mer. Sep 18th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Parcours d’un footballeur canarien

5 min read

Les îles Canaries de part leur géographie sont une autonomie espagnole atypique et par extension le football l’est aussi. En effet, c’est un archipel de sept îles qui se situent à 1500 kilomètres de l’ Andalousie, en plein océan atlantique, non loin des côtes marocaines.

source @Ouest-France

En fonction du lieu de naissance, un jeune aura plus de faciliter de briller en jouant au football sur l’île de Tenerife ou de Gran Canaria. Ces dernières sont plus riches, plus touristiques, elles disposent de plus d’infrastructures sportives et elles ont deux locomotives : l’UD Las Palmas et le CD Tenerife. Que l’on soit natif de l’une des sept îles, le cœur penche nécessairement pour l’un de ces deux grands clubs. La notion de derby est donc générale à tout l’archipel.

Un jeune garçon qui s’inscrit à l’école de football, a le choix car la fédération canarienne de football recense énormément de clubs répartis en deux provinces : Las Palmas (Gran Canaria, Fuerteventura, Lanzarote) et Santa Cruz (Tenerife, La Palma, La Gomera, El Hierro).

Iles

Nombre d’équipes Meilleur représentant historique
Club Division plus haute atteinte

Nombre d’années dans la division

Gran Canaria

100 UD Las Palmas Liga 1 33

Tenerife

100 CD Tenerife Liga 1

13

Fuerteventura 20 UD Playas de Jandia Segunda B

12

La Palma

40 CD Mensajero Segunda B 12
Lanzarote 20 UD Lanzarote Segunda B

10

La Gomera

30 UD Gomera Tercera

5

El Hierro

25

UD Valle Frontera

Tercera

1

Total

335

A travers ce tableau, on note très bien la disparité entre les deux principales îles et les autres. Il est donc important de faire le distinguo entre celles-ci dans la suite de l’article. Il y a toujours des exceptions mais ce qui suit est majoritairement ce qu’il se passe dans le football des Canaries.

1.L’apprentissage

Vers l’âge de 6 ans, qu’il soit sur l’une des sept îles et indépendamment de son talent, la donne ne change pas. Le petit garçon veut pratiquer et trouve un club géographiquement proche où sont inscrits généralement les copains. Il y est bien encadré dans des structures assez familiales. Il y apprend les gammes sur des terrains pas toujours corrects même s’il y a de nombreux synthétiques sur l’archipel, beaucoup plus facile à entretenir.

source @Tinta Amarilla

2.La préformation

Prenons l’exemple d’un jeune joueur talentueux d’une dizaine d’années. En fonction de son île d’appartenance, il aura des trajectoires différentes.

-Sur les îles d’El Hierro, la Gomera, La Palma, Lanzarote ou Fuerteventura, il sera recruté par les clubs phares : l’UD Valle Frontera , l’UD Gomera, l’UD Lanzarote ou le CD El Cotillo. Si celui-ci a un très bon potentiel  et si ses parents acceptent, il partira jouer pour l’un des deux meilleurs clubs de l’archipel soit l’UD Las Palmas ou le CD Tenerife.

source @Lanzarote Deportiva

-Si ce jeune joueur est natif des deux îles majeures, il pourra parfaire sa préformation dans des bons clubs locaux partenaires de l’UD Las Palmas et du CD Tenerife comme l’UD Telde ou l’Atletico Granadilla de Abona, pour ne citer qu’eux.

source @Marcha Deportiva

3.La formation

Prenons l’exemple d’un joueur de seize ans qui a terminé sa préformation et qui dispose de grandes qualités. Obligatoirement, il sera recruté par les deux clubs phares. Il disposera d’équipements sportifs et un accompagnement scolaire de qualité. Le joueur se forme et aspire à jouer en professionnel. S’il a énormément de talent, il peut se voir proposer un contrat dans des grands clubs espagnols (comme Omar Mascarell au Real Madrid en 2010).

Page wikipedia d’Omar Mascarell

4.Les débuts seniors

Après avoir joué en DH Juvenil, le parcours des jeunes footballeurs canariens va prendre un virage déterminant. En effet, si certains se retrouvent écartés, ils décident généralement de signer dans des clubs de Tercera afin de s’aguerrir dans l’espoir futur de jouer au dessus.

Ceux qui poursuivent à l’UD Las Palmas ou le CD Tenerife, vont jouer pour les filiales et évolueront en Segunda B ou Tercera dans l’espoir d’intégrer l’équipe première (comme Borja Herrera à l’UD cette année).

source @UD Las Palmas

Ceux qui ont beaucoup de talents sont généralement intégrés de suite à l’équipe première (comme Ayoze Pérez, il y a 3 ans au CDT).

Image associée
source @fan.com

Pour les plus grandes pépites, elles sont recrutées par les grosses cylindrées espagnoles : le Real Madrid ou le FC Barcelone avec plus ou moins de réussite (comme Jeffren Suarez en 2004 au Barça).

source @lgFoot.be

5.La carrière en senior

Très souvent, le joueur qui reste dans l’archipel, évoluant dans un club autre que l’UD Las Palmas ou le CD Tenerife, fera une belle carrière amateur en Tercera dans la plus haute division régionale. Il côtoiera d’anciens professionnels « Star » comme Pana Castillo de l’UD Las Zocas ou Oumar Kondé du CD Santa Ursula. La tendance actuelle est que des très bons joueurs préfèrent jouer un cran en dessous, en Preferente, pour éviter les longs déplacements d’île en île, le dimanche matin… On imagine bien les soirées arrosées du style « Salsa/Reggaeton » du samedi…

Pana Castillo – source @Vargas Inside

Concernant les joueurs évoluant dans les filiales, pour les plus talentueux, ces derniers vont incorporer l’équipe première et feront une carrière professionnelle (comme Nano actuellement au SD Eibar, auparavant à Tenerife).

source @Marca

Les autres partiront dans des clubs de Liga 2 ou Segunda B sous forme de prêt ou de contrats plus ou moins précaires, où ils tenteront d’exprimer leur potentiel (comme Santi Luque en prêt à Melilla, l’année dernière).

6.Le bilan Socio-Eco-Sportif

Au final, un Canarien, sportif comme étudiant, se voit dans l’obligation de bouger pour parfaire sa formation. Ce qui explique la fuite des talents et des cerveaux dans l’archipel. Autonomie assez pauvre, vivant de tourisme et un peu du pétrole, les Canaries n’ont pas les ressources économiques pour retenir les meilleurs joueurs. La formation footballistique reste d’un très bon niveau, pour preuve le bon parcours des équipes Juvenil de Las Palmas et Tenerife en Copa del Rey, souvent en 8ème de finale voir mieux. Toutefois et ce malgré les bons résultats des deux locomotives, le football canarien est plutôt laissé de côté par la fédération. Les mentalités commenceraient à changer avec la mobilisation d’anciens professionnels natifs des îles. En effet, depuis longtemps dans le groupe 2 en Segunda B (Castille), les équipes canariennes évoluant à ce niveau, devraient être reversées dans le groupe 4 (Andalousie) géographiquement plus proche, pour la prochaine saison 17/18.

Le nerf de la guerre restant l’argent, les grands joueurs issus des Canaries partent et partiront toujours comme Juan Carlos Valeron, David Silva, Pedro, Vitolo, Pier et Ayoze Pérez. Pour ne citer qu’eux.

source @Eurosport

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © All rights reserved. | Newsphere by AF themes.