jeu. Août 22nd, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Les ancêtres du football #2 : Episkyros et Harpastum

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Le football. Le sport le plus populaire du monde aujourd’hui. On le dit originaire d’Angleterre, mais est-ce vraiment le cas ? D’où vient véritablement le football ? TLMSF vous propose un petit voyage à travers l’espace et le temps, sur ces sports considérés – à tort ou à raison – comme… des ancêtres du football.

Deuxième étape de notre voyage, la Grèce et l’Italie ! Un peu de soleil ne nous fera pas de mal !

L’odyssée du football

C’est peut-être l’ancêtre du football dont on connaît le moins de choses à l’heure où j’écris ces lignes. Il suffit de citer le site internet officiel de la FIFA pour s’en rendre compte : « Le mystérieux « Episkyros » grec, au sujet duquel peu de détails subsistent, était beaucoup plus animé » en comparaison du Cuju et du Kemari, dont nous avons déjà parlé lors de notre premier épisode des ancêtres du football. Il semble que les Grecs jouaient déjà à des jeux de ballons depuis l’an mil avant notre ère, puisque nous pouvons lire au livre VI de l’Odyssée – ouvrage majeure de la littérature, mais également étudié en histoire car il fait de nombreuses références à la vie sociale aux dixième, huitième et sixième siècles avant notre-ère notamment -, que Nausicaa joue à la sphaira avec ses compagnes :

Quand elles ont apaisé leur faim, la jeune fille et ses suivantes quittent leurs voiles et jouent à la paume ; au milieu d’elles Nausicaa aux bras blancs dirige les jeux. […] En ce moment Nausicaa jette à l’une de ses suivantes une balle légère qui s’écarte et va tomber dans le gouffre profond du fleuve. Toutes les jeunes filles poussent alors des cris.

Nausicaa et ses servantes jouent à la balle

Mais tout cela ne nous apprend pas les règles de l’episkyros... D’après un auteur du IIe siècle de notre ère, Julius Pollux – on ne sait presque rien de lui et ses textes n’ont pas été traduit dans la langue de Molière –, ce jeu se pratiquait en équipe de 12 à 14 joueurs. Chacune des deux équipes essayait alors de lancer une balle de cuir par-dessus la tête des joueurs de l’équipe adverse, jusqu’à la pousser derrière une ligne de démarcation. Une fois cette ligne de démarcation franchie par l’équipe, une nouvelle balle était remise en jeu. S’agissait- il d’une forme de rugby, ou bien de gagne terrain ? Le manque de source ne nous permet pas de le préciser, même si l’autre jeu que l’on va évoquer un peu plus loin nous donne une bonne indication.

Et c’est à peu près tout ce que nous pouvons dire en ce qui concerne les règles ! Au contraire des deux jeux asiatiques, l’utilisation des mains était autorisée.

Si ce jeu était pratiqué principalement à Sparte, on pouvait également le trouver sous d’autres noms un peu partout dans les cités grecques : aporrhaxis, phéninde ou bien encore ouranie. Il semble qu’un tournoi annuel avait lieu dans la célèbre cité spartiate, rassemblant cinq équipes. Ce tournoi pourrait donc être l’une des compétitions de football la plus ancienne du monde que l’on connaisse.

Vue d’artiste de Will Montgony. Romains face aux gaulois : la guerre des goals ?

Are you not entertained ?

Si ce premier jeu nous est donc mal connu, le second nous l’est un peu plus. Toujours sur le site de la FIFA, l’auteur continu : « [L’harpastum] se pratiquait entre deux équipes à l’aide d’une petite balle, sur un terrain rectangulaire dont les limites et la ligne médiane étaient tracées au sol. Le but était d’amener la balle au-delà des limites du camp opposé. Alors que les joueurs se passaient la balle entre eux, la ruse était le maître mot. Ce jeu a été populaire pendant 7 ou 8 siècles. » En somme, ce sont les mêmes règles que pour l’episkyros, même s’il est probable que celles-ci en diffèrent quelques peu – mais nous n’en savons pas plus. Le poète Martial indique que ce jeu se pratiquait sur un sol poudreux, ce qui ne nous avance pas beaucoup plus. Athénée suggère également que l’harpastum, qu’il nomme phéninde, était un jeu de passes et d’évitements, particulièrement violent et fatiguant pour la nuque – et au regard des quelques vidéos d’archéologie expérimentale qui circulent, on comprend rapidement pourquoi. Les historiens rapprochent donc cette activité athlétique du rugby moderne.

Il semblerait également que Jules César faisait pratiquer ce sport par ces soldats en campagne afin de garder les légionnaires en forme.

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