mar. Juil 14th, 2020

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Un championnat réformé, sans Duduche, mais avec Vincent Tan ! (Foot, bière et chips #Juillet15)

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Ce 21 juillet, c’est jour de fête nationale au plat pays ! Un pays où les buvettes sont occupées à provisionner leurs caves en fûts de bière, et pour cause : dans quelques jours, le promu trudonnaire reçoit le Club Brugge dans le cadre du duel inaugural de la saison 2015-2016 de Jupiler Pro League.

Trophée Jupiler Pro League 2015-16
Jupiler Pro League 2015-16

Champion-surprise lord du précédent exercice, Gand voudra confirmer son nouveau statut de membre du « Big 4 » aux côtés des traditionnels Anderlecht, Bruges et Standard. Mais les Gantois devront cette année compter avec une compétition supplémentaire puisque les hommes d’Hein Vanhaezebrouck vont découvrir cette année les pelouses européennes sur fond d’hymne de la Ligue des Champions. Le Sporting en profitera-t-il ? Abonné aux poules (à défaut de points) et à la manne financière de la C1, le club recordman du nombre de titres nationaux devra à coup sûr se racheter après sa peu glorieuse troisième place obtenue en mai dernier. Mais « MPH » et son Club de Bruges sont eux aussi bien décidés à, enfin, accrocher un nouveau titre qui fuit la Venise du Nord depuis 2005. A moins que le Standard, débarrassé de son autant encombrant qu’incompétent président, ne revienne aux premiers plans sous l’égide de son nouveau coach, Slavoljub Muslin. Quoiqu’il en soit, la Jupiler Pro League devrait nous offrir une nouvelle grosse bagarre pour attribuer en mai prochain les derniers lauriers de la D1 belge telle qu’on l’a connaît actuellement…

UNE RÉFORME EN DEUX TEMPS

Car le grand événement de l’entre-saison en Belgique aura sans nul doute été le vote de la réforme, encore une, par la Ligue Pro. Nécessité pour les uns, aberration pour les autres, cette réforme a fait couler beaucoup d’encre. Il faut dire qu’elle amorce ce qui s’annonce comme une fameuse révolution dans le football européen. Car si ses partisans ne l’annoncent pas (encore), la nouvelle réforme du football belge devrait tout de même entraîner la mise sur pied d’une ligue fermée sur le modèle de la MLS américaine !

Mais bon, pour l’instant, si nous n’en sommes pas encore là, la réforme a tout de même acté la césure entre le foot pro et le foot amateur. Alors là, il y a deux solutions. Soit on vous explique ce qui va changer et on en a pour vingt minutes de bourrage de crâne et de migraine assurée, soit on se contente de la résumer en quatre petits points :

1. Exit les PO3 ! Si des PO1 et des PO2 sont bien maintenus, les PO3 sont supprimés : le dernier de la phase classique descend en D2, tandis que l’avant-dernier sauve sa peau en D1 mais se retrouve donc en vacance plus tôt que les autres.

2. Ne dites plus D2, mais D1B ! Si cette saison la D2 (« Proximus League ») verra 17 clubs lutter pour le titre, synonyme de montée vers l’élite, elle changera drastiquement de format la saison suivante pour se transformer en une mini-ligue de huit équipes qui s’affronteront pour définir le champion de cette D1B professionnelle. Ce-dernier sera invité à rejoindre ses petits copains de D1A, l’actuelle « Jupiler Pro League », la saison suivante.

3. Des D2 européens ? Parce qu’il n y a qu’en Belgique qu’on peut inventer ça, cette seconde phase de la réforme prévoit aussi une refonte des PO2 (on y revient…) : les deuxième, troisième et quatrièmes de la D1B seront invités à jouer les PO2 (avec les clubs classés de la 7ème à la 15ème place de D1A) avec, à la clé, un match de barrage pour l’Europe contre le cinquième classé des PO1.

4. Un champion amateur ! Mais que deviennent les autres clubs en dehors de ces 24 clubs professionnels ? Eh bien c’est simple : on recrée une « D1 amateurs », sorte de « Super D3 » (puis des niveaux inférieurs), où le champion, pour peu qu’il obtienne la licence du foot pro, pourra monter en D1B.

Et comme un dessin vaut mieux qu’un long discours…

Réforme du foot rémunéré
Source : LeSoir.be
Réforme du foot amateur
Au niveau du foot amateur (à partir de l’actuelle D3). Source : Wikipedia

Bon, ok. Le gros de la réforme, ce sera surtout pour l’été prochain. N’empêche : c’est essentiellement au niveau de la D2 que le stress sera grand cette année puisque, si on enlève le champion qui montera en D1A, seuls les sept meilleurs auront la chance (?) de pouvoir intégrer cette deuxième division professionnelle. En D1, si on peut logiquement penser que personne ne souhaite finir dernier et valser en D1B, on peut toutefois se poser des questions sur cette fameuse 15ème place qui n’offre… rien ! Mieux : faisons une petite simulation et mettez-vous à la place du DG d’un club comme Waasland-Beveren, Mouscron-Péruwelz ou Oud-Heverlee Louvain… Vous êtes 14ème à deux journées de la fin et vous comptez un petit point d’avance sur le 15ème que vous affrontez. Vous ne pouvez plus descendre. En cas de victoire ou de partage, vous participez à des PO2 dont tout le monde s’en fichent, à commencer par les supporters. En cas de défaite, vous basculez à cette 15ème place synonyme de vacances précoces pour vos joueurs avec la satisfaction de pouvoir économiser toute une série de primes de matches !

