sam. Déc 14th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Perdus de vue : les oubliés de la saga monégasque en Champion’s League

7 min read

En 2003-2004, lors de cette fabuleuse saison entrée dans les annales de l’AS Monaco, Didier Deschamps disposait d’un groupe élargi de 33 joueurs. Si certains ne disputèrent que très peu de minutes en pro sous le maillot rouge et blanc, ils peuvent tout de même se targuer d’avoir évolué dans le groupe des finalistes de la Ligue des Champions.

Monaco
Derrière les stars de l’époque, bien de joueurs étaient dans l’ombre…

Revue d’effectif des oubliés monégasques du côté des oubliés de cette époque, entre fins de carrières paisibles, monde amateur et destins footballistiques mouvementés.


Hassan El-Fakiri 

hassan-el-fakiri-ukens-spiller_1fnd0agwd9yw11bquogireowna

le Norvégien commence sa carrière au FK Lyn d’Oslo, qui a également vu passer John Obi Mikel dans ses rangs. Après quatre années dans la capitale et une rapide saison au Brann Bergen, le défenseur signe à l’AS Monaco en 2000. Il n’y intégrera le groupe pro qu’en 2002. 15 matches de L1 en 2003, 18 l’année suivante. Il entre même en jeu lors de la double confrontation face au Real Madrid, à la 89e à l’aller, à la 82e au retour.

Après cette aventure européenne, celui qui peut se targuer d’avoir 8 sélections internationales est en fin de contrat et signe au Borussia Monchengladbach. Après 49 matches de Bundesliga en deux saisons, El Fakiri retourne au pays et retrouve les couleurs de Brann Bergen et sera sacré champion de Norvège pour la troisième fois en 2007. Il finira tranquillement sa carrière dans ce club en 2014.

Jim Ablancourt

Deux dates à retenir pour ce défenseur central réunionnais. 18 octobre 2003 : le jeune gamin (20 ans) de Saint-Denis de la Réunion est titulaire face à l’AJ Auxerre pour son premier match en L1. 2 avril 2004 : Ablancourt connaît sa deuxième titularisation en Ligue 1 et joue l’AC Ajaccio. Monaco encaisse trois buts en une mi-temps (0-3) et Ablancourt sort à la pause. Les Rouge et Blanc parviennent finalement à arracher l’égalisation (3-3). Résultat, on ne reverra plus ce jeune joueur dans le onze professionnel. Malgré tout, il vivra l’épopée asémiste au plus près, souvent depuis le banc de touche.

Mais en 2005, le défenseur signe en Slovaquie, au MFK Ruzomberok. Manque de bol, il quitte le club juste avant qu’il ne fasse le doublé coupe-championnat national en 2006. Direction son île natale et le club de l’US Stade Tamponnaise. Sur son île, Ablancourt connaît enfin les joies des trophées en enchaînant les titres de champion (le club est 10 fois champion de la Réunion, ndlr). Mais là encore, le chat noir refait surface. Le 5 juin 2014, les dirigeants du club annoncent que l’USST est dans l’obligation de déposer le bilan, avec 900 000 € de déficit.

Joseph Dayo Oshadogan

Oshadogan

l’Italien a 27 ans quand il signe à l’AS Monaco. Ce défenseur plus ou moins polyvalent vivotait alors entre la première et la deuxième division italienne avec des expériences à Pise, Foggia (où il y fait ses débuts en pro en Serie B), la Reggina (débuts en Serie A) et Cosenza. En Principauté, Oshadogan joue son premier match à Montpellier (21 septembre 2003). Sa première titularisation avec les Rouge et Blanc survient le 15 mai 2004 (saison 2003-2004), à Louis II face au Stade Rennais. Monaco se fait gifler 4 buts à 1. Après ce match, Joseph Dayo sera principalement aligné en Coupe de la Ligue, et ne comptera que 4 petites minutes de jeu la saison suivante (2004-2005).

Le natif de Gênes retourne alors en Italie, du côté de Ternana, alors en Serie B. Grâce à son passé monégasque, il négocie un bon contrat d’environ 23 000 € par mois. Mais 12 mois plus tard (août 2006), le club exige qu’il baisse son salaire, planifié pourtant sur deux ans. Le joueur refuse, s’en suit un long bras de fer. Certains de ses coéquipiers en profitent pour également faire valoir leur cas et suivent les pas de celui qui est alors considéré à Ternana comme “le chef des rebelles”, selon La Gazzetta dello Sport. En novembre 2006, celui qui fut à 23 ans diagnostiqué d’une tumeur est réintégré dans le groupe. Mais le 10 janvier, l’entraîneur du club de l’époque, Maurizio Raggi, empêche le joueur de s’entraîner avec l’équipe première. Le 23 janvier 2007, Oshadogan est revenu sur ces mois très compliqués pour lui : “Cette histoire m’a créé beaucoup de problèmes. J’ai dû appeler un psychologue. J’étais contraint à m’entraîner tout seul, je recevais des menaces au téléphone. Je ne pouvais même pas parler… j’avais la sensation d’être revenu 60 ans en arrière”. Après cette aventure malencontreuse, le défenseur part s’exiler en plein centre de la Pologne, au Widzew Lodz, avant de terminer paisiblement sa carrière au Virtus Lanciano, en Serie C.

