jeu. Août 22nd, 2019

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TLM S’en Cadre : Le petit poucet de Robert Duvall (Un but pour la gloire)

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Certaines équipes se reposent sur un joueur. Un meneur pouvant changer le cours d’un match sur une action, une frappe ou même un geste technique. Mais un talentueux dribbleur, aussi grand soit-il, n’est rien sans une équipe autour de lui.

Un mois et demi après sa dernière séance, nous avons ré-ouvert la salle de projection de la rédaction. Aujourd’hui, nous nous penchons sur Un but pour la gloire (A Shot at Glory) réalisé par Michael Corrente avec Robert Duvall, Michael Keaton et Ally McCoist.

Grandes stars et petit budget

La salle de projection de la rédaction de TLMSF, un mois et demi après sa dernière utilisation. Crédit photo : Abrutis.com
La salle de projection de la rédaction de TLMSF, un mois et demi après sa dernière utilisation. Crédit photo : Abrutis.com

Porté par le réalisateur Michael Corrente et le scénariste Denis O’Neill, Un but pour la gloire est proposé à Robert Duvall. Ce dernier est connu pour son rôle de Tom Hagen dans Le Parrain (The Godfather ; 1972) ou encore celui de Bill Kilgore dans Apocalypse Now (1979), tous les deux de Francis Ford Coppola. De plus, il sort d’une nomination pour l’Oscar du meilleur acteur et son rôle de Sonny dans Le Prédicateur (The Apostle ; 1997), film qu’il réalise et scénarise. L’acteur est connu pour ses rôles récurrents d’autorité et de personnage ayant des responsabilités.

Michael Corrente réalise son quatrième long-métrage. Après deux petits films où il fait ses gammes, il est nommé aux commandes de l’adaptation du livre Outside Providence de Peter Farrelly. Avec les deux célèbres frères au scénario et les Weinstein à la production, Corrente sort Les années lycée (Outside Providence ; 1999). Le long-métrage est reçu de manière assez mitigé par la critique et permet à la compagnie de juste revenir dans ses dépenses. La même année, il prend la direction de l’Ecosse pour tourner son prochain film.

Un but pour la gloire se centre autour de l’équipe fictive de Kilnockie, un club évoluant en deuxième division écossaise. Gordon McCloud (Duvall) est l’entraîneur depuis plusieurs années et fait figure de véritable père auprès de ses protégés. Cependant, une succession d’événement vient troubler sa tranquillité. Le président de Kilnockie, Peter Cameron (Keaton), un américain avec des rêves de grandeur, désire déménager le club à Dublin où la ferveur est plus importante. Dans cette optique, il recrute Jackie McQuillan, un ancien grand joueur du Celtic Glasgow en perte de vitesse.

Le problème, c’est que McQuillan est l’ex-mari de Kate, la fille de Gordon. L’entraîneur n’a jamais pardonné à sa fille ni à Jackie cette relation qu’il considère comme une trahison. C’est dans cette atmosphère électrique que cette joyeuse bande arrive en huitième de finale de la Coupe d’Ecosse. Gordon tente de sauver son équipe d’une délocalisation dans un environnement chamboulé par les fantômes du passé.

Choc des mondes

Le scénariste Dennis O'Neil et le réalisateur Michael Corrente avec les acteurs Ally McCoist et Peter Heatherton (avec les maillots pourpres) sur le tournage du film. Crédit photo : Dennis O'Neil.
Le scénariste Dennis O’Neill (chasuble jaune) et le réalisateur Michael Corrente (chasuble orange) avec les acteurs Ally McCoist et Peter Heatherton (maillots pourpres) sur le tournage du film. Crédit photo : Dennis O’Neill.

Dans le rôle de la superstar McQuillan, Ally McCoist, considéré comme une légende du football écossais et des Glasgow Rangers. L’attaquant campe un personnage caricatural de footballeur hautain, séducteur, conduisant une voiture de sport et ne désirant pas se mélanger au reste du groupe.

Au niveau du casting, Kirsty Mitchell joue le rôle de Kate McQuillan, ex-femme de Jackie. Lors des auditions, elle croise Robert Duvall, idole cinématographique de son père. La jeune femme n’est pas intimidée par l’acteur et ce dernier n’hésite pas à lui parler de football ainsi que de la relation particulière entre les Celtics et les Rangers. La même semaine, Mitchell décroche ce rôle dans Un but pour la gloire ainsi que dans le court-métrage The Legend of Loch Lomond (2001) de Mike Slee.

La majorité des acteurs sont inconnus du grand public. On peut citer Brian Cox ou encore Didier Agathe, l’ancien joueur de Montpellier, portant, dans ce film, le maillot des Rangers alors qu’au moment de sa sortie, il défend les couleurs…du Celtic !

Si nous revenons au métrage, les thèmes de la rédemption et du pardon sont souvent mis en avant. McCloud en veut à sa fille et son ex-gendre. Kate veut recoller les morceaux son ex-champion tandis que ce dernier tente de changer et de faire bonne figure. Lorsque le gardien Brian Burns (John Martin) encaisse un but sur un tir passant entre ses jambes, il s’excuse dans les vestiaires devant tous ses coéquipiers. L’un des rivaux de McCloud affiche son respect à la fin d’une rencontre après plusieurs années de haine.

Ensemble correcte

L'acteur Robert Duvall dans son rôle de Gordon McLeod. Crédit photo : SNS Group
L’acteur Robert Duvall dans son rôle de Gordon McLeod. Crédit photo : SNS Group

L’histoire tient plutôt bien la route mais le scénario manque un peu d’originalité. Les personnages secondaires sont attachants et les rôles principaux sont convaincants dans l’ensemble. Duvall et Keaton sont impeccables. Kirsty Mitchell s’en sort également plutôt bien. Par contre, McCoist a beaucoup de difficultés à s’imposer comme un acteur. S’il fait le travail lors des scènes de matchs, on le sent moins dans son élément lorsqu’il sort du rectangle vert.

Justement, sur le gazon, les matchs sont bien mis en scène et agréables à regarder. Le tout est bien coordonné mais on peut reprocher un manque de rythme à Corrente. Si les matchs passent facilement, certaines scènes de dialogues sont particulièrement longues et n’apportent pas grand chose à l’histoire. Vers la dernière partie du film, un personnage est bien introduit sans être utilisé par la suite. Soit on a coupé de la pellicule ou c’est clairement un mauvais choix dans le script. On peut également souligner les moments de joies qui restent très sobres et maîtrisés pour un petit club. Si le film nous vend un noyau dur de défenseur en tribunes, on ne sent pas réellement de joie réelle ou alors elle est assez mal jouée. Un vrai paradoxe.

Au final, Un but pour la gloire est un petit film qui détaille une saison de tous les dangers pour un club sur la corde raide. Le football écossais fait office de vitrine, d’autant plus que les rencontres se sont déroulées dans de vrais stades du pays où évoluent des équipes professionnelles. Le manque de moyen (un budget estimé à neuf millions de dollars) se fait ressentir mais est gommé, en partie, par le talent des valeurs sûres comme Robert Duvall ou encore Michael Keaton. Si les matchs gardent le public en haleine, les différentes intrigues peuvent lasser. Toutefois, le rendu n’est pas si désagréable et peut même surprendre par moment.

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