mer. Déc 11th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Liga MX: entre Clasicos et mobilisation pour les étudiants disparus d’Ayotzinapa

4 min read

Retour en terres aztèques où la Liga MX se poursuit. Le groupe de tête commence à se dessiner, et dans un mois les principaux participants à la Liguilla – les play-offs – seront presque tous connus. Dans les stades, on se mobilise aussi pour retrouver les étudiants disparus d’Ayotzinapa.

Mexique

Une pluie de buts s’abat sur le Mexique. Souvent, la barre des 30 dianes est franchie, alors que le championnat ne comporte que 18 équipes. En comparaison, avant ce weekend, on assistait à 2,51 buts par matches en Série A italienne, 2,53 en Liga portugaise, 2,74 en Eredivise hollandaise, 2,81 en Bundesliga et on atteignait une moyenne énorme de 3,25 buts par matches en Liga MX.

Les attaquants affichent donc des statistiques incroyables. Par exemple, avec 7 buts en 9 matches, André-Pierre Gignac n’est que le quatrième meilleur buteur de la Liga MX à égalité avec cinq autres joueurs. Devant, les vétérans Emmanuel Villa et Omar Bravo, 88 ans à eux deux ont inscrits respectivement 10 et 9 buts. La Liga MX, est un fabuleux championnat pour les attaquants qui, sans être des machines, gonflent facilement leurs statistiques.

Le groupe des échappés se dessine

Depuis un mois, les Pumas de l’Université Nationale Autonome de Mexico et le Léon FC ne cessent de s’échanger la place de leader au gré de leurs performances. Après un Clausura 2015 très décevant lors du premier semestre de l’année, ces deux clubs vont tranquillement se qualifier pour la Liguilla. Les Pumas ont trouvé dans la doublette Matias Britos-Lalo Herrera une vraie paire d’attaquants. Les milieux internationaux du Léon, Peña, Montes et Vazquez sont eux enfin épargnés par les blessures et font briller le jeu du champion de l’Apertura 2013 et du Clausura 2014.

Derrière, l’effectif le plus important du tournoi retrouve peu à peu de sa superbe. Lors des victoires face à l’América et dans le derby face aux Rayados, la maturité et la maîtrise des Tigres font de Gignac et ses potes les favoris (si vous voulez voir un vrai mur jaune, visionnez la vidéo qui suit). L’América, toujours bien placée, galère à retrouver son cynisme et redevenir le bulldozer qu’il fut durant deux ans. Mais on le sait, en Liga MX, rien ne sert de courir, le plus important est de finir en trombe lors de la Liguilla, que ces deux équipes ne manqueront probablement pas. Avec eux, Toluca toujours aux avants-postes et le surprenant Veracruz confirment leurs bonnes prestations et devraient se qualifier pour les play-offs.

 

Almeyda, le sauveur du troupeau sacré

Remercié il y a deux semaines, De la Torre a laissé sa place de coach des Chivas à l’ancien argentin de Valence et de River,  Matias Almeyda. Et il semblerait que ça marche ! Les Chivas restent sur trois victoires de rang et non des moindres. La semaine dernière, dans un Estadio Azteca peuplé de 100 000 personnes, le Rebaño Sagrado – le Troupeau Sacré – a réussi grâce à son vieux buteur Omar Bravo à remporter le Clasico Nacional face à l’América dans un équivalent mexicain du PSG-OM. La descente s’éloigne, et la Liguilla s’approche pour les Chivas.

 

Plus bas au classement, certains « gros » n’y arrivent pas. Santos, le surprenant champion du Clausura 2015 enchaîne les mauvaises performances pour se retrouver à l’avant-dernière place. Cruz Azul, l’un des quatre grands clubs mexicains fait à peine mieux et pointe à la 16ème place avec un effectif dont on peine à déceler une quelconque cohérence. Les Rayados de Monterrey, l’ennemi des Tigres de Gignac piétinent également malgré la pléthore de Colombiens arrivés récemment.

Le football mobilisé pour Ayotzinapa

Lors de ce dernier weekend de septembre, le Mexique fêtait également un triste anniversaire. Un an auparavant, le 26 septembre 2014, des étudiants de l’Ecole Normale d’Ayotzinapa, dans le sud du pays, se rendaient à Iguala pour manifester contre le gouvernement. Depuis leur montée dans les bus qui devait les mener à Iguala, personne ne les a revus. Or, de nombreuses preuves démontrent que la police a intercepté ces bus et arrêté les étudiants. Depuis, seul les corps de deux d’entre eux ont été retrouvés, laissant penser à un crime d’état. Dans ce pays où la politique à épousé le trafic de drogue pour se financer, ces événements ont mis en lumière la corruption et l’impunité qui règnent au Mexique mais ont aussi réveillé les consciences.

Et dans un pays où les médias sont contrôlés par l’état, quel meilleur endroit que le stade pour pouvoir s’exprimer ? Déjà, quelques jours avant cette 10ème journée, les messages affluaient aux alentours des stades et sur les réseaux sociaux pour se mobiliser. Même les groupes de supporters de l’América et des Chivas, pourtant les pires ennemis, ont dialogué afin de se faire entendre dans le stade.  Alors, dans plusieurs stades du pays, et surtout à l’Azteca, où l’équivalent de la population de Nancy était regroupé, retentissait le même cri. A la 43ème minute de la première mi-temps, en référence au 43 étudiants d’Ayotzinapa disparus, le peuple criait « ¡ justicia ! » et des banderoles réclamant des comptes au gouvernement fleurissaient des tribunes.

111
Prospectus distribué devant l’Estadio Azteca afin de mobiliser le public pour les 43 étudiants disparus (groupe de supporters de l’América)

 

Seulement, la mobilisation internationale semble bien pauvre pour exiger à Peña Nieto une quelconque justice. C’est avec ce panorama bien terne que le football, seul empire sur lequel le soleil ne se couche pas, rayonne plus que jamais au Mexique. Puissent les joueurs, à chaque journée, marquer au moins 43 buts …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © All rights reserved. | Newsphere by AF themes.