage au sort lui réservera le Dinamo Zagreb, gagnant à 9 reprises du championnat croate sur la dernière décennie et grand habitué des tours qualificatifs de la C1. Un adversaire bien coriace, dont les Bernois ne parvinrent à se défaire à la maison (1-1, but de Mbabu).

Au match retour, au  Stade Maksimir de Zagreb, la partie ne commence pas fort pour les Jaune et Noir. Menés 1-0 dès la 7e minute, les champions suisses semblent voir s’envoler leur objectif d’accéder pour la première fois de leur histoire aux poules de la Ligue des Champions. C’était sans compter sans leur homme providentiel, l’ex-joueur du PSG et ancien international français Guillaume Hoarau, qui inscrira un doublé en deux minutes peu après l’heure de jeu. Le résultat restera inchangé et YB s’imposera 2-1 (3-2 au cumulé avec le match aller). Young Boys participera pour la première fois de son histoire à la phase de groupe de la Ligue des Champions.

Les joueurs d’YB heureux de participer à leur première LDC (Thomas Hodel/ybforever.ch)

6. Le 8 septembre, la Suisse gagne 6-0 face à l’Islande

Pour son entrée en lice dans la nouvellement créée Ligue des Nations, la Suisse affronte l’Islande au kybunpark de Saint-Gall. Il s’agit là du premier match de la Nati depuis sa décevante élimination de la Coupe du Monde et les différentes polémiques ayant émaillé l’ASF. C’est aussi le premier match de la Nati next-gen : place à un rajeunissement de l’équipe et à une philosophie favorisant la sélection de joueurs réalisants de bonnes performances en club. Les jeunes Mbabu et Sow (YB) ainsi qu’Ajeti (Bâle) sont récompensés de leurs bonnes performances en Super League tandis que les tauliers Gelson Fernandes et Valon Behrami (retraite internationale) ainsi que Blerim Dzemaili (non-convocation) manqueront à l’appel.

Sur le terrain, ces changements sont payants : Mbabu, titularisé en latéral droit à la place de l’ancien Lichtsteiner, se montre très convaincant. Akanji et Schär forment la paire en défense centrale, destinée à durer. Ajeti et Sow font de belles entrées en jeu. La Suisse surclasse l’Islande en emportant la partie 6-0 (buts de Zuber, Zakaria, Shaqiri, Seferovic, Ajeti et Mehmedi). La transition avec la Nati sous Petkovic s’est faite “à la Suisse” : tout en douceur. Mais le principal est qu’elle est en marche, et présage de signaux très positifs pour le futur.

La Nati et ses fans ont toute les raisons de célébrer (Peter Schneider/Keystone)

7. Le 25 octobre, le FC Zürich s’impose contre Leverkusen

Vainqueur de la Coupe de Suisse en 2018, le  FC Zürich a directement été qualifié pour la phase de groupe de la Ligue Europa. Versé dans un groupe assez relevé avec Leverkusen, Ludogorets Razgrad et l’AEK Larnaca. Avec 2 victoires en 2 matchs face à Razgrad et Larnaca, Zürich se retrouve à batailler pour la tête du groupe avec Leverkusen, cador de la Bundesliga allemande, qui a lui aussi remporté ses 2 premières rencontres.

C’est donc au Letzigrund que se déroule ce choc au sommet. Zürich se montre dominateur en première mi-temps et parvient à ouvrir la marque à la 44e minute par Marchesano. Mais après la pause, c’est la douche froide pour les hommes de Ludovic Magnin : Leverkusen frappe 2 fois entre la 50e et la 53e et mène désormais 2-1. Les Zürichois ont cependant su trouver la force pour tout d’abord revenir au score (superbe frappe de Domgjoni, 2-2 à la 58e) puis pour reprendre l’avantage (Odey, 3-2 à la 79e). Le score restera inchangé, Zürich remporte sa 3e victoire en autant de matchs européens et prend seul la tête du groupe. Pour montrer la valeur de l’exploit, cette anecdote : jamais le FCZ n’avait battu un club allemand en match officiel. Un succès important des Zürichois qui leur permet de rêver de poursuivre l’aventure européenne au printemps 2019.

Les Zürichois fêtant leur premier but (Patrick Kraemer/Keystone)

8. Le 18 novembre, la Suisse se qualifie pour le Final Four de la Ligue des Nations

Défaite 2-1 à l’aller à Bruxelles, avec 6 points contre 9 pour son adversaire du soir, la Suisse doit à tout prix gagner ce match à Lucerne si elle entend poursuivre son aventure en Ligue des Nations. Les mathématiques sont simples pour la Nati : un 1-0 ou un 2-1 suffiraient, mais si la Belgique marque 2 fois, la Suisse doit gagner par au moins 2 buts d’écart. L’espoir est de mise car la Nati a montré de belles choses dans cette compétition, cependant l’enthousiasme fut refroidi suite à une humiliante défaite quelques jours plus tôt en amical face au modeste Qatar.

