lun. Sep 16th, 2019

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Mais on le dit quand même

MLS – SuperDraft 2014

8 min read

Mais qui es-tu, la SuperDraft ?

Aujourd’hui débute une série d’articles qui permettra de mettre en exergue quelques particularités de la MLS. Pour ce premier article, rendez-vous avec le traditionnel rendez-vous de début d’année en MLS, la SuperDraft.

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Andre Blake, premier choix de cette année 2014, et Don Garber, commissionnaire de la ligue.

Tout d’abord, je souhaite une bonne année à tous les lecteurs du site. Et en début d’année, MLS rime toujours avec absence de match, mais aussi avec SuperDraft. Soit la traditionnelle répartition des talents universitaires dans les différentes franchises de la ligue. Jeudi soir avait lieu, à Philadelphie, le rituel qui lance la saison 2014 de MLS.

Comment fonctionnes-tu ? 

Néanmoins, il semble important, avant d’aller plus loin et de parler des résultats de cette année, d’expliquer le fonctionnement pour les non-initiés aux sports US. Comme dans toute autre ligue (NFL, NBA, …), la MLS utilise le système de draft pour distribuer les universitaires ayant réussi leur cursus. Ainsi, les meilleurs se voient offrir une récompense en intégrant le circuit professionnel. Ils peuvent le faire dès la fin de leur cursus universitaire ou alors en signant un contrat Generation Adidas, un contrat leur permettant de se retrouver plus rapidement dans le monde professionnel tout en pouvant terminer leurs études en parallèle. Ces derniers sont généralement des joueurs considérés comme des grands espoirs (et certains des meilleurs joueurs US ont été GA). Tous ces jeunes éléments sont convoqués pour un stage appelé le MLS Combine (qui se déroule quelques jours avant la draft) où ils ont la possibilité de se montrer et de se vendre auprès des staffs des 19 franchises de la ligue.

La SuperDraft fonctionne de la même manière que celles des autres sports. Sur plusieurs tours (4 à partir de cette année), les équipes choisissent une par une un élément qui garnira l’effectif. Le rookie, nom donné à un joueur dans sa première année professionnelle, grandira au sein du club et, si tout se passe bien, deviendra à terme une véritable alternative au poste où il évolue. L’ordre des équipes est désigné de la plus simple manière possible, dans l’ordre inverse du classement de la saison précédente. Ainsi, D.C. United, qui a terminé dernier au classement général, disposait jeudi du premier choix au cours de cette draft. Un premier choix qui peut être capital quand on connaît le niveau très hétérogène des candidats à la Draft. Lors d’une expansion, la nouvelle franchise dispose automatiquement du premier choix. Lors d’une double expansion (comme prévu la saison prochaine avec New York et Orlando), un tirage au sort est effectué pour connaître le tenant du premier choix. Pour terminer sur les choix (ou les « picks »), il convient d’ajouter que les tours de draft peuvent être échangés, notamment lors de transactions de joueurs. Ainsi, les Vancouver Whitecaps ont pu sélectionner le défenseur Christian Dean en troisième pick général grâce à un échange avec le Toronto FC (qui aurait dû disposer de ce troisième pick) quand ce dernier a recruté Eric Hassli aux ‘Caps en juillet 2012.

La SuperDraft, garante de l’identité américaine de la ligue.

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Harrisson Ship, vainqueur du championnat NCAA, a été signé par Chicago en contrat Homegrown.

Avec la prolifération des académies et des contrats Homegrown Player dans le monde de la MLS, la SuperDraft semble être tombée en désuétude. Ainsi, un joueur qui finit le collège peut rentrer dans le circuit pro sans passer par ce repêchage s’il peut décrocher un contrat Homegrown. Pour simplifier ce terme, il faut pour cela avoir joué un an dans les équipes de jeunes d’une franchise MLS. Cette dernière a alors un droit prioritaire pour proposer un contrat au jeune concerné. Harrison Shipp, champion NCAA avec Notre Dame, ne s’est pas inquiété lors de la draft parce qu’il avait signé un contrat Homegrown avec le Chicago Fire. Pourtant, celui-ci avait le potentiel pour être parmi les premiers choix. De plus, contrairement à d’autres ligues US, la draft n’est qu’un moyen de recruter parmi d’autres en MLS. La draft est au cœur du système en NBA, où même les joueurs étrangers déjà passés professionnellement passent par ce repêchage (Evan Fournier dernièrement), même si certains joueurs majeurs (comme Jeremy Lin) n’y sont pas passés. Idem pour la NFL, où la draft dépasse souvent les dix tours. En MLS, les joueurs étrangers, même ceux qui ne sont pas considérés comme des vedettes, sont recrutés « à l’européenne ».

Pour autant, cet évènement ne doit pas être mis de côté et doit perdurer. La SuperDraft est l’un des garants de l’ancrage américain de la ligue. Ainsi, et alors que l’objectif de la MLS est d’abord de s’enraciner sur son propre sol, la Draft est un repère pour le fan US. Elle est aussi utile dans une ligue qui prône la parité en tant que leitmotiv. Ainsi, le mode de fonctionnement de la SuperDraft vient compléter la règle « les derniers deviendront les premiers », habituelle dans toutes les ligues sportives américaines. Une équipe qui a terminé dernière peut se relever en ayant, pendant deux-trois années de suite, un pick parmi les premiers. Les choix de draft peuvent être également considérés comme des atouts lors des négociations pour des échanges de joueurs. C’est d’ailleurs en combinant ces deux manières que le Sporting Kansas City a façonné son équipe championne de 2013: en draftant Chance Myers, Graham Zusi, C.J. Sapong et utilisant d’autres picks pour faire venir Benny Feilhaber, Ike Opara et d’autres joueurs.

