mer. Déc 2nd, 2020

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Mais on le dit quand même

MLS – Dictionnaire du recrutement

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Il y a deux semaines, l’article d’explication concernait la SuperDraft, où il a été souvent question de « mode de recrutement parmi d’autres ». Dans le deuxième article de cette série, plein feux sur tous les moyens de recrutement en MLS, expliqués de manière simplifiée avec le nom de la règle en VO.

SuperDraft: Déjà évoquée il y a deux semaines, il s’agit de la traditionnelle répartition des talents universitaires au sein de la ligue. Elle est vue comme un rééquilibrage des forces puisque le dernier de la saison régulière a le droit de choisir en premier un joueur universitaire (et donc le plus grand espoir parmi les joueurs disponibles). Pour plus d’informations sur la question, voir le précédent article.

Supplemental Draft: Cette draft a eu plusieurs vies. De 1996 à 1999, elle permettait de répartir différents talents jouant déjà dans les clubs professionnels du pays. Elle servait de pont entre les ligues mineures et la MLS. Pour comparer avec la France, c’est comme si des joueurs de L2 ou de National était recruté en Ligue 1 via une draft. Elle a ensuite servi aux franchises de recruter d’autres talents universitaires après la SuperDraft, sur deux périodes (de 2005 à 2008 et de 2011 à 2013). Aujourd’hui, elle n’existe plus sous ce nom. Néanmoins, la SuperDraft se déroule désormais sur quatre tours, les deux derniers via conférence téléphonique, soir l’ancienne formule de la SD.  Rares sont les joueurs choisis lors de ces tours à avoir percé malgré quelques exceptions (Chris Wondolowski, Dan Kennedy, Jeff Larentowicz, etc.).

Expansion Draft: Cette draft a lieu en début d’intersaison (en Novembre) uniquement quand la nouvelle saison voit arriver de nouvelles franchises au sein de la ligue. La prochaine aura lieu fin 2014 et permettra au New York City FC et à Orlando City de choisir des joueurs parmi les effectifs des autres franchises pour commencer la construction de leur roster. Les franchises déjà ancrées en MLS peuvent protéger une dizaine de joueurs selon des règles très strictes. Les franchises d’expansion choisissent alors dix joueurs parmi tous les autres disponibles.

Re-Entry Draft: Cette draft permet aux joueurs sans contrat déjà dans la ligue d’être attribués à une nouvelle formation. Ceux qui respectent diverses conditions, en fin de contrat ou avec option déclinée, sont disponibles pour les différentes équipes. Celles-ci choisissent tour à tour un joueur, dans le même ordre que la SuperDraft. Pourtant, cette draft, établie en 2010, est souvent négligée. Ainsi, de nombreuses équipes n’en profitent pas et ne sélectionnent pas un seul joueur. Cette année, elle a pourtant permis à Toronto de revoir Dwayne De Rosario et à Portland de chiper Steve Zakuani à son grand rival, Seattle. Quant à D.C. United, il s’est appuyé dessus pour reconstruire une défense, avec les arrivées de Bobby Boswell et de Sean Franklin.

Trade: Comme dans n’importe quelle autre ligue US, les échanges sont les transactions les plus utilisées. Ainsi, dans une ligue fermée, les joueurs sont contractuellement liés à une ligue centralisée et peuvent bouger d’un club à l’autre plus facilement qu’en Europe. Un échange est généralement lié à un joueur. Un joueur peut être échangé contre un autre joueur, des droits de joueur, des choix de draft, des places internationales ou des allocations monétaires (ce qui ressemble le plus à un transfert à l’européenne). N’importe quel échange peut se faire si les deux équipes considèrent s’y retrouver et un excellent joueur peut quitter une formation de haut de tableau pour une autre moins bien classée. Par exemple, avec un tel système, Edinson Cavani pourrait se retrouver à Valenciennes (exemple choisi totalement au hasard) si les conditions d’échange offertes par les valenciennois satisfont le PSG.

Designated Player: Ce terme est un contrat particulier en MLS. Ainsi, le joueur concerné par ce contrat ne « compte » que pour le total maximum autorisé pour un joueur lambda dans le salary cap (environ 360 000 dollars annuels maximum pour un joueur). Néanmoins, son salaire peut être infini, le reste étant pris en charge par sa franchise. Cette règle, inventée avec l’arrivée de David Beckham en 2007, permet à la MLS de pouvoir attirer des joueurs importants et correspond en gros au terme de « franchise player ». Chaque équipe peut compter jusqu’à 3 joueurs désignés. Depuis 2012, l’âge du joueur est pris en compte. Un joueur âgé de moins de 24 ans coûtera moins cher contre le salary cap. Avant, un contrat de joueur désigné passait en priorité dans la hiérarchie des transferts. Un international américain concerné n’est pas obligé de passer par l’allocation ranking (c’est le cas de Clint Dempsey et de son transfert aux Sounders). Néanmoins, ceci est remis en cause avec l’arrivée de Maurice Edu à Philadelphie (le prêt du joueur par Stoke City doit jouer un rôle). Sans surprise, les grandes stars de la MLS comme Thierry Henry, Marco Di Vaio, Robbie Keane et plus récemment Jermain Defoe et Michael Bradley.