Pour résumer ce match en musique, il faut démarrer avec Highway to Hell : après 20 minutes de jeu, la Belgique mène 2-0. On peut analyser cette situation dans tous les sens (manque d’automatismes due à l’inédite charnière centrale Elvedi-Klose ? Système défensif à 4 pas adapté au style ultra-offensif belge ?), cela n’aura au final que peu d’importance au vu de la suite du concert : véritable récital suisse, un Stairway to Heaven au goût de chocolat (le bon, le suisse). 26e minute, Rodriguez convertit d’abord un penalty obtenu par  Mbabu (1-2). Quelques minutes plus tard, Seferovic n’a qu’à pousser le ballon au fond du but suite à une superbe remise de la tête de Shaqiri pour égaliser. Peu avant l’entracte, Seferovic inscrit un doublé et permet aux siens de mener 3-2 d’une belle frappe en première intention à l’entrée de la surface. Au retour des vestiaires, les virtuoses continuent de s’emballer : Elvedi, tout d’abord, inscrit le 4-2 à l’heure de jeu. Seferovic, enfin, met définitivement les siens à l’abri et marque le 5-2 à la 84e. Les buts s’accumulent tels des refrains, les passes semblables aux notes d’une mélodie bien composée. La Suisse remporte la partie 5-2 et se qualifie pour le Final Four de la Ligue des Nations. Un triplé du soliste Seferovic, Shaqiri en maestro, une grande prestation de l’orchestre qui a bien vite fait oublier ses fausses notes de la dernière Coupe du Monde.

Victoire ! Enfin le match référence de cette génération ? (Alexandra Wey/Keystone)

9. Le 12 décembre, victoire de prestige d’YB face à la Juventus

Déjà éliminé de la Ligue des Champions avec seulement 1 point en 5 rencontres, YB n’a rien d’autre qu’un match de gala à jouer au Stade de Suisse face à la Juventus. Les Bernois ont cependant envie de faire plaisir à leur public pour ce qui constitue une affiche de prestige. Les spectateurs ont en effet répondu en nombre (3e guichet fermé en autant de matchs européens dans la capitale) et leur adversaire jouera le match à fond pour s’assurer la première place du groupe.

Place au spectacle donc, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il fut plaisant pour tous les fans jaune et noir. Guillaume Hoarau (encore lui) ouvre d’abord la marque sur penalty en première mi-temps. Juste récompense pour les Young Boys, qui se montraient dangereux depuis le début de la partie. Au retour des vestiaires, le match reste intense mais c’est une fois de plus les Bernois qui tireront leur épingle du jeu. Sur un contre fulgurant, Hoarau crochète un défenseur turinois et tente sa chance d’une frappe croisée qui finit au fond du but. Ça fait 2-0 pour YB devant son public ! La réduction du score des Italiens en fin de rencontre offrira du suspens au Stade de Suisse mais la donne ne changera pas : YB remporte ce match face à la Juventus sur le score de 2-1 et quitte la scène européenne sur une grande victoire de prestige devant son public.

Communion entre les joueurs et le public du côté de Berne (Alessandro Della Valle/Keystone)

10. Le 16 décembre, Xherdan Shaqiri inscrit un doublé face à Manchester United

Le transfert de Shaqiri à Liverpool cet été pouvait paraitre surprenant. La star de la Nati peine à confirmer au haut niveau depuis son départ du Bayern Münich. Cependant, Klopp et Liverpool ont décidé de lui faire confiance et ont posé l’argent sur la table pour payer la clause libératoire de Shaqiri auprès de son désormais ex-club, le relégué Stoke City. La suite aura donné raison aux Reds de tenter le pari : plus qu’un joueur de rotation d’effectif, Shaqiri s’est peu à peu imposé comme un joueur extrêmement fiable au sein de l’effectif du leader de Premier League.

Alors déjà auteur de 3 buts et 2 passes décisives en 12 rencontres de championnat, Shaqiri entre en jeu à la 70e minute de jeu face au rival Manchester United. Le score est alors de 1-1. Shaqiri inscrit un premier but 3 minutes après son entrée en jeu, puis un deuxième quelques minutes plus tard. Liverpool mène donc 3-1 et emporte les 3 points. Plus que cette performance ponctuelle, il faut souligner la progression du l’international suisse depuis son entrée sous les ordres de Klopp : plus souvent juste techniquement, plus souvent décisif, son expérience à Liverpool lui est jusqu’à maintenant très bénéfique. Gageons que sur le long-terme, elle lui permette de devenir un joueur plus constant et le véritable leader offensif dont la Suisse rêve depuis si longtemps. En tout cas, Xherdan semble être sur la bonne voie.

Xherdan Shaqiri prend de l’envergure (Paul Ellis/AFP)

Qu’attendre de 2019 ?

Toute l’équipe  @HoppSuisse est ravie d’avoir suivi cette année de foot suisse avec vous. On espère ne pas porter la poisse en disant que 2019 semble prometteuse : des joueurs suisses en lice dans les grandes compétitions européennes, des performances de choix de la part de nos internationaux, une Nati qui progresse et un championnat composé de belles équipes et de beaux publics. Que demander de plus ?

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