ven. Août 14th, 2020

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand mĂŞme

Passion Mascotte

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S’il y a bien une chose dans le monde du football qui colle parfaitement au nom de notre site , c’est la mascotte. HuĂ©e, raillĂ©e, dĂ©tournĂ©e et parfois apprĂ©ciĂ©e, la mascotte est bien souvent la proie des moqueries les plus acides de la part des supporters ou des observateurs. Pourtant, la mode est Ă  la grande peluche. De plus en plus, sur les bords des terrains, des  animaux gĂ©ants censĂ©s symboliser l’esprit du club dĂ©ambulent. Des chorĂ©graphies, des chutes, du burlesque : tout est bon pour divertir le public. La mascotte est mĂŞme devenue un Ă©lĂ©ment incontournable des grandes compĂ©titions mondiales. Pas de Coupe Du Monde sans animal dĂ©bile, pas d’Euro sans son clown Ă  ballon.

D’où viennent ils ? Qui sont ils ? Quels sont leurs réseaux ? Analysons le phénomène.

La mascotte : symbole d’un Ă©vĂ©nement sportif

Bien avant les clubs et organismes sportifs, c’est Ă©videment les crĂ©atifs publicitaires qui ont une longueur d’avance. Comme toujours. Les premières mascottes reprĂ©sentent des marques. Un capital sympathie indĂ©niable, une image familiale et chaleureuse : c’est tout bĂ©nĂ©fice pour le commerce. Du bonhomme Michelin (crĂ©Ă© en 1894 quand mĂŞme, soit 100 ans avant la naissance de Lucas Ocampos, au hasard) au GĂ©ant Vert, les entreprises s’emparent du concept et l’on voit naĂ®tre bon nombre de logos vivants, animaux pour la plupart.

Petit Ă  petit, le concept s’Ă©tend au sport, et au football en particulier. Vite adoptĂ© dans les sports US, elles mettent du temps Ă  s’imposer en Europe. La première mascotte reprĂ©sentant un Ă©vĂ©nement sportif concerne la Coupe du Monde en Angleterre en 1966. Ainsi nait Willy. Qui est un lion, et pas un orque. C’est la FĂ©dĂ©ration anglaise et sa cellule de communication qui l’inventèrent. et ce fĂ»t le cas pour tout ses successeurs, hormis quelques rares concours de crĂ©ations qui ont très rarement fonctionnĂ©. Un outil de communicant on vous a dit.

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Willy et sa coupe de cheveux digne de Mike Jagger est donc le premier symbole imagĂ© d’une compĂ©tition.

Avec son maillot floquĂ© de l’Union Jack, il est censĂ© exporter l’image cool du Royaume-Uni des annĂ©es 60. Et ça marche. Le lion est repris dans tout les journaux du pays, et s’exporte très bien. Il devient la Coupe du Monde elle mĂŞme. En plus, Willy porte chance aux Anglais qui remportent la Coupe du Monde cette annĂ©e lĂ .

Est ce pour cette raison, que 4 ans plus tard, l’organisateur mexicain tente la mĂŞme chose avec « Juanito » petit chicanos bedonnant ? SĂ»rement. Mais hĂ©las, cela ne sera pas suffisant pour le pays hĂ´te. Mais la tradition est lancĂ©e. Et depuis, chaque Ă©dition a connu sa mascotte, invariablement. Souvent animal  : Striker le chien des USA en 1994. Zakumi le lĂ©opard sud-africain en 2010 (non, le vuvuzela ne compte pas). Et bien sur le mythique Footix, qu’il est inutile de prĂ©senter (et qu’on ne confond pas avec Jules, mascotte de l’Equipe de France uniquement) , et son ancĂŞtre de l’Euro 1984 : PĂ©no. Des animaux symboliques du pays concernĂ© Ă©videment : il faut jouer simple pour ĂŞtre compris de tous. La mascotte ne fait pas dans la finesse, c’est le grand public qui est visĂ©.

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Zakumi – PĂ©no – Striker

D’autres fois, la mascotte est plus symbolique. On pense bien sĂ»r Ă  Pique (non, aucun rapport), le piment sur pattes du Mondial Mexicain de 86. Ou Ă  Pinocchio, digne reprĂ©sentant de l’Euro de 1980 en Italie. A chaque fois, la rĂ©fĂ©rence est facile Ă  comprendre. Il faut viser large pour promouvoir la culture du pays. Si certains n’y voient qu’un exercice un peu kitsch, cette tradition reprĂ©sente pourtant une petite manne financière pour les fĂ©dĂ©rations organisatrices. VĂŞtements, casquettes, drapeaux … Le merchandising est bien utilisĂ© et l’exemple Bibendum  donne des idĂ©es aux dirigeants marionnettistes.

