jeu. Déc 5th, 2019

TLM Sen Foot

Mais on le dit quand même

Passion Mascotte

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S’il y a bien une chose dans le monde du football qui colle parfaitement au nom de notre site , c’est la mascotte. Huée, raillée, détournée et parfois appréciée, la mascotte est bien souvent la proie des moqueries les plus acides de la part des supporters ou des observateurs. Pourtant, la mode est à la grande peluche. De plus en plus, sur les bords des terrains, des  animaux géants censés symboliser l’esprit du club déambulent. Des chorégraphies, des chutes, du burlesque : tout est bon pour divertir le public. La mascotte est même devenue un élément incontournable des grandes compétitions mondiales. Pas de Coupe Du Monde sans animal débile, pas d’Euro sans son clown à ballon.

D’où viennent ils ? Qui sont ils ? Quels sont leurs réseaux ? Analysons le phénomène.

La mascotte : symbole d’un événement sportif

Bien avant les clubs et organismes sportifs, c’est évidement les créatifs publicitaires qui ont une longueur d’avance. Comme toujours. Les premières mascottes représentent des marques. Un capital sympathie indéniable, une image familiale et chaleureuse : c’est tout bénéfice pour le commerce. Du bonhomme Michelin (créé en 1894 quand même, soit 100 ans avant la naissance de Lucas Ocampos, au hasard) au Géant Vert, les entreprises s’emparent du concept et l’on voit naître bon nombre de logos vivants, animaux pour la plupart.

Petit à petit, le concept s’étend au sport, et au football en particulier. Vite adopté dans les sports US, elles mettent du temps à s’imposer en Europe. La première mascotte représentant un événement sportif concerne la Coupe du Monde en Angleterre en 1966. Ainsi nait Willy. Qui est un lion, et pas un orque. C’est la Fédération anglaise et sa cellule de communication qui l’inventèrent. et ce fût le cas pour tout ses successeurs, hormis quelques rares concours de créations qui ont très rarement fonctionné. Un outil de communicant on vous a dit.

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Willy et sa coupe de cheveux digne de Mike Jagger est donc le premier symbole imagé d’une compétition.

Avec son maillot floqué de l’Union Jack, il est censé exporter l’image cool du Royaume-Uni des années 60. Et ça marche. Le lion est repris dans tout les journaux du pays, et s’exporte très bien. Il devient la Coupe du Monde elle même. En plus, Willy porte chance aux Anglais qui remportent la Coupe du Monde cette année là.

Est ce pour cette raison, que 4 ans plus tard, l’organisateur mexicain tente la même chose avec « Juanito » petit chicanos bedonnant ? Sûrement. Mais hélas, cela ne sera pas suffisant pour le pays hôte. Mais la tradition est lancée. Et depuis, chaque édition a connu sa mascotte, invariablement. Souvent animal  : Striker le chien des USA en 1994. Zakumi le léopard sud-africain en 2010 (non, le vuvuzela ne compte pas). Et bien sur le mythique Footix, qu’il est inutile de présenter (et qu’on ne confond pas avec Jules, mascotte de l’Equipe de France uniquement) , et son ancêtre de l’Euro 1984 : Péno. Des animaux symboliques du pays concerné évidement : il faut jouer simple pour être compris de tous. La mascotte ne fait pas dans la finesse, c’est le grand public qui est visé.

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Zakumi – Péno – Striker

D’autres fois, la mascotte est plus symbolique. On pense bien sûr à Pique (non, aucun rapport), le piment sur pattes du Mondial Mexicain de 86. Ou à Pinocchio, digne représentant de l’Euro de 1980 en Italie. A chaque fois, la référence est facile à comprendre. Il faut viser large pour promouvoir la culture du pays. Si certains n’y voient qu’un exercice un peu kitsch, cette tradition représente pourtant une petite manne financière pour les fédérations organisatrices. Vêtements, casquettes, drapeaux … Le merchandising est bien utilisé et l’exemple Bibendum  donne des idées aux dirigeants marionnettistes.