Par ailleurs, la Draft est aujourd’hui perçue comme un moyen de découvrir les talents qui n’ont pas eu la chance d’être inscrits en académie. Elle permet également de donner une finalité aux différents programmes universitaires de soccer. Sans Draft, et donc sans moyen pour un joueur d’aller plus haut, le college soccer n’aurait pas grand intérêt à être suivi.

Qui est passé par là ?

La plupart des joueurs américains que nous connaissons sont passés par le SuperDraft : Clint Dempsey, Michael Bradley, Jozy Altidore mais avec des fortunes diverses. Quand Dempsey et Altidore ont été choisis dès les deux premier tours, Bradley est considéré comme l’un des plus gros coups de la draft, puisqu’il a été choisi lors du quatrième tour en 2006, par New York, coachée par son père à l’époque. Mais attention, passer par les premiers choix de la draft n’augure pas forcément une grande carrière professionnelle. Ainsi, parmi les rookies nommés au titre de Rookie of the Year, un seul (Maurice Edu, aujourd’hui à Stoke City) était le premier pick de sa classe de draft. Vainqueurs ces trois dernières années, C.J. Sapong, Austin Berry et Dillon Powers ont été sélectionnés aux alentours du dixième choix. Ainsi, il semblerait que ces choix offrent de meilleures dispositions pour éclore. Les équipes disposant des premiers choix sont des équipes en pleine reconstruction. Le rookie aura du temps de jeu mais ne sera pas forcément aligné dans l’équipe idéale pour exploser. Dans les équipes en bas du tableau des choix, le rookie arrive dans un effectif bien garni, déjà en place et victorieux (les derniers choix des tours sont réservés aux équipes ayant participé aux play-offs). Le milieu du tableau, quand les picks ne sont pas échangés, offre une alternative idéale et un compromis parfait entre les deux, au sein d’une équipe en bonne voie mais qui nécessite encore quelques ajustements pour entrer dans un cycle victorieux.

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A droite, Patrick Mullins, nouvel attaquant du New England Revolution.

Et cette année, ça donne quoi ?

Deux enseignements ressortent de cette mouture 2014. Tout d’abord, cette édition a été très défensive. Ainsi, dix défenseurs et un gardien ont été sélectionnés au premier tour, sans compter les milieux à caractère défensif. De plus, et pour la première fois depuis longtemps, beaucoup d’échanges pré-draft ont eu lieu. En conséquence, la hiérarchie des picks a été bouleversée et la cérémonie parfois difficile à suivre. D.C. United, qui devait disposer du premier pick a laissé son choix au Philaldelphia Union, qui en a profité pour sélectionner André Blake. Le Jamaïcain devient le premier gardien choisi en tout premier choix de draft.

Le recrutement de Blake, considéré comme le meilleur gardien sorti de la SuperDraft depuis Brad Guzan (aujourd’hui à Aston Villa) est l’un des quatre opérés par le club de Pennsylvanie. L’Union semble en mode reconstruction avec des jeunes intéressants. New England est également vu comme un vainqueur de la SuperDraft avec le recrutement de Steve Neumann et surtout de l’attaquant Patrick Mullins. Ce dernier, que l’on attendait plus haut que la 11e sélection, est un buteur venu de l’université de Maryland.

Pour faire référence à la partie précédente sur les joueurs draftés par des clubs « au compromis parfait », il faudra surveiller le défenseur Christian Dean, sélectionné par Vancouver, qui pourrait profiter d’une baisse de forme de DeMerit ou d’O’Brien pour s’installer dans la défense des Whitecaps. Tesho Akindele sera peut-être l’attaquant souhaité par le FC Dallas, qui a beaucoup de mal à la finition depuis deux ans. Bien entendu, toutes ces paroles ne sont que suspicions et pronostics. La vérité du terrain se déroulera lors de cette saison 2014. Il faut également noter que Georges Fochive et Pierre Omanga, deux joueurs français disponibles lors de cet évènement, n’ont pas été choisis. Ils le seront peut-être lors des troisièmes et quatrièmes tours, qui se dérouleront mardi par conférence téléphonique.

Pour terminer, je vous propose le tableau récapitulatif du premier tour. Les joueurs en gras sont les joueurs Generation Adidas. Ils sont directement intégrés à l’effectif de leur franchise. Les autres doivent parapher un contrat avant d’y être intégrés.

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Source pour les trois photos: Site officiel de la NCAA.

10 thoughts on “MLS – SuperDraft 2014

  1. De la part d’un fan de la MLS : excellent article. Il y a vraiment tout. J’aime particulièrement toute la réflexion autour de l’utilité de la Draft aujourd’hui, utilité qui est remise en cause comme tu l’as dit.

    Petite précision : cette Draft 2014 a été défensive pas tellement à cause des besoins des équipes, mais surtout parce que ce cru était surtout fourni en défenseurs (centraux le plus souvent). Ce qui est assez rare.

    Au plaisir de lire la suite de tes articles.

    1. Merci à toi pour ton commentaire. Effectivement, j’ai voulu croiser cette particularité de la draft MLS, seule du système US à rester en retrait.

      Ta précision est utile pour les lecteurs. En effet, la manière que j’ai moi-même utilisée peut prêter à confusion. Cependant, je voulais dire cela. Je n’ai d’ailleurs pas axé de rédaction sur les besoins des équipes car je connais moins les effectifs de MLS que par le passé.

      Au plaisir.

      1. BON-SOIR , JAI UNE QUESTION TRES SIMPLE
        Je suis un joueur de football en france et je vais tenté ma chance en USA est ce que vous penser que c une bonne solution ou pas ?

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