sam. Juil 20th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Dans l’oeil de Jardim : Monaco – Guingamp

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On est dans la zone de relégation et on joue Guingamp. Il y a trois jours, on jouait en Ligue des Champions et on battait le Bayer Leverkusen. On va devenir schizophrènes, moi je vous le dis. Toujours est-il qu’on doit gagner à domicile, au risque de s’emmerder toute la saison.

Le discours du coach

« Les gars, on est dans la zone rouge. Raggi, Carvalho, vous allez passer de Stefan Kiessling et Heung-Min Son à Rachid Alioui et Thibaut Giresse. Faites attention. Peu importe la manière, on doit gagner devant notre public ! » Le vestiaire se marre, croyant à une blague. Jardim reprend : « Bon je la refais : peu importe la manière, on doit gagner dans notre stade. Et ne me sortez pas l’excuse de jouer tous les trois jours. De toute façon, ce rythme va s’arrêter en décembre. Donc on garde le même rythme que contre le Bayer, on se bat sur chaque duel, le couteau entre les dents, on laisse rien passer, on s’arrête jamais de courir ». Berbatov, qui semble soucieux, lève le bras. « Non t’inquiète Dimitar, tout ça ne vaut pas pour toi. Contente-toi de marcher ».

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Les compositions d’équipe

« Bon, derrière, je continue d’aligner ma défense-type. On n’est pas sexy pour un sou en charnière centrale avec notre moyenne d’âge carte vermeil, mais que voulez-vous les gars… Au milieu, la Toul’, bien sûr, avec Moutinho. » Jardim, qui voit bien que le Portugais, sans amis, est comparable à un gamin esseulé le premier jour d’école, lui aligne un compatriote devant lui. Bien vu. « Bernardo, je te mets titulaire, t’as intérêt à continuer tes roulettes, passements de jambes et tout ça. Oui, y’a Sorbon et Lemaître derrière, mais je crois en toi. Bon et devant, Falcao et Berbatov ». Le vestiaire, désemparé se regarde… Tout le monde fixe Germain, celui qui ose prendre la parole en bon fayot habituel : « Mais coach, M. Falcao est parti ». Valère sort alors une bouteille en verre de son sac de sport. « D’ailleurs, j’ai pu récupérer tout le gras de ses cheveux et j’en ai fait une huile ! En souvenir d’un buteur hors pair, je garde cette bouteille sur ma table de chevet » Jardim reprend la parole : « Consterné d’apprendre, 20 jours après, que Falcao est parti, j’aligne Carrasco par défaut alors. No offense, Yannick. Et puis, et puis… » Jardim joue à Am stram gram pour déterminer le dernier titulaire : « Ok, c’est tombé sur toi, Martial. Bon match. »

Monaco - Football tactics and formations

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La première mi-temps

Dès le début, je suis confiant. Comme depuis le début en fait, James ou pas, Radamel ou pas. On garde le ballon, on domine. L’axe portugo-portugais au milieu semble marcher, et j’en suis assez fier, Moutinho s’est enfin trouvé un copain qui n’est pas plus grand que lui, il est content et ça se voit.

Bernardo se balade de droite à gauche, Carrasco fait la diff’ à chaque ballon devant les latéraux. Berbatov joue bien son rôle : il marche, fait quelques exter, râle.

Et puis, un coup-franc. Là, je le sens. Moutinho frappe, le gardien adverse le détourne sur Baca qui l’envoie directement sur le pied de Dirar. Ah parce que oui, entre-temps, j’ai fait sortir Martial, victime d’une commotion cérébrale. C’était peut-être pas une bonne idée, le Pic et pic et colegram… Au final, le temps tourne et l’arbitre siffle la mi-temps. 1-0, on est bien.

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La seconde mi-temps

Après la pause, on continue de dominer. L’écran géant du stade Louis-II fait passer le message, les Guingampais n’ont fait qu’un tir. Le genre de match à ne pas perdre sous peine d’être frustré toute la semaine…

Personnellement, je continue d’observer ce beau match. L’animation offensive fonctionne mais on n’arrive pas à faire le break. Mais j’attends la 85e pour faire des changements. Et oui, si un autre de mes gars fait une commotion et que j’ai fait tous mes changements, je fais comment ?!

Carrasco tente une frappe de loin, détournée, Moutinho tombe dans la surface et l’arbitre siffle simulation et sort un carton, et puis… La plus mauvaise nouvelle du match. 87e minute, la Toul’ prend un carton. Je comprends tout de suite. (Oui bon, c’est mon adjoint qui me le dit). Toulalan sera absent pour PSG-ASM. Pas bien, ça. Mais bon, on prend quand même 3 points à domicile et on sort de la zone rouge. C’est toujours ça de pris.

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Les joueurs

Subasic : pas grand-chose à faire à part deux ou trois frappes directement sur lui. Assez pour se faire acclamer par le virage du Louis-II.

Fabinho : toujours assez timide, il semble bridé pour ne pas monter tout le temps. A perdu de son animation offensive depuis l’année dernière.

Raggi : costaud, solide, rien à dire à part deux-trois relances compliquées dans les pieds des Guingampais. Aurait pu marquer en ayant eu deux occasions sérieuses sur corner grâce à sa tête chauve.

Carvalho : dans un match globalement dominé par les siens, Carvalho n’a pas fait grand-chose et a eu le temps de discuter retraite avec Andrea.

Kurzawa : très fort. Layvin peut tout se permettre, même des sombreros alors qu’il est latéral gauche. Football champagne.

Toulalan : moins utile que d’habitude, et c’est assez rare pour le souligner. Plusieurs pertes de balle après avoir trop tricoté au milieu de terrain.

Moutinho : a davantage participé au jeu de l’AS Monaco que d’habitude. Depuis deux matches, il ose un peu plus, se projette vers l’avant, va au carton dans les duels. Bien.

Bernardo : phrase entendue dans toutes les bouches à Louis-II dimanche : « ah ouais, non, c’est sûr il a du ballon le mec ». Nous ne pousserons pas l’analyse plus loin.

Carrasco : le Belge semble s’être assagi et réfléchit un peu plus au moment de prendre le ballon. A fait un bon match en faisant la diff’ sur chacun de ses prises de balle. Débordements, passes en profondeur, déplacement intéressants, repiques dans l’axe… vraiment bien.

Dirar : entré en première mi-temps, Dirar est le bon élève qui donne tout dès qu’on fait appel à lui. Polyvalent, il reste toujours utile et est souvent décisif quand il sort du banc.

Martial : un petit coup de boule et puis s’en va. En espérant qu’il aille mieux après sa nuit en observation.

Berbatov : pas de grande influence sur jeu mis à part quelques remises et tentatives de tir. A souvent râlé, parfois encouragé, et n’a pas marqué. Donc à Montpellier, il se chargera de faire trembler les filets. (remarque cette rime en ‘é’ absolument magistrale digne de Mickey 3D).

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