Quant au format de ligue fermée, on peut évidemment imaginer que cette « subtilité » d’une pseudo-D2 à huit aura pour but de faire le tri dans les clubs actuels de Proximus League et de donner la possibilité aux « grands clubs » de D3 (RFC Liège, Beerschot-Wilrijk, …) de rejoindre le foot pro avant de fermer la porte et de réunir ces deux ligues en une « Ligue Nationale de Football Professionnel » façon MLS et NBA. On parie ?

DUDUCHE S’EST CASSÉ !

L’autre info de cet entre-saison en Belgique est sans nul doute le rachat du Standard de Liège par Bruno Venanzi. Ou du moins par un consortium d’investisseurs camouflé derrière le patron liégeois. Les « Duduche casse-toi ! » ont eu raison de Roland Duchâtelet, collectionneur de clubs de foot dans l’âme et désormais ex-président incompétent du matricule 16. Enfin, « incompétent », ça dépend pour quoi. Car si le Standard n’a rien gagné sous son égide, lui, en véritable homme d’affaire avisé qu’il est, se sera fait un joli pactole sur le compte du club avec, notamment, la vente lucrative des meilleurs joueurs du contingent liégeois sur les dernières saisons.

Et c’est donc Bruno Venanzi, vice-président du club et homme d’affaire (encore un !) liégeois qui a repris les rennes du club. Le patron de la société énergétique Luminus est un vrai supporter. Pas comme l’autre. Mais de là à dire qu’il a racheté le club pour en faire « son » joujou ? L’ombre de la présence d’investisseurs étrangers (russes) plane sur ce rachat où l’homme fort de Luminus aurait endosser le costume d’homme de paille. En attendant, les supporters des Rouches sont contents et le club, débarrassé de son encombrant président, a déjà entrepris les gros travaux pour la reconstruction d’un effectif digne de ce nom. De quoi jouer le titre ? Les transferts du club liégeois ont en tout cas de la gueule.

UN MERCATO PRÉCOCE MAIS PEU SEXY

L’année dernière, on s’était étonné du peu de mouvements durant le mois de juillet. Coupe du Monde oblige(ait), les clubs avait patiemment attendus la fin août pour délier les cordons de la bourse. Cette année, c’est tout l’inverse puisque, dès le mois de juin, nombreux sont ceux qui sont allés puiser dans les obscures championnats d’Europe de l’Est ou dans les divisions inférieures de nations plus huppées pour renforcer (?) un effectif où chaque jour qui passe renforce la présence d’éléments étrangers au sein du championnat national. Et tant pis pour les espoirs belges.

Entre les clubs aussi on a vu du changements. Une sorte de chaise-musicale où Santini, de Courtrai, est parti au Standard qui a laissé filer De Camargo à Genk, où Cyriac s’en est allé d’Anderlecht tenter une nouvelle chance sur la côte à Ostende, où Vanaken a enfin réalisé son passage de Lokeren à Bruges et où Pollet, après avoir été goûter le banc à la capitale et le champagne à Gand, revient à Charleroi. Au final, beaucoup de mouvements mais peu de noms ronflants. Le Sporting d’Anderlecht a bien tenté de faire venir une kyrielle de joueurs de niveau international, mais n’ont réussi jusqu’ici qu’à rapatrier (momentanément) Guillaume Gillet et à laisser filer Mitrovic et Mbemba à Newcastle. En attendant Tielemans à Dortmund et Praet à Milan ? Mouscron-Péruwelz, racheté au LOSC par un agent israélien au nom peu important mais au carnet d’adresse bien fourni, rêve lui aussi de retrouver de « grands joueurs » au Canonnier. Mais jusqu’ici, ce sont essentiellement d’obscures espoirs chiliens ou brésiliens ou des pensionnaires de D2 qui ont rallié le club frontalier.

On attend donc toujours le premier « vrai » transfert ronflant de cet été en Jupiler League.

Au niveau des coaches, la chaise musicale a aussi délivré plusieurs notes : Maes a enfin signé dans un grand (?) club, à Genk. Bob Peeters le remplace à Lokeren tandis que Yves Vanderhaeghe a tourné les talons à Courtrai trois semaines après la signature de son nouveau contrat pour rejoindre les millions de Marc Coucke à Ostende. Il faut dire que Courtrai, repris par l’excentrique malaisien Vincent Tan, déjà propriétaire du Dinamo Zagreb et de Cardiff City, n’offrait que des doutes pour cette nouvelle saison.

