mer. Juil 17th, 2019

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Transferts : Avant que le mercato ne commence, il s’est passé quoi l’été 2017 ?

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Ah l’été, le soleil, la plage, les copains, les apéros. Mais également les compétitions internationales et surtout la grande braderie du mercato.

Ce n’est un secret pour personne, l’inflation des prix sur le marché des transferts est impressionnante et semble inexorable. Y’a-t-il trop d’argent dans le foot ? Qu’advient-il des petits clubs ? Et dans les divisions inférieures ?

Voici ce qu’il s’est passé durant l’été 2017.

NB : toutes les données proviennent du site Footballdatabase.

Combien de transferts ?

L’étude porte sur 30460 transferts ayant eu lieu durant la session 2017. 2 834 d’entre eux étant des prêts (9%). Anecdote surprenante : il y a eu exactement le même nombre de transferts gratuits que payants (13 813) dans notre échantillon.

  • Il est en premier lieu intéressant de remarquer que les mouvements concernent équitablement les différents postes (31,3% des mouvements sont pour des milieux de terrain, 31,0% pour des défenseurs, 28,1% pour des attaquants et 9,6% pour des gardiens, ces derniers étant 10 fois moins nombreux sur le terrain également).
  • Deuxième constat intéressant : il n’y a pas de secteur de jeu qui « se paye plus » qu’un autre. En effet, les répartitions entre transfert gratuit / prêt / transfert payant est à peu près la même entre chaque secteur de jeu.

Disclaimer : 12 995 transferts étant ressortis avec des erreurs de données (un des deux clubs manquants, montant manquant, âge manquant ou autre), l’étude sera maintenant restreinte au 17 465 transferts restants. Les transferts payants étant mieux renseignés, ils sont maintenant beaucoup plus nombreux dans l’étude.

Des transferts locaux ou internationaux ?

Par secteur de jeu

On remarque que, peu importe le type de transfert, il y a 5-6x plus de transferts au sein du même pays que de transferts internationaux.
Bien qu’il n’y ait pas de grande disparité entre les secteurs de jeu, on s’aperçoit que les attaquants sont ceux qui s’exportent le plus, ce qui confirme la reflexion intuitive laissant penser que les clubs vont chercher la perle rare en attaque ailleurs, alors qu’ils prennent pour les autres postes des joueurs qui connaissent le pays.

Par âge

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En regardant cette (magnifique) distribution, on s’aperçoit que les transferts domestiques se font très tôt, très jeune, avec un pic entre 22 et 24 ans. A contrario, les transferts internationaux connaissent un pic autour de 27 ans.

On peut ainsi retracer la tendance assez simple : un jeune talent émerge, il quitte son club pour rejoindre un plus grand club du pays vers 22-24 ans, il confirme dans ce club puis change de pays.

Le prix des transferts

Par secteur de jeu

Foot spectacle = tout pour l’attaque ?

En complément de l’analyse de la mobilité internationale, il apparait ici clairement que l’attaquant vaut plus cher que les autres postes. A l’heure où le football devient un spectacle, un attaquant (603k€) – censé créer ce spectacle – coût en moyenne 1.63x plus cher qu’un défenseur (369k€) – censé empêcher le spectacle adverse. Les milieux de terrain, secteur de jeu difficile à catégoriser, vaut quant à lui 1.56x fois moins (386k€) qu’un attaquant pendant que le goal est à la traine avec 235k€ de valeur moyenne.

On retrouve la logique suivante : plus tu es en position de marquer des buts, plus tu vaux cher.

 

Par âge

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Saute tout de suite aux yeux l’anomalie MBappe, qui accentue énormmément la valeur des montants dépensés (en prêt du coup) pour un joueur de 18 ans. Sans cette anomalie, on se retrouve avec une courbe de Gauss presque parfaite dans le pic se situe entre 25 et 30 ans. Autour de ces valeurs centrales, on remarque que les « jeunes » joueurs sont plus chers que les « vieux » joueurs. Cela s’explique par l’espérance qu’ils évoluent et donc de pouvoir les revendre plus cher plus tard.


A lire également : Comment est calculée la valeur d’un joueur ?


Intéressons nous maintenant à la provenance des transferts. Combien de joueurs ont des promotions ? Y’a-t-il beaucoup de joueurs qui acceptent de descendre de divisions ?

Transfert de même division ou entre divisions ?

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En regardant de plus près, on se rend compte que l’immense majorité des transferts se font dans la même division, jusqu’à la 4e division. Il est surprenant de voir que la majorité des joueurs arrivant en 5e et 6e divisions proviennent de 4e division.

Pour une fois, l’équilibre entre les postes est assez bien respecté : un attaquant de 2e division n’a pas plus ou moins de chances d’atterrir en 1e division qu’un défenseur, un milieu ou un gardien.

Un changement de pays implique-t-il forcément de jouer au même niveau ou plus ? Y-a-il vraiment des joueurs qui acceptent de changer de pays et de descendre de division ?

Changement de pays et de division

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Prenons l’exemple de transferts internationaux pour des joueurs de division (à droite, 2e « paquet » de données à partir du haut). On s’aperçoit que, si la majorité des transferts domestiques proviennent de la même division, pour les transferts internationaux c’est autre chose : ils proviennent de 2e division. Beaucoup de joueurs acceptent donc de partir de leur club de première division pour aller tenter l’aventure en seconde division d’un autre pays. On pense notamment aux joueurs « stars » des très petits championnats qui vont tenter l’aventure dans un plus grand championnat, rêvant de gloire, par exemple, le nombre de joueurs allant jouer en Championship.

On retrouve également cette tendance en 3e et en 4e division pour lesquelles, à chaque fois, c’est la 1ere division le premier pourvoyeur de joueurs pour des mouvements internationaux.

 

L’été 2018 confirmera-t-il la tendance aperçue ?

On devrait s’attendre à une explosion du nombre de prêts payants et de clauses d’achats improbabless pour détourner le fair play financier.
Il sera dans le futur de plus en plus difficile de déterminer ce qui est un « vrai prêt » et ce qui est un transfert déguisé, si tant est que les prêts continuent à être tolérés.

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