A l’inverse, une « mauvaise mascotte » peut crĂ©er un buzz nĂ©gatif et entacher l’image d’un pays entier, n’ayons pas peur des mots. Nous l’avons bien vu rĂ©cemment avec le choix très critiqué du futur hĂ©ros de l’Euro 2016 : Super Victor. Une mascotte très classique reprĂ©sentant un enfant avec une cape. Une tĂŞte un peu niaise, pas de charisme et une grosse dĂ©ception pour les enfants de Footix. Un vote mondial avait pourtant Ă©té organisĂ© par la FĂ©dĂ©ration Française de Football, choisissant (hĂ©las) le nom de Super Victor. Alors que Driblou voire Goalix, les deux autre choix possible, semblait faire la quasi-unanimitĂ©. MĂŞme au deuxième degrĂ© pour la plupart de ses fanatiques. La FĂ©dĂ© a tranchĂ© et maintenu le choix du peuple mondial. Choix qui aurait surement Ă©tĂ© diffĂ©rent si les seuls Français avaient votĂ©s. Mais le mal est fait. Mais pour beaucoup, Driblou est encore vivant.

Plus que pour les clubs dont nous allons parler, les mascottes des compĂ©titions sont plus souvent vivantes sur papier que dans les tribunes. La tendance a un peu Ă©voluĂ© ces dernières annĂ©es avec des animations costumĂ©es lors des cĂ©rĂ©monies d’ouverture ou de clĂ´ture. Mais le cĂ´tĂ© Ă©phĂ©mère des compĂ©titions et donc de leurs mascottes rend l’attachement plus difficile pour le public, sauf pour les fans Ă  domicile Ă©videment. Footix en est l’exemple parfait.

Souhaitons Ă  Super Victor Driblou la mĂŞme reconnaissance l’annĂ©e prochaine.

La mascotte au quotidien.

Plus vivantes que les mascottes de Coupe du Monde, il existe celles que l’on voit tous les samedis : celles des clubs. Partout en Europe ces dernières annĂ©es, on a ainsi vu naĂ®tre des taupes, des oiseaux, des loups, des lions. Un vrai bestiaire. Pour le coup, nous ne sommes plus (uniquement) dans la dimension financière. Peu de gens (mais il en existe) sortent de chez eux avec une casquette de Germain le lynx du PSG ou un T-shirt de Danonino, l’Ă©trange chose dĂ©viante du club d’Evian. Non. Les mascottes, et principalement celles de Ligue 1 et Ligue 2 ont une mission : divertir. Avant le match, Ă  la mi-temps, elle servent de divertissement visuel pour les plus petits et de sources Ă  vannes pour les plus grands. Ou l’inverse. Concours de jongles, chutes volontaires, coup d’envoi, ces grosses bĂŞtes sont l’Ă©quivalent du clown au cirque. PrĂ©sents pour le public familial du stade. Et parfois aussi, pour servir l’histoire du club et raconter ses origines.

C’est le cas d’Erminig l’hermine rennaise (qui aurait pu s’appeler Muriel si les dirigeants avaient eu de l’humour). L’hermine est en effet prĂ©sent sur le blason rennais, le tout est donc très cohĂ©rent.

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Erminig, juste avant son contrĂ´le anti-dopage.

ÉlĂ©ment incontournable de la vie d’un club professionnel, ces figures symboliques sont parfois très dĂ©criĂ©es. C’est le cas de Germain le lynx dont nous parlions plus haut. Aucun rapport entre l’animal et le club. Le pauvre Germain a donc Ă©tĂ© vite pris en grippe par les fans parisiens, au point de devenir une insulte visant les nouveaux supporters opportunistes. Destin cruel. C’est aussi le cas de Merlux (ça ne s’invente pas), le merlu lorientais. Si lui est digne de l’histoire du club, sa dĂ©gaine de poisson mort n’aide pas vraiment Ă  son intĂ©gration dans le cĹ“ur des bretons. Merlux a d’ailleurs connu une sĂ©vère dĂ©pression, qui l’a Ă©loignĂ© des terrains pendant trois ans. Il est de retour cette saison, plus motivĂ© que jamais selon le site officiel du club : « J’avais dĂ©cidĂ© de prendre du recul pendant ces trois dernières saisons. Mon retour au stade du Moustoir m’a fait extrĂŞmement plaisir. J’avais vraiment hâte de revenir goĂ»ter aux joies d’un match du FC Lorient et communier avec nos supporters. » Ca en fait au moins un.

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VoilĂ .

Mais si l’on se moque un peu de ces gĂ©ants de mousse, c’est oublier qu’ils ont plus d’avantages que d’inconvĂ©nients. La mascotte assure le spectacle, le service après vente, la communication du club et crĂ©e de l’emploi. Un vĂ©ritable exploi par les temps qui courent. Certains intermittents pousse mĂŞme l’investissement très loin. C’est le cas de Joey, l’idole du club de Portland aux USA, qui dĂ©livre un show phĂ©nomĂ©nal en dĂ©coupant un arbre Ă  chaque but de son Ă©quipe. Oui, oui. Dur mĂ©tier que celui de mascotte.

On en oublie Ă©videment, de l’immonde Delio, la salamandre tourangelle Ă  Zef, le pirate brestois.

La mascotte est réellement devenue incontournable pour tout club de foot qui se respecte. Élément attachant du foot moderne, toutes ces créatures ne sont là finalement que pour nous faire retourner en enfance et rêver devant ces animaux géants et dociles. Les fans de football sont de grands enfants. Vive les mascottes.

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