mer. Oct 23rd, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Ces clubs qui étaient au fond du trou il y a dix ans

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C’était la belle histoire de la fin de saison. Relégué administrativement en sixième division en 2013, Le Mans s’est assuré de retrouver la Ligue 2 la saison prochaine grâce à une sensationnelle victoire en barrages. Mais les Manceaux sont loin d’être les seuls à être revenus de nulle part. Focus sur trois autres clubs au passé tumultueux.

Bournemouth, le miracle signé Fletcher

Cette saison, ce club anglais fête ses 120 ans d’existence. Mais les supporters pourraient tout autant célébrer le dixième anniversaire de leur seconde vie, qui a démarré le 25 avril 2009. Lors de l’avant-dernière journée de League Two (D4 anglaise), les Cherries accueillaient Grimsby Town pour un duel de mal classés. À dix minutes du terme, Steve Fletcher offrait la victoire à Bournemouth et accrochait par extension le maintien, synonyme de la conservation du statut professionnel. Mieux, ce but sonnait comme le happy end d’une saison cauchemardesque qui aurait bien pu signer l’extinction du club.  

Avant même que la saison commence, Bournemouth, insolvable pour la deuxième fois, écopait d’une pénalité de 17 points. Mais ce n’est pas tout. Rapidement, des huissiers ont perquisitionné le matériel et les infrastructures du club, si bien que le personnel a dû retirer des tuiles du toit pour faire croire que les étagères étaient vides à cause d’une fuite. Quant aux entraînements, ils étaient délocalisés dans des parcs publics, où le premier exercice était de débarrasser les déjections canines. Dans les bureaux, la tendance est à la résignation. Avant une conférence de presse, l’administrateur du club Gerald Krasner confie à son président : « Jeff [Mostyn], j’ai besoin d’un chèque maintenant ou je liquide le club en direct ». Heureusement, ce dernier lui signa un chèque salvateur de 100 000 livres. On est alors bien loin de l’équipe qui tient actuellement son rang en Premier League. 

Résumé du match désormais légendaire à Bournemouth

Cette évolution spectaculaire de statut, Bournemouth la doit en partie à un homme, Eddie Howe. Jusqu’alors coach des U18 du club, il est nommé le 31 décembre 2008 entraîneur des pros, et doit composer avec un effectif en ruine. C’est lui qui persuadait la légende du club Steve Fletcher (628 matches et 103 buts) de revenir durant l’hiver. C’est également lui qui payait les équipements de sa poche, alors même qu’il était payé les jours de match grâce aux recettes des places. Enfin, c’est encore lui qui faisait le choix de mettre son assistant Jason Tindall sur la feuille de match pour atteindre le nombre minimum de joueurs. Un risque payant puisqu’il est rentré et est à l’origine du but victorieux à la dernière minute. La suite, vous la connaissez : un maintien célébré à l’eau (budget oblige), puis trois promotions en six ans pour atteindre la Premier League. Un conte de fée sobrement résumé par Eddie Howe au Daily Mail : « Si tout avait été facile au début, notre histoire n’aurait pas été aussi incroyable ».

RB Leipzig, au commencement…

Quand le milliardaire autrichien détenteur de Red Bull Dietrich Mateschitz a voulu avoir son club de football en Allemagne (après s’être implanté en Autriche, au Brésil et aux États-Unis), il a logiquement demandé conseil à son ami Franz Beckenbauer. Lequel l’a redirigé vers la région de Leipzig, orpheline d’un club de niveau national, où se situait un stade de grande envergure (le Zentralstadion et ses 44 000 places). Dans un premier temps, c’est le FC Sachsen Leipzig qui est visé. Mais les supporters, déjà touchés par la relégation de leur équipe en cinquième division, rejettent en bloc ce rachat qui bafouerait l’histoire du club. Suivent trois autres tentatives -toutes infructueuses- avec St.Pauli, Munich 1860 et le Fortuna Düsseldorf. Finalement, un accord est trouvé le 19 mai 2009 avec le SSV Markranstädt, un club amateur, pour 350 000 euros. Le RB Leipzig est enfin né.

Crédit : RB Leipzig
Premier entraînement du RB Leipzig, le 2 juillet 2009

Rapidement, Mateschitz affiche son intention de vouloir atteindre la Bundesliga en moins de huit ans. Un pari ambitieux pour lequel il dépensa sans compter. Ainsi, dès qu’il en a eu l’opportunité, il a mis la main sur le Zentralstadion, qu’il rebaptisa dans la foulée Red Bull Arena. Mais ça ne s’arrête pas là. Pour pouvoir être homologué, le RB Leipzig doit avoir quatre équipes de jeunes. Or, tous les joueurs pillés au SSV Markranstädt ne suffisaient pas pour constituer quatre sections. Sous l’impulsion de la Fédération de football du nord-est de l’Allemagne qui voulait éviter la fuite des talents régionaux, le RBL a fait affaire avec le FC Sachsen Leipzig, pour qui cet argent était l’opportunité d’éviter le dépôt de bilan (qui aura lieu cinq ans plus tard, ndlr.) Bref, un bel imbroglio administratif qui était peu propice à s’extirper rapidement de la cinquième division allemande. Et pourtant…

Reims, appellation d’origine (mal) contrôlée

La saison 2008-2009 du Stade de Reims s’annonçait prometteuse. Le départ de certains cadres semblait être (à peu près) compensé par un recrutement intéressant (Gragnic, Tacalfred, Fontaine, Mandanne, Moimbé). L’arrivée de Didier Tholot au poste d’entraîneur rimait avec un jeu offensif séduisant sur le papier. Et puis surtout, la rénovation du stade Auguste Delaune s’achevait enfin, permettant d’accueillir 22 000 spectateurs (pas mal pour un club de Ligue 2). De son côté, le centre de formation était enfin agréé. Bref, largement de quoi avoir la montée en ligne de mire. Mais très vite, la saison tourne au cauchemar. Incapable de mettre en place ses idées, Tholot est démis de ses fonctions le jour de Noël (pour les cadeaux on repassera). 

Crédit : IconSport
Le 17 avril 2009, certains Rémois comme Brahim Thiam (ci-contre) s’en sont pris à des joueurs nîmois et ont pénalisé la fin de saison de leur équipe.

C’est Luis Fernandez qui est chargé de sauver la maison, alors dernière avec 12 points et huit de retard sur le premier non-relégable. Une fois de plus, Reims tente de se distinguer sur le marché des transferts, et dégote des joueurs intéressants (Fauré, Thiam, Sankharé). Mais là encore, la greffe a du mal à prendre. Et alors que les Rémois semblaient trouver un second souffle, ils se sont sabordés. Suite à une bagarre générale contre Nîmes à sept journées de la fin (alors que le match était gagné), des éléments importants sont suspendus. Tacalfred (quatre fermes), Arrache, Sankharé et Mandanne (trois fermes) n’arriveront jamais à retrouver leur niveau en fin de saison. Ajoutez à cela un retrait de trois points imposé par le Tribunal administratif de Rennes suite à un contentieux avec le Stade Brestois, et vous obtenez une équipe bonne dernière de Ligue 2 qui file en national. Sans entraîneur, sans plusieurs titulaires partis, mais avec un stade tout neuf, c’est déjà ça.

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