A l’inverse, une « mauvaise mascotte » peut créer un buzz négatif et entacher l’image d’un pays entier, n’ayons pas peur des mots. Nous l’avons bien vu récemment avec le choix très critiqué du futur héros de l’Euro 2016 : Super Victor. Une mascotte très classique représentant un enfant avec une cape. Une tête un peu niaise, pas de charisme et une grosse déception pour les enfants de Footix. Un vote mondial avait pourtant été organisé par la Fédération Française de Football, choisissant (hélas) le nom de Super Victor. Alors que Driblou voire Goalix, les deux autre choix possible, semblait faire la quasi-unanimité. Même au deuxième degré pour la plupart de ses fanatiques. La Fédé a tranché et maintenu le choix du peuple mondial. Choix qui aurait surement été différent si les seuls Français avaient votés. Mais le mal est fait. Mais pour beaucoup, Driblou est encore vivant.

Plus que pour les clubs dont nous allons parler, les mascottes des compétitions sont plus souvent vivantes sur papier que dans les tribunes. La tendance a un peu évolué ces dernières années avec des animations costumées lors des cérémonies d’ouverture ou de clôture. Mais le côté éphémère des compétitions et donc de leurs mascottes rend l’attachement plus difficile pour le public, sauf pour les fans à domicile évidement. Footix en est l’exemple parfait.

Souhaitons à Super Victor Driblou la même reconnaissance l’année prochaine.

La mascotte au quotidien.

Plus vivantes que les mascottes de Coupe du Monde, il existe celles que l’on voit tous les samedis : celles des clubs. Partout en Europe ces dernières années, on a ainsi vu naître des taupes, des oiseaux, des loups, des lions. Un vrai bestiaire. Pour le coup, nous ne sommes plus (uniquement) dans la dimension financière. Peu de gens (mais il en existe) sortent de chez eux avec une casquette de Germain le lynx du PSG ou un T-shirt de Danonino, l’étrange chose déviante du club d’Evian. Non. Les mascottes, et principalement celles de Ligue 1 et Ligue 2 ont une mission : divertir. Avant le match, à la mi-temps, elle servent de divertissement visuel pour les plus petits et de sources à vannes pour les plus grands. Ou l’inverse. Concours de jongles, chutes volontaires, coup d’envoi, ces grosses bêtes sont l’équivalent du clown au cirque. Présents pour le public familial du stade. Et parfois aussi, pour servir l’histoire du club et raconter ses origines.

C’est le cas d’Erminig l’hermine rennaise (qui aurait pu s’appeler Muriel si les dirigeants avaient eu de l’humour). L’hermine est en effet présent sur le blason rennais, le tout est donc très cohérent.

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Erminig, juste avant son contrôle anti-dopage.

Élément incontournable de la vie d’un club professionnel, ces figures symboliques sont parfois très décriées. C’est le cas de Germain le lynx dont nous parlions plus haut. Aucun rapport entre l’animal et le club. Le pauvre Germain a donc été vite pris en grippe par les fans parisiens, au point de devenir une insulte visant les nouveaux supporters opportunistes. Destin cruel. C’est aussi le cas de Merlux (ça ne s’invente pas), le merlu lorientais. Si lui est digne de l’histoire du club, sa dégaine de poisson mort n’aide pas vraiment à son intégration dans le cœur des bretons. Merlux a d’ailleurs connu une sévère dépression, qui l’a éloigné des terrains pendant trois ans. Il est de retour cette saison, plus motivé que jamais selon le site officiel du club : « J’avais décidé de prendre du recul pendant ces trois dernières saisons. Mon retour au stade du Moustoir m’a fait extrêmement plaisir. J’avais vraiment hâte de revenir goûter aux joies d’un match du FC Lorient et communier avec nos supporters. » Ca en fait au moins un.

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Voilà.

Mais si l’on se moque un peu de ces géants de mousse, c’est oublier qu’ils ont plus d’avantages que d’inconvénients. La mascotte assure le spectacle, le service après vente, la communication du club et crée de l’emploi. Un véritable exploi par les temps qui courent. Certains intermittents pousse même l’investissement très loin. C’est le cas de Joey, l’idole du club de Portland aux USA, qui délivre un show phénoménal en découpant un arbre à chaque but de son équipe. Oui, oui. Dur métier que celui de mascotte.

On en oublie évidement, de l’immonde Delio, la salamandre tourangelle à Zef, le pirate brestois.

La mascotte est réellement devenue incontournable pour tout club de foot qui se respecte. Élément attachant du foot moderne, toutes ces créatures ne sont là finalement que pour nous faire retourner en enfance et rêver devant ces animaux géants et dociles. Les fans de football sont de grands enfants. Vive les mascottes.

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