mer. Oct 23rd, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Dans l’oeil de Coach Vahid, sélectionneur du Japon

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En nos vertes contrées on ne présente plus Coach Vahid. En revanche depuis qu’il a été officialisé en tant que nouveau sélectionneur du Japon, il arrive en terrain inconnu et évidemment non-conquis. Vendredi dernier c’était sa première sortie avec son nouveau groupe face à la Tunisie. Cinq jours avant un second match contre l’Ouzbékistan. Revenons sur les premiers pas du « Halilhodzic Japan ». Ou le temps de la découverte. 

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Vahid content, juste Vahid pas montrer que Vahid content.

Dès la fin du mois de Février les rumeurs étaient insistantes sur le fait que Vahid soit le favori à la succession de Javier Aguirre à la tête du Japon. Lors de l’annonce officielle de sa prise de fonction le 12 Mars dernier, il avait donc déjà pu se renseigner a minima sur les joueurs à sa disposition. Et heureusement parce que l’annonce de sa première liste de sélectionnés était prévue une semaine plus tard seulement.

Un groupe pour le moins élargi. Pas moins de 31 joueurs sont en effet convoqués. Le seul absent de marque est Yuto Nagatomo (Inter Milan) qui traîne sa blessure depuis l’Asian Cup. De plus une liste de 12 réservistes est également révélée. Un seul de ces 12 là aura de la chance. Kengo Kawamata en l’occurence, qui remplace Yu Kobayashi puisque l’attaquant de Kawasaki Frontale se blessa lors du match de championnat à Yamagata. Et on va vite voir que les choses ont continuées d’aller vite pour le joueur de Nagoya.

Tout ce petit monde se retrouve donc à Oita (sud du Japon) en début de semaine pour un premier camp d’entrainement. L’occasion de faire connaissance et de commencer à s’imprégner de la philosophie du Coach. Pas de bobos à signaler, tout le monde est ok pour le premier match face à la Tunisie de George Leekens.

 

Le XI de départ contre la Tunisie

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Quelle ne fut pas notre surprise en voyant cette composition d’équipe. A deux joueurs près ça s’apparente à une équipe B que Vahid nous envoie dès le coup d’envoi. Ce qui montre sa volonté de voir en action les joueurs supposés plus loin dans la hiérarchie habituelle. Il y a en tout 7 joueurs évoluant en J.League qui démarrent le match, ce qui n’est pas pour me déplaire. Les tauliers du milieu de terrain et de la défense que sont Makoto Hasebe (toujours capitaine) et Maya Yoshida encadrent donc une belle bande de novices et de revenants.

Premières sélections pour le latéral Hiroki Fujiharu (Gamba Osaka) et l’attaquant Kengo Kawamata. Lui qui est arrivé à la dernière minute, il fête de suite sa première cape. Ça peut aller vite oui.

Tomoaki Makino (Urawa Reds), Hiroki Sakai (Hanovre), Hotaru Yamaguchi (Cerezo Osaka) et Kensuke Nagai (Nagoya) démarrent la partie comme titulaires pour leurs retours en sélection. Shuichi Gonda (FC Tokyo) démarre également alors qu’il est depuis des années considéré comme le numéro 3 dans la hiérarchie des portiers.

Enfin pour Yoshinori Muto (FC Tokyo) et Hiroshi Kiyotake (Hanovre) présents lors de l’Asian Cup mais alors remplaçants, c’est une belle occasion de briller.

Une première mi-temps plutôt terne

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(crédits: soccerdigestweb.com)

Pendant 45 minutes on a pas remarqué de grande révolution dans la façon de jouer. Déjà le schéma proposé nous rappelle ce bon vieux Alberto Zaccheroni et son inamovible 4-5-1. Mais il y a tout de même eu une grosse envie d’affichée. Le pressing effectué dans le premier quart d’heure a fait du bien à nos petits yeux qui n’étaient plus habitués à voir ça de la part du Japon. La Tunisie ne montre rien d’intéressant et se contente surtout de faire ce qu’elle peut et de bien défendre. Ce qu’elle fera bien car seuls les coups de pied arrêtés, globalement très bien tirés par Kiyotake, feront peur à la bande d’Aymen Abdennour. Kengo Kawamata trouvera même la barre de Moez Ben Chrifia sur corner.

Et c’est tout ce qu’on aura à se mettre sous la dent. Parce que dans le jeu il manque ce petit grain de génie. Malgré les fulgurances de Muto et l’envie de Nagai.

Deuxième mi-temps, ou quand les tauliers sortent du banc

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(crédits: soccerdigestweb.com)

Aucun changement effectué à la pause et on repart logiquement sur les mêmes bases. Sur un autre corner de Kiyotake le but de Maya Yoshida est refusé pour une faute obscure. Mais on sent la Tunisie baisser de pied. A l’heure de jeu Coach Vahid décide d’envoyer Keisuke Honda et Shinji Kagawa sur le pré. Et là ça change beaucoup de choses. Les deux stars font parler leur technique, le jeu se fluidifie et la Tunisie souffre. Les entrées en jeu de Shinji Okazaki et Takashi Usami finiront d’enfoncer le clou. Sur une perte de balle adverse, Kagawa trouve Honda dans la surface et le centre du milanais finit sur la tête d’Okazaki qui prends le meilleur de la tête sur Abdennour (1-0, 79eme)..

Seulement trois minutes plus tard, on prends les mêmes et on recommence. Le circuit est différent, Okazaki pour Kagawa pour Honda, mais l’issue est la même (2-0, 82eme). A partir de là le match est terminé tellement les tunisiens n’ont plus rien dans le moteur depuis bien longtemps. Takashi Usami manquera même de peu son premier but en sélection puisqu’il ne trouvera que le poteau de Ben Chrifia. On en reste à (2-0).

