ven. Nov 22nd, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Pourquoi l’Irlande va gagner l’Euro 2016

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Bien sûr, ceci n’est qu’un titre racoleur, pour faire du clic, pour faire du buzz tu vois. Bon certes, ce n’est pas le Danemark de Brian Laudrup (non non, Michael n’y était pas) et autres Schmeichel, invités de dernière minutes et vainqueurs de l’édition 1992, mais j’ai quand même envie d’y croire, et je vais vous expliquer pourquoi un exploit est possible.

Un collectif soudé, pas de stars

Enfin si, une, Robbie Keane. L’attaquant (142 sélections pour 67 buts, ndhc) n’est plus titulaire dans l’équipe de Martin O’Neill, mais est un leader de vestiaire. Une preuve : étant licencié aux Los Angeles Galaxy, il n’a jamais rechigné à se présenter aux rassemblements de l’équipe nationale, malgré les 8300 km de trajet. Là où certains auraient pété des câbles (remplaçant de Daryl Murphy, joueur à Ipswich, beaucoup ne l’accepteraient pas), il a été le premier à se lever du banc de touche et montrer sa joie au public lors du but de Shane Long face à l’Allemagne (victoire 1-0) qui permit aux Irlandais de croire à la qualification.
Shane Long, tiens, on peut en parler de lui aussi. Remplaçant de Pellé à Southampton, remplaçant en équipe nationale, le mec rentre et donne tout ce qu’il a lors de ses vingt minutes de jeu. Son but face aux Allemands résume tout à fait son état d’esprit : sur un dégagement du gardien, il récupère le ballon face à Boateng, enrhume Hummels (excusez du peu) avant de fusiller Neuer. Tout à l’envie.

Walters après la qualification - crédits : mirror.co.uk
Walters après la qualification – crédits : mirror.co.uk

On pourrait aussi citer Brady, Mc Clean, O’Shea ou encore Walters, héros des barrages face à la Bosnie-Herzégovine, car chacun a eu son rôle lors de la qualification. Ce qui relie tous ces mecs, c’est leur parcours, leur quotidien. Habitués aux lower leagues anglaises, à jouer en Championship ou le maintien en Premier League anglaise, ces Irlandais connaissent les notions de labeur, de combat, ne serait-ce que pour gagner leur place dans l’équipe qui jouera le dimanche. Ils ne sont pas de cette catégorie de joueurs qui palpent plus de 100.000€ par semaine et sont très loin du glamour des contrats publicitaires. Non, personne n’a de poster de Wes Hoolahan dans sa chambre. Non, ces mecs-là n’ont pas le talent des Messi, Cristiano Ronaldo ou Eden Hazard, ni même de ce connard de Rabiot (la rédaction ne se désolidarise pas de ces propos, note de l’éditeur). Non, ces mecs-là se la donnent à l’entrainement, se sacrifient pour leurs coéquipiers, finissent les matchs internationaux avec des crampes. Ces mecs-là sont des remplaçants en club. Ces mecs-là forment une équipe, une vraie. Ces mecs-là sont des « frères ». Encadrés par les tauliers Robbie Keane, Shay Given (Stoke City, 133 sélections), et à un degré moindre James Mc Carthy et Seamus Coleman (titulaires à Everton FC), ils seront prêts pour l’Euro.

Une confiance gagnée lors des barrages

Un barrage est par définition toujours une étape très difficile à franchir. Opposés à la Bosnie-Herzégovine, les Irlandais sont allés chercher un excellent match nul chez Pjanic et compagnie, 1-1, dans une ambiance surchauffée, tu l’imagines bien. Les Irlandais, pourtant à 0-0 à la 80ème minute de jeu, ont continué à attaquer, et ont ouvert le score par Brady à la 82ème, avant que Dzeko n’égalise trois minutes plus tard. Bonne opération. Reste à gagner le match retour, et le billet pour la France sera validé.
Une action est tout à fait révélatrice de l’état d’esprit des Irlandais. Ça se passe à la 69ème minute du match retour, et l’Irlande mène 1-0, but de Walters. Spahic, méchant Bosnien bien connu des autorités du football, déjà possesseur d’un carton jaune, vient au contact de Walters au centre du terrain, et lui assène un joli coup de coude. Là où n’importe quel autre joueur de football professionnel se serait tordu de douleur par terre jusqu’à ce que monsieur l’arbitre ne siffle et ne sorte le second carton jaune à Spahic synonyme d’exclusion, Walters se releva, continua à suivre l’action, se plaça au second poteau pour réceptionner le centre et marquer le second but irlandais d’une magnifique reprise de volée. J’ai ressenti là toute sa confiance en lui, son fighting spirit, son envie de poursuivre, de jouer. Il est le symbole de cette bande de potes qui ne lâchent rien, prêts au combat, galvanisés par l’envie de se battre pour leur pays. Pendant ces deux matchs, on a vu des irlandais appliqués, volontaires, combatifs, confiants. Contrairement aux éliminatoires où on a pu les trouver empruntés, hésitants, ce barrage leur a prouvé qu’ils étaient au niveau, que leur état d’esprit pouvait compenser le manque de talent.

Une habitude de faire déjouer « les gros »

Nul en Italie (Mai 2014), Nul en Allemagne (Octobre 2014), Victoire contre l’Allemagne (Octobre 2015) ou Etats-Unis (Novembre 2014) pour les résultats les plus récents mais surtout sous la houlette de Martin O’Neill et de son adjoint Roy Keane, les Irlandais se font une spécialité de bien jouer contre les grosses équipes. Dans un championnat d’Europe où ils sont dans le 4ème chapeau, l’équipe du trèfle risque d’être (avec l’Islande) l’équipe à éviter au tirage au sort. C’est une équipe qui laisse le ballon à l’adversaire, qui agit en contre, qui joue avec le cœur. Et plus le temps passera, plus les joueurs prendront confiance. C’est dans leurs gènes, et cet état d’esprit traverse le temps :
⁃ À la Coupe du Monde 1990, trois matchs nuls pour sortir des poules (Angleterre, Pays-Bas et Egypte), un nul puis victoire aux tirs aux buts face à la Roumanie en huitièmes de finale, défaite sur la plus petite des marges face à l’Italie de Toto Schillaci en quarts.
⁃ Coupe du Monde 1994, victoire 1-0 face à l’Italie, futur finaliste, nul contre la Norvège, défaite face au Mexique en poules, puis défaite en huitièmes de finale face aux Pays-Bas.
⁃ À la Coupe du Monde 2002, l’Irlande termine même la compétition INVAINCUE : Victoire contre l’Arabie Saoudite, nul contre le Cameroun et l’Allemagne, elle est éliminée en huitièmes de finale par l’Espagne, aux tirs aux buts.

En dehors de l’Euro 2012, les Irlandais ont toujours fait bonne figure quand ils se sont qualifiés pour une grosse compétition. Alors non bien sûr, la verte Erin ne gagnera pas l’Euro 2016, mais elle nous apportera sa fraîcheur, son football engagé, ses supporters fabuleux et ses joueurs seront peut-être, souhaitons-leurs, la bonne surprise de ce championnat.

All night long
All night long

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