Homegrown Player: C’est un programme de la MLS permettant aux équipes de signer des jeunes joueurs passés par les équipes de jeunes du club sans passer par la SuperDraft. Pour être un potentiel HomeGrown (et être placé sur une liste prévue à cet effert), un joueur doit avoir résidé et joué pour les équipes de jeunes pendant au moins un an. Si un joueur placé sur cette liste part au college, il peut rester inscrit sur cette liste et être recruté à tout moment. Par contre, un joueur ne peut plus être placé sur cette liste s’il a déjà joué du college soccer ou s’il a déjà été capé dans les sélections nationales de jeunes. Ces dernières années ont vu une explosion de ce type de contrat, laissant la Draft tomber en désuétude.

Allocation ranking: Ceci est un mécanisme utilisé pour déterminer quel club a la priorité pour accueillir un international américain ou un ancien joueur de MLS ayant été vendu et revenant en MLS. L’ordre de priorité est le même que celui de la SuperDraft, à savoir dans le sens inverse du classement de la saison précédente, play-offs compris. En 2013, ce mécanisme a été utilisé deux fois: Carlos Ruiz a été choisi par D.C. United et Carlos Bocanegra par les Chivas USA. Cette année, le prêt de Maurice Edu à Philadelphie semble être passé par la case allocation. Marco Pappa, ancien joueur du Fire, est revenu en MLS cette année et son cas s’est joué par l’allocation ranking (entre le temps où l’article a été écrit et celui où il a été publié).

Weighted lottery: Il s’agit peut-être du moyen de recrutement le plus étrange de la MLS. Certains jeunes signent un contrat avec la MLS et sont assignés à leur équipe via la loterie pondérée (les règles sont difficiles et floues dans ce cas). Quand un joueur est annoncé disponible dans une loterie, les équipes se portent candidates. La franchise candidate avec les moins bons résultats sur les 30 derniers matchs (saison précédente et play-offs inclus) possède le plus de chances de signer le joueur. Une franchise ne peut signer qu’un joueur par an via la loterie. Généralement, ce procédé est peu utilisé au cours d’une saison. En 2013, quatre joueurs sont entrés en MLS par ce chemin. Depuis le début de l’intersaison 2013-14, 2 joueurs l’ont utilisé : Brian Span et Billy Schuler, deux joueurs américains revenus de Suède, respectivement assignés au FC Dallas et aux San Jose Earthquakes.

Player Rights: Parfois, un joueur ne jouant plus en MLS reste concerné par celle-ci. Si le joueur part gratuitement de la ligue, son dernier club détient toujours les droits de priorité en cas de retour du joueur concerné. Ces droits peuvent être échangés avec d’autres franchises et sont détruits quand un joueur connaît un transfert comprenant une indemnité. Ainsi, c’est pour cela que Carlos Bocanegra est passé par l’allocation ranking (dont le passage de Rennes à Saint-Etienne s’est fait grâce à une indemnité) pour rejoindre les Chivas USA. A l’opposé, le récent retour de Michael Parkhurst en MLS explique très bien les différentes composantes de cette règle. L’international US est parti au Danemark (au FC Nordjaelland pour être précis) après la fin de contrat en MLS en décembre 2008, alors au New England Revolution. En décembre 2012, il est récupéré par Augsbourg, gratuitement. Ce mois-ci, il exprime son souhait de  retour en MLS après avoir rompu son contrat avec le club allemand. Le Revolution en a toujours les droits prioritaires. Néanmoins, le Columbus Crew, soucieux de reconstruire une défense, récupère ses droits en échange d’un pick de draft. Ainsi, le Crew dispose désormais de ses droits prioritaires. C’est ainsi que Parkhurst a signé à Columbus.

Intra-League Loan: Etablie en 2013, cette règle permet à une franchise de la ligue de prêter un joueur à une autre franchise. Le joueur concerné doit être âgé de moins de 24 ans et est cédé jusqu’à la fin de la saison. Cette intersaison a vu le premier prêt intra-ligue avec le départ de Tony Cascio des Colorado Rapids au Houston Dynamo.

International Roster Slot: Chaque franchise possède 8 places de joueurs internationaux dans son effectif. Le reste des joueurs sont des joueurs « domestiques » : citoyens américains, statuts spécifiques ou résidents permanents. Par exemple, le joueur français de Philadelphie Sébastien Le Toux est considéré comme résident permanent et n’est donc pas concerné par une place de joueur international. Les joueurs assimilés canadiens ne sont concernés par ces places uniquement aux Etats-Unis, sauf s’ils ont le statut de résident permanent aux USA (exemple de Dwayne De Rosario ces dernières années). Ces places internationales peuvent être échangées à l’intérieur de la ligue, pour une durée limitée ou permanente, contre un joueur ou un tour de draft. Il n’y a aucune limite au nombre maximum de places internationales pour une franchise MLS.

Evidemment, il existe d’autres points à détailler pour être tout à fait au point concernant les règles de la MLS. C’est ce qui rend cette ligue intéressante (en tous cas, ce qui me l’a rendu intéressante), son mode de fonctionnement. Pour un point sur les différents transferts réalisés pendant cette intersaison, nous nous retrouverons avant le début de saison pour la présentation des équipes et les pronostics. La semaine prochaine, nous nous intéresserons à la formule de la MLS.

FatVince.

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