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On retiendra que le « Halilhodzic Japan » démarre avec une victoire face à un adversaire tunisien tout à fait respectable (quart de finaliste de la dernière CAN, sorti par la Guinée Equatoriale et leurs amis arbitres). Il n’y avait pas à attendre grand chose de ce match au point de vue du style de jeu et de l’influence immédiate. Ce n’est pas sur une demie semaine et un match amical que tu crées quelque chose. Côté joueurs, les remplaçants n’ont pas tant que ça marquer les esprits. Kengo Kawamata étant surement celui qui s’en sera le mieux sorti. Même chose pour la défense, mais pour eux c’était plus de par l’absence d’opposition offensive digne de ce nom. Les signaux sont au vert avant le match face à l’Ouzbékistan.

 

Le XI de départ contre l’Ouzbékistan

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Ce coup ci la composition ressemble plus à un mix entre titulaires indiscutables et quelques éléments plus exotiques comme Gen Shoji (Kashima Antlers) et Toshihiro Aoyama (Sanfrecce Hiroshima). Yoshida et Hasebe leur laissant leurs places. Il faut aussi noter le retour de Yasuyuki Konno (Gamba Osaka) en tant que milieu défensif alors que c’était en défense centrale qu’il officiait sous Alberto Zaccheroni.

Sinon le quatuor offensif est celui de l’Asian Cup de Janvier dernier. Mais dans un 4-5-1 et non dans le 4-3-3 que proposait Javier Aguirre. Ce dont Shinji Kagawa ne se plaindra pas puisqu’il retrouve son poste favori de numéro 10. Enfin en l’absence de Makoto Hasebe, c’est Keisuke Honda qui démarre avec le brassard de capitaine.

La tempête puis le calme…

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La posture du buteur.(crédits: soccerdigestweb.com)

Le plan de jeu a vite sauté aux yeux. Prendre les ouzbeks à la gorge dès la première minute du match et faire vite une différence. Elle est arrivée dès la 6eme minute mais pas de la façon la plus attendue. Sur un corner dégagé des poings par le portier ouzbek c’est Toshihiro Aoyama qui expédie une véritable fusée en pleine lucarne. Un premier but en sélection dont il se souviendra longtemps, et nous aussi tant ce n’est pas le genre réalisation que l’on voit avec cette équipe. Dans la foulée Shinji Okazaki aura l’occasion de doubler la marque mais c’est dévié in extremis par un super retour du défenseur ouzbek. Et puis à partir du quart d’heure de jeu, le rythme va considérablement diminuer. Et l’Ouzbékistan voir un peu le ballon. Par contre on ne verra plus la moindre occasion jusqu’à la pause qui arrive donc avec un but d’avance pour les locaux. 10 grosses minutes pour 35 ennuyantes, plutôt moyen comme deal.

Des rotations, de la maîtrise et des buts

Petits remaniements défensifs pour reprendre. Konno et Uchida laissent leurs places à la pause à Hiroki Mizumoto et Kosuke Ota. C’est ce dernier qui délivrera à la 54eme minute un centre parfait sur la tête de Shinji Okazaki, étrangement seul dans les six mètres, qui marque son deuxième but de la semaine. La suite servira à donner du temps de jeu aux quelques uns qui n’en ont pas eu beaucoup ou pas du tout. Yuya Osako, Gaku Shibasaki et Takashi Usami en premier lieu. Le second marquera un but improbable des 50 mètres alors que le gardien adverse avait décidé de prendre l’air et d’aller sur Shibasaki à la retombée d’un coup franc ouzbek contré. Brillante idée. Puis le troisième plantera le quatrième après un beau rush en solo. Et dans les arrêts de jeu c’est notre ami Kengo Kawamata entré en jeu peu avant qui inscrit le cinquième. Son premier en sélection tout comme pour Usami. Une semaine de rêve pour lui décidément ! Entre temps l’Ouzbékistan aura sauvé l’honneur sur un corner cafouillé pour un score final de (5-1). Bref on a eu une fin de match complètement débridée (4 buts en 12 minutes), mais qui ne fait pas oublier toutefois que la moitié du match fut relativement fade. Les tauliers que sont Kagawa et Honda auront livré des prestations tout juste moyennes, manquant cruellement d’impact cette fois ci. Ce serait trop parfait sinon.

La passe de deux pour des débuts parfaits

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Coach Vahid se mets bien. De par le fait de débuter avec deux victoires tout en ayant vu un nombre impressionnant de joueurs en seulement deux matchs. Elles auront donner beaucoup d’indications à Vahid sur ce qu’il a sous la main. Ce travail d’observation se poursuivra dans les prochains mois avec la J.League qui va reprendre ses droits alors que la saison européenne tire à sa fin. Elles vont aussi permettre d’aborder les prochaines échéances avec confiance. Et là on ne rigolera plus du tout puisque ce sera le début des éliminatoires de la zone Asie pour la Coupe du Monde 2018 en Septembre.

Alors oui le Japon a encore son lot de petits défauts et seuls le temps et le travail les corrigera. Et c’est ce dont dispose Vahid donc pas de grande inquiétude à avoir parce que le bonhomme est exigeant et vigilant. Dans une récente interview accordée à France Football il se donnait un premier objectif : « Le surnom de l’équipe nationale, c’est les ‘’Samuraï Blue’’. Et bien, il faut retrouver cet esprit samouraï. Que les joueurs redeviennent des guerriers qui respectent tout le monde mais n’ont peur de personne. ». Le ton est donné. Aux joueurs de continuer ainsi.

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