VINCENT TAN, LE NOUVEAU DUDUCHE ?

Vincent Tan, c’est le genre de président omnipotent et autocratique qui, quand il débarque dans son nouveau club, dresse un bilan chiffré hautement improbable de son noyau avant de lancer des idées aussi incompétentes qu’impopulaires. C’est par exemple lui qui, après avoir analysé les stats des joueurs de son noyau, voulait se débarrasser de l’un d’entre eux car celui-ci n’avait jamais inscrit de but depuis son arrivée au club. Il a fallu expliquer à ce génie du foot que le joueur en question était gardien de but et que c’était donc finalement assez logique si celui-ci n’avait pas marqué le moindre but… C’est lui aussi qui a décidé, sans consulter les supporters, de changer les couleurs et le logo du club de Cardiff City lors de sa prise de pouvoir au Pays de Galles. De là à voir bientôt Courtrai jouer en bleu ? On le sent arriver : le football belge a perdu Duchâtelet (enfin, celui se recasera sans doute rapidement dans son club de coeur : Saint-Trond, actuellement dirigé par… sa femme), mais a gagné un autre grand dirigeant du monde du ballon rond.

Cela n’a en tous cas pas fait peur à Johan Walem qui a claqué la porte des Espoirs belges pour répondre favorablement aux sirènes des Kerels… quelques heures après avoir donné son accord verbal pour un contrat chez le voisin mouscronnois. Du coup, les Hurlus ont dû changer de cible et ont fait confiance à Cédomir Janevski, lequel a donc troqué son costume de sélectionneur national de Macédoine pour le tablier de T1 au Cannonier. Qui a dit que le foot belge ne faisait plus rêver ?

LE FOOT BELGE, C’EST DONC BIÈRE ET CHIPS !

En parlant de rêve, le foot belge en vend décidément ! Ainsi, il n’y a pas qu’au sein des clubs que les transferts ont eu lieu. Au niveau sponsoring aussi. Et l’un d’eux a particulièrement retenu notre attention : celui de la coupe nationale.

Depuis plusieurs années, c’est la société de crédits Cofidis qui finançait la compétition. Une compétition d’ailleurs aussi passionnante que ne l’est la formation cycliste du même nom sur le Tour de France ! C’est dire… Et comme la Belgique reste un pays de bons vivants, plutôt que de faire la pub des pauvres en quêtes de prêts d’argent, la coupe mettra désormais en avant les bouffeurs de chips puisque le nouveau sponsor, Croky, sponsorisera la compétition à partir de cette saison nouvelle.

Jupiler League et Croky Cup, le foot belge se résume donc officiellement par de la bière et des chips. Plus sexy, tu meurs ! En même temps, on n’en espérait pas moins du monde du football décliné à l’accent de Bruxelles, Liège ou Charleroi…

Dans quelques jours, donc, le promu trudonnaire cher à Duduche, Sint-Truiden VV, reçoit le Club Brugge en guise d’ouverture du championnat. Les Brugeois tenteront de ne pas se louper, eux qui ont déjà raté leur reprise de la compétition officielle en apparaissant transparents à Gand pour la supercoupe qui est donc revenue au champion sortant. L’autre club qui reprenait la compétition plus tôt que les autres le devait à sa quasi-historique qualification européenne acquise en mai dernier : le Sporting de Charleroi a en effet bouffé le Beitar Jerusalem et ses chauds supporters à domicile lors e la manche aller du… deuxième ? troisième ? tour éliminatoire de l’Europa League (5-1 !). Le retour en terre Sainte de ce jeudi, sauf cataclysme, devrait donc permettre aux Zèbres de Felice Mazzu de continuer le rêve un tour de plus.

Eh ouais ! Car on en est là : désormais, on rêve de passer un tour en coupe d’Europe… Paraît que la nouvelle réforme vise à re-dynamiser le foot belge et à relever son niveau. A croire que, comme ça, les buveurs de bière et bouffeurs de chips que nous sommes pourront bientôt rivaliser avec leurs homologues de Paris, de Chelsea ou de la Juve. Et pas seulement en litres de bière éclusés lors de la mi-temps ! Alors, les clubs belges bientôt sur le toit de l’Europe ? Le Standard meilleur sans Duduche ? Une seconde étoile sur le maillot des Gantois ? Le KV Courtrai rebaptisé en FC Tan Academy ? Qui de Saint-Trond, Louvain, Mouscron ou Beveren en vacance dès le 15 mars ? Toutes ces réponses, vous les retrouverez tout au long de notre fine analyse du championnat de Belgique 2015-2016 à suivre ici-même !

2 thoughts on “Un championnat réformé, sans Duduche, mais avec Vincent Tan ! (Foot, bière et chips #Juillet15)

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