Jimmy Juan

Juan

Formé au club, le milieu de terrain a 20 ans lorsqu’il foule les pelouses de L1 pour la première fois. Une bonne première puisque l’ASM s’impose 3-0 face aux sangliers sedanais. Pour son unique titularisation, le 18 octobre 2003 face à l’AJ Auxerre, Juan sort à la 31e, remplacé par Plasil. “Remplacement tactique”… Côté Ligue des Champions, Juan assiste sur le banc à la première journée européenne de Monaco, à l’AEK Athènes (0-0) et face au Real Madrid (3-1). Cette année-là, il signe un contrat pro de 3 ans après être arrivé en Principauté à 15 ans. Mais il sent alors que Didier Deschamps ne lui proposera que peu de temps de jeu (trois bouts de match en six mois) et il demande à être prêté.

Direction Ipswich. “Une sacrée expérience. C’est un club qui a 15 000 abonnés, 25 à 30 000 spectateurs de moyenne. J’y ai pris beaucoup de plaisir” racontera-t-il à La Nouvelle République. Résultat, une saison pleine et quelques buts. A son retour sur le Rocher, Juan surfe sur sa belle saison anglaise et signe à Grenoble pour trois saisons. Une division en-dessous mais un temps de jeu plus conséquent.

Il enchaîne ainsi les matches en tant que titulaire et prend de plus en plus d’importance au sein du onze isérois. S’en suivra des mois de galère, où il enchaîne les blessures et les rechutes. Saison 2007-2008 blanche. Il part la saison suivante se relancer à Châteauroux en prêt et revient à Grenoble en 2009 où il retrouve la Ligue 1. Pas pour longtemps, le GF38 étant relégué à la fin de saison… Après une dernière saison en Isère, Jimmy Juan, agent libre, décide de s’engager en novembre 2011 pour deux ans avec le club de Târgu Mures…. avant de résilier son contrat quelques jours plus tard, la faute à l’entraîneur démissionnaire qui l’avait enrôlé. “C’était un mauvais choix dès le début, mais on était déjà en novembre et la saison avait déjà commencé dans les grands championnats…” concède un proche à Monaco. Un mois après, il prouve sa capacité à rebondir et signe en D3 anglaise, à Chesterfield après un essai concluant. Un an et demi sur les pelouses britanniques, puis un retour en France chez les Chamois Niortais. Avant de connaître une ultime expérience à Fréjus Saint-Raphaël, à 30 ans et à moins de 100 km de Monaco, là où il y a laissé famille et amis…

Sébastien Carole

Carole

l’homme aux 11 clubs. Pour sa première titularisation en Ligue 1 le 16 mars 2002, Sébastien Carole trompe le futur grand Mickaël Landreau (défaite 1-2). Trois matches supplémentaires lors de la saison 2001-2002, quatre autres en 2002-2003. L’année d’après, les supporters monégasques ne le verront pas en Ligue 1 mais en Ligue des Champions, où il jouera 17 minutes à l’AEK Athènes (0-0). Son contrat pro de trois ans signé avec l’AS Monaco, Carole choisit l’étranger pour s’aguerrir et s’envole pour le club de West Ham en prêt pour une durée de six mois. Une demi-saison peu concluante où il joue peu, s’en suit alors un second prêt à Châteauroux, en L2. Après onze rencontre de Ligue 2 et un match de Coupe UEFA, Sébastien Carole résilie son contrat avec l’AS Monaco et décide de repartir là où l’herbe est vraiment plus verte, en Angleterre.

Une première vraie saison à Brighton & Hove, avec 40 matches de Championship. Il mène alors une carrière purement britannique pendant sept saisons, où il évolue également en League One avec Leeds et Tranmere Rovers, et en League Two avec Darlington. En 2010, libre de tout contrat, le Martiniquais revient sur la Côte d’Azur, en rouge et noir cette fois. Il y réalise un essai mais n’y reste que six mois et retourne au pays d’adoption footballistique pour y terminer sa carrière.

Nicolas Raynier 

Raynier

2 août 2003, 09 août 2003. Ce sont les deux seuls matches de Ligue 1 que Raynier aura joué avec Monaco. 34 petites minutes au total. Lui aussi barré par les attaquants à l’époque en place au Louis-II, le formé au club n’attend pas sa première titularisation et quitte la Principauté pour le Nord de la France, au LOSC. “J’avais 20 ans, et Monaco venait de disputer la finale de la Ligue des Champions. A ce moment-là, il n’y avait que des stars, et surtout devant. Mon horizon était bouché…” déclarait-il à Monaco-Matin en août 2011.

Il signe à Lille son premier contrat professionnel d’un an à l’été 2004. Première bonne nouvelle : Raynier participe à l’incroyablement excitante Coupe Intertoto et remporte la compétition avec son nouveau club. Mais le natif de Carcassonne ne s’imposera pas à Lille. Après un essai infructueux à Lorient, il signe en Ligue 2, à Sète. 4 buts en 24 matches (15 titularisations), et Raynier quitte le Sud pour un club dans lequel il va rester 7 saisons : Amiens. Quatre saisons en Ligue 2, trois en National. Au total, 120 matches disputés et 23 buts marqués. Après un passage d’une saison à Boulogne en National, Nicolas Raynier finira sa carrière à Hyères, en CFA.

1 thought on “Perdus de vue : les oubliés de la saga monégasque en Champion’s League

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © All rights reserved. | Newsphere by AF themes.