mer. Sep 18th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Retour sur les 1/4 de finales de la LDC

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Nous sommes enfin au Final Four. Espagnols contre Allemands. Deux contre deux. Les papiers sur le modèle réussi du football allemand depuis dix ans vont très probablement fleurir. En attendant ces passionnantes lectures, attardons-nous sur ce qui a amené ces deux paires en demi-finales : leurs victoires en quarts.

Après les matches aller, qui n’avaient pas réservé de grandes surprises si ce n’est le piétinement de la Juve par le Bayern, les vainqueurs annoncés devaient être ceux que nous avons aujourd’hui. Par contre, la manière dont ils sont arrivés là n’était pas du tout au programme.

Commençons avec la grande performance du Paris Saint-Germain, auquel était promis un bouillon infernal au Camp Nou. Face à un FC Barcelone diminué de son quadruple Ballon d’Or, Paris s’avance avec Motta et Verratti au cœur du jeu, et les 9 autres mêmes joueurs qu’au match aller. C’est un risque sachant que le plus vieil italien des deux revient de blessure, mais c’est toujours une bonne chose de voir Thiago Motta sur le terrain. Et puis sinon c’était Beckham, ce qui n’aurait pas été l’idéal en termes de complémentarité avec le petit Marco. Chantôme ? Ancelotti a oublié que c’était un joueur axial. Passons.
Le Barça tient évidemment le ballon, mais Paris se procure des occasions plus nettes que les catalans en première mi-temps. A la pause, Paris n’a pas pris de but et se trouve toujours à un but de la qualification. Puis l’impensable se produit.
Remontée de balle parisienne après une énième possession barcelonaise. Ibra remise sur Pastore, venu à son soutien. Sous la pression d’Adriano, Javier rend le ballon à son leader suédois et lance son sprint. On ne l’arrêtera plus. En l’espace d’une seconde, Zlatan contrôle du pied droit, puis sert parfaitement Pastore en profondeur. Une touche du pied gauche en pleine course. Puis deux rapides du pied droit. Javier entre dans la surface, Valdes sort de son but. Pressentant la frappe au sol, le gardien se couche. Javier pique légèrement son ballon, ce dernier rebondit amoureusement sur le genou complice de la victime. Putain, on y est. But. BUT. Paris mène au Camp Nou. Goliath est KO debout. David (je ne parle pas de Beckham), lui, exulte. Il a mis le Barça par terre. Quel kif.
Le sauveur est donc appelé : Messi enfile son survet, s’échauffe rapidement, enlève son survet, fait son entrée. Vingt minutes plus tard, l’autre génie argentin crochète, distille une habile passe pour David Villa, qui remet pour Pedro. Puissance, précision, la frappe du petit espagnol au faciès arabe est parfaite et Sirigu ne peut absolument rien. Impuissant, il regarde ses cages trembler, et le Camp Nou exploser. L’épée de Damoclès est tombée. Le scénario était écrit, mais il est tellement frustrant.
Paris n’inscrira pas le dernier but. Jallet rentrera satisfait lui, il se trouvait aux premières loges pour voir Iniesta réinventer le football.

Paris est un magnifique perdant. D’ailleurs il n’a pas perdu. Ni à l’aller, ni au retour. Il aura manqué un but. Un seul. Jusqu’à la fin, nous y avons cru. Barcelone continue l’aventure et laisse le PSG sortir de la compétition par la grande porte. Merci messieurs, et à l’année prochaine !

Poursuivons avec un autre perdant magnifique, Malaga, tombé les armes à la main et les larmes aux joues dans une Westfalenstadion plein à craquer par des supporters qui avaient préparé pour l’occasion un magnifique tifo. Dominateur dans les grandes largeurs à l’aller, on pouvait s’attendre à ce que le Borussia Dortmund fasse la fête à la maison, comme contre Donetsk. Et bien non, c’est Malaga qui ouvre le score par Joaquin à la suite d’une magnifique montée, initiée par deux ailes de pigeon dans leur moitié de terrain. Dortmund n’a plus le choix, il doit gagner le match. Dortmund égalise de manière somptueuse par Lewandowski qui, lancé d’une habile talonnade par Reus, pique un petit ballon au-dessus des jambes de Caballero venu à sa sortie, avant de marquer dans le but vide. Beaucoup trop de talent. J’aimerais vous parler de toutes les actions splendides qui ont illuminé le match, mais j’en aurais pour bien trop longtemps. Retenons les superbes coups francs de Malaga, toutes les attaques placées du Borussia (quelle folie), le missile de Toulalan, les parades dantesques de Caballero, et cette fin de match… Malaga pense tuer le match à dix minutes de la fin en reprenant l’avantage et en le tenant jusqu’à l’entame du temps additionnel, mais Dortmund réalise l’impossible. C’est triste qu’elle soit un peu entachée par des hors-jeu, mais le football est ainsi. Quoi qu’il en soit, ce match était vraiment magnifique. Trouvez un replay intégral du match et une heure et demie au calme ce week-end, vous apprécierez. Je doute qu’on revoie quelque chose d’aussi beau d’ici la fin de l’année.  Merci les andalous, et à l’année prochaine ! Quoi ? Ah oui, c’est vrai. Bon. A la prochaine alors.

Au niveau des turcs, ça se passe comment ? Avec une défaite 3-0 au match aller chez le Real Madrid, les rêves de qualification n’étaient même pas permis à Galatasaray. Après le but rapide de CR7, le but pour les turcs est désormais plus de sauver l’honneur et de ne pas prendre le bouillon à domicile. Revigorés à la pause après une première mi-temps terne, les turcs se dévergondent et puis bon, foutu pour foutu, autant faire du spectacle. Emmanuel Eboué ouvre le bal d’un magnifique pétard à la Maréval peu après la reprise. Puis les recrues hivernales s’illustrent : Sneijder renvoie Varane à la crèche avant de planter, puis Drogba claque sa dédicace à Ludovic Giuly. Le but du 3-1 en quart de finale retour contre le Real Madrid, d’une Madjer sur un centre venu de la droite, ça ne s’invente pas. L’élimination se trouvant à seulement deux buts, la maison blanche muscle alors son jeu selon les préceptes d’Aimé Jacquet, et finit par calmer le public avec un nouveau but de Cristiano. Les turcs sortent de la Ligue des Champions avec une victoire à domicile, et ça c’est une belle sortie.

Enfin, cela devait être LA grosse affiche des quarts de finale, il n’en a rien été. Le Bayern a encore marché sur la Juventus. Bien plus entreprenants en première période qu’au match aller, les bianconeri se procurent plusieurs occasions, mais Neuer veille au grain. En deuxième période, les débats sont plus équilibrés, et puis Mandzukic inscrit un très sale but : il obtient un coup-franc pour une faute vraiment légère, puis profite d’un ballon rejeté par Buffon pour marquer dans le but vide. C’est moche. Quatre buts à mettre, la Juve rend les armes. Le Bayern gère encore, et enfonce le couteau dans la plaie par Pizarro à la 90ème. Malgré une belle résistance par moments, la grande dame est la seule à quitter le plateau européen tête basse.

Barcelone, Real Madrid, Bayern Munich et Borussia Dortmund : ce sont les quatre plus beaux footballs d’Europe qui se retrouvent en demies. C’est une sacrément bonne nouvelle pour le spectacle à venir.

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